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Actualité
printemps 2021 : parution d'une anthologie de poésie komie, en collaboration avec Yves Avril.
04/2021 : représentations de Vincent River de Philip Ridley à Bertrix.
1er trim. 2021 : deux nouveautés de Sofi Oksanen.
01/2021 : parution du roman Sans toucher terre, d'Antti Rönkä, aux éd. Rivages.
01/2021 : parution du roman O, de Miki Liukkonen, au Castor Astral.

09/2020-01/2021 : exposition de poèmes de Caj Westerberg à Nice (musée Charles Negre, expo Miniatures de Pentti Sammallahti).
08/2020 : Congressus XIII Internationalis Fenno-Ugristarum, Universität Wien. (reporté)
07/2020 : création d'Innocence, opéra de Kaija Saariaho sur un livret original de Sofi Oksanen, au festival d'Aix-en-Provence. (reporté)

05/2020 : collaboration à la revue Books à propos de l'actualité littéraire finlandaise.
03/2020 : 1er prix ex-æquo au concours de traduction poétique organisé par l’Inalco et l’Ambassade d’Estonie.
03/2020 : représentations de Purge, de Sofi Oksanen, à Angoulême.

02/2020 : parution du roman Le papillon de nuit, de Katja Kettu, chez Actes Sud.

11/2019 : réédition de Ils ne savent pas ce qu'ils font, de Jussi Valtonen, au Livre de Poche.

11/2019 : Conférence sur les langues autochtones de l’Europe, Institut finlandais & Inalco, Paris.
10/2019 : parution de "Ni scandinaves, ni slaves : des voix originales d'Europe du Nord", préface à Ma muse n’est pas à vendre, poèmes d'Ivan Kouratov choisis et traduits par Yves Avril, éd. Paradigme.
08/2019 : présentations de Lever de rideau sur le pays komi dans le cadre du 15e Congrès des littératures finno-ougriennes, Kolozsvár, Roumanie.
05/2019 : parution d'Une soirée de toute cruauté, de Karo Hämäläinen, chez Actes Sud (coll. Actes noirs).

03/2019 : présentations de Lever de rideau sur le pays komi à Genève.
01/2019 : parution de Sœurs de cœur, de Salla Simukka, chez Hachette.

12/2018 : présentations de Lever de rideau sur le pays komi à Paris.
11/2018 : lecture publique de la pièce Purge de Sofi Oksanen à Cognac.
11/2018 : présentations de Lever de rideau sur le pays komi à Nice, à Moscou et en République de Komi (Syktyvkar et région de Körtkerös).
08/2018 : parution de Lever de rideau sur le pays komi, L'Harmattan & Adéfo, coll. "Bibliothèque finno-ougrienne".

05/2018 : réédition de Norma, de Sofi Oksanen, au Livre de Poche.

05/2018 : parution d'un article de Sofi Oksanen au Nouveau Magazine Littéraire, mai 2018.
03-04/2018 : représentations de Vincent River de Philip Ridley au Théâtre Ouvert Luxembourg.

01/2018 : Cent ans de musique et de poésie entre Nice et Finlande, concert-lecture autour d’Armas Launis et d’Uuno Kailas, Nice, bibliothèque Louis-Nucéra.

11/2017 : "L’imaginaire national finlandais à l’épreuve du centenaire - Un regard du XXIe siècle sur la poésie patriotique d’Uuno Kailas", dans le cadre du colloque Révolutions russes ; images et imaginaire en Russie et en France, Nice.
11/2017 : lecture d'extraits de la pièce Purge de Sofi Oksanen au Théâtre de l'Atalante (Paris) dans le cadre des rencontres Traduire - Transmettre.
10/2017-01/2018 : reprise des Cornes d'Alexeï Popov au Théâtre de l'Impasse (+ en tournée le 07/10 à Saint-André, le 27/10 à Falicon, les 13-14/01 à Vence).

09/2017 : réédition de Norma de Sofi Oksanen en grands caractères (éd. Voir de Près).

