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Actualité
Juillet 2021 : création d'Innocence, opéra de Kaija Saariaho sur un livret original de Sofi Oksanen, au festival d'Aix-en-Provence.

Printemps 2021 : parution d'une anthologie de poésie komie, en collaboration avec Yves Avril.
04/2021 : représentations de Vincent River de Philip Ridley à Bertrix.
Printemps 2021 : deux nouveautés de Sofi Oksanen.
01/2021 : parution du roman O, de Miki Liukkonen, au Castor Astral.

01/2021 : parution du roman Sans toucher terre, d'Antti Rönkä, aux éd. Rivages.
11/2020 : Démocratie au temps du choléra : Herzen et Garibaldi à Nice autour de 1848, conférence-concert avec Nadia Metlov & Hélène Grabowska-Metlov à la bibliothèque Louis-Nucéra, Nice en ligne.
10/2020 : présentation de l'Anthologie de la poésie komie à Syktyvkar ("Journée des peuples finno-ougriens", Bibliothèque nationale de Komi).
09/2020-01/2021 : exposition de poèmes de Caj Westerberg à Nice (musée Charles Negre, expo Miniatures de Pentti Sammallahti).
08/2020 : Congressus XIII Internationalis Fenno-Ugristarum, Universität Wien. (reporté)
07/2020 : création d'Innocence, opéra de Kaija Saariaho sur un livret original de Sofi Oksanen, au festival d'Aix-en-Provence. (reporté)
05/2020 : collaboration à la revue Books à propos de l'actualité littéraire finlandaise.
03/2020 : 1er prix ex-æquo au concours de traduction poétique organisé par l’Inalco et l’Ambassade d’Estonie.
03/2020 : représentations de Purge, de Sofi Oksanen, à Angoulême.

02/2020 : parution du roman Le papillon de nuit, de Katja Kettu, chez Actes Sud.

11/2019 : réédition de Ils ne savent pas ce qu'ils font, de Jussi Valtonen, au Livre de Poche.

11/2019 : Conférence sur les langues autochtones de l’Europe, Institut finlandais & Inalco, Paris.
10/2019 : parution de "Ni scandinaves, ni slaves : des voix originales d'Europe du Nord", préface à Ma muse n’est pas à vendre, poèmes d'Ivan Kouratov choisis et traduits par Yves Avril, éd. Paradigme.
08/2019 : présentations de Lever de rideau sur le pays komi dans le cadre du 15e Congrès des littératures finno-ougriennes, Kolozsvár, Roumanie.
05/2019 : parution d'Une soirée de toute cruauté, de Karo Hämäläinen, chez Actes Sud (coll. Actes noirs).

03/2019 : présentations de Lever de rideau sur le pays komi à Genève.
01/2019 : parution de Sœurs de cœur, de Salla Simukka, chez Hachette.

12/2018 : présentations de Lever de rideau sur le pays komi à Paris.
11/2018 : lecture publique de la pièce Purge de Sofi Oksanen à Cognac.
11/2018 : présentations de Lever de rideau sur le pays komi à Nice, à Moscou et en République de Komi (Syktyvkar et région de Körtkerös).
08/2018 : parution de Lever de rideau sur le pays komi, L'Harmattan & Adéfo, coll. "Bibliothèque finno-ougrienne".

05/2018 : réédition de Norma, de Sofi Oksanen, au Livre de Poche.

05/2018 : parution d'un article de Sofi Oksanen au Nouveau Magazine Littéraire, mai 2018.
03-04/2018 : représentations de Vincent River de Philip Ridley au Théâtre Ouvert Luxembourg.

01/2018 : Cent ans de musique et de poésie entre Nice et Finlande, concert-lecture autour d’Armas Launis et d’Uuno Kailas, Nice, bibliothèque Louis-Nucéra.

11/2017 : "L’imaginaire national finlandais à l’épreuve du centenaire - Un regard du XXIe siècle sur la poésie patriotique d’Uuno Kailas", dans le cadre du colloque Révolutions russes ; images et imaginaire en Russie et en France, Nice.
11/2017 : lecture d'extraits de la pièce Purge de Sofi Oksanen au Théâtre de l'Atalante (Paris) dans le cadre des rencontres Traduire - Transmettre.
10/2017-01/2018 : reprise des Cornes d'Alexeï Popov au Théâtre de l'Impasse (+ en tournée le 07/10 à Saint-André, le 27/10 à Falicon, les 13-14/01 à Vence).

09/2017 : réédition de Norma de Sofi Oksanen en grands caractères (éd. Voir de Près).

08/2017 : parution de l'article "Une comédie komie – Adaptations et mises en scène niçoises d'un théâtre minoritaire de Russie", dans la revue bretonne Klask, n° 11.
08/2017 : "Are Finns ashamed of their independence? - A 21st century look at Uuno Kailas’ patriotic poetry", dans le cadre du 14e Congrès des littératures finno-ougriennes, Tartu, Musée national d'Estonie.
08/2017 : "Garibaldi und Nizza – ein Epos zwischen Frankreich und Italien", dans le cadre du 4e colloque de la Garibaldi Gesellschaft, Kirchberg, Sachsen.
06/2017 : représentations des Cornes d'Alexeï Popov à Châteauneuf-Villevieille.
04/2017 : représentations des Cornes d'Alexeï Popov (Nice, Théâtre de l'Impasse).

03/2017 : parution de Norma, de Sofi Oksanen, chez Stock.

01/2017 : parution de Ils ne savent pas ce qu'ils font, de Jussi Valtonen, chez Fayard.

12/2016 : "Une comédie komie – Adaptations et mises en scène niçoises d'un théâtre minoritaire de Russie", dans le cadre d'une journée d'étude à l'université Rennes 2.
08/2016 : parution du Récif, de Seita Vuorela-Parkkola, chez Actes Sud Junior.

08/2016 : expo sur le pays komi dans les livres étrangers, Bibliothèque nationale de la République de Komi, Syktyvkar.
06/2016 : réédition des Chants des forêts de Nikolai Abramov à la Bibliothèque nationale de la République de Carélie.

05/2016 : réédition du recueil Les Komis – Questions d'histoire et de culture aux Presses de l'Inalco.

01/2016 : présentation de Uuno Kailas de Heinola à Nice au Centre de Documentation Provençale (Bollène).
11/2015 : parution de Noir comme l'ébène, de Salla Simukka, chez Hachette et au Livre de Poche.

10/2015 : Uuno Kailas de Heinola à Nice – Cent ans de musique et de poésie entre Nice et Finlande, concert-lecture à Helsinki.

10/2015 : Sofi Oksanen à Nice, rencontre avec Sofi Oksanen et Miquèu de Carabatta à Helsinki autour de Quora despareissèron lu colombs.
09/2015 : première de la pièce d'Alexeï Popov Les cornes par la compagnie La Chance du Débutant (au Théâtre National Komi, Syktyvkar).
09/2015 : réédition de Baby Jane, de Sofi Oksanen, au Livre de Poche.

09-12/2015 : résidence de traduction à l'HCAS (Helsinki).
05/2015 : parution de Blanc comme la neige, de Salla Simukka, chez Hachette et au Livre de Poche.

