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03-04/2018 : représentations de Vincent River de Philip Ridley au Théâtre Ouvert Luxembourg.
01/2018 : Cent ans de musique et de poésie entre Nice et Finlande, concert-lecture autour d’Armas Launis et d’Uuno Kailas, Nice, bibliothèque Louis-Nucéra.
11/2017 : "L’imaginaire national finlandais à l’épreuve du centenaire - Un regard du XXIe siècle sur la poésie patriotique d’Uuno Kailas", dans le cadre du colloque Révolutions russes ; images et imaginaire en Russie et en France, Nice.
10/2017-06/2018 : reprise des Cornes d'Alexeï Popov au Théâtre de l'Impasse (+ en tournée le 07/10 à Saint-André et le 27/10 à Falicon).
08/2017 : parution de l'article "Une comédie komie – Adaptations et mises en scène niçoises d'un théâtre minoritaire de Russie", dans la revue bretonne Klask, n° 11.
08/2017 : "Are Finns ashamed of their independence? - A 21st century look at Uuno Kailas’ patriotic poetry", dans le cadre du 14e Congrès des littératures finno-ougriennes, Tartu, Musée national d'Estonie.
08/2017 : "Garibaldi und Nizza – ein Epos zwischen Frankreich und Italien", dans le cadre du 4e colloque de la Garibaldi Gesellschaft, Kirchberg, Sachsen.
06/2017 : représentations des Cornes d'Alexeï Popov à Châteauneuf-Villevieille.
04/2017 : représentations des Cornes d'Alexeï Popov (Nice, Théâtre de l'Impasse).
03/2017 : parution de Norma, de Sofi Oksanen, chez Stock.
01/2017 : parution de Ils ne savent pas ce qu'ils font, de Jussi Valtonen, chez Fayard.
12/2016 : "Une comédie komie – Adaptations et mises en scène niçoises d'un théâtre minoritaire de Russie", dans le cadre d'une journée d'étude à l'université Rennes 2.
08/2016 : parution du Récif, de Seita Vuorela-Parkkola, chez Actes Sud Junior.
08/2016 : expo sur le pays komi dans les livres étrangers, Bibliothèque nationale de la République de Komi, Syktyvkar.
06/2016 : réédition des Chants des forêts de Nikolai Abramov à la Bibliothèque nationale de la République de Carélie.
05/2016 : réédition du recueil Les Komis – Questions d'histoire et de culture aux Presses de l'Inalco.
01/2016 : présentation de Uuno Kailas de Heinola à Nice au Centre de Documentation Provençale (Bollène).
11/2015 : parution de Noir comme l'ébène, de Salla Simukka, chez Hachette et au Livre de Poche.
10/2015 : Uuno Kailas de Heinola à Nice – Cent ans de musique et de poésie entre Nice et la Finlande, concert-lecture à Helsinki.
10/2015 : Sofi Oksanen à Nice, rencontre avec Sofi Oksanen et Miquèu de Carabatta à Helsinki autour de Quora despareissèron lu colombs.

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— Concert-lecture autour d’Armas Launis et d’Uuno Kailas —
Du “Kullervo” d’Armas Launis à une création d’Henri-Claude & Anja Fantapié sur des textes d’Uuno Kailas, Amédée Briggen accompagne au piano un récital musical et poétique célébrant le centenaire de la Finlande indépendante sous une perspective niçoise. En finnois, niçois et français. 

Sopranos – Valérie Marret & Hélène Grabowska-Metlov 
Piano – Amédée Briggen
Récitants – Miquèu de Carabatta & Sébastien Cagnoli


Cette rencontre consiste à célébrer le centenaire de l’indépendance de la Finlande sous l’angle des relations musicales et poétiques entre Nice et Helsinki. Du Kullervo d’Armas Launis (1917) à la création mondiale du cycle Les sots et les sages d’Henri-Claude Fantapié, le programme couvre exactement 100 ans de musique finlandaise. En réunissant des œuvres classiques et une commande passée pour l’occasion à un compositeur niçois, ce concert prouve que les liens culturels entre Nice et Finlande sont plus dynamiques que jamais. 
Illustration ci-contre : la baie des Anges par le peintre finlandais Aukusti Uotila, 1885.

Programme

Dans les années 1930, le hasard a conduit deux artistes finlandais à se rencontrer à Nice : le compositeur d’opéras Armas Launis et le poète symboliste Uuno Kailas. Le concert offre une promenade à travers les 100 dernières années, avec ces deux personnalités comme fils conducteurs. Entre les séquences musicales, des poèmes finlandais seront lus en niçois et en français.

  • Armas Launis : Idylle & intermezzo pour piano
  • Yrjö Kilpinen : Cinq mélodies sur des poèmes d’Uuno Kailas, op. 73 (1929)
    • Pays désert
    • Berceuse
    • Chant nébuleux
    • Pieds nus
    • Un chant ardent 
  • Armas Launis : Élégie & impromptu pour piano 
  • Taneli Kuusisto 
    • Prière finlandaise, op. 27b no 2 (1939) 
    • Finale, op. 40 no 3 (1946)
  • Armas Launis : Ouverture de l’acte II de Kullervo (1917)
    [arr. piano : Alex Freeman et Amédée Briggen] 
  • Joonas Kokkonen : Quatre mélodies sur des poèmes d’Uuno Kailas (1944-1953)
    • Adagio
    • Visage couvert
    • L’ange
    • Finale 
  • Armas Launis : « Danse des diabloteaux » de Kullervo 
  • Henri-Claude Fantapié : Les sots et les sages, trois mélodies sur des poèmes d’Uuno Kailas et d’Anja Kosonen-Fantapié – en finnois, niçois et français (2015)
    [Création mondiale / Commande de l’Université de Helsinki]
    • « Tu étais partie… »
    • Les sots et les sages
    • « Ce qui est une fois de l’amour… ? » 
  • Armas Launis : Berceuse de Kullervo [texte d’Eino Leino] 



