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Actualité
Rentrée littéraire 2020 : parution du roman O, de Miki Liukkonen, au Castor Astral.
07/2020 : création d'Innocence, opéra de Kaija Saariaho sur un livret original de Sofi Oksanen, au festival d'Aix-en-Provence.

03/2020 : représentations de Purge, de Sofi Oksanen, à Angoulême.

02/2020 : parution du roman Le papillon de nuit, de Katja Kettu, chez Actes Sud.

11/2019 : réédition de Ils ne savent pas ce qu'ils font, de Jussi Valtonen, au Livre de Poche.

11/2019 : Conférence sur les langues autochtones de l’Europe, Institut finlandais & Inalco, Paris.
10/2019 : parution de "Ni scandinaves, ni slaves : des voix originales d'Europe du Nord", préface à Ma muse n’est pas à vendre, poèmes d'Ivan Kouratov choisis et traduits par Yves Avril, éd. Paradigme.
08/2019 : présentations de Lever de rideau sur le pays komi dans le cadre du 15e Congrès des littératures finno-ougriennes, Kolozsvár, Roumanie.
05/2019 : parution d'Une soirée de toute cruauté, de Karo Hämäläinen, chez Actes Sud (coll. Actes noirs).

03/2019 : présentations de Lever de rideau sur le pays komi à Genève.
01/2019 : parution de Sœurs de cœur, de Salla Simukka, chez Hachette.

12/2018 : présentations de Lever de rideau sur le pays komi à Paris.
11/2018 : lecture publique de la pièce Purge de Sofi Oksanen à Cognac.
11/2018 : présentations de Lever de rideau sur le pays komi à Nice, à Moscou et en République de Komi (Syktyvkar et région de Körtkerös).
08/2018 : parution de Lever de rideau sur le pays komi, L'Harmattan & Adéfo, coll. "Bibliothèque finno-ougrienne".

05/2018 : réédition de Norma, de Sofi Oksanen, au Livre de Poche.

05/2018 : parution d'un article de Sofi Oksanen au Nouveau Magazine Littéraire, mai 2018.
03-04/2018 : représentations de Vincent River de Philip Ridley au Théâtre Ouvert Luxembourg.

01/2018 : Cent ans de musique et de poésie entre Nice et Finlande, concert-lecture autour d’Armas Launis et d’Uuno Kailas, Nice, bibliothèque Louis-Nucéra.

11/2017 : "L’imaginaire national finlandais à l’épreuve du centenaire - Un regard du XXIe siècle sur la poésie patriotique d’Uuno Kailas", dans le cadre du colloque Révolutions russes ; images et imaginaire en Russie et en France, Nice.
11/2017 : lecture d'extraits de la pièce Purge de Sofi Oksanen au Théâtre de l'Atalante (Paris) dans le cadre des rencontres Traduire - Transmettre.
10/2017-01/2018 : reprise des Cornes d'Alexeï Popov au Théâtre de l'Impasse (+ en tournée le 07/10 à Saint-André, le 27/10 à Falicon, les 13-14/01 à Vence).

09/2017 : réédition de Norma de Sofi Oksanen en grands caractères (éd. Voir de Près).

08/2017 : parution de l'article "Une comédie komie – Adaptations et mises en scène niçoises d'un théâtre minoritaire de Russie", dans la revue bretonne Klask, n° 11.
08/2017 : "Are Finns ashamed of their independence? - A 21st century look at Uuno Kailas’ patriotic poetry", dans le cadre du 14e Congrès des littératures finno-ougriennes, Tartu, Musée national d'Estonie.
08/2017 : "Garibaldi und Nizza – ein Epos zwischen Frankreich und Italien", dans le cadre du 4e colloque de la Garibaldi Gesellschaft, Kirchberg, Sachsen.
06/2017 : représentations des Cornes d'Alexeï Popov à Châteauneuf-Villevieille.
04/2017 : représentations des Cornes d'Alexeï Popov (Nice, Théâtre de l'Impasse).

03/2017 : parution de Norma, de Sofi Oksanen, chez Stock.

01/2017 : parution de Ils ne savent pas ce qu'ils font, de Jussi Valtonen, chez Fayard.

12/2016 : "Une comédie komie – Adaptations et mises en scène niçoises d'un théâtre minoritaire de Russie", dans le cadre d'une journée d'étude à l'université Rennes 2.
08/2016 : parution du Récif, de Seita Vuorela-Parkkola, chez Actes Sud Junior.

08/2016 : expo sur le pays komi dans les livres étrangers, Bibliothèque nationale de la République de Komi, Syktyvkar.
06/2016 : réédition des Chants des forêts de Nikolai Abramov à la Bibliothèque nationale de la République de Carélie.

05/2016 : réédition du recueil Les Komis – Questions d'histoire et de culture aux Presses de l'Inalco.

01/2016 : présentation de Uuno Kailas de Heinola à Nice au Centre de Documentation Provençale (Bollène).
11/2015 : parution de Noir comme l'ébène, de Salla Simukka, chez Hachette et au Livre de Poche.

10/2015 : Uuno Kailas de Heinola à Nice – Cent ans de musique et de poésie entre Nice et Finlande, concert-lecture à Helsinki.

10/2015 : Sofi Oksanen à Nice, rencontre avec Sofi Oksanen et Miquèu de Carabatta à Helsinki autour de Quora despareissèron lu colombs.
09/2015 : première de la pièce d'Alexeï Popov Les cornes par la compagnie La Chance du Débutant (au Théâtre National Komi, Syktyvkar).
09/2015 : réédition de Baby Jane, de Sofi Oksanen, au Livre de Poche.

09-12/2015 : résidence de traduction à l'HCAS (Helsinki).
05/2015 : parution de Blanc comme la neige, de Salla Simukka, chez Hachette et au Livre de Poche.

03/2015 : parution du poème de Nina Obrezkova "Un jour tu rentreras chez toi", à Syktyvkar (brochure réunissant des traductions du même texte dans 14 langues différentes).
03/2015 : Destination Russie (Châtenay-Malabry), festival consacré à la République de Komi, à l'initiative de l'association MIR Franco-Russe.
02/2015 : présentation des Colombs à Aix-en-Provence.
01/2015 : parution de l'article "La parenté finno-ougrienne dans la littérature komie : héritage commun ou influences récentes ?" dans la revue Études finno-ougriennes.
12/2014 : 1é mercat leterari de Calèna (Nice)
11/2014 : parution de Rouge comme le sang, de Salla Simukka, chez Hachette et au Livre de Poche.