08/2017 : parution de l'article "Une comédie komie – Adaptations et mises en scène niçoises d'un théâtre minoritaire de Russie", dans la revue bretonne Klask, n° 11.
08/2017 : "Are Finns ashamed of their independence? - A 21st century look at Uuno Kailas’ patriotic poetry", dans le cadre du 14e Congrès des littératures finno-ougriennes, Tartu, Musée national d'Estonie.
08/2017 : "Garibaldi und Nizza – ein Epos zwischen Frankreich und Italien", dans le cadre du 4e colloque de la Garibaldi Gesellschaft, Kirchberg, Sachsen.
06/2017 : représentations des Cornes d'Alexeï Popov à Châteauneuf-Villevieille.
04/2017 : représentations des Cornes d'Alexeï Popov (Nice, Théâtre de l'Impasse).

03/2017 : parution de Norma, de Sofi Oksanen, chez Stock.

01/2017 : parution de Ils ne savent pas ce qu'ils font, de Jussi Valtonen, chez Fayard.

12/2016 : "Une comédie komie – Adaptations et mises en scène niçoises d'un théâtre minoritaire de Russie", dans le cadre d'une journée d'étude à l'université Rennes 2.
08/2016 : parution du Récif, de Seita Vuorela-Parkkola, chez Actes Sud Junior.

08/2016 : expo sur le pays komi dans les livres étrangers, Bibliothèque nationale de la République de Komi, Syktyvkar.
06/2016 : réédition des Chants des forêts de Nikolai Abramov à la Bibliothèque nationale de la République de Carélie.

05/2016 : réédition du recueil Les Komis – Questions d'histoire et de culture aux Presses de l'Inalco.

01/2016 : présentation de Uuno Kailas de Heinola à Nice au Centre de Documentation Provençale (Bollène).
11/2015 : parution de Noir comme l'ébène, de Salla Simukka, chez Hachette et au Livre de Poche.

10/2015 : Uuno Kailas de Heinola à Nice – Cent ans de musique et de poésie entre Nice et Finlande, concert-lecture à Helsinki.

10/2015 : Sofi Oksanen à Nice, rencontre avec Sofi Oksanen et Miquèu de Carabatta à Helsinki autour de Quora despareissèron lu colombs.
09/2015 : première de la pièce d'Alexeï Popov Les cornes par la compagnie La Chance du Débutant (au Théâtre National Komi, Syktyvkar).
09/2015 : réédition de Baby Jane, de Sofi Oksanen, au Livre de Poche.

09-12/2015 : résidence de traduction à l'HCAS (Helsinki).
05/2015 : parution de Blanc comme la neige, de Salla Simukka, chez Hachette et au Livre de Poche.

03/2015 : parution du poème de Nina Obrezkova "Un jour tu rentreras chez toi", à Syktyvkar (brochure réunissant des traductions du même texte dans 14 langues différentes).
03/2015 : Destination Russie (Châtenay-Malabry), festival consacré à la République de Komi, à l'initiative de l'association MIR Franco-Russe.
02/2015 : présentation des Colombs à Aix-en-Provence.
01/2015 : parution de l'article "La parenté finno-ougrienne dans la littérature komie : héritage commun ou influences récentes ?" dans la revue Études finno-ougriennes.
12/2014 : 1é mercat leterari de Calèna (Nice)
11/2014 : parution de Rouge comme le sang, de Salla Simukka, chez Hachette et au Livre de Poche.

09/2014-01/2015 : exposition de travaux généalogiques et historiques à Nice (musée Masséna, expo La marqueterie niçoise).
05/2014 : parution de Baby Jane, de Sofi Oksanen, chez Stock.

04/2014 : réédition de Quand les colombes disparurent, de Sofi Oksanen, au Livre de Poche.

03/2014 : parution de La Sage-femme, de Katja Kettu, chez Actes Sud.

