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Actualité
11/2019 : parution de Ils ne savent pas ce qu'ils font, de Jussi Valtonen, au Livre de Poche.

11/2019 : Conférence sur les langues autochtones de l’Europe, Institut finlandais & Inalco, Paris.
10/2019 : parution de "Ni scandinaves, ni slaves : des voix originales d'Europe du Nord", préface à Ma muse n’est pas à vendre, poèmes d'Ivan Kouratov choisis et traduits par Yves Avril, éd. Paradigme.
08/2019 : présentations de Lever de rideau sur le pays komi dans le cadre du 15e Congrès des littératures finno-ougriennes, Kolozsvár, Roumanie.
05/2019 : parution d'Une soirée de toute cruauté, de Karo Hämäläinen, chez Actes Sud (coll. Actes noirs).

03/2019 : présentations de Lever de rideau sur le pays komi à Genève.
01/2019 : parution de Sœurs de cœur, de Salla Simukka, chez Hachette.

12/2018 : présentations de Lever de rideau sur le pays komi à Paris.
11/2018 : lecture publique de la pièce Purge de Sofi Oksanen à Cognac.
11/2018 : présentations de Lever de rideau sur le pays komi à Nice, à Moscou et en République de Komi (Syktyvkar et région de Körtkerös).
08/2018 : parution de Lever de rideau sur le pays komi, L'Harmattan & Adéfo, coll. "Bibliothèque finno-ougrienne".

05/2018 : parution de Norma, de Sofi Oksanen, au Livre de Poche.

05/2018 : parution d'un article de Sofi Oksanen au Nouveau Magazine Littéraire, mai 2018.
03-04/2018 : représentations de Vincent River de Philip Ridley au Théâtre Ouvert Luxembourg.

01/2018 : Cent ans de musique et de poésie entre Nice et Finlande, concert-lecture autour d’Armas Launis et d’Uuno Kailas, Nice, bibliothèque Louis-Nucéra.

11/2017 : "L’imaginaire national finlandais à l’épreuve du centenaire - Un regard du XXIe siècle sur la poésie patriotique d’Uuno Kailas", dans le cadre du colloque Révolutions russes ; images et imaginaire en Russie et en France, Nice.
11/2017 : lecture d'extraits de la pièce Purge de Sofi Oksanen au Théâtre de l'Atalante (Paris) dans le cadre des rencontres Traduire - Transmettre.
10/2017-01/2018 : reprise des Cornes d'Alexeï Popov au Théâtre de l'Impasse (+ en tournée le 07/10 à Saint-André, le 27/10 à Falicon, les 13-14/01 à Vence).

09/2017 : parution de Norma de Sofi Oksanen en grands caractères (éd. Voir de Près).

08/2017 : parution de l'article "Une comédie komie – Adaptations et mises en scène niçoises d'un théâtre minoritaire de Russie", dans la revue bretonne Klask, n° 11.
08/2017 : "Are Finns ashamed of their independence? - A 21st century look at Uuno Kailas’ patriotic poetry", dans le cadre du 14e Congrès des littératures finno-ougriennes, Tartu, Musée national d'Estonie.
08/2017 : "Garibaldi und Nizza – ein Epos zwischen Frankreich und Italien", dans le cadre du 4e colloque de la Garibaldi Gesellschaft, Kirchberg, Sachsen.
06/2017 : représentations des Cornes d'Alexeï Popov à Châteauneuf-Villevieille.
04/2017 : représentations des Cornes d'Alexeï Popov (Nice, Théâtre de l'Impasse).

03/2017 : parution de Norma, de Sofi Oksanen, chez Stock.

01/2017 : parution de Ils ne savent pas ce qu'ils font, de Jussi Valtonen, chez Fayard.

12/2016 : "Une comédie komie – Adaptations et mises en scène niçoises d'un théâtre minoritaire de Russie", dans le cadre d'une journée d'étude à l'université Rennes 2.
08/2016 : parution du Récif, de Seita Vuorela-Parkkola, chez Actes Sud Junior.

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Manou the Swift
— d'Andrea Block & Christian Haas —
Sorti en version française sous le titre Manou à l’école des goélands, le film d'animation Manou the Swift (littéralement, "Manou le martinet") se déroule dans le cadre d'une baie des Anges imaginaire.

Si le sujet est une sorte de Vilain Petit Canard revisité sans grande finesse, ce film des studios LUXX (Stuttgart) est en revanche un chef-d’œuvre inégalé pour la beauté et l'originalité de ses décors. Il fallait sans doute un regard extérieur pour produire un tel résultat : les auteurs allemands Andrea Block et Christian Haas ont reconstruit la ville de Nice et son environnement en images de synthèse, en accordant la même importance, paradoxalement, à l'authenticité des détails qu'à la fantaisie poétique (ce qu'aucun Niçois n'aurait peut-être eu l'idée de faire).