05/2014 : parution de Baby Jane, de Sofi Oksanen, chez Stock.

04/2014 : réédition de Quand les colombes disparurent, de Sofi Oksanen, au Livre de Poche.

03/2014 : parution de La Sage-femme, de Katja Kettu, chez Actes Sud.

03/2014 : parution (en russe) d'une interview, de la nouvelle Le mur et de l'article "M.N. Lebedev et la satire politique du monde contemporain" dans la revue Арт.
02/2014 : Semaine komie à Nice.
12/2013 : "Quora despareissèron lu colombs: translating a Finnish bestseller to a minority language of France" (Université de Helsinki, colloque Language revitalization in a Russian and European context: Exploring solutions for minority language maintenance).
11/2013 : présentation des Colombs en Iamal (Salekhard, 12e Congrès des littératures finno-ougriennes).
11/2013 : "Кыдзи вуджöдiсны Савинлысь гижöдъяссö" ["Traduire Savine"] (Académie des Sciences de Russie, Syktyvkar, colloque Savine).
11/2013 : "Entre Savoie et Romanov : la famille niçoise Michaud de Beauretour – Une synthèse complétée par des données inédites" (Beaulieu-sur-Mer, colloque Romanov).
06/10/2013 : présentation des Colombs au Festival du Livre de Mouans-Sartoux.
09/2013 : "The role of drama in the construction of national identities in the Ural-Volga area, through examples of Finno-Ugric interaction" (colloque "Oural-Volga", Samara).
08/2013 : présentation des Colombs à Annot.
06/2013 : parution de "La langue marie au théâtre et à l'opéra – Survol d'un genre littéraire prolifique" dans le volume collectif Les Maris – Un peuple finno-ougrien de Russie centrale.
01/06/2013 : lecture et table ronde avec Joni Pyysalo (Nuit de la Littérature, Paris).
22/05/2013 : présentation des Colombs à Contes.
05/2013 : parution de Quand les colombes disparurent, de Sofi Oksanen, chez Stock.

02/05/2013 : rencontres avec Sofi Oksanen au lycée Calmette, à la bibliothèque Louis Nucéra et à la librairie Jean Jaurès (Nice).
04/2013 : parution de Quora despareissèron lu colombs, de Sofi Oksanen, à l'IEO-CREO PACA.

04/2013 : réédition des Vaches de Staline, de Sofi Oksanen, au Livre de Poche.
03/2013 : première de la pièce Purge à Fontenay-sous-Bois.
03/2013 : interventions en Maths spé (Eucalyptus) et à la fac de lettres (Université de Nice).
02/2013 : parution de Sondage au pif, de Mikko Rimminen, chez Actes Sud.
12/2012 : projection d'Uzy-Bory (Les Fraises) à l'Inalco, Paris.

Tribune



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— (1809 Turku - 1880 Nice) —
Le cimetière russe de Nice (1867), perché entre celui de Caucade et la batterie de 1891 à laquelle il a donné son nom, témoigne de nombreux destins hors du commun, reflet de l'époque où les aristocrates de l'Empire de Russie fréquentaient le littoral des Alpes maritimes.

Évidemment, ces sujets de l'Empire n'étaient pas forcément russes, et certaines sépultures ne sont pas très "orthodoxes", comme celles d'un certain Mannerheim et de sa veuve, reproduites ci-contre.

La famille des barons de Mannerheim dont le plus illustre est le maréchal qui a joué un rôle décisif dans l'indépendance de la Finlande et dans les conflits de la Deuxième Guerre mondiale remonte à des marchands hanséatiques dont la présence est attestée à Hambourg au début du XVIIe siècle. De Hambourg, on passe bientôt à la mer Baltique, où les Mannerheim obtiennent le titre de "barons". Au XVIIIe siècle, le baron Carl Erik von Mannerheim épouse une certaine Vendla Sofia von Willebrand, issue d'une autre région du Royaume de Suède, de l'autre côté du golfe de Botnie : la vaste province de Finlande. La famille s'ancre en Finlande-Propre, dans les environs d'Åbo (Turku), chef-lieu de la région et métropole maritime. Mais en 1809, dans le cadre des guerres napoléoniennes, le tsar Alexandre s'empare de la Finlande et en fait un grand-duché rattaché au trône impérial. Les Mannerheim deviennent alors des barons de l'Empire de Russie.

L'arbre ci-dessous [cliquer dessus pour l'agrandir] présente le baron Johan Fridolf von Mannerheim, mort et enterré à Nice, en relation avec le maréchal (Carl Gustaf Emil) et avec leur ancêtre hambourgeois.

 
En juin 1809, au manoir familial, Johan Fridolf voit le jour en pleine guerre russo-suédoise. En septembre, la paix de Fredrikshamn (Hamina) entérinera le changement de souveraineté et la création du Grand-Duché de Finlande.

C'est en 1879 qu'on le trouve à Nice, en compagnie de son épouse la comtesse Paulina née Rozwadowska, originaire de Varsovie (qui, à sa naissance en 1803, était le chef-lieu de la province prussienne de Prusse-Méridionale). Le baron achète alors la Villa Paula (au prix de 50 000 francs), située sur la route de Villefranche (future avenue Lympia puis boulevard Carnot), à un propriétaire domicilié à Saint-Pétersbourg, Jean Antonoff, qui l'avait lui-même achetée en 1875 à une veuve Eugénie Gautier (16 242 francs). Cela donne au passage une bonne idée de la flambée des prix de l'immobilier sur le flanc du mont Boron en cette époque spéculative.

  
La Villa Paula est une partie de l'ancienne Villa Astraudo, propriété Astraudo-Gautier, qui s'étendait sur les parcelles cadastrales 155-181 et 188. Plus précisément, la villa des Mannerheim et le périmètre approximatif de son jardin sont indiqués en bleu ci-dessus.
Sur ce plan du quartier Lympia en 1878, la villa est encore indiquée comme étant la propriété d'Antonoff (en bleu). Au passage, on remarque aussi que le chantier d'agrandissement du port n'est pas encore réalisé : en particulier, les deux maisons d'enfance de Garibaldi (en rouge) ne sont pas encore démolies.