03/2015 : parution du poème de Nina Obrezkova "Un jour tu rentreras chez toi", à Syktyvkar (brochure réunissant des traductions du même texte dans 14 langues différentes).
03/2015 : Destination Russie (Châtenay-Malabry), festival consacré à la République de Komi, à l'initiative de l'association MIR Franco-Russe.
02/2015 : présentation des Colombs à Aix-en-Provence.
01/2015 : parution de l'article "La parenté finno-ougrienne dans la littérature komie : héritage commun ou influences récentes ?" dans la revue Études finno-ougriennes.
12/2014 : 1é mercat leterari de Calèna (Nice)
11/2014 : parution de Rouge comme le sang, de Salla Simukka, chez Hachette et au Livre de Poche.

09/2014-01/2015 : exposition de travaux généalogiques et historiques à Nice (musée Masséna, expo La marqueterie niçoise).
05/2014 : parution de Baby Jane, de Sofi Oksanen, chez Stock.

04/2014 : réédition de Quand les colombes disparurent, de Sofi Oksanen, au Livre de Poche.

03/2014 : parution de La Sage-femme, de Katja Kettu, chez Actes Sud.

03/2014 : parution (en russe) d'une interview, de la nouvelle Le mur et de l'article "M.N. Lebedev et la satire politique du monde contemporain" dans la revue Арт.
02/2014 : Semaine komie à Nice.
12/2013 : "Quora despareissèron lu colombs: translating a Finnish bestseller to a minority language of France" (Université de Helsinki, colloque Language revitalization in a Russian and European context: Exploring solutions for minority language maintenance).
11/2013 : présentation des Colombs en Iamal (Salekhard, 12e Congrès des littératures finno-ougriennes).
11/2013 : "Кыдзи вуджöдiсны Савинлысь гижöдъяссö" ["Traduire Savine"] (Académie des Sciences de Russie, Syktyvkar, colloque Savine).
11/2013 : "Entre Savoie et Romanov : la famille niçoise Michaud de Beauretour – Une synthèse complétée par des données inédites" (Beaulieu-sur-Mer, colloque Romanov).
06/10/2013 : présentation des Colombs au Festival du Livre de Mouans-Sartoux.
09/2013 : "The role of drama in the construction of national identities in the Ural-Volga area, through examples of Finno-Ugric interaction" (colloque "Oural-Volga", Samara).
08/2013 : présentation des Colombs à Annot.

Tribune



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— Démocratie au temps du choléra : Herzen et Garibaldi à Nice autour de 1848 —
Initialement programmée à la bibliothèque Louis-Nucéra (Nice) à l'initiative des associations Maison de la Russie et Perspective Internationale, la conférence-concert du 20 novembre 2020 en hommage à Alexandre Herzen (1812-1870) est maintenue malgré le reconfinement, mais sous une forme compatible avec les restrictions de déplacement : elle sera visible en ligne à partir de 14h30, public et intervenants restant chez eux.

Au programme :
  • Une évocation de la vie et l'œuvre de celui qui est considéré comme le premier démocrate russe, par Hélène Metlov ;
  • Démocratie au temps du choléra : Herzen et Garibaldi à Nice autour de 1848, par Sébastien Cagnoli. 

Le tout sera parsemé d'illustrations musicales, interprétées notamment par Nadia Metlov (soprano) et Hélène Grabowska-Metlov (chant au piano).

   

0:00:06 : présentation de la rencontre par Hélène Metlov
0:03:21 : Une évocation de la vie et l’œuvre de celui qui est considéré comme le premier démocrate russe (par Hélène Metlov)
0:33:01 : Démocratie au temps du choléra - Herzen et Garibaldi à Nice autour de 1848 (par Sébastien Cagnoli) 
1:57:11 : mot de la fin par Hélène Metlov

Intermèdes musicaux : Alexandre Dargomyjski (0:9:42), Boris Cheremetiev (0:21:30), Alexandre Borodine (0:27:26) et Pierre Perny (0:48:18 et 1:20:47) ; ainsi que des morceaux de Glinka, Verdi et Gabetti.

Associations Maison de la Russie à Nice et Perspective Internationale : https://www.maisondelarussie.com/
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Écrit par SebK, le Jeudi 5 Novembre 2020, 15:43 dans la rubrique "Nice".


— Sur les pas de Pepin & Anita —
Après plusieurs voyages en Italie, la Société Garibaldi d'Allemagne (Garibaldi Gesellschaft Deutschland) poursuit ses pérégrinations en visitant la ville natale du "héros des deux mondes".
   Si les liens entre Garibaldi et l'Allemagne peuvent paraître minces, il ne faut pas oublier que Giuseppe passa commande de 15 000 chemises rouges à un drapier saxon rencontré à Côme en 1866, alors qu'il se préparait en vue de la "Troisième Guerre d'indépendance italienne".
   Ce voyage à Nice est l'occasion d'explorer quelques lieux et monuments emblématiques en rapport avec les Garibaldi (Pepin, Anita, mais aussi Rosa), ainsi qu'avec d'autres personnalités qui ont laissé leur empreinte dans l'histoire de Nice (Paganini, Nietzsche, etc.).
   En chemin, on passe d'ailleurs devant le lycée Calmette (ancien lycée de jeunes filles, 1887), puis par le monument à Albert Calmette (1863-1933) devant l'hôpital Saint-Roch (architecture turinoise de 1858, futur hôtel de Police). Les visiteurs ne connaissent pas ce médecin niçois... ou ne le reconnaissent pas, car il se cache derrière le C du fameux "BCG", le vaccin contre la tuberculose qu'il développa au début du XXe siècle et qui est toujours largement utilisé dans le monde.
   Quant à Niccolò Paganini, mort à Nice en 1840, l'hôtel et la rue qui portent son nom servent de point de départ à la visite.

Naissance et baptême

   Pepin est né dans le port de Nice le 4 juillet 1807. À cette époque (1793-1814), Nice est le chef-lieu d'un "département français", comme bientôt Rome ou Hambourg. À ce titre, la seule langue officielle est le français. La naissance doit être déclarée à la mairie (et non à l'église paroissiale), et en français. Il est également nécessaire de traduire les prénoms. Par conséquent, sur l'acte ci-dessous, Jousé/Pepin/Giuseppe s'appelle "Joseph" :

  

   Lors de l'invasion de 1792-1793, au nom du principe de laïcité, les Français avaient fermé les églises et aboli toute forme de religion. Mais Napoléon a rétabli la liberté de culte, sous certaines réserves.
   Le père étant marin, la famille habite naturellement dans le quartier du port. Les Garibaldi dépendent donc de la paroisse Saint-Martin-Saint-Augustin. Il n'est plus interdit de baptiser l'enfant, à condition de le faire en français (au lieu d'italien, comme c'était le cas dans cette paroisse avant 1793). En outre, on constate sur l'acte ci-dessous que l'enfant est baptisé le 19 juillet, soit quinze jours après sa naissance.

  
Le baptistère de l'église paroissiale et l'acte de baptême de Pepin.