La vue ci-contre est parlante. Le relief général est scrupuleusement respecté : la colline du Château sépare la Vieille Ville du port Lympia ; on reconnaît tous les sommets à l'horizon, et les couleurs ont des nuances extraordinairement réalistes. Pourtant, en regardant mieux, on remarque (entre autres) que les clochers sont un peu curieux et, surtout, que la route de Rauba Capèu et le monument aux morts ont disparu : à la place, les rochers ressemblent davantage à ceux du cap de Nice, et ils sont flanqués d'une étrange ruine qui s'avérera être celle de La Réserve.
 
  
Lieu de nidification des goélands, cette colline du Château fantaisiste sera le pôle central du récit. La végétation y est soigneusement imitée, avec agaves et figuiers de Barbarie, et les vagues s'y brisent comme à Rauba Capèu (ou comme au cap de Nice). Dès le clair de lune initial, les couleurs et les lumières sont envoûtantes.

  
     
La trame est directement puisée chez Andersen : égaré à la naissance, un petit martinet orphelin est élevé par des goélands comme leur propre enfant, ce qui va rapidement donner lieu à des situations délicates.
     

  
Au pied du rocher, il y a la ville et son marché. Vaguement inspiré de la tour Saint-François, le clocher qui domine ce décor est apparemment une église imaginaire.
  
  

  
Sur la colline du Château, l'allure générale du cimetière est conforme à la réalité, avec sa chapelle et, surtout, un ange qui présente une ressemblance frappante avec celui de la tombe de Grosso, mais dans une position un peu différente.

     
Comme dans Tom & Jerry, les humains n'apparaissent que très peu, déformés, sous la perspective des animaux, par exemple ici lors d'une excursion des martinets à travers la vieille ville.

     
Le traitement du Château de Nice est particulièrement intéressant. Il y a un "donjon" réinventé ; il y a une cascade, mais sauvage ; des vestiges en pierre beaucoup plus évocateurs que dans la réalité... Compte tenu de son état de conservation et de sa reconquête par la végétation, le site n'est pas sans évoquer d'autres ruines niçoises : celles de Châteauneuf-Villevieille.
  

  
De l'autre côté du rocher, on plonge sur le port. La topographie du bassin est globalement respectée, mais pas l'urbanisme, et l'ambiance recréée est plutôt celle d'un tranquille petit port de pêche. On remarque au passage les pavillons niçois et français.
Enfin, en l'absence de route, la jetée vient buter directement sur la roche.
  

  
C'est sur le flanc méridional du rocher qu'apparaît l'invention la plus originale : les auteurs recréent le restaurant La Réserve tel qu'il était au début du XXe siècle (avec toiture d'origine et voilier), mais en le déplaçant de l'autre côté du port et en le transformant en ruine livrée aux oiseaux de mer. Cela donne une bonne idée du travail conjoint de recherche historique et de réinvention artistique que les auteurs ont soigneusement accompli.
La nuit, ce prestigieux établissement Belle Époque reprend vie sous l'enthousiasme des oiseaux, dans une ambiance digne de Baz Luhrmann.
  
  

     
  

  
Sur une esplanade qui ressemble à s'y méprendre au quai des États-Unis, les martinets font une razzia en terrasse.
C'est l'occasion de glisser un clin d’œil aux Oiseaux d'Alfred Hitchcock (ou plutôt "Hidessocks" !) sur une colonne Morris.
  

Autre délire typiquement allemand (et absurde sur un littoral qui plonge tout de suite à plus de 30 m de fond) : l'incontournable jetée des mers du Nord. Or ce n'est pas l'historique Jetée-Promenade de 1882 qui faisait face au Ruhl (sur le modèle de celle de Brighton), c'est un modeste ponton (mais pas non plus celui du Lido) qui sert en l'occurrence de promontoire au plus célèbre hôtel Negresco.

  
L'opération nocturne des oiseaux pour récupérer les œufs enlevés par les rats donne lieu à une jolie scène dans une cave à vin. Encore un clin d’œil au grand "Hidessocks" lorsque la "caméra" effectue un zoom en tournant sur le regard d'égout dans lequel les filets de vin rouge, sous cette lumière bleutée, s'écoulent en tourbillon.

  
Enfin, "tout est bien qui finit bien" sous un prunus en fleur du côté du mont Boron, avec un dernier point de vue sur la colline du Château, et sur le charme intemporel de La Réserve...
  

Je passe sur le scénario un peu léger, le plus dur à avaler étant sûrement l'idée de base selon laquelle les goélands doivent absolument 1) quitter Nice en hiver et 2) entreprendre directement une grande traversée vers l'Afrique plutôt que de longer les côtes et d'emprunter le détroit de Gibraltar (puisque les oiseaux migrent toujours bêtement et indéfiniment "vers le sud", dans l'imaginaire allemand)... et je préfère retenir les images ci-dessus, qui invitent au voyage et au rêve, entre les mondes et les époques.

Écrit par SebK, le Mardi 9 Juillet 2019, 23:39 dans la rubrique "Nice".