Le baron meurt en sa villa le 24 février 1880. Il est inhumé au cimetière russe. L'impressionnant caveau arbore le blason des barons de Mannerheim (curieusement surmonté d'une couronne comtale), et la date de décès est indiquée dans le seul calendrier julien.

Légataire universelle, la veuve devient propriétaire de la villa. Elle y est recensée, seule, en 1881. Du fait de l'intense urbanisation du quartier, l'adresse est désormais 11 avenue Lympia. Elle y meurt le 26 février 1885, vraisemblablement sans famille. Elle est inhumé à côté du caveau de son mari, au cimetière russe. La date inscrite est celle de l'acte de décès : 15/27 février, dans le double calendrier.
 
     
Avis de décès du baron et de la baronne dans Le Phare du Littoral.

La Villa Paula passe en la possession de ses héritiers, la comtesse Pazezemka-Bozanodowska (demeurant à Varsovie, Royaume de Pologne, Russie) et le comte Alexandre Bozanodowski (commandant de la 6e division de cavalerie demeurant à Bołoczyce, district de Słuck, gouvernement de Minsk, Russie). En 1886, ils la revendent (40 000 francs) à un M. Lippmanowitz, propriétaire domicilié à Moscou, qui la cèdera pour 50 000 francs à une Mme Bianchi en 1888. Toutes ces informations figurent sur l'acte de vente suivant (1896), qui décrit le bien comme "une maison d’habitation sans sous-sol, avec un rez-de-chaussée et un étage, avec jardin d’agrément attenant d’une contenance d’environ 15 ares, 57 centiares, confrontant dans son ensemble du midi, du nord et du couchant l’avenue Lympia et la propriété de M. le Vicomte de Bourbon Busset". Devenue "Villa Mourka", la maison se trouve aujourd'hui au 2 bis avenue du Capitaine-Scott.

  
Le blason des barons de Mannerheim, à la Ritarihuone de Helsinki et au cimetière russe de Nice.

L'ancienne Villa Paula, aujourd'hui Villa Mourka (photo Michel Graniou, 2018).
 
Pour conclure, quittons l'avenue Lympia et revenons au cimetière russe. Tout près de ces deux sépultures adjacentes, on inhumera plus tard une certaine Ekaterina Mikhaïlovna Dolgoroukova. Née en 1847 en Ukraine, cette princesse Katia fut d'abord la maîtresse du tsar Alexandre II dès 1866 (peu après la mort à Nice du tsarévitch Nicolas). Deux mois à peine après le décès de l'impératrice Maria Alexandrovna en 1880, le tsar a épousé sa maîtresse Katia. Mais il est mort peu après, assassiné en mars 1881. Persona non grata en Russie, l'impératrice morganatique et veuve passe alors la fin de sa vie à Nice (pendant les règnes des descendants de son mari, Alexandre III et Nicolas Ier, puis la révolution et la création des républiques soviétiques). Elle mourra le 15 février 1922 en sa "Villa George", au 10 boulevard Dubouchage.


Sources :
Archives départementales des Alpes-Maritimes.
Olga MELNICHENKO, "La Belle Époque à Nice pour les industriels français de Moscou (de la fin du XIXe siècle au début du XXe siècle)", Recherches régionales - Alpes-Maritimes et contrées limitrophes, 2018, no 215, pp. 45-65.
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Écrit par SebK, le Mercredi 12 Février 2020, 20:36 dans la rubrique "Finlande".


— le teaser —





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Écrit par SebK, le Vendredi 7 Février 2020, 12:56 dans la rubrique "Finlande".


— de Karo Hämäläinen —

Quatre amis finlandais se retrouvent pour dîner dans un appartement de luxe au cœur de Londres. Les convives ne se sont pas vus depuis 1998 et ce pour une bonne raison. Un lourd secret pèse sur l’assemblée, et leur réunion après toutes ces années est manifestement un jeu dangereux. Non seulement chacun d’entre eux a des comptes à régler avec un autre, mais il y a un arsenal d’armes mortelles à portée de main. Et avant la fin de la soirée, il ne restera qu’un survivant… Karo Hämäläinen fait magistralement monter la tension jusqu’à la limite du supportable dans ce succulent huis clos hitchcockien. Derrière les formules de politesse et les sourires complaisants, chacun marche sur le fil du rasoir, bien conscient que le moindre faux-pas risque d’être fatal.

Mai 2019 / 13,5 x 21,5 / 384 pages
ISBN 978-2-330-12161-7 prix indicatif : 22, 50€




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Écrit par SebK, le Mercredi 3 Avril 2019, 16:53 dans la rubrique "Finlande".


— Concert-lecture autour d’Armas Launis et d’Uuno Kailas —
Du “Kullervo” d’Armas Launis à une création d’Henri-Claude & Anja Fantapié sur des textes d’Uuno Kailas, Amédée Briggen accompagne au piano un récital musical et poétique célébrant le centenaire de la Finlande indépendante sous une perspective niçoise. En finnois, niçois et français. 

Sopranos – Valérie Marret & Hélène Grabowska-Metlov 
Piano – Amédée Briggen
Récitants – Miquèu de Carabatta & Sébastien Cagnoli
 
Nice, Bibliothèque Louis-Nucéra, mercredi 10 janvier 2018, 16h30.


Cette rencontre consiste à célébrer le centenaire de l’indépendance de la Finlande sous l’angle des relations musicales et poétiques entre Nice et Helsinki. Du Kullervo d’Armas Launis (1917) à la création mondiale du cycle Les sots et les sages d’Henri-Claude Fantapié, le programme couvre exactement 100 ans de musique finlandaise. En réunissant des œuvres classiques et une commande passée pour l’occasion à un compositeur niçois, ce concert prouve que les liens culturels entre Nice et Finlande sont plus dynamiques que jamais. 
Illustration ci-contre : la baie des Anges par le peintre finlandais Aukusti Uotila, 1885.

Programme

Dans les années 1930, le hasard a conduit deux artistes finlandais à se rencontrer à Nice : le compositeur d’opéras Armas Launis et le poète symboliste Uuno Kailas. Le concert offre une promenade à travers les 100 dernières années, avec ces deux personnalités comme fils conducteurs. Entre les séquences musicales, des poèmes finlandais seront lus en niçois et en français.