   En face de l'église, le monument à Catarina Segurana (érigé en 1923, et en langue niçoise seulement) appelle quelques explications, et on parle donc du siège de 1543.

(photo T&T)

Le port et les domiciles de la famille Garibaldi

   Si les visiteurs espéraient voir la maison natale de Garibaldi, ils vont être déçus. Sur le plan ci-dessous, qui représente le port de Nice sous la forme qu'il a prise au XXe siècle, l'emplacement de la maison natale ("Casa Gustavin") est indiqué par le carré de gauche. L'autre carré, à peu près sur le quai de l'actuel parking Port-Lympia, désigne la maison des Garibaldi sous la Restauration ("Casa Abudharam").

     

   On aperçoit la maison Abudharam sur la photo ci-dessus. Au premier plan, Charles-Félix semble la montrer du doigt.
   Le monument date des années 1820. Charles-Félix de Savoie était alors roi de Sardaigne. Jusqu'au XVIIIe siècle, voire encore après, le principal port de Nice était la rade de Villefranche, mouillage naturel en eaux profondes. Tant que le littoral niçois était le seul accès à la mer pour les États de Savoie, Nice-Villefranche était donc le port de Turin. L'accoutrement de style Renaissance fait référence aux ancêtres de Charles-Félix, en particulier au duc de Savoie Charles-Emmanuel Ier, qui donna à Nice le statut de port franc (en 1612) afin de favoriser le commerce avec la capitale. À la libération (1814), le traité de Paris restaure les États de Savoie. Mais l'année suivante, le congrès de Vienne y annexe l'ancienne République de Gênes (carte ci-contre). Les Niçois s'affolent : que va devenir l'économie locale, face à la concurrence soudaine du plus grand port de toute la Méditerranée ? Pour les rassurer, Charles-Félix rétablit les franchises du port (supprimées pendant l'occupation) : d'où la statue ci-dessus, avec l'index tendu vers le port Lympia.
   Mais lorsque Charles-Albert abolit la monarchie absolue en 1848, il promet pour tous les sujets du royaume l'égalité devant la loi. À cet égard, le port franc ne peut plus durer longtemps. La révocation de ce privilège sera entérinée par Victor-Emmanuel II dans les années 1850, provoquant la colère des Niçois. Dans les émeutes, la statue perd son index, symbole d'une promesse non tenue.
   La plaque ci-dessus fut apposée sur la maison natale en décembre 1871. C'est une année mouvementée : dix ans à peine après l'annexion, Napoléon III a capitulé, la France a proclamé la "Troisième République", Garibaldi a offert ses services à la cause républicaine et remporté les rares victoires françaises dans la guerre contre les Prussiens, lesquels ont tout de même fini par prendre Paris et proclamer l'"Empire allemand" ; Garibaldi a été élu député dans plusieurs départements français, dont les Alpes-Maritimes, mais son élection a été invalidée par le préfet, ce qui a provoqué les fameuses "Vespri Nizzardi", insurrection réprimée par le pouvoir central et suivie de l'exil des intellectuels niçois... Curieusement, dans ce contexte tendu et répressif de la jeune Troisième république, le conseil municipal vote l'apposition d'une plaque sur la maison natale de Garibaldi, avec une inscription en italien seul (et non en français).
   Mais à cette époque, la France a déjà lancé un projet d'urbanisme en vue d'agrandir le port de Nice, et les deux bâtiments ont vocation à être démolis tôt ou tard. La maison natale disparaît bientôt (et donc la plaque ci-dessus, dont j'emprunte la photo à un ouvrage ancien), suivie par la maison Abudharam en 1897.

  

   Aujourd'hui, dans le port, il ne reste que deux souvenirs de la maison natale de Garibaldi : une plaque apposée à l'initiative de la Società Italiana di Beneficenza en juin 1932 (sous le régime fasciste), également en italien ; et une nouvelle plaque de 2011 (à l'occasion du 150e anniversaire de l'unité italienne), plus grande, au pied de l'escalier central (mais je ne sais pas si elle est toujours là, la zone étant actuellement inaccessible en raison du chantier du tram). 

Première Guerre d'indépendance italienne

   Condamné à mort au début du règne de Charles-Albert pour activités révolutionnaires, Giuseppe a mis les voiles en catimini, et le vent l'a porté jusqu'au Rio de la Plata, où la jeune République Orientale d'Uruguay était alors tiraillée entre ses deux grands voisins : l'Argentine et le Brésil. En passant par le Rio Grande do Sul, il a rencontré Anita, qu'il a épousée et qui, depuis lors, se bat à ses côtés. Lorsque Charles-Albert abolit la monarchie absolue en 1848 et amnistie les condamnés politiques, Pepin rentre à Nice, avec Anita et les enfants. Le couple Garibaldi se met alors au service du roi pour soutenir la révolution chez les voisins milanais.
   En chemin, on passe devant le lycée Sasserno. Poète romantique niçoise d'expression française, Agathe-Sophie Sassernò (1810-1860) se définissait comme italienne. À ce titre, sa carrière, qui couvre exactement la période du Risorgimento, est imprégnée de l'idéal national de son temps. Que ce soit par conviction ou pour s'attirer les bonnes grâces de la cour, elle publie en 1852 une sorte d'épopée albertine intitulée Glorie e Sventure, qui retrace avec pathos l'entreprise aussi téméraire que tragique menée par Charles-Albert en Lombardie dans les années 1848-1849 : la "Première Guerre d'indépendance italienne". Au nombre des "glorieux martyrs" de cette sventura figure bien sûr Anita Garibaldi, morte le 4 août 1849 près de Ravenne. Ci-dessous, je reproduis intégralement le poème qui lui est consacré.

  
"Son nom honorera l'Italie et les femmes !"

   En 1854, en préfaçant une édition parisienne de ses poèmes, Sainte-Beuve a loué "l’œuvre d'un poète qui, né en Italie et habitant l'Italie, a cependant préféré à sa langue maternelle notre propre idiome" (sic). Fille d'un ancien aide de camp de Masséna et d'une certaine Marie-Sibille Chartroux, je doute qu'Agathe-Sophie eût une grande expérience "maternelle" de l'italien ! Mais Sainte-Beuve ne pouvait simplement pas concevoir qu'on puisse être italien et parler français, ou, comme il le dit possessivement, "notre propre idiome". (C'était une parenthèse francophonique.)