Armas Launis (1884-1959 [portrait ci-contre]) jouissait d’une certaine renommée dans la Finlande des années 1910. Fort appréciés, ses premiers opéras lui valurent l’honneur d’une bourse d’État accordée par la jeune République de Finlande, ce qui lui permit d’effectuer des travaux d’ethnomusicologie sur les rivages méditerranéens. Après avoir recueilli des mélodies et des impressions en Afrique du Nord, il s’établit à Nice avec sa famille. Le fait qu’il ait passé la majeure partie de sa vie à l’étranger explique sans doute qu’il ait été quelque peu oublié dans son propre pays. Toutefois, Henri-Claude Fantapié et Anja Kosonen-Fantapié ont fondé en 2001 une Association Armas Launis dédiée à la redécouverte de ses œuvres. Par exemple, ils ont rendu possible la représentation et l’enregistrement de l’opéra sur des thèmes sames Aslak Hetta en 2004 . Entre autres pièces, trois extraits de Kullervo sont présentés ici. Créé dans le Grand-Duché de Finlande en février 1917 (quelques mois avant l’indépendance), l’opéra fut ensuite adapté en français et joué à Nice : d’abord en studio pour une radiodiffusion sur la station Nice-Côte-d’Azur (le 30 juillet 1938 à 20 h 30), puis sur la scène du Palais de la Méditerranée le 22 février 1940 dans le cadre d’une soirée caritative au bénéfice de la Finlande qui venait d’être envahie par l’Union soviétique. C’était la première fois qu’un opéra finlandais était présenté au public français. [Partition ci-contre, dans les collections de la Bibliothèque municipale.]

  
Répétition et réception chez le consul de Finlande à l'occasion de la création niçoise de Kullervo (1938-1940)

En 1931, les médecins diagnostiquèrent à Uuno Kailas (1901-1933 [portrait ci-contre]) une grave tuberculose pulmonaire : il ne lui restait manifestement que quelques mois à vivre. Ils lui conseillèrent de prendre du repos sur la Côte-d’Azur. C’est ainsi que le jeune poète, déjà célèbre et estimé en Finlande pour son œuvre symboliste et expressionniste, passa les dernières semaines de sa vie à Nice, dans une pension située au 15 boulevard Carlone. Il y rencontra des concitoyens résidant également dans la région, notamment la famille Launis. En effet, à cette époque, Armas Launis et le consul de Finlande étaient au centre d’une petite « communauté finlandaise » qui, depuis lors, n’a fait que s’élargir. Kailas mourut dans la nuit du 22 mars 1933 ; ses cendres furent rapatriées en Finlande en grande pompe et inhumées à Helsinki, au cimetière de Hietaniemi, parmi les grands hommes de la Nation.

Les mises en musique d’Yrjö Kilpinen (1892-1959) présentées dans ce concert sont contemporaines de Kailas (1929). Viennent ensuite deux mélodies de Taneli Kuusisto (1905-1988) – notamment le cantique Prière finlandaise –, caractéristiques des tumultueuses décennies des années 1930 et 1940. Joonas Kokkonen (1921-1996) a composé sa très belle suite après les guerres. Notre sélection étant limitée à des œuvres pour voix et piano, nous n’avons pas pu prendre en compte les pièces écrites pour de plus amples formations au cours des décennies suivantes (chœurs, musique de chambre, mélodies avec orchestre…). Néanmoins, sur l’ensemble du centenaire célébré, une continuité temporelle est assurée jusqu’à nos jours grâce à une commande passée en cette occasion à Henri-Claude Fantapié.

     
Kilpinen, Kuusisto et Kokkonen

Henri-Claude Fantapié est né à Nice en 1938 [portrait ci-contre]. Compositeur, chef d’orchestre, pédagogue et producteur pour la radio, chevalier de l’Ordre du Lion d’Or de Finlande, il a toujours consacré une grande énergie à faire rayonner la musique finlandaise en France et dans le monde. Avec son épouse Anja née Kosonen, il a publié en français un dictionnaire de la musique finlandaise, ainsi que de nombreux articles de musicologie. La création mondiale de Tyhmät ja viisaat (Les sots et les sages), sur des poèmes d’Uuno Kailas et d’Anja Kosonen-Fantapié (1941-2011 [portrait ci-contre au mont Boron]) est aussi une façon de rendre hommage aux efforts enthousiastes que celle-ci a déployés avec succès, pendant toute sa vie, au service de la musique et de la littérature finlandaises. Les textes sont chantés en langue originale finnoise, ainsi qu’en niçois et en français, rappelant les solides liens historiques et culturels qui unissent Nice et la Finlande, et le multilinguisme traditionnel de ces deux territoires. 



          
Valérie Marret & Hélène Grabowska-Metlov, sopranos ; Amédée Briggen, piano ; Miquèu de Carabatta & Sébastien Cagnoli, récitants


Pour aller plus loin

  • En français : Uuno KAILAS, La poussière d’or sous nos pas, poèmes et textes choisis, traduits et présentés par Sébastien Cagnoli, Riveneuve, 2006, ISBN 2-914214-08-1.
  • Bilingue finnois-français : Anja KOSONEN-FANTAPIÉ, Minä olin se katse – J’étais ce regard, édition posthume d’un choix de poèmes traduits par Jean-Luc Moreau, avec des illustrations d’Asta Niemistö et une postface d’Henri-Claude Fantapié, Kesuura, 2012, ISBN 978-951-812-181-0.
  • En finnois : Sébastien CAGNOLI (éd.), Uuno Kailas Heinolasta Nizzaan, Helsinki Collegium for Advanced Studies, 2015, ISBN 978-951-51-1665-9. Document destiné à immortaliser le projet lors de son lancement à Helsinki : outre le programme du concert et une présentation détaillée des personnes impliquées (compositeurs, musiciens, poètes, traducteurs), la brochure contient une sélection de poèmes en trois langues (finnois, niçois et français).
     