  • Armas Launis : Idylle & intermezzo pour piano
  • Taneli Kuusisto 
    • Prière finlandaise, op. 27b no 2 (1939) 
    • Finale, op. 40 no 3 (1946)
  • Armas Launis : Élégie & impromptu pour piano 
  • Joonas Kokkonen : Quatre mélodies sur des poèmes d’Uuno Kailas (1944-1953)
    • Adagio
    • Visage couvert
    • L’ange
    • Finale 
  • Armas Launis : Ouverture de l’acte II de Kullervo (1917)
    [arr. piano : Alex Freeman et Amédée Briggen] 
  • Yrjö Kilpinen : Cinq mélodies sur des poèmes d’Uuno Kailas, op. 73 (1929)
    • Pays désert
    • Berceuse
    • Chant nébuleux
    • Pieds nus
    • Un chant ardent 
  • Armas Launis : « Danse des diabloteaux » de Kullervo 
  • Henri-Claude Fantapié : Les sots et les sages, trois mélodies sur des poèmes d’Uuno Kailas et d’Anja Kosonen-Fantapié – en finnois, niçois et français (2015)
    [Création mondiale / Commande de l’Université de Helsinki]
    • « Tu étais partie… »
    • Les sots et les sages
    • « Ce qui est une fois de l’amour… ? » 
  • Armas Launis : Berceuse de Kullervo [texte d’Eino Leino] 



Armas Launis (1884-1959 [portrait ci-contre]) jouissait d’une certaine renommée dans la Finlande des années 1910. Fort appréciés, ses premiers opéras lui valurent l’honneur d’une bourse d’État accordée par la jeune République de Finlande, ce qui lui permit d’effectuer des travaux d’ethnomusicologie sur les rivages méditerranéens. Après avoir recueilli des mélodies et des impressions en Afrique du Nord, il s’établit à Nice avec sa famille. Le fait qu’il ait passé la majeure partie de sa vie à l’étranger explique sans doute qu’il ait été quelque peu oublié dans son propre pays. Toutefois, Henri-Claude Fantapié et Anja Kosonen-Fantapié ont fondé en 2001 une Association Armas Launis dédiée à la redécouverte de ses œuvres. Par exemple, ils ont rendu possible la représentation et l’enregistrement de l’opéra sur des thèmes sames Aslak Hetta en 2004 . Entre autres pièces, trois extraits de Kullervo sont présentés ici. Créé dans le Grand-Duché de Finlande en février 1917 (quelques mois avant l’indépendance), l’opéra fut ensuite adapté en français et joué à Nice : d’abord en studio pour une radiodiffusion sur la station Nice-Côte-d’Azur (le 30 juillet 1938 à 20 h 30), puis sur la scène du Palais de la Méditerranée le 22 février 1940 dans le cadre d’une soirée caritative au bénéfice de la Finlande qui venait d’être envahie par l’Union soviétique. C’était la première fois qu’un opéra finlandais était présenté au public français. [Partition ci-contre, dans les collections de la Bibliothèque municipale.]

  
Répétition et réception chez le consul de Finlande à l'occasion de la création niçoise de Kullervo (1938-1940)

En 1931, les médecins diagnostiquèrent à Uuno Kailas (1901-1933 [portrait ci-contre]) une grave tuberculose pulmonaire : il ne lui restait manifestement que quelques mois à vivre. Ils lui conseillèrent de prendre du repos sur la Côte-d’Azur. C’est ainsi que le jeune poète, déjà célèbre et estimé en Finlande pour son œuvre symboliste et expressionniste, passa les dernières semaines de sa vie à Nice, dans une pension située au 15 boulevard Carlone. Il y rencontra des concitoyens résidant également dans la région, notamment la famille Launis. En effet, à cette époque, Armas Launis et le consul de Finlande étaient au centre d’une petite « communauté finlandaise » qui, depuis lors, n’a fait que s’élargir. Kailas mourut dans la nuit du 22 mars 1933 ; ses cendres furent rapatriées en Finlande en grande pompe et inhumées à Helsinki, au cimetière de Hietaniemi, parmi les grands hommes de la Nation.

Les mises en musique d’Yrjö Kilpinen (1892-1959) présentées dans ce concert sont contemporaines de Kailas (1929). Viennent ensuite deux mélodies de Taneli Kuusisto (1905-1988) – notamment le cantique Prière finlandaise –, caractéristiques des tumultueuses décennies des années 1930 et 1940. Joonas Kokkonen (1921-1996) a composé sa très belle suite après les guerres. Notre sélection étant limitée à des œuvres pour voix et piano, nous n’avons pas pu prendre en compte les pièces écrites pour de plus amples formations au cours des décennies suivantes (chœurs, musique de chambre, mélodies avec orchestre…). Néanmoins, sur l’ensemble du centenaire célébré, une continuité temporelle est assurée jusqu’à nos jours grâce à une commande passée en cette occasion à Henri-Claude Fantapié.

     
Kilpinen, Kuusisto et Kokkonen

Henri-Claude Fantapié est né à Nice en 1938 [portrait ci-contre]. Compositeur, chef d’orchestre, pédagogue et producteur pour la radio, chevalier de l’Ordre du Lion d’Or de Finlande, il a toujours consacré une grande énergie à faire rayonner la musique finlandaise en France et dans le monde. Avec son épouse Anja née Kosonen, il a publié en français un dictionnaire de la musique finlandaise, ainsi que de nombreux articles de musicologie. La création mondiale de Tyhmät ja viisaat (Les sots et les sages), sur des poèmes d’Uuno Kailas et d’Anja Kosonen-Fantapié (1941-2011 [portrait ci-contre au mont Boron]) est aussi une façon de rendre hommage aux efforts enthousiastes que celle-ci a déployés avec succès, pendant toute sa vie, au service de la musique et de la littérature finlandaises. Les textes sont chantés en langue originale finnoise, ainsi qu’en niçois et en français, rappelant les solides liens historiques et culturels qui unissent Nice et la Finlande, et le multilinguisme traditionnel de ces deux territoires. 



