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Andrea
— un opéra romantique "austro-sarde" de Franz Gläser —

Prologue

Le compositeur et chef d'orchestre Franz Gläser est né le 19 avril 1798 à Horní Jiřetín (en allemand : Obergeorgenthal ou plus simplement Ober-Görten), un village tchèque au pied des mont Métallifères. La Bohême est alors un royaume de l'Empire d'Autriche.

Issu d'une famille pauvre et nombreuse, "František Josef Glaeser" parvient à se distinguer par ses dons musicaux, qui lui permettent d'intégrer à l'âge de 11 ans le chœur de la Hofkapelle de Dresde (en Saxe, de l'autre côté des collines). Ensuite, au Conservatoire de musique de Prague, il devient un virtuose du violon.

En 1816, il étudie la composition à Vienne, tout en travaillant comme copiste et arrangeur de musique. À partir de 1817, il devient chef d'orchestre au Théâtre de la Leopoldstadt, puis en 1822 au Theatre de la Josefstadt et en 1827 au Theater an der Wien. Dans la capitale impériale, où il côtoie Beethoven, il se tourne vers la composition dramatique, genre dans lequel il va composer plus de 120 ouvrages dans des genres variés.

Période viennoise : Die vier Haimonskinder (1809) ; Bärnburgs Sturz (1817) ; Das Mädchen ohne Zunge (1819) ; Das Felsenmädchen (1820) ; Der geraubte Schleier (1820) ; Der Tambour (1820) ; Sküs, Mond und Pagat (1820) ; Wenn's was ist, so ist's nichts und ist's nichts, so sind's 36 Kreuzer (1820) ; Arsenius der Weiberfeind (1823) ; Dank und Undank (1823) ; Der rasende Roland (1823) ; Stumme Liebe (1823) ; Der Brief an sich selbst (1824) ; Der Erlenkönig (1824) ; Die kurzen Mäntel (1824) ; Die Rettung durch die Sparkassa (1824) ; Liebe und Haß (1824) ; Sauertöpfchen (1824) ; Sieben Mädchen in Uniform (1825) ; Der Bär und das Kind (1825) ; Die sonderbare Laune (1825) ; Die Weiber in Uniform (1825) ; Die Zauberin Armida (1825) ; Heliodor, Beherrscher der Elemente (1825) ; Menagerie und optische Zimmerreise in Krähwinkel (1825) ; Die steinerne Jungfrau (1826) ; Oberon, König der Elfen (1827) ; Peterl und Paulerl (1827) ; Abu, der schwarze Wundermann (1828) ; Armida, die Zauberin im Orient (1825) ; Elsbeth (1828) ; Meister Pilgram, Erbauer des Stephansturmes in Wien (1828) ; ainsi que Peter Stiglitz ; Staberl ; Die steinerne Jungfrau.

La période berlinoise

En 1830, Gläser accepte un poste de chef d'orchestre au Théâtre de la Königsstadt à Berlin. C'est là qu'il représente l'opéra Andrea.
  • Aurora (c.1830) ;
  • Die Brautschau auf Kronstein (1830) ;
  • Andrea (1830), sur un livret de Carl Philipp Berger ;
  • Des Adlers Horst (29.12.1832), son œuvre la plus célèbre ;
  • Die Augen des Teufels ;
  • Der Rattenfänger von Hameln, sur un livret de Carl Philipp Berger.

Le librettiste Carl Philipp Berger est également chanteur (ténor), metteur en scène et enseignant. Il est né le 31 décembre 1793 en Haute-Bavière, à Altötting (où il mourra le 10 juin 1853). Il collabore à Berlin avec Franz Gläser (Andrea et Le joueur de flûte de Hamelin), puis à Vienne avec le compositeur Peter Joseph von Lindpaintner (livret d'un opéra intitulé Die Genueserin, qui se passe à Venise en 1590, crée en 1839 au Théâtre de la Kärntnertor). Il rédigera aussi un ouvrage historique sur sa ville natale (Geschichte und Beschreibung der Wallfahrts-Stätte Altenötting, Munich 1841).