Colline du Château

   Il est temps de prendre un peu de hauteur. Une visite de Nice passe forcément par la colline du Château, et notamment par le "donjon", alias "terrasse Nietzsche". Pourquoi Nietzsche ? L'écrivain effectua plusieurs séjours à Nice, en particulier les hivers entre 1883 et 1887, et il n'aura pas manqué d'apprécier la vue depuis ladite terrasse qui surplombe la cascade. Il était présent, d'ailleurs, le mercredi des Cendres où les habitants furent tirés du lit par un séisme impressionnant, qui fit des ravages autour de San Remo (on en voit encore des ruines et des villages abandonnés), mais plus de peur que de mal à Nice, ce qui amusa le philosophe.
   La "colline du Château" appelle quelques explications. En allemand, on entend souvent parler de "Schloßberg", les gens ne sachant pas à quoi pouvait bien ressembler ce "château" disparu. Le terme "Burgberg" me paraît plus approprié, vu que les édifices en question constituaient (historiquement et architecturalement) une véritable ville haute, qui trouvait son origine dans un oppidum ligure et qui fut bâtie au fil des siècles autour d'une cathédrale du Ve siècle. Une fois de plus, difficile de ne pas évoquer le siège de 1543, qui a conduit à une réorganisation des infrastructures civiles (développement de la ville basse) et militaires (fortification du mont Boron), puis ceux du tournant du XVIIIe siècle, qui ont abouti à la démolition de ce qui restait des fortifications, donc à l'abandon définitif de la ville haute.

  
Reproduction d'un plan de Nice au XVIe siècle, où l'on distingue les fortifications de la ville haute et de la ville basse. À droite, reconstitution du château dans son état de 1692 (par Florent Pey, 2017), juxtaposé avec la ville actuelle.

   L'église que l'on peut voir sur les images ci-dessus est la première cathédrale de Nice. Le christianisme a pu arriver dans la région dès l'époque des missions de Paul (à l'initiative de l'apôtre Barnabée) ; saint Nazaire et le jeune "Niçois" saint Celse furent expulsés de Cemenelum (aujourd'hui Cimiez) sous le règne de Néron, au milieu du Ier siècle ; c'est également à cette époque que saint Tropez fut martyrisé, et il fait l'objet d'un culte particulier dans toute la région.
   Depuis la terrasse Nietzsche, on peut voir la colline de Cemenelum/Cimiez, sur la voie romaine reliant l'Italie et la Gaule : les Ligures y côtoyaient les Romains depuis l'époque d'Auguste. Sur la colline du Château, au bord de la mer, leurs congénères vivaient plutôt à proximité de marchands grecs. D'où le développement de ces deux villes distinctes.
   Nice eut un premier évêque vers 250 en la personne de saint Basse, qui allait y être martyrisé. À la même époque, saint Pons était décapité à Cemenelum ; selon la légende, Charlemagne aurait chargé son neveu saint Syagre, alors évêque de Nice, de fonder une abbaye sur l'emplacement de son martyre. Cette abbaye de Saint-Pons est également visible depuis le Château (sous la forme baroque qu'on lui connaît aujourd'hui) ; c'est là que les citoyens de Nice ont signé en 1388 l'acte de dédition à la Maison de Savoie.
   Après les réformes de Constantin, on commence à bâtir officiellement des cathédrales. Celle de Sainte-Marie date vraisemblablement du Ve siècle : on peut en voir les fondations, qui donnent une idée de l'aspect que pouvait présenter la ville haute. Pendant ce temps, Cemenelum est dotée d'une autre cathédrale (le premier évêque étant un certain saint Valérien), dont on peut également voir les fondations dans l'enceinte du musée archéologique. Bref, dès le Ve siècle, sur le territoire actuel de la ville de Nice, il y avait deux petites cités, avec deux cathédrales distinctes.
   Le "château" fut bâti vers le XIe siècle à partir du village existant, puis agrandi par les Savoie, et finalement démoli méthodiquement par les Français au début du XVIIIe siècle. La colline ainsi abandonnée allait devenir ensuite un jardin public. À la mort de Garibaldi, de nombreux projets de monument furent imaginés. Voici à quoi ressemblerait la terrasse Nietzsche aujourd'hui si celui d'Alexis Mossa avait été réalisé (ci-contre).

   Mais si notre excursion passe par la colline du Château, c'est surtout pour visiter le cimetière. La tombe de Rosa, la mère de Giuseppe, date de 1852 (le père, Domenico, étant mort avant l'acquisition de cette concession). Le journal du 21 mars relate l'impressionnante cérémonie de la veille, très solennelle, où l'urne était portée par "quatre proscrits de la démocratie européenne, un Français, un Italien, un Polonais et un Russe". Un cortège aux flambeaux de plus de 800 personnes accompagna Rosa de la maison Abudharam jusqu'au cimetière. À cette époque, la pierre tombale est bien sûr gravée en italien.
   Après le décès de Giuseppe à Caprera, deux plaques commémoratives seront apposées sur la tombe de sa mère. La première, en 1883 (1er anniversaire de sa mort), est une initiative de la municipalité ; elle est sobre, et en français. L'autre, en 1885 (3e anniversaire), glorifie en italien "le plus grand héros du XIXe siècle de Montevideo à Dijon", tout en l'associant à Mazzini dans un texte un peu tiré par les cheveux : elle est conçue par l'antenne niçoise du Circolo Giuseppe Mazzini.

  

Deuxième Guerre d'indépendance italienne

   On se rappelle qu'Anita, morte pendant la guerre de 1848-1849, avait été enterrée à la hâte près d'une ferme en Romagne. Dix ans plus tard, en 1859, Giuseppe est de nouveau sur le front dans le cadre de la Deuxième Guerre d'indépendance italienne. En novembre, il fait exhumer les restes de son épouse pour lui donner une digne sépulture près de la tombe de sa mère, à Nice, au cimetière du Château.
   Pour le centenaire de la naissance de Pepin, un monument à Anita est projeté. Il sera réalisé en 1909 (ci-contre).
   Mais en 1932, le régime fasciste fera exhumer une nouvelle fois "l'héroïne de l'unité italienne", de nuit et dans la plus grande discrétion (afin d'éviter d’immanquables émeutes), pour transférer ses restes à Rome. La population scandalisée ne l'apprend qu'ultérieurement par la presse. Mussolini peut alors inaugurer en grande pompe le nouveau mausolée d'Anita, sa statue équestre sur le Janicule, le jour même du 50e anniversaire de la mort de Giuseppe.
   Aujourd'hui, cette plaque commémore donc la période de 1859 à 1932, où Anita reposa à Nice selon les vœux de Pepin.

Place Garibaldi

   Au sommet de la colline du Château, au pied de l'escalier conduisant à la terrasse Nietzsche, on a remarqué une pierre revêtue d'une inscription en latin. Il s'agit en fait d'une partie de l'attique de la "porte de Turin" (1782), qui fermait autrefois l'actuelle place Garibaldi, comme on peut le voir ci-dessous sur un tableau du XIXe siècle (elle fut démolie en 1848 dans le cadre du développement de la ville). L'inscription rappelle que le roi Victor-Amédée III a entrepris de vastes travaux dans les années 1780 pour moderniser la route royale Nice-Turin : c'est dans ce contexte qu'une place est aménagée au nord de la ville, à l'entrée de la route qui mène à la capitale, avec cette porte majestueuse.
 
  

   D'abord nommée "place Victor" en l'honneur du roi, cette esplanade emblématique porta ensuite des noms divers et variés : "de la République" et "Napoléon" pendant l'occupation française, puis "place d'Armes" et "Saint-Augustin" à la Restauration, de nouveau "Napoléon" après l'annexion de 1860... Jusqu'au jour de septembre 1870 où, Bonaparte capitulant devant les Prussiens, il fallut encore débaptiser la place. Aussitôt, le conseil municipal opta évidemment pour "Garibaldi", symbole à la fois niçois et républicain (mais amèrement contesté par les députés de la Troisième République française, qui allaient pousser "Joseph" à démissionner, au grand dam de Victor Hugo, qui démissionna aussi par solidarité).