          
Valérie Marret & Hélène Grabowska-Metlov, sopranos ; Amédée Briggen, piano ; Miquèu de Carabatta & Sébastien Cagnoli, récitants


Pour aller plus loin

  • En français : Uuno KAILAS, La poussière d’or sous nos pas, poèmes et textes choisis, traduits et présentés par Sébastien Cagnoli, Riveneuve, 2006, ISBN 2-914214-08-1.
  • Bilingue finnois-français : Anja KOSONEN-FANTAPIÉ, Minä olin se katse – J’étais ce regard, édition posthume d’un choix de poèmes traduits par Jean-Luc Moreau, avec des illustrations d’Asta Niemistö et une postface d’Henri-Claude Fantapié, Kesuura, 2012, ISBN 978-951-812-181-0.
  • En finnois : Sébastien CAGNOLI (éd.), Uuno Kailas Heinolasta Nizzaan, Helsinki Collegium for Advanced Studies, 2015, ISBN 978-951-51-1665-9. Document destiné à immortaliser le projet lors de son lancement à Helsinki : outre le programme du concert et une présentation détaillée des personnes impliquées (compositeurs, musiciens, poètes, traducteurs), la brochure contient une sélection de poèmes en trois langues (finnois, niçois et français).
     


Nice, Bibliothèque Louis-Nucéra, mercredi 10 janvier 2018, 16h30.
Rencontre organisée par l’association Perspective Internationale dans le cadre des commémorations du centenaire des révolutions de 1917 et de l’indépendance de la Finlande, avec le soutien de la Ville de Nice et des associations Armas Launis et Maison de la Russie

Trois autres événements à Nice en rapport avec le concert

  • Pro Finlandia - Le chemin de l’indépendance de la Finlande, exposition organisée par l'ambassade, Bibliothèque Raoul-Mille, du 20 septembre au 6 octobre 2017.
  • « L’imaginaire national finlandais à l’épreuve du centenaire – Un regard du XXIe siècle sur la poésie patriotique d’Uuno Kailas », communication de Sébastien Cagnoli dans le cadre d’un colloque international intitulé De Pierre le Grand aux révolutions de 1917 : images et imaginaire en Russie et en France (CUM, Valrose et Maison de la Russie, du 13 au 19 novembre 2017).
  • France et Russie : Ruptures et continuité (Éveil des consciences nationales en musique avant 1917) : deux concerts avec soprano (Hélène Grabowska-Metlov), les enseignants et étudiants de piano, percussions, chant et musique de chambre du Conservatoire (notamment Amédée Briggen) (Conservatoire, mercredi 15 et jeudi 16 novembre 2017).

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Écrit par SebK, le Jeudi 21 Septembre 2017, 14:09 dans la rubrique "Finlande".


— fête francophone à Genève —
Le dimanche 28 février 2016, à Genève, Mme Juliette Monnin-Hornung donnait une soirée pour célébrer la fête du Kalevala.

Pekka Huhtaniemi, du Ministère finlandais des Affaires étrangères, a présenté une rétrospective des nombreuses éditions du Kalevala en Finlande et dans le monde, en signalant notamment la récente parution d'une version biélorusse. Pekka Huhtaniemi vient de quitter ses fonctions d'ambassadeur au Royaume-Uni pour se consacrer à la coordination des célébrations internationales qui seront organisées en 2017 à l'occasion du Centenaire de l'Indépendance.

     

     

Juliette Monnin-Hornung a partagé son enthousiasme et ses réflexions autour du Kalevala, qui la passionne depuis les années 1920 et qu'elle ne cesse de promouvoir dans le monde francophone. Rappelons qu'elle a préfacé en 2009 la réédition de l'épopée dans la traduction de son compatriote Jean-Louis Perret, et qu'elle vient de publier en 2015 un ouvrage intitulé Le Kalevala - Ses héros, ses divinités, ses mythes et sa magie.

  

Enfin, Walter Arnold a lu le chant de la création du kantele dans sa langue maternelle, le léventin. La Léventine (Levantina) est la vallée suisse où le Tessin prend sa source. Sa traduction du Kalevala paraîtra en fin d'année.

Les interventions étaient agrémentées de lectures en français et d'intermèdes musicaux au kantele.

     

Quelques extraits vidéo de cette soirée (sans le kantele, malheureusement) :




http://ecx.images-amazon.com/images/I/317C1Iw8xxL._SX319_BO1,204,203,200_.jpg   http://ecx.images-amazon.com/images/I/31K7PImt7VL._SX312_BO1,204,203,200_.jpg


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Écrit par SebK, le Jeudi 3 Mars 2016, 11:17 dans la rubrique "Finlande".


— une délégation niçoise invitée en Provence pour célébrer la poésie finlandaise en langue d'oc —
À l'occasion du concert consacré au poète finlandais Uuno Kailas et présenté à Helsinki en octobre dernier, une brochure a été publiée par le Helsinki Collegium for Advanced Studies. Elle contient une présentation de l'événement, le programme de la soirée, la biographie des artistes impliqués (compositeurs, poètes, musiciens, traducteurs) ainsi que des poèmes d'Uuno Kailas en trois langues : finnois, occitan niçois et français. Cet ouvrage a été offert aux spectateurs, ainsi qu'aux principales bibliothèques de Finlande et d'Occitanie (Comté de Nice, Provence, Languedoc, Gascogne...).

En Provence, l'ouvrage a retenu l'attention du Centre de Documentation Provençale, où Jean-Marc Courbet, majoral du Felibrige, l'a réceptionné avec surprise et émotion.

Association linguistique et culturelle occitane basée en Provence, le Felibrige fut fondé le jour de la Sainte-Estelle 1854 par un groupe de jeunes poètes réunis autour de Frédéric Mistral. De son temps, Mistral était déjà conscient de la place prestigieuse qu'occupaient les langues et littératures occitanes en Europe et dans le monde, citant notamment les romanistes finlandais qui se penchaient alors sur ces sujets avec un grand intérêt. Le prix Nobel de littérature décerné à Mistral en 1904 pour son œuvre en occitan provençal témoigne d'ailleurs de cette reconnaissance nordique et internationale.

Depuis 1978, le Centre de Documentation Provençale est au cœur de fructueux échanges culturels, non seulement entre provinces d'Occitanie, mais aussi entre l'Occitanie et le reste du monde. La brochure Uuno Kailas Heinolasta Nizzaan trouve tout naturellement sa place dans cette collection, aux côtés d'une anthologie de poésie provençale publiée en estonien à Tallinn, ou encore du fameux dictionnaire occitan-japonais publié à Tokyo par Naoko Sano. Si la réception de cet ouvrage a causé une telle surprise à Jean-Marc Courbet et à ses collègues, ce n'est donc pas tant pour son contenu que parce qu'il s'avère le 5000e titre répertorié dans le catalogue du Centre.