Nice, Bibliothèque Louis-Nucéra, mercredi 10 janvier 2018, 16h30.
Rencontre organisée par l’association Perspective Internationale dans le cadre des commémorations du centenaire des révolutions de 1917 et de l’indépendance de la Finlande, avec le soutien de la Ville de Nice et des associations Armas Launis et Maison de la Russie

Trois autres événements à Nice en rapport avec le concert

  • Pro Finlandia - Le chemin de l’indépendance de la Finlande, exposition organisée par l'ambassade, Bibliothèque Raoul-Mille, du 20 septembre au 6 octobre 2017.
  • « L’imaginaire national finlandais à l’épreuve du centenaire – Un regard du XXIe siècle sur la poésie patriotique d’Uuno Kailas », communication de Sébastien Cagnoli dans le cadre d’un colloque international intitulé De Pierre le Grand aux révolutions de 1917 : images et imaginaire en Russie et en France (CUM, Valrose et Maison de la Russie, du 13 au 19 novembre 2017).
  • France et Russie : Ruptures et continuité (Éveil des consciences nationales en musique avant 1917) : deux concerts avec soprano (Hélène Grabowska-Metlov), les enseignants et étudiants de piano, percussions, chant et musique de chambre du Conservatoire (notamment Amédée Briggen) (Conservatoire, mercredi 15 et jeudi 16 novembre 2017).

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Écrit par SebK, le Jeudi 21 Septembre 2017, 14:09 dans la rubrique "Finlande".


— fête francophone à Genève —
Le dimanche 28 février 2016, à Genève, Mme Juliette Monnin-Hornung donnait une soirée pour célébrer la fête du Kalevala.

Pekka Huhtaniemi, du Ministère finlandais des Affaires étrangères, a présenté une rétrospective des nombreuses éditions du Kalevala en Finlande et dans le monde, en signalant notamment la récente parution d'une version biélorusse. Pekka Huhtaniemi vient de quitter ses fonctions d'ambassadeur au Royaume-Uni pour se consacrer à la coordination des célébrations internationales qui seront organisées en 2017 à l'occasion du Centenaire de l'Indépendance.

     

     

Juliette Monnin-Hornung a partagé son enthousiasme et ses réflexions autour du Kalevala, qui la passionne depuis les années 1920 et qu'elle ne cesse de promouvoir dans le monde francophone. Rappelons qu'elle a préfacé en 2009 la réédition de l'épopée dans la traduction de son compatriote Jean-Louis Perret, et qu'elle vient de publier en 2015 un ouvrage intitulé Le Kalevala - Ses héros, ses divinités, ses mythes et sa magie.

  

Enfin, Walter Arnold a lu le chant de la création du kantele dans sa langue maternelle, le léventin. La Léventine (Levantina) est la vallée suisse où le Tessin prend sa source. Sa traduction du Kalevala paraîtra en fin d'année.

Les interventions étaient agrémentées de lectures en français et d'intermèdes musicaux au kantele.

     

Quelques extraits vidéo de cette soirée (sans le kantele, malheureusement) :




http://ecx.images-amazon.com/images/I/317C1Iw8xxL._SX319_BO1,204,203,200_.jpg   http://ecx.images-amazon.com/images/I/31K7PImt7VL._SX312_BO1,204,203,200_.jpg


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Écrit par SebK, le Jeudi 3 Mars 2016, 11:17 dans la rubrique "Finlande".


— une délégation niçoise invitée en Provence pour célébrer la poésie finlandaise en langue d'oc —
À l'occasion du concert consacré au poète finlandais Uuno Kailas et présenté à Helsinki en octobre dernier, une brochure a été publiée par le Helsinki Collegium for Advanced Studies. Elle contient une présentation de l'événement, le programme de la soirée, la biographie des artistes impliqués (compositeurs, poètes, musiciens, traducteurs) ainsi que des poèmes d'Uuno Kailas en trois langues : finnois, occitan niçois et français. Cet ouvrage a été offert aux spectateurs, ainsi qu'aux principales bibliothèques de Finlande et d'Occitanie (Comté de Nice, Provence, Languedoc, Gascogne...).

En Provence, l'ouvrage a retenu l'attention du Centre de Documentation Provençale, où Jean-Marc Courbet, majoral du Felibrige, l'a réceptionné avec surprise et émotion.

Association linguistique et culturelle occitane basée en Provence, le Felibrige fut fondé le jour de la Sainte-Estelle 1854 par un groupe de jeunes poètes réunis autour de Frédéric Mistral. De son temps, Mistral était déjà conscient de la place prestigieuse qu'occupaient les langues et littératures occitanes en Europe et dans le monde, citant notamment les romanistes finlandais qui se penchaient alors sur ces sujets avec un grand intérêt. Le prix Nobel de littérature décerné à Mistral en 1904 pour son œuvre en occitan provençal témoigne d'ailleurs de cette reconnaissance nordique et internationale.

Depuis 1978, le Centre de Documentation Provençale est au cœur de fructueux échanges culturels, non seulement entre provinces d'Occitanie, mais aussi entre l'Occitanie et le reste du monde. La brochure Uuno Kailas Heinolasta Nizzaan trouve tout naturellement sa place dans cette collection, aux côtés d'une anthologie de poésie provençale publiée en estonien à Tallinn, ou encore du fameux dictionnaire occitan-japonais publié à Tokyo par Naoko Sano. Si la réception de cet ouvrage a causé une telle surprise à Jean-Marc Courbet et à ses collègues, ce n'est donc pas tant pour son contenu que parce qu'il s'avère le 5000e titre répertorié dans le catalogue du Centre.

Le 23 janvier 2016, cet événement et cette heureuse rencontre étaient célébrés au Centre de Documentation Provençale (à Bollène, dans le Vaucluse), en présence des traducteurs Miquèu de Carabatta et Sébastien Cagnoli, escortant la Niçoise Angélique Marçais, 21e "reine du Felibrige" depuis les Jeux floraux de 2011.

  
Angélique Marçais. 

Au-delà des pays niçois et provençal, l'espace occitan était représenté dans une perspective plus large par le président du PEN Club occitan, le Languedocien Jean-Frédéric Brun. Grâce à son activité dans le vaste réseau du PEN International, cet écrivain connaît bien la place que les littératures occitanes occupent dans le monde et l'intérêt qu'elles n'ont jamais cessé de susciter. En somme, il n'y a qu'en France que les cultures dites "régionales" sont méconnues et négligées : dans le monde, les littératures occitanes sont connues et reconnues, autant pour leurs mille ans d'histoire que pour leur vitalité contemporaine, et il est rassurant de le rappeler.