  

   Décidée par le conseil municipal deux jours après la mort de Pepin, la statue fut finalement érigée en 1891. L'homme regarde devant lui en direction de Turin. L'ensemble est évidemment orné de symboles maritimes. Mais surtout, un détail attire l'attention des visiteurs : Garibaldi figure deux fois sur le même monument. Devant le piédestal, il est aussi représenté en nouveau-né, dans les bras de ses "deux mères" : avec le sein nu, on reconnaît la France, tenant un drapeau dont le pommeau est une fleur de lys ; l'autre est l'Italie, avec la louve capitoline sur le pommeau et les armes de Savoie à la ceinture.
 


  
Pause déjeuner.



   Après le déjeuner, on traverse la promenade du Paillon (2013) et sa copie en bronze du David de Michel-Ange (2015) pour regagner la vieille ville. On avait vu l'ancien lycée des jeunes filles dans la matinée : on passe à présent devant celui des garçons, aujourd'hui lycée Masséna (institution fondée sous Napoléon ; le bâtiment actuel date essentiellement du début du XXe siècle).
   Sur la place Saint-François, difficile encore de ne pas évoquer le siège de 1543 et la restructuration de la ville basse : d'où l'hôtel de ville du XVIe siècle, à proximité du couvent des franciscains.
   La rue Droite (Carriera Drecha) passe par le palais Lascaris, palazzo de la noblesse niçoise construit dans la première moitié du XVIIe siècle. Encore une fois, il faut faire référence au siège de 1543 pour expliquer le déplacement de la noblesse vers la ville basse. L'angle du bâtiment arbore d'ailleurs un des boulets tirés sur la ville par l'alliance franco-turque, avec plaques explicatives en niçois et en français.

(photo T&T)

   De même, la fondation de la cathédrale Sainte-Réparate s'explique par le développement de la ville basse au XVIe siècle. Elle se substitua ainsi à l'ancienne cathédrale Sainte-Marie du Château, dont on a vu les fondations. On remarque au passage cinq statues sur la façade. Ce sont des personnalités importantes dans l'histoire ancienne de Nice, et on a déjà entendu parler de plusieurs d'entre elles. Du côté de la Nice grecque, on a l'évêque saint Basse, martyrisé à Nice, et sainte Réparate, à qui la cathédrale est dédiée : selon la légende, cette jeune chrétienne aurait été décapitée en Palestine vers 250, puis jetée dans une barque lancée à la dérive sur la mer Méditerranée, après quoi sa dépouille aurait miraculeusement échoué à Nice. La ville romaine est commémorée par saint Pons et par l'évêque saint Valérien. Enfin, saint Syagre, légendaire neveu de Charlemagne et évêque de Nice, complète l'iconographie avec une référence médiévale au Saint-Empire. 
 
   Au numéro 23 de la rue de la Préfecture (Carriera dòu Gouvernou) se trouve une maison qui appartenait autrefois à Hilarion Spitalieri (1776-1845), comte de Cessole, président du Sénat de Nice. Une plaque (1891, en italien) y commémore le décès de Paganini qui, revenant d'une tournée en France pendant laquelle il était tombé malade (du choléra, dit-on), mourut chez son mécène niçois en 1840 : "Poi che da questa casa... lo spirito di Nicolo (sic) Paganini si ricongiunse alle fonti della eterna armonia (!) giace l'arco potente di magiche note..." – tout un poème. Comme l'artiste avait refusé l'extrême-onction et qu'il était réputé habité par le Diable, l'évêque s'opposa à ce qu'il soit inhumé à Nice. Pragmatique, le comte de Cessole fit rapidement embaumer le violoniste pour le conserver quelque temps dans sa cave ; puis il se débrouilla pour le transférer au lazaret de Villefranche et le faire expédier clandestinement à Gênes, mais c'est une autre histoire. En tout cas, à l'instar d'Anita, Paganini aura été malmené pendant bien des années avant de pouvoir reposer en paix.
   Non loin de là, au numéro 10, une autre plaque indique la maison natale de Calmette, dont on a également entendu parler plusieurs fois au cours de la matinée.

   Puis on passe devant le palais des ducs de Savoie. D'abord construit au XVIe siècle comme palais ducal, il fut agrandi après 1720, lorsque les ducs de Savoie devinrent rois de Sardaigne. Depuis 1860, l'édifice est le siège de la Préfecture des Alpes-Maritimes.
   Sur le côté de la place, la chapelle de la Miséricorde (Saint-Gaëtan, confrérie des pénitents noirs) est un exemple fascinant de baroque niçois, avec ses courbes sophistiquées et ses trompe-l’œil vertigineux.
   Le groupe se promène ensuite sur le cours Saleya, puis rejoint le bord de mer sur le quai des États-Unis (Riba doù Miejoù).

Derrière l'Opéra.

Villa Masséna - musée d'art et d'histoire de la ville de Nice

   Pour conclure la journée, la Garibaldi Gesellschaft Deutschland est reçue par la ville de Nice au musée Masséna, où sont conservés quelques objets en rapport avec Garibaldi.

     

            Discours de la Garibaldi Gesellschaft Deutschland :
    

            Accueil par le directeur du musée :
     
 
            Visite guidée sur le thème de Garibaldi :
     

     
La fameuse galerie de portraits, avec Garibaldi à côté des rois de Sardaigne (de Victor-Emmanuel Ier à Victor-Emmanuel II). Sur la boucle de ceinture : la croix de Savoie.

 



   Ainsi s'achève la visite du vendredi 20 septembre 2019 sur les traces de Garibaldi dans sa ville natale. Mais ces prochains jours, les membres du groupe vont profiter de leur séjour pour explorer d'autres aspects de Nice et de ses environs.
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Écrit par SebK, le Mardi 24 Septembre 2019, 18:23 dans la rubrique "Nice".


— d'Andrea Block & Christian Haas —
Sorti en version française sous le titre Manou à l’école des goélands, le film d'animation Manou the Swift (littéralement, "Manou le martinet") se déroule dans le cadre d'une baie des Anges imaginaire.

Si le sujet est une sorte de Vilain Petit Canard revisité sans grande finesse, ce film des studios LUXX (Stuttgart) est en revanche un chef-d’œuvre inégalé pour la beauté et l'originalité de ses décors. Il fallait sans doute un regard extérieur pour produire un tel résultat : les auteurs allemands Andrea Block et Christian Haas ont reconstruit la ville de Nice et son environnement en images de synthèse, en accordant la même importance, paradoxalement, à l'authenticité des détails qu'à la fantaisie poétique (ce qu'aucun Niçois n'aurait peut-être eu l'idée de faire).