03/2014 : parution (en russe) d'une interview, de la nouvelle Le mur et de l'article "M.N. Lebedev et la satire politique du monde contemporain" dans la revue Арт.
02/2014 : Semaine komie à Nice.
12/2013 : "Quora despareissèron lu colombs: translating a Finnish bestseller to a minority language of France" (Université de Helsinki, colloque Language revitalization in a Russian and European context: Exploring solutions for minority language maintenance).
11/2013 : présentation des Colombs en Iamal (Salekhard, 12e Congrès des littératures finno-ougriennes).
11/2013 : "Кыдзи вуджöдiсны Савинлысь гижöдъяссö" ["Traduire Savine"] (Académie des Sciences de Russie, Syktyvkar, colloque Savine).
11/2013 : "Entre Savoie et Romanov : la famille niçoise Michaud de Beauretour – Une synthèse complétée par des données inédites" (Beaulieu-sur-Mer, colloque Romanov).
06/10/2013 : présentation des Colombs au Festival du Livre de Mouans-Sartoux.
09/2013 : "The role of drama in the construction of national identities in the Ural-Volga area, through examples of Finno-Ugric interaction" (colloque "Oural-Volga", Samara).
08/2013 : présentation des Colombs à Annot.
06/2013 : parution de "La langue marie au théâtre et à l'opéra – Survol d'un genre littéraire prolifique" dans le volume collectif Les Maris – Un peuple finno-ougrien de Russie centrale.
01/06/2013 : lecture et table ronde avec Joni Pyysalo (Nuit de la Littérature, Paris).
22/05/2013 : présentation des Colombs à Contes.

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Purge
— de Sofi Oksanen —

Dans la campagne estonienne, au début des années 1990. Une vieille dame vit dans la solitude. Elle a grandi dans l’Estonie indépendante, puis elle a subi la guerre, les répressions et les pénuries ; à présent, dans cette nouvelle période de changement, elle n’attend plus rien de la vie, elle voudrait juste oublier les horreurs auxquelles elle a été mêlée. Mais un matin, elle trouve une mystérieuse jeune femme endormie dans son jardin. Une jeune femme qui n’a pas l’air d’ici. Au fil des dialogues et des flash-back, la jeune femme dévoile ses véritables intentions, et la vieille dame révèle peu à peu les rôles qu’elle a joués, vis-à-vis de son pays et de sa famille, pendant la guerre et les cinquante ans d’occupation soviétique.

À travers les événements historiques qui ont déchiré l’Estonie au xxe siècle, Sofi Oksanen soulève des questions d’occupation, de collaboration et de résistance qui touchent un public beaucoup plus vaste. Cristallisé autour de destins personnels et de sentiments confus d’amour et de jalousie, son récit devient une vaste tragédie familiale et prend une portée universelle.

* * *

Situé dans la campagne estonienne, Purge est imprégné de traditions nationales et de sagesse populaire. Le récit se passe en grande partie dans une maison rurale typique, entourée par la forêt, par des champs, par un jardin cultivé, et par une cour de terre battue ou de gravier, reliée par un chemin à la route qui mène au centre du village. Le rez-de-chaussée du bâtiment principal est partagé entre l’habitation et l’étable ; à l’étage, sous un même toit, le grenier occupe toute la superficie de l’édifice. Dans la partie habitable, la cuisine joue un rôle particulier : c’est la pièce principale, où l’on vit, où l’on travaille, où l’on reçoit les visiteurs. Les autres pièces n’ont pas de fonction spécifique et sont toutes des « chambres », où l’on peut aussi bien dormir que vivre ou stocker des affaires.

Dans cette cuisine, on va assister à la préparation de quelques recettes familiales, apprendre les secrets des conserves et confitures… Mais une ménagère estonienne se doit aussi de savoir distinguer les variétés de champignons, de plantes, d’herbes, de connaître leurs propriétés médicinales, afin d’en extraire des essences et de les employer à bon escient. Au-delà de ce savoir-faire domestique, il existe au village une personne qui a des pouvoirs plus mystérieux, une guérisseuse, qui perçoit des signes dans les changements météorologiques et dans la langue des oiseaux, et qui perpétue de vieux sortilèges dont elle se sert pour aider ses voisins à faire face aux difficultés de la vie quotidienne.