     
Sébastien Cagnoli, Miquèu de Carabatta, Jean-Marc Courbet et Jean-Frédéric Brun au Centre de Documentation Provençale.





Dans la presse :
        

     

À la radio : France Bleu, 23 janvier.

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Écrit par SebK, le Dimanche 24 Janvier 2016, 16:59 dans la rubrique "Finlande".


— un peintre finlandais à Nice en 1885 —
Aukusti Uotila est né le 5 mai 1858 à Urjala, un village agricole du sud-ouest de la Finlande. Ses parents sont cultivateurs.
Formé à l'école de dessin de la Société des Beaux-Arts de Finlande (Helsinki) en 1873-1876, Uotila est admis à l'Université de Helsinki, où il étudie le dessin en 1876-1877.

  
Aukusti Uotila en 1878 : portrait par Albert Edelfelt et photo par Daniel Nyblin, Helsinki.

En 1877-1879, Uotila étudie à Paris, à l’École des Beaux-Arts, sous la direction d'Henri Lehmann. Il rentre brièvement en Finlande en 1879-1880, puis retourne en France, où il séjourne en différentes régions, notamment en Bretagne. Paris et la Bretagne sont alors des destinations obligées pour les artistes finlandais.


Photographie d'Aukusti Uotila par Daniel Nyblin, Helsinki (années 1880).

Au début de l'année 1885, Uotila entreprend un nouveau voyage d'étude. Il souffre alors de la tuberculose depuis quatre ou cinq ans. Sur les conseils des médecins, qui lui recommandent vivement le climat méditerranéen, le jeune artiste se dirige vers Florence.
Uotila traverse les Alpes et s'arrête brièvement au bord du lac de Côme, puis il arrive à Nice pendant le carnaval.

À Nice, son premier travail est une petite toile représentant un marché aux fleurs (Kukkastori Nizzassa) :


Kukkastori Nizzassa (22,5 x 19 cm)

Une "petite oeuvre ensoleillée" est mentionnée dans une lettre du 18 septembre, sans plus de précision.

Avec le "marché aux légumes" et le portrait d'une "demoiselle aux fleurs", Uotila continue d'étudier la vie populaire niçoise :

  
Nizzan vihannestori (81,5 x 65,5 cm) - Kukkastyttö (61 x 46 cm)

De même, il réalise à Nice une étude de type populaire (Kansantyyppi, harjoitelma, 27 x 22 cm), représentant le buste d'un jeune homme moustachu avec chapeau à bords et foulard rouge autour du cou.

Parallèlement à l'atmosphère de la vieille ville, Uotila se tourne bien sûr du côté de la mer. Les pointus de ses Pêcheurs en Méditerranée voguent dans la baie des Anges, vus du côté de Carras, avec en fond les préalpes de Nice plongeant dans la mer :


Kalastajia Välimerellä - "Dolce far niente" (61 x 96 cm)

De l'autre côté du mon Boron, Uotila peint Villefranche depuis la plage au fond de la rade, avec les petits rochers au premier plan. On voit l'entrée de la vieille ville, le fort Saint-Elme, et on aperçoit le lazaret et le cap de Nice :


Villafrancan kaupunki

Dans une lettre du 6 décembre, Uotila mentionnera un tableau intitulé Matin d'été sur la Riviera, avant le lever du soleil (Kesäaamu Rivieralla, ennen auringon nousua). On devait y voir aussi des pointus, paraît-il.
Enfin, un mystérieux tableau intitulé Nizza aurait été exposé en 1917 ; il appartenait alors à un certain "capitaine G. Rydman".

Pendant ce temps, Uotila accomplit aussi deux travaux "finlandais" : un portrait d'un ami d'enfance (Nuoruudenystävän muotokuva, mentionné dans une lettre du 18 septembre), réalisé d'après photo ; et une vue de Helsinki commencée en Finlande et achevée à Nice de mémoire : la Chapelle de l'Esplanade (Esplanadikappeli), un restaurant belle-époque récemment embelli au coeur de la capitale du grand-duché.

Finalement, Uotila ne poursuit pas son voyage vers la Toscane mais vers la Corse. Il accoste à Ajaccio en octobre. Il y peint ses dernières oeuvres, et meurt de sa tuberculose le 18 mars 1886, âgé de 27 ans. Il est enterré à Ajaccio en toute discrétion. 



Sources :
  • Lindström, Aune.  Aukusti Uotila. Porvoo : WSOY, 1948.
  • August Uotila 1858-1886 : appelsiinitytön maalari ~ appelsinflickans målare [éd. Synnöve Malmström]. Helsinki : SKS & Amos Andersonin taidemuseo, 2012.

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Écrit par SebK, le Mercredi 2 Décembre 2015, 13:13 dans la rubrique "Finlande".


— 1828-1852 —
https://upload.wikimedia.org/wikipedia/en/thumb/f/f3/Flag_of_Russia.svg/320px-Flag_of_Russia.svg.pngOlof Fritiof Holmberg naît à Helsingfors (Helsinki) le 1er juin 1828, d'une famille Holmberg originaire de Tavastehus (Hämeenlinna). Depuis 1809, la Finlande est un grand-duché autonome au sein de l'Empire russe, et Helsingfors (Helsinki) en est la capitale depuis 1812.

Le père, Olof Henrik Holmberg, est trésorier et conseiller à l'administration générale des douanes (admis à l'Université d'Åbo en 1814). La mère, Josefa Gustava, vient d'une famille Federley.