Le 23 janvier 2016, cet événement et cette heureuse rencontre étaient célébrés au Centre de Documentation Provençale (à Bollène, dans le Vaucluse), en présence des traducteurs Miquèu de Carabatta et Sébastien Cagnoli, escortant la Niçoise Angélique Marçais, 21e "reine du Felibrige" depuis les Jeux floraux de 2011.

  
Angélique Marçais. 

Au-delà des pays niçois et provençal, l'espace occitan était représenté dans une perspective plus large par le président du PEN Club occitan, le Languedocien Jean-Frédéric Brun. Grâce à son activité dans le vaste réseau du PEN International, cet écrivain connaît bien la place que les littératures occitanes occupent dans le monde et l'intérêt qu'elles n'ont jamais cessé de susciter. En somme, il n'y a qu'en France que les cultures dites "régionales" sont méconnues et négligées : dans le monde, les littératures occitanes sont connues et reconnues, autant pour leurs mille ans d'histoire que pour leur vitalité contemporaine, et il est rassurant de le rappeler.

     
Sébastien Cagnoli, Miquèu de Carabatta, Jean-Marc Courbet et Jean-Frédéric Brun au Centre de Documentation Provençale.





Dans la presse :
        

     

À la radio : France Bleu, 23 janvier.

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Écrit par SebK, le Dimanche 24 Janvier 2016, 16:59 dans la rubrique "Finlande".


— un peintre finlandais à Nice en 1885 —
Aukusti Uotila est né le 5 mai 1858 à Urjala, un village agricole du sud-ouest de la Finlande. Ses parents sont cultivateurs.
Formé à l'école de dessin de la Société des Beaux-Arts de Finlande (Helsinki) en 1873-1876, Uotila est admis à l'Université de Helsinki, où il étudie le dessin en 1876-1877.

  
Aukusti Uotila en 1878 : portrait par Albert Edelfelt et photo par Daniel Nyblin, Helsinki.

En 1877-1879, Uotila étudie à Paris, à l’École des Beaux-Arts, sous la direction d'Henri Lehmann. Il rentre brièvement en Finlande en 1879-1880, puis retourne en France, où il séjourne en différentes régions, notamment en Bretagne. Paris et la Bretagne sont alors des destinations obligées pour les artistes finlandais.


Photographie d'Aukusti Uotila par Daniel Nyblin, Helsinki (années 1880).

Au début de l'année 1885, Uotila entreprend un nouveau voyage d'étude. Il souffre alors de la tuberculose depuis quatre ou cinq ans. Sur les conseils des médecins, qui lui recommandent vivement le climat méditerranéen, le jeune artiste se dirige vers Florence.
Uotila traverse les Alpes et s'arrête brièvement au bord du lac de Côme, puis il arrive à Nice pendant le carnaval.

À Nice, son premier travail est une petite toile représentant un marché aux fleurs (Kukkastori Nizzassa) :


Kukkastori Nizzassa (22,5 x 19 cm)

Une "petite oeuvre ensoleillée" est mentionnée dans une lettre du 18 septembre, sans plus de précision.

Avec le "marché aux légumes" et le portrait d'une "demoiselle aux fleurs", Uotila continue d'étudier la vie populaire niçoise :

  
Nizzan vihannestori (81,5 x 65,5 cm) - Kukkastyttö (61 x 46 cm)

De même, il réalise à Nice une étude de type populaire (Kansantyyppi, harjoitelma, 27 x 22 cm), représentant le buste d'un jeune homme moustachu avec chapeau à bords et foulard rouge autour du cou.

Parallèlement à l'atmosphère de la vieille ville, Uotila se tourne bien sûr du côté de la mer. Les pointus de ses Pêcheurs en Méditerranée voguent dans la baie des Anges, vus du côté de Carras, avec en fond les préalpes de Nice plongeant dans la mer :


Kalastajia Välimerellä - "Dolce far niente" (61 x 96 cm)

De l'autre côté du mon Boron, Uotila peint Villefranche depuis la plage au fond de la rade, avec les petits rochers au premier plan. On voit l'entrée de la vieille ville, le fort Saint-Elme, et on aperçoit le lazaret et le cap de Nice :


Villafrancan kaupunki

Dans une lettre du 6 décembre, Uotila mentionnera un tableau intitulé Matin d'été sur la Riviera, avant le lever du soleil (Kesäaamu Rivieralla, ennen auringon nousua). On devait y voir aussi des pointus, paraît-il.
Enfin, un mystérieux tableau intitulé Nizza aurait été exposé en 1917 ; il appartenait alors à un certain "capitaine G. Rydman".

Pendant ce temps, Uotila accomplit aussi deux travaux "finlandais" : un portrait d'un ami d'enfance (Nuoruudenystävän muotokuva, mentionné dans une lettre du 18 septembre), réalisé d'après photo ; et une vue de Helsinki commencée en Finlande et achevée à Nice de mémoire : la Chapelle de l'Esplanade (Esplanadikappeli), un restaurant belle-époque récemment embelli au coeur de la capitale du grand-duché.

Finalement, Uotila ne poursuit pas son voyage vers la Toscane mais vers la Corse. Il accoste à Ajaccio en octobre. Il y peint ses dernières oeuvres, et meurt de sa tuberculose le 18 mars 1886, âgé de 27 ans. Il est enterré à Ajaccio en toute discrétion. 



Sources :
  • Lindström, Aune.  Aukusti Uotila. Porvoo : WSOY, 1948.
  • August Uotila 1858-1886 : appelsiinitytön maalari ~ appelsinflickans målare [éd. Synnöve Malmström]. Helsinki : SKS & Amos Andersonin taidemuseo, 2012.

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Écrit par SebK, le Mercredi 2 Décembre 2015, 13:13 dans la rubrique "Finlande".