La vue ci-contre est parlante. Le relief général est scrupuleusement respecté : la colline du Château sépare la Vieille Ville du port Lympia ; on reconnaît tous les sommets à l'horizon, et les couleurs ont des nuances extraordinairement réalistes. Pourtant, en regardant mieux, on remarque (entre autres) que les clochers sont un peu curieux et, surtout, que la route de Rauba Capèu et le monument aux morts ont disparu : à la place, les rochers ressemblent davantage à ceux du cap de Nice, et ils sont flanqués d'une étrange ruine qui s'avérera être celle de La Réserve.
 
  
Lieu de nidification des goélands, cette colline du Château fantaisiste sera le pôle central du récit. La végétation y est soigneusement imitée, avec agaves et figuiers de Barbarie, et les vagues s'y brisent comme à Rauba Capèu (ou comme au cap de Nice). Dès le clair de lune initial, les couleurs et les lumières sont envoûtantes.

  
     
La trame est directement puisée chez Andersen : égaré à la naissance, un petit martinet orphelin est élevé par des goélands comme leur propre enfant, ce qui va rapidement donner lieu à des situations délicates.
     

  
Au pied du rocher, il y a la ville et son marché. Vaguement inspiré de la tour Saint-François, le clocher qui domine ce décor est apparemment une église imaginaire.
  
  

  
Sur la colline du Château, l'allure générale du cimetière est conforme à la réalité, avec sa chapelle et, surtout, un ange qui présente une ressemblance frappante avec celui de la tombe de Grosso, mais dans une position un peu différente.

     
Comme dans Tom & Jerry, les humains n'apparaissent que très peu, déformés, sous la perspective des animaux, par exemple ici lors d'une excursion des martinets à travers la vieille ville.

     
Le traitement du Château de Nice est particulièrement intéressant. Il y a un "donjon" réinventé ; il y a une cascade, mais sauvage ; des vestiges en pierre beaucoup plus évocateurs que dans la réalité... Compte tenu de son état de conservation et de sa reconquête par la végétation, le site n'est pas sans évoquer d'autres ruines niçoises : celles de Châteauneuf-Villevieille.
  

  
De l'autre côté du rocher, on plonge sur le port. La topographie du bassin est globalement respectée, mais pas l'urbanisme, et l'ambiance recréée est plutôt celle d'un tranquille petit port de pêche. On remarque au passage les pavillons niçois et français.
Enfin, en l'absence de route, la jetée vient buter directement sur la roche.
  

  
C'est sur le flanc méridional du rocher qu'apparaît l'invention la plus originale : les auteurs recréent le restaurant La Réserve tel qu'il était au début du XXe siècle (avec toiture d'origine et voilier), mais en le déplaçant de l'autre côté du port et en le transformant en ruine livrée aux oiseaux de mer. Cela donne une bonne idée du travail conjoint de recherche historique et de réinvention artistique que les auteurs ont soigneusement accompli.
La nuit, ce prestigieux établissement Belle Époque reprend vie sous l'enthousiasme des oiseaux, dans une ambiance digne de Baz Luhrmann.
  
  

     
  

  
Sur une esplanade qui ressemble à s'y méprendre au quai des États-Unis, les martinets font une razzia en terrasse.
C'est l'occasion de glisser un clin d’œil aux Oiseaux d'Alfred Hitchcock (ou plutôt "Hidessocks" !) sur une colonne Morris.
  

Autre délire typiquement allemand (et absurde sur un littoral qui plonge tout de suite à plus de 30 m de fond) : l'incontournable jetée des mers du Nord. Or ce n'est pas l'historique Jetée-Promenade de 1882 qui faisait face au Ruhl (sur le modèle de celle de Brighton), c'est un modeste ponton (mais pas non plus celui du Lido) qui sert en l'occurrence de promontoire au plus célèbre hôtel Negresco.

  
L'opération nocturne des oiseaux pour récupérer les œufs enlevés par les rats donne lieu à une jolie scène dans une cave à vin. Encore un clin d’œil au grand "Hidessocks" lorsque la "caméra" effectue un zoom en tournant sur le regard d'égout dans lequel les filets de vin rouge, sous cette lumière bleutée, s'écoulent en tourbillon.

  
Enfin, "tout est bien qui finit bien" sous un prunus en fleur du côté du mont Boron, avec un dernier point de vue sur la colline du Château, et sur le charme intemporel de La Réserve...
  

Je passe sur le scénario un peu léger, le plus dur à avaler étant sûrement l'idée de base selon laquelle les goélands doivent absolument 1) quitter Nice en hiver et 2) entreprendre directement une grande traversée vers l'Afrique plutôt que de longer les côtes et d'emprunter le détroit de Gibraltar (puisque les oiseaux migrent toujours bêtement et indéfiniment "vers le sud", dans l'imaginaire allemand)... et je préfère retenir les images ci-dessus, qui invitent au voyage et au rêve, entre les mondes et les époques.

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Écrit par SebK, le Mardi 9 Juillet 2019, 23:39 dans la rubrique "Nice".


1830


1847

1938



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Écrit par SebK, le Vendredi 1 Mars 2019, 11:15 dans la rubrique "Nice".


— Nizzardo ~ Pays niçois —

Voilà une représentation intéressante du territoire qui constitue le pays niçois, replacé dans son environnement européen, topographique, historique et administratif [cliquer sur la carte pour l'agrandir].

Le fond de carte date des années 1850 (États-Sardes). Les frontières étaient alors :
  • à l'ouest avec la France (départements du Var et des Basses-Alpes depuis 1790, anciennement province de Provence) ;
  • au nord avec la province de Coni (division de Coni depuis 1847, anciennement principauté de Piémont) ;
  • à l'est avec les provinces d'Oneille et de San Remo (division de Nice depuis 1847, anciennement république puis duché de Gênes) ;
    et avec la principauté de Monaco (représentée ici avant sa réduction de superficie de plus de 90 % au profit de la France en 1861).
Aujourd'hui (après les cession territoriales de 1860 puis de 1947 au profit de la France) :
  • à l'ouest avec la Provence : arrondissement départemental de Grasse (département des Alpes-Maritimes depuis 1860) et département des Alpes-de-Haute-Provence (ex-Bases-Alpes) ;
  • au nord avec la province de Coni : région Piémont, Italie ;
  • à l'est avec la province d'Imperia depuis 1923 : région Ligurie (chef-lieu Gênes), Italie ;
    et avec la principauté de Monaco.

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Écrit par SebK, le Mardi 19 Février 2019, 10:58 dans la rubrique "Nice".


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Écrit par SebK, le Lundi 7 Janvier 2019, 12:18 dans la rubrique "Nice".


— OSS 117 à Nice —
Le film OSS 117 se déchaîne commence en Corse, à Bonifacio, où un agent américain a disparu. Envoyé à sa recherche, Hubert Bonisseur de la Bath (Kerwin Mathews) découvre un réseau de terroristes piloté depuis Nice par... un méchant Russe, évidemment (Daniel Emilfork).

     
Pour rattraper les bandits qui ont mis les voiles, OSS 117 n'hésite pas à se rendre à l'aéroclub d'Ajaccio (120 km de route de montagne ?) pour embarquer à bord d'un Morane-Saulnier MS-880B Rallye Club. Il ne tarde pas à repérer leur bateau, qui met le cap sur Nice.