En 1829, l'université d'Åbo (Turku) a déménagé à Helsingfors (Helsinki). Le 15 juin 1844, Olof Fritiof Holmberg y est admis sous le matricule 16195 (avec mention très bien), pour un cursus de sciences de l'administration. Le 10 octobre 1844, il adhère à la corporation d'étudiants du Häme, province d'origine de sa famille.
L'année suivante, il s'inscrit à la faculté de droit (25 octobre 1845). Il obtient un diplôme de juge le 10 décembre 1847, puis effectue un stage à la cour d'appel de Turku (21 décembre 1847). Il obtient son diplôme supérieur le 12 décembre 1848, après quoi il rejoint son père à l'administration générales des douanes. Il a alors 20 ans.


https://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/a/ad/Flag_of_Italy_%281861-1946%29.svg/320px-Flag_of_Italy_%281861-1946%29.svg.pngL'hiver 1851-1852, Olof Fritiof Holmberg est de passage à Nice, chef-lieu de division des États-Sardes.
Il fait partie de cette petite communauté "russe" qui passe l'hiver sur le littoral ligure avant la crise diplomatique de la guerre de Crimée. Le consul de Russie à Nice est alors Alexandre De Griève (qui a succédé à Étienne Michaud en 1845).

Âgé de 23 ans, Olof Fritiof Holmberg meurt à Nice dans la soirée du 5 février. Son décès est enregistré le 6 dans les registres protestants (tenus par les protestants français de Nice), et sa dépouille est inhumée le 7 dans le carré protestant du cimetière du Château.



Les deux témoins du décès sont un certain Georges Gary, conseiller de commerce âgé de 78 ans et demeurant à Nice ; et Basile Czaczkoff, conseiller d'État de Russie résidant à Saint-Pétersbourg, également de passage à Nice. Ce dernier, né vers 1811-1812, est vraisemblablement le fils de Василий Васильевич Чачков (1785-1842), lui-même conseiller d'État.



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Écrit par SebK, le Samedi 28 Novembre 2015, 13:53 dans la rubrique "Finlande".


Le 23 octobre 2015, à l'occasion du Salon du Livre, Miquèu de Carabatta et Sébastien Cagnoli présentaient Quora desareissèron lu colombs à Helsinki, aux côtés de Sofi Oksanen.




     


(photo Toni Härkönen)


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Écrit par SebK, le Mercredi 4 Novembre 2015, 19:18 dans la rubrique "Finlande".


— Uuno Kailas de Heinola à Nice – Cent ans de musique et de poésie entre Nice et la Finlande —


Du Kullervo d'Armas Launis à une création d'Henri-Claude Fantapié, le programme de ce concert consacré au poète Uuno Kailas couvre une centaine d'annés de musique finlandaise. Les mélodies d'Yrjö Kilpinen (1929) sont contemporaines de Kailas, né en 1901 à Heinola [photo ci-dessus : Heinola aujourd'hui]. Les pièces de Taneli Kuusisto témoignent de la période tragique des années 1930 et 1940. Puis Joonas Kokkonen a composé son cycle après la guerre. On a dû renoncer à quelques adaptations des décennies suivantes, écrites pour de plus grandes formations (choeur, ensemble de chambre, orchestre…). Mais la création d'Henri-Claude Fantapié montre que la poésie de Kailas est toujours d'actualité au XXIe siècle.

Henri-Claude Fantapié est né à Nice [photo ci-dessous : Nice aujourd'hui]. Compositeur, chef d'orchestre, pédagogue et producteur de radio, il a toujours consacré une grande énergie à la promotion de la musique finlandaise en France et à l'étranger. Avec sa femme Anja, il a publié un dictionnaire de la musique finlandaise qui demeure une référence en la matière. Ce nouveau cycle de mélodies sur des poèmes d'Uuno Kailas et d'Anja Kosonen-Fantapié est aussi une façon de rendre hommage aux efforts infatigables d'Anja pour promouvoir la musique et la littérature finlandaises. Les poèmes sont chantés dans leur finnois d'origine, ainsi qu'en niçois et en français, en témoignage des lients culturels et historiques entre Nice et la Finlande, et de l'expérience du multilinguisme familière à ces deux régions.

Le compositeur et ethnomusicologue Armas Launis a connu une certaine renommée en Finlande dans les années 1910. Ses premiers opéras eurent tant de succès qu'ils lui valurent une pension à vie de la jeune République de Finlande. Voyageant sur les bords de la Méditerranée, il récolta des mélodies et des impressions en Afrique du Nord, puis s'établit à Nice. Le fait qu'il ait passé la majeure partie de sa vie à l'étranger explique sans doute qu'il ait été un peu oublié dans son propre pays. Mais Henri-Claude et Anja ont fondé en 2001 l'Association Armas Launis, avec pour mission de redécouvrir et promouvoir son oeuvre. Par exemple, ils ont rendu possible la création postume et l'enregistrement de l'opéra sur des motifs sames Aslak Hetta en 2004 (dir. Sakari Oramo). Le dernier numéro de la revue Musiikki (3-4/2014) est entièrement consacré à des analyses de l'oeuvre et de la carrière d'Armas Launis. Parmi d'autres pièces, trois extraits de Kullervo sont presentés ici. Créé dans le Grand-Duché de Finlande en février 1917, l'opéra fut adapté en français et représenté à Nice en février 1940, dans le cadre d'une soirée caritative en soutien à la Finlande en pleine Guerre d'Hiver. C'était la première fois qu'un opéra finlandais était joué en France.

En 1931, les médecins découvrent que Kailas est atteint d'une grave tuberculose pulmonaire : de toute évidence, il ne lui reste que quelques mois à vivre. Sur leurs conseils, c’est à Nice (15, boulevard Carlone) que le poète va passer les dernières semaines de sa vie. Il y rencontre la famille d’Armas Launis, qui lui tiendra compagnie jusqu’à l’équinoxe. Uuno meurt dans la nuit du 22 mars 1933 (ses cendres seront rapatriées en Finlande et inhumées à Helsinki, au cimetière de Hietaniemi).


Uuno Kailas à Gourdon en hiver 1932-1933, avec la femme et la fille d'Armas Launis (photo Armas Launis).