— 1828-1852 —
https://upload.wikimedia.org/wikipedia/en/thumb/f/f3/Flag_of_Russia.svg/320px-Flag_of_Russia.svg.pngOlof Fritiof Holmberg naît à Helsingfors (Helsinki) le 1er juin 1828, d'une famille Holmberg originaire de Tavastehus (Hämeenlinna). Depuis 1809, la Finlande est un grand-duché autonome au sein de l'Empire russe, et Helsingfors (Helsinki) en est la capitale depuis 1812.

Le père, Olof Henrik Holmberg, est trésorier et conseiller à l'administration générale des douanes (admis à l'Université d'Åbo en 1814). La mère, Josefa Gustava, vient d'une famille Federley.



En 1829, l'université d'Åbo (Turku) a déménagé à Helsingfors (Helsinki). Le 15 juin 1844, Olof Fritiof Holmberg y est admis sous le matricule 16195 (avec mention très bien), pour un cursus de sciences de l'administration. Le 10 octobre 1844, il adhère à la corporation d'étudiants du Häme, province d'origine de sa famille.
L'année suivante, il s'inscrit à la faculté de droit (25 octobre 1845). Il obtient un diplôme de juge le 10 décembre 1847, puis effectue un stage à la cour d'appel de Turku (21 décembre 1847). Il obtient son diplôme supérieur le 12 décembre 1848, après quoi il rejoint son père à l'administration générales des douanes. Il a alors 20 ans.


https://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/a/ad/Flag_of_Italy_%281861-1946%29.svg/320px-Flag_of_Italy_%281861-1946%29.svg.pngL'hiver 1851-1852, Olof Fritiof Holmberg est de passage à Nice, chef-lieu de division des États-Sardes.
Il fait partie de cette petite communauté "russe" qui passe l'hiver sur le littoral ligure avant la crise diplomatique de la guerre de Crimée. Le consul de Russie à Nice est alors Alexandre De Griève (qui a succédé à Étienne Michaud en 1845).

Âgé de 23 ans, Olof Fritiof Holmberg meurt à Nice dans la soirée du 5 février. Son décès est enregistré le 6 dans les registres protestants (tenus par les protestants français de Nice), et sa dépouille est inhumée le 7 dans le carré protestant du cimetière du Château.



Les deux témoins du décès sont un certain Georges Gary, conseiller de commerce âgé de 78 ans et demeurant à Nice ; et Basile Czaczkoff, conseiller d'État de Russie résidant à Saint-Pétersbourg, également de passage à Nice. Ce dernier, né vers 1811-1812, est vraisemblablement le fils de Василий Васильевич Чачков (1785-1842), lui-même conseiller d'État.



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Écrit par SebK, le Samedi 28 Novembre 2015, 13:53 dans la rubrique "Finlande".


Le 23 octobre 2015, à l'occasion du Salon du Livre, Miquèu de Carabatta et Sébastien Cagnoli présentaient Quora desareissèron lu colombs à Helsinki, aux côtés de Sofi Oksanen.




     


(photo Toni Härkönen)


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Écrit par SebK, le Mercredi 4 Novembre 2015, 19:18 dans la rubrique "Finlande".


— Uuno Kailas de Heinola à Nice – Cent ans de musique et de poésie entre Nice et la Finlande —


Du Kullervo d'Armas Launis à une création d'Henri-Claude Fantapié, le programme de ce concert consacré au poète Uuno Kailas couvre une centaine d'annés de musique finlandaise. Les mélodies d'Yrjö Kilpinen (1929) sont contemporaines de Kailas, né en 1901 à Heinola [photo ci-dessus : Heinola aujourd'hui]. Les pièces de Taneli Kuusisto témoignent de la période tragique des années 1930 et 1940. Puis Joonas Kokkonen a composé son cycle après la guerre. On a dû renoncer à quelques adaptations des décennies suivantes, écrites pour de plus grandes formations (choeur, ensemble de chambre, orchestre…). Mais la création d'Henri-Claude Fantapié montre que la poésie de Kailas est toujours d'actualité au XXIe siècle.

Henri-Claude Fantapié est né à Nice [photo ci-dessous : Nice aujourd'hui]. Compositeur, chef d'orchestre, pédagogue et producteur de radio, il a toujours consacré une grande énergie à la promotion de la musique finlandaise en France et à l'étranger. Avec sa femme Anja, il a publié un dictionnaire de la musique finlandaise qui demeure une référence en la matière. Ce nouveau cycle de mélodies sur des poèmes d'Uuno Kailas et d'Anja Kosonen-Fantapié est aussi une façon de rendre hommage aux efforts infatigables d'Anja pour promouvoir la musique et la littérature finlandaises. Les poèmes sont chantés dans leur finnois d'origine, ainsi qu'en niçois et en français, en témoignage des lients culturels et historiques entre Nice et la Finlande, et de l'expérience du multilinguisme familière à ces deux régions.

Le compositeur et ethnomusicologue Armas Launis a connu une certaine renommée en Finlande dans les années 1910. Ses premiers opéras eurent tant de succès qu'ils lui valurent une pension à vie de la jeune République de Finlande. Voyageant sur les bords de la Méditerranée, il récolta des mélodies et des impressions en Afrique du Nord, puis s'établit à Nice. Le fait qu'il ait passé la majeure partie de sa vie à l'étranger explique sans doute qu'il ait été un peu oublié dans son propre pays. Mais Henri-Claude et Anja ont fondé en 2001 l'Association Armas Launis, avec pour mission de redécouvrir et promouvoir son oeuvre. Par exemple, ils ont rendu possible la création postume et l'enregistrement de l'opéra sur des motifs sames Aslak Hetta en 2004 (dir. Sakari Oramo). Le dernier numéro de la revue Musiikki (3-4/2014) est entièrement consacré à des analyses de l'oeuvre et de la carrière d'Armas Launis. Parmi d'autres pièces, trois extraits de Kullervo sont presentés ici. Créé dans le Grand-Duché de Finlande en février 1917, l'opéra fut adapté en français et représenté à Nice en février 1940, dans le cadre d'une soirée caritative en soutien à la Finlande en pleine Guerre d'Hiver. C'était la première fois qu'un opéra finlandais était joué en France.

En 1931, les médecins découvrent que Kailas est atteint d'une grave tuberculose pulmonaire : de toute évidence, il ne lui reste que quelques mois à vivre. Sur leurs conseils, c’est à Nice (15, boulevard Carlone) que le poète va passer les dernières semaines de sa vie. Il y rencontre la famille d’Armas Launis, qui lui tiendra compagnie jusqu’à l’équinoxe. Uuno meurt dans la nuit du 22 mars 1933 (ses cendres seront rapatriées en Finlande et inhumées à Helsinki, au cimetière de Hietaniemi).