  
Le port, la colline du Château et la ville.

     
Dans le port Lympia.

On apprend que le chef du réseau est "un certain Sacha Bounine, Russe blanc", qui "a beaucoup trafiqué avec le Nord-Vietnam, la Corée du Nord et la Chine". L'incarnation du Mal absolu, quoi !


À l'antenne locale des services secrets français.

  
Près du club nautique, sur le boulevard Franck Pilatte, Hubert drague la Suédoise qu'il harcèle depuis Bonifacio. Il obtient un rendez-vous le soir même.

  
Il suit discrètement ladite Suédoise, qui déambule maintenant dans les ruelles du Vieux-Nice et se glisse dans un bar-tabac de la rue Mascoïnat pour y passer un coup de fil codé. Un rendez-vous lui est donné à la cathédrale Sainte-Réparate.


Sur la place Rossetti, la façade de la cathédrale se déploie en panoramique vertical.

     
Remontant le bas-côté, elle passe devant les chapelles Sainte-Réparate (on aperçoit la décollation de la martyre) et Saint-Joseph (on reconnaît la statue), puis arrive au transept, où elle se recueille devant la chapelle votive de sainte Rosalie et de la Vierge (on distingue sainte Rosalie et saint Roch entourant la statue de la Vierge Immaculée).

  
La femme fatale s'assied pieusement à côté de Sacha et l'informe qu'OSS 117 est arrivé à Nice... pendant que ce dernier les observe derrière un pilier.

     
À la sortie de l'église, Sacha monte dans une voiture qui le conduit sur le quai des États-Unis en passant par les Ponchettes. Ils sont pris en filature par un agent secret français.

     
Direction : l'appartement où la Suédoise a donné rendez-vous à Hubert, afin d'y droguer l'apéro en douce...

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Écrit par SebK, le Lundi 10 Avril 2017, 14:09 dans la rubrique "Nice".


— une revue d'art mensuelle parue de 1921 à 1928 —


Visuel original d'H.V. Cossettini
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Écrit par SebK, le Jeudi 29 Septembre 2016, 09:43 dans la rubrique "Nice".


Au XIXe siècle, la tendance romantique, l’état encore primitif de la linguistique et le goût des étymologies fantaisistes avait répandu une théorie selon laquelle le nom de Nice provenait du grec tardif Νίκαια, Nicæa, dérivant de Νίκη, Nikè, "victoire".

Par extension, la légende a gravé dans les esprits l'image de démiurges grecs venus de Marseille qui auraient créé Nice et les Niçois à partir du néant.

Depuis, les sciences ont progressé.

Les archéologues ont montré que les collines du Château et de Cimiez étaient habitées bien avant l’apparition des Grecs et des Romains sur ce rivage. Les Védiantiens avaient construit des villages fortifiés (oppida), sur ce qu’on appelle aujourd’hui les collines du Château et de Cimiez. Ces gens auraient-ils attendu l'arrivée des Grecs pour donner des noms à leurs contrées ?

Les protohistoriens ont constaté qu’aucun document antique qui nous soit parvenu ne permettrait de supposer que la cohabitation avec les nouveaux arrivants fût particulièrement belliqueuse. Pourtant, les chroniqueurs grecs et latins ne manquaient pas de rapporter le moindre conflit auquel leurs armées étaient confrontées, et ils nous ont laissé une littérature abondante à ce sujet. Dans ces conditions, comment les marchands phocéens auraient-ils eu l’idée d’appeler leur nouveau port "Victoire" ?

Par ailleurs, il existe une ville qui s’appelle "Nizza" en Montferrat, dans le bassin du Pô, une région où l’explication d’une origine grecque ne tiendrait pas debout, sans parler d’une "victoire".

En revanche, la Nice des Alpes maritimes et celle du Montferrat ont en commun d’avoir été habitées par des peuples ligures – respectivement, des Védiantiens et des Statielliens, selon les auteurs grecs et latins de l'Antiquité – depuis une époque antérieure à la grande invasion indo-européenne [1].

À ce jour, à propos du nom de Nice, l’hypothèse la plus pertinente serait donc celle d’une étymologie ligure (donc non indo-européenne). Les Grecs de Marseille n’étaient pas des guerriers, c’étaient des commerçants : ils auront simplement établi leur comptoir en bord de mer, du côté de l’actuel port Lympia, au pied de l'oppidum des Védiantiens, et ils auront naturellement retranscrit le nom du lieu dans leur alphabet (à cette époque, le kappa avait déjà tendance à s'affriquer devant η ou αι).

La théorie n’est pas nouvelle, d’ailleurs. Elle était déjà développée il y a plus de cent ans dans la revue scientifique Nice historique en 1908 (pp. 81-84 et numéros suivants), et à nouveau en 1925 (pp. 1-17 et numéros suivants).

D’où l’orthographe Nissa préconisée pour écrire le nom de la ville en niçois, aussi bien dans les graphies mistralienne et classique. Il ne s’agit pas de particularisme ou de convention graphique, mais du simple constat que le ç de *Niça résultait d’une hypothèse étymologique dont on sait aujourd’hui qu’elle était scientifiquement erronée.

Il est triste de constater qu'Eugène Ghis écrivait en 1925 : "Il existe un cliché qui a cours forcé et dont la fortune se prolonge extraordinairement. C'est le cliché qui rattache ce nom au préjugé historique d'une victoire remportée par les Grecs, sur nos bords, dès l'aube des temps connus." Et il citait Victor Emanuel, qui écrivait avant lui, dès 1908 : "Aujourd'hui encore, les géographies les plus sérieuses, les encyclopédies les plus graves, les histoires les plus cotées, enregistrent, sans hésitation, cette hasardeuse étymologie."

Cent ans plus tard, il faut se rendre à l'évidence : si une "victoire" est certaine, c'est malheureusement celle de l'ignorance transmise par nos encyclopédies et livres d'histoire. 


[1] Les Védiantiens, d'ailleurs, n'ont pas été très affectés par cette vague celte, étant donné qu'ils ont continué à vivre en tribus autonomes jusqu'à l'époque de l'empereur Néron. Autrement dit : il n'y a jamais eu de Gaulois à Nice.


[Photo : détail des vitraux de l'église de Brou, mausolée du duc Philibert II de Savoie, SC, décembre 2014]

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Écrit par SebK, le Jeudi 21 Juillet 2016, 15:32 dans la rubrique "Nice".


— une nouvelle page de l’historiographie coloniale —

Après les complots juifs, maçonniques, musulmans, etc., voici la nouvelle trouvaille de la presse française : « Le vrai pouvoir des Italiens à Nice ». Tremblez !