En effet, à l'époque, Armas Launis et le consul de Finlande étaient déjà au centre d'une petite "communauté finlandaise" sur la "Côte d'Azur". En réunissant des compositions classiques de Finlande et une création nissardo-finnoise, dans l'interprétation d'une chanteuse de l'Académie Sibelius et d'une pianiste du Conservatoire de Nice, ce concert donné à Helsinki confirme que les échanges culturels entre Nice et la Finlande sont plus vigoureux que jamais.

  
Le concert était donné le 21 octobre 2015 en la grande salle de la Société des lettres finnoises (Suomalaisen Kirjallisuuden Seura), institution fondée en 1831 et maison natale du Kalevala.


Sari Kivistö, directrice du Helsinki Collegium for Advanced Studies, présente le concert.


Réunies par la poésie d'Uuno Kailas dans le berceau de la littérature finnoise, la pianiste Amédée Briggen et la mezzo Maiju Vaahtoluoto revisitent un siècle de musique vocale partagée entre les rives de la Baltique et de la Méditerrranée.
  

     
Poèmes d'Uuno Kailas lus en finnois par Ulla Tuomarla, en niçois par Miquèu de Carabatta et en français par Sébastien Cagnoli.


À propos de la Suite Tyhmät ja viisaat / Les sots et les sages / Lu gnaci e lu savi (poèmes de Uuno Kailas et Anja Kosonen-Fantapié, trad. Sébastien Cagnoli, Miquèu de Carabatta et Jean-Luc Moreau, musique d’Henri-Claude Fantapié)

"Je ne sais plus qui, de Sébastien ou de moi, a eu cette idée de mise en musique de poèmes de Uuno Kailas et cette folie (sottise ?) de vouloir ainsi jouer sur les mots et les langues, mais le défi étant jeté et le temps compté, j’ai vite ouvert les volumes de poèmes en finnois et ceux traduits en français par Sébastien. Deux d’entre eux (Olit poissa / Tu étais partie et Tyhmät ja viisaat / Les sots et les sages), qui ne semblaient pas déjà avoir été auparavant mis en musique et dont l’expression présentait deux visages opposés du poète, ont aussitôt retenu mon attention. J’ai cru bon, avec l’accord de Sébastien, de leur donner un prolongement avec un poème d’Anja dans lequel je trouvais des résonances à Tu étais partie. Cette Suite qui allait naître devait encore trouver sa forme : trois poèmes, chacun des trois en trois langues différentes (avec la traduction en nissart de Miquèu de Carabatta), fallait-il en faire trois suites différentes ou mixer le tout ? J’avais déjà l’expérience d’une œuvre bilingue, écrite en collaboration avec le poète Jean-Luc Moreau et de sa traduction en finnois par Anja : les Contes et comptines (Satuja ja hokemia). Il y avait aussi les poèmes d’Odysseus Elytis Του Αιγαίου / de la mer Egée, que j’avais écrits pour chœurs a capella. Le cas était différent. Si j’ai gardé une partie pianistique relativement identique dans les trois versions de chaque poème (sauf pour le second, qui éveille des souvenirs de chansons populaires niçoises), les parties chantées diffèrent pour suivre le rythme, l’esprit, les couleurs et l’accentuation propres à chacune des langues. Les neuf parties enchaînées de la Suite peuvent alors être jouées dans la continuité, devenir une Suite en six parties en omettant une langue, voire en trois parties en n’en conservant qu’une seule. J’espère que, dans tous les cas, le résultat suggérera que l’on y entendra Kolme laulua, Trois mélodies de tradition française et Tres cansoun pour les nissardas… et aussi que Uuno, Anja (Sébastien, Miqueù, Jean-Luc et les interprètes) auront la sagesse de me pardonner ma sottise…"

Henri-Claude Fantapié, le 9 octobre 2015






ARMAS LAUNIS
(1884-1959)

Quatre pièces pour piano
1. Idylle ; 2. Intermezzo ; 3. Élégie : 4. Impromptu

Trois extraits de l'opéra Kullervo (1917)       
– Ouverture de l'acte II (arr. Alex Freeman et Amédée Briggen)
– Danse des diabloteaux
– Berceuse *

YRJÖ KILPINEN (1892-1959)

Cinq mélodies sur des poèmes d'Uuno Kailas, op. 73 (1929) *
1. Autio maa ; 2. Tuutulaulu ; 3. Pilvilaulu ; 4. Paljain jaloin ; 5. Palava laulu

TANELI KUUSISTO (1905-1988)

Suomalainen rukous, op. 27b no. 2 (1939) *
Finaali, op. 40 no. 3 (1946) *

JOONAS KOKKONEN (1921-1996)

Quatre mélodies sur des poèmes d'Uuno Kailas (extr)
2. Peitetyt kasvot (1953) *

HENRI-CLAUDE FANTAPIÉ (né en 1938)

Tyhmät ja viisaat, trois mélodies sur des poèmes d'Uuno Kailas et d'Anja Kosonen-Fantapié (2015) [en finnois, niçois et français] (extr. - création)
2. Lu gnaci e lu savi **

Maiju Vaahtoluoto, mezzo *
Miquèu de Carabatta, récitant **
Amédée Briggen, piano



Concert organisé par le Helsinki Collegium for Advanced Studies dans le cadre d'une résidence de traduction financée par la fondation Alfred Kordelin, avec le soutien de l'association Armas Launis.

Le programme, la présentation des artistes et les poèmes trilingues sont parus dans l'ouvrage Uuno Kailas Heinolasta Nizzaan – Sata vuotta musiikkia ja runoutta Nizzan ja Suomen välillä, Suomalaisen Kirjallisuuden Seura, Helsinki, 21. lokakuuta 2015 (Helsinki, HCAS, 52 p., ISBN 978-951-51-1665-9).



[photos AB & SC]
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Écrit par SebK, le Mercredi 28 Octobre 2015, 19:57 dans la rubrique "Finlande".


— Sofi Oksanen à Nice —
Le mardi 20 octobre 2015, à Helsinki, Sofi Oksanen présentait le livre Quora despareissèron lu colombs (éd. IEO, 2013), version niçoise de son roman Kun kyyhkyset katosivat, en compagnie de ses traducteurs Miquèu de Carabatta et Sébastien Cagnoli.