Uuno Kailas à Gourdon en hiver 1932-1933, avec la femme et la fille d'Armas Launis (photo Armas Launis).

En effet, à l'époque, Armas Launis et le consul de Finlande étaient déjà au centre d'une petite "communauté finlandaise" sur la "Côte d'Azur". En réunissant des compositions classiques de Finlande et une création nissardo-finnoise, dans l'interprétation d'une chanteuse de l'Académie Sibelius et d'une pianiste du Conservatoire de Nice, ce concert donné à Helsinki confirme que les échanges culturels entre Nice et la Finlande sont plus vigoureux que jamais.

  
Le concert était donné le 21 octobre 2015 en la grande salle de la Société des lettres finnoises (Suomalaisen Kirjallisuuden Seura), institution fondée en 1831 et maison natale du Kalevala.


Sari Kivistö, directrice du Helsinki Collegium for Advanced Studies, présente le concert.


Réunies par la poésie d'Uuno Kailas dans le berceau de la littérature finnoise, la pianiste Amédée Briggen et la mezzo Maiju Vaahtoluoto revisitent un siècle de musique vocale partagée entre les rives de la Baltique et de la Méditerrranée.
  

     
Poèmes d'Uuno Kailas lus en finnois par Ulla Tuomarla, en niçois par Miquèu de Carabatta et en français par Sébastien Cagnoli.


À propos de la Suite Tyhmät ja viisaat / Les sots et les sages / Lu gnaci e lu savi (poèmes de Uuno Kailas et Anja Kosonen-Fantapié, trad. Sébastien Cagnoli, Miquèu de Carabatta et Jean-Luc Moreau, musique d’Henri-Claude Fantapié)

"Je ne sais plus qui, de Sébastien ou de moi, a eu cette idée de mise en musique de poèmes de Uuno Kailas et cette folie (sottise ?) de vouloir ainsi jouer sur les mots et les langues, mais le défi étant jeté et le temps compté, j’ai vite ouvert les volumes de poèmes en finnois et ceux traduits en français par Sébastien. Deux d’entre eux (Olit poissa / Tu étais partie et Tyhmät ja viisaat / Les sots et les sages), qui ne semblaient pas déjà avoir été auparavant mis en musique et dont l’expression présentait deux visages opposés du poète, ont aussitôt retenu mon attention. J’ai cru bon, avec l’accord de Sébastien, de leur donner un prolongement avec un poème d’Anja dans lequel je trouvais des résonances à Tu étais partie. Cette Suite qui allait naître devait encore trouver sa forme : trois poèmes, chacun des trois en trois langues différentes (avec la traduction en nissart de Miquèu de Carabatta), fallait-il en faire trois suites différentes ou mixer le tout ? J’avais déjà l’expérience d’une œuvre bilingue, écrite en collaboration avec le poète Jean-Luc Moreau et de sa traduction en finnois par Anja : les Contes et comptines (Satuja ja hokemia). Il y avait aussi les poèmes d’Odysseus Elytis Του Αιγαίου / de la mer Egée, que j’avais écrits pour chœurs a capella. Le cas était différent. Si j’ai gardé une partie pianistique relativement identique dans les trois versions de chaque poème (sauf pour le second, qui éveille des souvenirs de chansons populaires niçoises), les parties chantées diffèrent pour suivre le rythme, l’esprit, les couleurs et l’accentuation propres à chacune des langues. Les neuf parties enchaînées de la Suite peuvent alors être jouées dans la continuité, devenir une Suite en six parties en omettant une langue, voire en trois parties en n’en conservant qu’une seule. J’espère que, dans tous les cas, le résultat suggérera que l’on y entendra Kolme laulua, Trois mélodies de tradition française et Tres cansoun pour les nissardas… et aussi que Uuno, Anja (Sébastien, Miqueù, Jean-Luc et les interprètes) auront la sagesse de me pardonner ma sottise…"

Henri-Claude Fantapié, le 9 octobre 2015






ARMAS LAUNIS
(1884-1959)

Quatre pièces pour piano
1. Idylle ; 2. Intermezzo ; 3. Élégie : 4. Impromptu

Trois extraits de l'opéra Kullervo (1917)       
– Ouverture de l'acte II (arr. Alex Freeman et Amédée Briggen)
– Danse des diabloteaux
– Berceuse *

YRJÖ KILPINEN (1892-1959)

Cinq mélodies sur des poèmes d'Uuno Kailas, op. 73 (1929) *
1. Autio maa ; 2. Tuutulaulu ; 3. Pilvilaulu ; 4. Paljain jaloin ; 5. Palava laulu

TANELI KUUSISTO (1905-1988)

Suomalainen rukous, op. 27b no. 2 (1939) *
Finaali, op. 40 no. 3 (1946) *

JOONAS KOKKONEN (1921-1996)

Quatre mélodies sur des poèmes d'Uuno Kailas (extr)
2. Peitetyt kasvot (1953) *

HENRI-CLAUDE FANTAPIÉ (né en 1938)

Tyhmät ja viisaat, trois mélodies sur des poèmes d'Uuno Kailas et d'Anja Kosonen-Fantapié (2015) [en finnois, niçois et français] (extr. - création)
2. Lu gnaci e lu savi **

Maiju Vaahtoluoto, mezzo *
Miquèu de Carabatta, récitant **
Amédée Briggen, piano



Concert organisé par le Helsinki Collegium for Advanced Studies dans le cadre d'une résidence de traduction financée par la fondation Alfred Kordelin, avec le soutien de l'association Armas Launis.

Le programme, la présentation des artistes et les poèmes trilingues sont parus dans l'ouvrage Uuno Kailas Heinolasta Nizzaan – Sata vuotta musiikkia ja runoutta Nizzan ja Suomen välillä, Suomalaisen Kirjallisuuden Seura, Helsinki, 21. lokakuuta 2015 (Helsinki, HCAS, 52 p., ISBN 978-951-51-1665-9).



[photos AB & SC]
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Écrit par SebK, le Mercredi 28 Octobre 2015, 19:57 dans la rubrique "Finlande".


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