Andrea est un opéra romantique en trois actes. Les deux premiers actes se déroulent en 1790 dans un village (apparemment imaginaire) du Comté de Nice qui porte le nom de "Monzi" (on pourrait imaginer Levens). Le premier décrit les joyeux préparatifs des noces de Maria, fille du propriétaire d'une grande crèmerie, et de Battista, fils du juge du village. Mais une ombre plane sur l'événement : Maria est secrètement amoureuse d'Andrea, qui n'est qu'un simple serviteur dans la maison. Andrea l'enlève, mais le fiancé les rattrape et le serviteur est banni. À l'acte II, les amoureux contrariés se font clandestinement des adieux déchirants, mais Andrea promet qu'ils se reverront. Le dernier acte est situé dans un camp militaire français, au-dessus de Nice, en 1794 (donc après l'invasion de 1792, pendant l'occupation et la guerre dans les Alpes). Coup de théâtre : le général français n'est autre qu'Andrea ("Ich bin Andrea! Andrea Massena!!"), les amants sont réunis ("Andrea, ach, ist es kein Traum?"), et tout se termine dans un happy end délirant ("Laut töne es durch Berg und Thal, / Hoch lebe unser General!").

https://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/9/91/Andr%C3%A9_Mass%C3%A9na.jpg/219px-Andr%C3%A9_Mass%C3%A9na.jpg?uselang=frTout cela est gaiement invraisemblable puisque Masséna [portrait ci-contre] a quitté Levens dès 1775, quand il était adolescent, pour s'engager en France.

Cette légende de Maria et d'Andrea Massena semble avoir joui d'une certaine popularité, à l'époque, dans le monde germanophone (suite à l'opéra ?). On en trouve le récit dans le journal Carinthia (Klagenfurt) le 19 octobre 1833, sans indication de source ; puis dans une biographie intitulée "Andrea, Das Schoosskind des Glückes", par le Bavarois Friedrich Bruckbräu, en 1835 ; et encore dans la nouvelle de l'auteur saxon Eduard Gehe "Wer hätte das Gedacht!" (1837).

Parallèlement, en 1833, l'écrivain allemand Heinrich König va se pencher sur les mêmes événements de l'histoire récente, mais en imaginant des personnages plus attachants que Massena, dans un roman qui inspirera aussitôt au jeune Richard Wagner un livret d'opéra. Beaucoup plus riche et complexe que l'ouvrage vieillot de Berger & Gläser, ce nouvel opéra "austro-sarde" aboutira finalement en 1848, avec une musique de Friedrich Kittl, sous le titre Bianca und Giuseppe.

Épilogue danois

En 1839, Franz Gläser rejoint le Théâtre royal danois de Copenhague comme chef d'orchestre. Il introduit la musique de compositeurs contemporains comme Heinrich Marschner, Felix Mendelssohn et Louis Spohr, et en 1842, l'opéra de Rossini Guillaume Tell. En 1845, il est nommé chef d'orchestre de la Cour.
  • Bryllupet vet Como-søen [Les Noces au lac de Côme] (29.1.1849, Copenhague), sur un texte de H.C. Andersen
  • Nøkken (12.2.1853, Copenhague), sur un  texte de H.C. Andersen
  • Den forgyldte svane [Le cygne d'or] (17.3.1854, Copenhague)
Nommé professeur titulaire en 1851, il ne compose plus beaucoup, si ce n'est de la musique de circonstances : quelques cantates commandées par la Cour, plusieurs ouvertures et sa dernière œuvre, une marche pour orchestre en l'honneur du roi Frédéric VII. Franz Gläser meurt à Copenhague le 29 août 1861.


Bibliographie :
  • Carinthia, Klagenfurt, 19 octobre 1833, pp. 3-4.
  • Friedrich Wilhelm BRUCKBRÄU, "Andrea - Das Schoosskind des Glückes", in Schürzen-Räthsel, Stuttgart : Brodhag, 1835, pp. 230-236.
  • Eduard GEHE (1793-1850), "Wer hätte das Gedacht!", in Eduard Duller, Deutsches Stammbuch, Karlsruhe : Braun, 1837, pp.115-134.
  • Carl Philipp BERGER, Andrea, Berlin : Königsstädtisches Theater, 1841. [livret de l'opéra]
  • William NEUMANN, Franz Gläser, Leipzig, 1859.

Écrit par SebK, le Dimanche 7 Février 2016, 17:22 dans la rubrique "Nice".