     
Cette rencontre publique se déroulait au Helsinki Collegium for Advanced Studies.



  
Sari Kivistö, directrice du Collegium, présente les intervenants.


Sébastien Cagnoli présente l'espace linguistique occitano-roman.


Sofi Oksanen parle du pont culturel finno-occitan et de sa rencontre avec les lecteurs niçois.


Miquèu de Carabatta reçoit symboliquement la solennelle ylioppilaslakki, casquette blanche honorifique des bacheliers finlandais.

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Écrit par SebK, le Mercredi 28 Octobre 2015, 09:04 dans la rubrique "Finlande".


— congrès international sur la revitalisation des langues minoritaires d'Europe et de Russie —
Du 16 au 18 décembre 2013, l'Université de Helsinki accueillait un congrès de sociolinguistique intitulé Language revitalization in a Russian and European context: Exploring solutions for minority language maintenance. À cette occasion, Sébastien Cagnoli et Miquèl de Carabatta ont présenté un projet de revitalisation d'une langue minorée de France par le biais de la traduction littéraire : la traduction du dernier roman de Sofi Oksanen en occitan niçois (avec le soutien du FILI).

(cliquer sur les images pour agrandir)

     

À partir de l'expérience de novembre 2009, où le Théâtre niçois de Francis Gag et le Théâtre national komi ont joué dans leurs langues respectives à Syktyvkar, comparaison de la situation de la langue niçoise dans la famille occitano-romane en France et de la langue komie dans la famille finno-ougrienne en Russie :



     

Un aperçu des langues de France aujourd'hui :

     

Quelques points de repère dans l'histoire récente de Nice et de la France, pour comprendre les spécificités culturelles et le statut des langues :



     

Pourquoi traduire Sofi Oksanen en niçois, alors que ses livres seront disponibles tôt ou tard en français ou en anglais :



Comment traduire un roman finnois en niçois, quand personne n'a les compétences requises dans les deux langues à la fois :



Les résultats de ce projet :




  

  



À Helsinki, aujourd'hui, les noms de rues sont généralement bilingues (finnois-suédois). Près de la place du Sénat et de la statue d'Alexandre II, on trouve même une plaque trilingue, vestige du Grand-Duché de Finlande :


Pour Noël, la Cathédrale (luthérienne) offre une exposition de circonstance, consacrée au Presepio, "l'art italien de la crèche" :


Pendant ce temps, au Théâtre national de Finlande (Kansallisteatteri), on joue Quand les colombes disparurent (Kun kyyhkyset katosivat), la pièce tirée du roman de Sofi Oksanen, avec surtitres anglais et estoniens :
  


Quora despareissèron lu colombs: translating a Finnish bestseller to a minority language of France

Abstract

In November 2009, today’s two major Nissart and Komi theatre companies met in Syktyvkar, where they performed plays in their respective languages. This experience led to an unexpected comparison of the theoretical and practical statuses of minority languages in two different multilingual cultural areas of Europe – France and Russia – with the examples of an Occitan language in Nice and a Finno-Ugric one in Komi[1]. France and Russia are two of the few members of the Council of Europe that have signed but never ratified the European Charter for Regional or Minority Languages. Whereas regional languages of the Russian Federation have been theoretically favoured by the fundamental laws but often actually depreciated, the French Republic constantly reaffirms the denial of any official status to its regional languages[2] although some recognition may actually exist (e.g. opening of a Nissart-French bilingual elementary school in September 2013).

As languages are usually an obstacle to communication between distinct peoples, international “folk” events are often limited to music, dance and visual arts rather than drama. The success of the Nissart performance in Syktyvkar revealed that language, far from being an obstacle, can be the very reason for the unexpected meeting and understanding of two distant peoples[3]. This observation incited Nissart activists to keep exploring ways of using their language as a means of international cultural exchange. Thus was born a new literary project: translating into Nissart a book of contemporary foreign literature, Sofi Oksanen’s latest novel Kun kyyhkyset katosivat.

First this presentation shall explain the origins of the project. Why translate into Nissart a book that is to be sooner or later available in French and English? As a matter of fact, Occitan literature already has a long history, from the medieval troubadours to the romantic revival of the 19th century and Frédéric Mistral’s Nobel Prize; but the trans-cultural benefits of translation were yet to develop.

Then we shall explain how this translation work was planned and realised. The team had the constant preoccupation of always translating from Finnish to Nissart, the French language being a mere tool among the persons involved in the process (one of the translators can read Finnish and Nissart but cannot write the latter properly; the other cannot read Finnish but is native in Nissart). An interesting aspect of the choice of this contemporary text is that work began as soon as the author finished writing her novel, a couple of months before the original Finnish publication.

With this presentation, we will make observations and conclusions about the effects of this work among the Nissart and Occitan communities. The Occitan version was published under the title Quora despareissèron lu colombs in April 2013, a few weeks before the French one. It was the first translation of this novel available outside Northern Europe. This project thus demonstrates that the Nissart language is not just some “heritage of France” but a cultural tool which can prove itself definitely alive and independent.

Bibliography

CAGNOLI Sébastien, Ńobdinsa Vittor et Francis Gag – Le théâtre au service de la langue, Nice : Serre, 2011, 120 p. ill. [ISBN 978-2-86410-553-4]

OKSANEN Sofi, Quora despareissèron lu colombs [Kun kyyhkyset katosivat], translated from Finnish to Nissart (Occitan) by Miquèl de Carabatta and Sébastien Cagnoli (with preface), Nice : IEO-CREO PACA, 2013, 392 p. [ISBN 978-2-9530712-4-5]

ROMAŠIN Andrej, «В Сыктывкаре французы с курицей “съели” русский колорит на уникальном языке» // КомиОнлайн, 27.11.2009. http://komionline.ru/news/17988  



[1] In 1860, the “County of Nice” was annexed to the French Empire and lost the status it had enjoyed since the 14th century: its population was then partly exiled to Italy, partly merged with the neighbouring population of Provence into a new administrative entity called « département des Alpes-Maritimes » (a reference to the Roman Empire, already used during the French occupation of 1792-1814). On the contrary, the land of Komi, under Russian domination since the crusades of the 14th century, gained autonomy in 1921, after the fall of the tsarist Empire; today it is a Republic within the Russian Federation.