Ça a un drôle de relent de la IIIe république… Chez moi, ça rappelle ces lignes du Figaro de 1937 qui mentionnaient « Cagnoli, sujet français »… sous-entendu : malgré son nom d'Italien, d'étranger, de parasite, etc. Ça rappelle aussi les harcèlements quotidiens subis au début du XXe siècle, où la belle-mère de mon arrière grand-père avait dû faire des démarches juridiques pour « franciser » son nom parce qu’il avait une consonance « étrangère » : eh oui, ses parents étaient d’origines piémontaise et génoise, donc Sardes à Nice sarde, mais soudain considérés comme des étrangers à Nice française, et on ne manquait pas de le lui rappeler.

Passé le choc de la une, qui se veut purement racoleuse, allons voir dans les pages intérieures (dossier de 20 pages réalisé par Alain Piffaretti) qui sont donc ces puissants « Italiens ».

Après une présentation globalement positive du bol d'air que les voisins italiens apportent aujourd'hui à l'économie niçoise (malgré cette pénible épithète parisienne de transalpins, alors que si les Alpes se trouvent bien entre Paris et le Pô, elles séparent aussi bien le Pô de toute la Ligurie occidentale), les quelques pages dressent une liste de personnalités actives dans les domaines économique, culturel ou politique.


Ça veut dire quoi, "transalpin", à Nice ?

Au début, avec le passage en revue des Italiens de naissance, tout se passe bien... jusqu'à ce qu'on aborde le domaine politique. Là, ça se complique. Trois figures du pouvoir font leur apparition, trois figures de « l'immigration italienne à Nice », et il va falloir leur trouver une place dans ce dossier (parce que dans le fond, le but de l'article est sans doute de leur faire de la pub) : Christian Estrosi, Eric Ciotti et Jean-Luc Gagliolo. Le journaliste commence donc à chercher les « racines ».

Les « étrangers qui contribuent à la diversité de la nation française », les modèles d’intégration réussie, c’est un sujet à la mode. Du côté des « Italiens », d'habitude, il est de bon goût de mentionner Buonaparte né en Corse française de parents nés en Corse génoise... À Nice, il y a Massena né à Nice sarde d'un père niçois donc sarde et d'une mère française... Garibaldi né à Nice française peu avant la restauration sarde, de parents nés dans des ports génois et sarde de Ligurie... L’Express donne l’exemple de Gagliolo dont le grand-père était né à Nice française de parents piémontais et génois donc italiens, et on nous déroule l'arbre généalogique d'Éric Ciotti pour nous parler de l'immigration de ses arrière-grand-parents... Et tous ceux qui ont des noms en i et dont les arrière-grands-parents étaient nés à Nice française de parents nés à Nice sarde ? Veut-on vraiment donner un coup de pied dans cette inextricable fourmilière ? L’exemple de l’Algérie française n’a pas suffi ?

Mais au fait, c’est quoi, un « Italien », à Nice ? Sachant que les parents italiens dudit grand-père Gagliolo étaient d’origines piémontaise et génoise, donc issus du même pays que les Niçois ? Et là, la vision équilibrée que j’avais de la société niçoise commence à se fissurer. Aujourd’hui, en 2016, un descendant de Piémontais ou de Génois arrivés à Nice en 1859 ne serait donc pas niçois et français au même titre qu’un descendant de Piémontais ou de Génois arrivés à Nice en 1861 ? Les bras m'en tombent, mais c'est bel et bien ce que je lis entre les lignes de ce dossier.

La région niçoise paraissait relativement tranquille, et les Niçois relativement unis, mais en me plongeant dans ce dossier de L’Express, je découvre qu’il y a au moins trois ou quatre catégories de Niçois : les « Italiens », les indigènes, probablement les autres « immigrés », et bien sûr les Français (et je vous laisse le loisir de vous interroger sur les « rapatriés » et « immigrés » d'Algérie). Ça devient compliqué. Va-t-il falloir porter des triangles de couleur pour distinguer tout cela ?!

Bref, est-il raisonnable de soulever ce genre de question ethnique dans une région où la frontière a toujours été déplacée toutes les deux ou trois générations ? Dans un pays niçois embarqué dans deux guerres d’indépendance italienne en 1848 et 1859, occupé par l’Italie fasciste en 1942, où des villages entiers ont été évacués en Italie sous l’occupation nazie, où des familles ont été divisées par la frontière de 1947 ? Quel est l'objectif ?

En tout cas, le dossier de L'Express confirme un constat dont je fais régulièrement l'expérience. En ce XXIe siècle (et avec la xénophobie ambiante qui ne cesse de se développer avec les difficultés économiques), il suffit que je passe le Var pour entendre : « Cagnoli... C'est pas français, ça. Tu es issu de l'immigration, hein ? » C'est dit sans méchanceté (au contraire, avec une certaine curiosité), mais c'est révélateur du besoin de ranger les gens dans des cases, et de la nature ethnique que ces cases doivent absolument prendre aujourd'hui en France. C'est fréquent à Paris, et ça m'est encore arrivé la semaine dernière en Provence. Eh oui, depuis que le « Musée des colonies françaises » est devenu « Musée national de l’histoire de l’immigration », les « indigènes » sont devenus... des « immigrés » ! C’est le début d’une nouvelle page de l’historiographie coloniale.


  
L'Italie au XIXe siècle (c'était ainsi qu'on appelait alors l'ensemble des États de la péninsule,
depuis l'Antiquité romaine et jusqu'à la création du "royaume d'Italie" en 1861).
À droite : les républiques française et italienne depuis 1947.
(Cliquer pour agrandir.)

Mise à jour :
Quand Hervé Barelli, en dernière page du dossier, nous invite à nous rappeler "que, à l’époque où la cité faisait partie du royaume de Piémont-Sardaigne, l’Italie n’existait pas", je suppose que ses propos ont été coupés pour les besoins de la mise en page (d'ailleurs, ses explications auraient été plus utiles en tête de dossier qu'au dos de la dernière page où on s'attend à une pub). Outre le fait qu’il n’a jamais existé de "royaume de Piémont-Sardaigne", l’Italie, à cette époque, n’existait pas en tant qu’État-nation. Si le Royaume d’Italie n'a été proclamé qu'en 1861, la nation italienne a été inventée vers le temps des révolutions de 1848 (le roi de Sardaigne avait d'ailleurs fait appel au Niçois Garibaldi dans le cadre de la "première guerre d'indépendance"), et "l’Italie", quant à elle, avait toujours existé, depuis l’Antiquité, en tant qu’entité géographique (dont les États-Sardes faisaient partie, comme en témoignent toutes les cartes, tous les ouvrages historiques et tous les guides de voyages antérieurs à 1860, que Barelli connaît bien). Les habitants de cette entité géographique, par définition, étaient qualifiés d'"Italiens". Il ne s'agit pas là d'irrédentisme mais d'honnêteté historique.

Par analogie, rappelons que les Cherokees ont toujours été des "Américains", et que "l'Amérique" n'a pas attendu George Washington pour exister.

Quant au pays niçois, éternel territoire frontalier, son histoire et sa culture – comme le rappelle justement Barelli – sont partagées entre France et Italie, entre "Français" et "Italiens", entre Provence, Piémont et pays génois, et il serait bien vain de vouloir à tout prix les ranger ici ou là.


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Écrit par SebK, le Lundi 16 Mai 2016, 19:47 dans la rubrique "Nice".


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