Le mode de vie traditionnel est aussi illustré par des scènes de noces ; lors des préparatifs, on voit les filles de la famille qui, conformément à la coutume, préparent des coussins ou un édredon en plumes d’oie comme cadeaux pour la mariée. Mais si cette campagne estonienne préserve un mode de vie traditionnel, elle n’en est pas moins sujette à des bouleversements au cours de l’histoire – et particulièrement du xxe siècle : on assiste au changement des mentalités sur trois générations d’Estoniens, au changement des croyances, des modes, des aspirations, et à l’exode rural. Ces changements apparaissent à la lumière de souvenirs des temps passés, ainsi que des tribulations des protagonistes.

Par exemple, dans les environs de la maison d’Aliide se trouve un château du xive siècle, qui se prête à quelques souvenirs de l’Empire russe. Maltraitée par son mari, la princesse Augusta Caroline de Braunschweig-Wolfenbüttel (1764-1788) avait cherché refuge auprès de l’impératrice Catherine II, qui avait mis à sa disposition le château de Lohde (Koluvere), dans la campagne estonienne. Un certain mystère règne toujours sur les circonstances de la vie ou de la réclusion de la jeune princesse en ce château, où, réputée folle, elle est morte en couches à l’âge de vingt-quatre ans – mystère qui ne manquera pas de nourrir les croyances populaires dans les campagnes environnantes (d’autant qu’entre 1963 et 2001 ce château a abrité un asile psychiatrique).

L’histoire contemporaine, dans le récit familial du roman, commence dans la République d’Estonie, née de la victoire des blancs à l’issue de la guerre civile de 1918-1920. Sur cette période d’indépendance ondoie le drapeau tricolore estonien, tel un paysage de campagne : bleu comme le ciel, noir comme la terre, blanc comme la neige. C’est dans cette Estonie qu’ont grandi Aliide et Ingel, et une partie du roman fait ressurgir des réminiscences de cette époque.

Mais en septembre 1939, pendant que l’Allemagne envahit la Pologne, l’armée rouge pénètre en Estonie. Aussitôt, entre octobre 1939 et mai 1940, les germanophones sont « rapatriés » vers l’Empire allemand. Annexions et mouvements massifs de populations : tout avait était soigneusement préparé par le pacte contracté entre l’Allemagne et l’Union soviétique. Les combats entre Estoniens et Russes aboutiront à la proclamation pure et simple de l’annexion de l’Estonie (et des pays baltes) à l’U.R.S.S. au printemps 1940 (contrairement à la Finlande, qui parvient miraculeusement à repousser l’envahisseur).

En juillet 1941, lorsque l’Allemagne viole le pacte germano-soviétique, les nazis sont accueillis par les Estoniens comme des libérateurs. Mais ils ne font que chasser l’occupant russe pour exercer, jusqu’en 1944, une occupation non moins terrible.

En 1944, l’armée rouge repousse les nazis et se déploie à nouveau dans toute l’Estonie (cette seconde occupation soviétique ne s’achèvera qu’en 1991). Au retour des Russes, des mouvements de résistance s’organisent. Les Estoniens, qui font partie de la Société des Nations depuis 1921, ne peuvent pas concevoir que les pays occidentaux les abandonnent dans cette situation : on attend donc la libération. Les résistants se cachent dans la forêt et organisent des actions de lutte contre les communistes. Ces « frères de la forêt » construisent des blockhaus et un vaste réseau de souterrains afin d’échapper à la police secrète soviétique. Mais leurs efforts se révéleront vains.

Il faut attendre 1987-1990 pour que survienne le bouleversement suivant, sous la forme d’une « révolution chantante » : c’est par des chansons patriotiques et des rassemblements pacifiques que les Estoniens (et avec eux les peuples baltes) manifestent leur volonté de mettre fin à l’occupation soviétique et de reconquérir leur souveraineté. On entend dans le roman une chanson de Tõnis Mägi, « Koit » (« L’aube »), emblématique du soulèvement populaire de 1988, de même que le refrain de la chanson d’Alo Mattiisen « Eest­lane olen ja Eest­laseks jään » (« Je suis estonien et je resterai estonien »).

C’est dans ce contexte que commence le roman, en 1992, dans une République d’Estonie qui vient à peine de retrouver sa souveraineté, son drapeau, et sa devise : la couronne estonienne.