[2] Since 1992, the Constitution declares French the only language of the Republic (art. 2 : « la langue de la République est le français »). Since 2008, art. 75.1 (sic) mentions « regional languages » as part of the cultural “heritage of France” (like wine, cheese or the Palace of Versailles).

[3] “[T]he play did not raise major problems for the audience [...]. The performance presented by the actors from Nice featuring life of peasants, relationships between young peoplewere very close and understandable to everyone in the hall.” Romašin 2009.

The reactions of the Komi audience are significant. ‘You made Chekhov closer to us! exclaimed some spectators. Indeed Chekhov’s drama features Russians, landowners, people whose way of life is totally alien to Komi. In transposing Chekhov’s comedy for the Nissart audience, in adapting it to the life of a rural house among the vineyards, Laurent Térèse has created characters in whom the Komi recognise themselves, characters more familiar to them than Chekhov’s Russians are. This encounter between Nissart and Komi dramatic arts has thus proven a genuine mutual revelation.” Cagnoli 2011, p. 88-89.


(photos : Marie Casen & SC)


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Écrit par SebK, le Samedi 21 Décembre 2013, 12:43 dans la rubrique "Finlande".


— autour de son dernier roman —
Sofi Oksanen était à Nice ces derniers jours pour célébrer la parution de son dernier roman en occitan niçois : Quora despareissèron lu colombs (Kun kyyhkyset katosivat).

Paru en Finlande en août 2012, cet ouvrage rencontre ici son premier public étranger hors des pays nordiques. D'autres traductions sont annoncées, notamment en français (Stock, mi-mai 2013).

L'auteur a été accueillie par l'équipe des Colombs au restaurant La Sousta, où elle a pu se familiariser avec la cuisine du pays.



Le 1er mai, Sofi a quitté le littoral pour remonter le Paillon et la Bevera en direction du massif de l'Authion, où elle a eu la surprise d'accomplir sa première randonnée en raquettes, en compagnie de ses traducteurs Miquèl de Carabatta et Sébastien Cagnoli, pour affronter les dernières neiges de la saison, encore parsemées du sable saharien déposé par le vent la semaine passée.

     

Des campagnes napoléoniennes à la Deuxième Guerre mondiale, ce plateau a vu s'affronter Niçois, Français, Italiens, Allemands, Américains... Sofi a été particulièrement impressionnée d'apprendre qu'un char avait pu monter jusque-là pour reprendre la redoute des Trois Communes (alt. 2082 m), en avril 1945, dans l'un des derniers combats avant l'armistice.

     

L'excursion s'est conclue avec une réception amicale au village de Moulinet.

La journée du jeudi 2 mai était consacrée aux rencontres avec les lecteurs.

La documentaliste Estelle Balleroy et le chef d'établissement Michel Combe nous ont reçus au CDI du lycée Calmette, où plusieurs classes d'élèves enthousiastes ont discuté avec l'auteur, le traducteur et l'éditeur, abordant tour à tour divers aspects de l’œuvre de Sofi Oksanen, l'histoire de l'Estonie et le projet de traduction en occitan niçois. Cette rencontre dans l'un de nos plus anciens établissements scolaires (1887), le fameux lycée de jeunes filles, était d'autant plus intéressante que c'est aussi le seul lycée de Nice, aujourd'hui, où le niçois ne soit pas enseigné !

  

  


Le succès de cette journée doit beaucoup à l'assistance passionnée de Gérald Roux, consul de Finlande à Nice (ci-dessus à gauche).

À l'auditorium de la bibliothèque Louis Nucéra, de nombreux lecteurs assidus étaient venus rencontrer l'auteur des Vaches de Staline et de Purge, impatients d'en savoir plus sur son nouveau roman.

       

Sofi a choisi de lire en finnois une scène d'amour tirée des Colombes. Joan-Pèire Baquié, président de l'IEO 06, en a lu ensuite la version niçoise éditée par ses soins :

  

Enfin, dans la soirée, c'est à la librairie Jean Jaurès qu'a été célébré le lancement du livre Quora despareissèron lu colombs. Libraire indépendant et infatigable qui anime avec fougue "la doyenne des librairies niçoises", Patrick Esclapez a orchestré cet échange cosmopolite autour de discussions et de lectures en finnois, occitan, français, anglais...

  


  
Glaudi Juniot, président de l'IEO-CREO PACA, a pris la parole en occitan pour accueillir les lecteurs et présenter le projet.


La Ville de Nice était représentée par Jacques Vidal, adjoint au maire en charge de la Littérature, de la Lutte contre l’illettrisme et des Bibliothèques.

Le prologue du roman a été dévoilé aux lecteurs, d'abord en finnois par Sofi, puis en niçois par Miquèl de Carabatta :

  

... et enfin, en avant-première, en version française, par Angélique Marçais, du Théâtre niçois de Francis Gag. Pendant ce temps, Sofi, stimulée par ce voyage dans les langues romanes, suivait attentivement sur la version niçoise :

  


Pour conclure, je ne peux que répéter les paroles de Sofi : "Bouòna letura ! Chau viva !"





Aquo d'Aqui : Quand Sofi Oksanen ajuda lei colombas a craïnar en niçard

                       


Nice-Matin, 11 mai 2013

     
Nice-Matin, 12 mai 2013

     
Nice-Matin Menton, 15 mai 2013


France 3, Vaquì, 2 juin 2013


La Lettre du Paillon, juin 2013

Et sur le site de l'IEO 06 :
Voir aussi le blog de la librairie Jean Jaurès.

=> commander en ligne Quora despareissèron lu colombs


Merci au FILI et à l'ADEFO d'avoir rendu possible le voyage de Sofi !

   

photos : S. Cagnoli, IEO 06, Rémi Tournier, Gérald Roux...
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Écrit par SebK, le Samedi 4 Mai 2013, 00:41 dans la rubrique "Finlande".


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