* * *

Pendant l’occupation soviétique, naturellement, les traditions estoniennes avaient tendance à se perdre, notamment avec la volonté de Moscou d’éradiquer tout sentiment national afin de fabriquer des citoyens soviétiques. En 1917, en Russie, le nouveau régime bolchevique avait mis en place une « Commission extraordinaire panrusse pour la répression de la contre-révolution et du sabotage » : la Tchéka. Ce service secret, remplacé en 1922 par la G.P.U., puis en 1934 par le N.K.V.D. (qui donnera naissance au K.G.B.), est plus actif que jamais pendant les années de guerre et de résistance qui sont représentées dans le roman. Même si l’organisation change de nom, l’appellation tchékiste reste dans le langage courant pour désigner ces hommes qui font régner la terreur. Nul ne peut se soustraire au gigantesque système d’espionnage et de délation que met en œuvre le régime soviétique.

En ce qui concerne la société rurale, le roman illustre la transformation de la campagne estonienne imposée par les réformes soviétiques. Depuis 1933, le Comité central du Parti communiste de l’Union soviétique nommait des « organisateurs du Parti » dans les grands sites industriels, agricoles, administratifs, etc., avec pour mission de relayer la propagande politique et de superviser l’exécution des plans quinquennaux. C’est ainsi qu’un « organisateur du Parti », Martin, arrive au village d’Aliide. On peut observer, au fil des pages, l’organisation kol­khozienne du travail agricole, les quotas de production, les taxes que doivent payer les célibataires et les couples qui n’ont pas d’enfants (ou pas assez), etc.

* * *

Sofi Oksanen est née en Finlande (à Jyväskylä) en 1977, d’un père finlandais et d’une mère estonienne. C’est en finnois qu’elle écrit, mais c’est la culture estonienne qui nourrit son inspiration. Après ses premiers romans Les vaches de Staline (2003) et Baby Jane (2005), elle écrit en 2007 une « tragédie » intitulée Purge. Cette pièce, créée au Théâtre national de Helsinki, a eu un succès retentissant. L’auteur en a tiré un roman, paru en 2008 et aussitôt récompensé par le prix Finlandia, la plus haute distinction littéraire en Finlande.

On ne s’étonnera pas de retrouver dans ce roman une construction très dramatique, des personnages bien vivants et un récit plein de mystère qui se révèle petit à petit au gré des dialogues et des souvenirs. Outre les protagonistes et toute la cruauté du drame familial et individuel dans lequel elles sont précipitées, on y revoit notamment, quoique avec des personnalités et des destins sensiblement différents, deux mafieux russes qui illustrent, à travers deux générations, le bouleversement induit par l’effondrement du système soviétique : l’un est un jeune dépravé qui compte profiter de la chute de l’Union soviétique pour faire fortune par tous les moyens ; l’autre est un ancien officier du K.G.B. qui a un certain sens de l’honneur et n’attend plus grand-chose de la vie.

Mais surtout, le roman explore de nouvelles dimensions, auxquelles la scène ne se prêtait pas. Les décors, d’une part, sont plus variés, et les parcours des deux femmes sont peints avec beaucoup plus de détails, non seulement en Estonie – au village et à la capitale –, mais aussi à Vladivostok et à Berlin. Enfin, c’est tout un monde intérieur qui s’ouvre avec ce roman : les pensées prennent le pas sur les paroles, et les pages les plus intenses sont tissées de silences.

Sébastien Cagnoli
janvier 2010


Purge, de Sofi Oksanen, traduit du finnois par Sébastien Cagnoli, éd. Stock, coll. "La Cosmopolite", août 2010, 400 p., 21,50 €.

Écrit par SebK, le Vendredi 20 Août 2010, 00:43 dans la rubrique "Estonie".


Commentaires :

  Liz
24-09-12
à 21:35

Je viens de le finir, en Audiolib avec commentaires du traducteur... à lire - ou écouter -, vraiment !
Marrant aussi de réentendre une voix perdue de vue depuis... ouh là : 15 ans !

  SebK
03-10-12
à 11:29

Re:

Content de te revoir !
Les joueb c'est la seule chose qui ne vieillit jamais, sur Internet. 15 ans, c'est comme si c'était hier ! :)