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— un sculpteur saxon oublié —

Gotha

File:Ernst I of Saxe-Coburg-Gotha.jpgGustav Broßmann est né le 12 avril 1830 à Gotha. Depuis la fusion des duchés de Saxe-Cobourg et de Saxe-Gotha en 1826, le "Duché de Saxe-Cobourg et Gotha" [drapeau ci-contre] est un État membre de la Confédération germanique (dont la capitale est Francfort-sur-le-Main).

Par sa mère, Gustav est le petit-fils de Johann Christoph Kühner, peintre, conseiller et professeur à la cour d'Ernest Ier [duc de Saxe-Cobourg et Gotha, portrait ci-contre]. L'homme de lettres Raphael Kühner et le peintre Friedrich Kühner sont ses oncles. Quant à son père, Carl Broßmann, il est fonctionnaire à la cour ducale.

C'est le grand-père Johann Christoph qui encourage Gustav à s'engager dans la voie des beaux-arts : dès 1846, il place son petit-fils en apprentissage dans un atelier de sculpture, tout en lui enseignant les bases du dessin.


Dresde

En octobre 1851, âgé de 21 ans, Broßmann est admis à l'Académie Royale des Beaux-Arts de Dresde. C'est un collègue de son grand-père, le sculpteur Christian Rauch (1777-1857), qui l'a orienté vers les cours d'Ernst Rietschel (1804-1861).

File:Friedrich August II of Saxony.jpgDresde est la capitale du Royaume de Saxe, également membre de la Confédération germanique [blason et drapeaux ci-contre]. Depuis le règne d'Auguste le Fort au début du XVIIIe s., la ville est un centre incontournable des beaux-arts en Europe. Le roi Frédéric-Auguste II [portrait ci-contre] a un peu assoupli le régime, et il est remonté sur le trône après une brève insurrection en 1849. Son frère Jean Ier [portrait ci-contre] va lui succéder en 1854.

En 1853, Gustav est apprenti dans l'atelier d'Ernst Julius Hähnels (1811-1891). En 1854, il réalise le modèle d'une Sainte Élisabeth. Le culte d'Élisabeth de Hongrie (XIIIe siècle, canonisée dès 1235) était assez répandu en Europe centrale, notamment en Thuringe. À Dresde, par exemple, elle est représentée sur la fontaine du choléra (conçue par Gottfried Semper dans les années 1840). La statue de Broßmann sera exécutée en 1859 pour le prince Othon de Bavière, devenu roi de Grèce en 1835 sous le nom d'Othon Ier.

À l'Académie, l'élève Broßmann reçoit un prix pour un médaillon en or représentant Samson et Dalila (Simson und Delila, 1857).



À cette époque (1859), il aurait sculpté aussi un Christ grandeur nature pour le cimetière de la Trinité (Trinitatisfriedhof). Peut-être s'agit-il de l'un de ces deux-ci :

  

  
Le cimetière de la Trinité, dans les années 1820 par Caspar David Friedrich (le peintre y repose depuis 1840) et aujourd'hui.
Dans le même style, le cimetière de la Trinité contient quelques autres figures de saints ou d'anges :
  



En 1860-1861, Broßmann bénéficie d'un séjour de fin d'études en Italie (avec le soutien du second fils d'Ernest Ier, Albert de Saxe-Cobourg-Gotha, qui est alors prince consort du Royaume-Uni depuis qu'il a épousé la reine Victoria), notamment à Rome, étape obligée de tout adepte des beaux-arts.

À son retour à Dresde, en 1862, Broßmann fonde son atelier au n° 8 de la Freiberger Platz.


Sur ce plan anachronique de 1911, le n° 8 est indiqué en bleu.
Tous les immeubles bordant la place ont été démolis suite aux bombardements de 1945. Seule l'église Ste-Anne a été rétablie (en 1950).

  
Le moulin (n° 4) et un bout du n° 6, avec les voies de tram traversant la place vers le nord-ouest. La maison d'angle verdâtre est à gauche du n° 10.

     
Les façades nord, la moitié nord-ouest et les façades sud-ouest.

  
De l'autre côté, en direction de l'église Ste-Anne. Le n° 8 est situé sur la rangée de gauche, au fond.


La première grande œuvre de commande honorée par Broßmann est apparemment une allégorie de la Bohême (Bohemia) destinée à trôner sur la Gare de Bohême (Böhmischer Bahnhof), terminus de la voie ferrée en provenance de Prague.
Le projet de la ligne Dresde-Prague remonte à un accord signé entre la Saxe et l'Autriche en 1842. Un premier bâtiment, provisoire, fut inauguré en août 1848 ; à partir d'avril 1852, les trains atteignirent Bodenbach (aujourd'hui Děčín), d'où il était possible de continuer en direction de Prague et Vienne. Une halle plus importante fut alors ouverte pour accueillir un nombre croissant de voyageurs. C'est de cette époque que datent notamment la "Prager Straße" (reliant la vieille ville à la gare de Bohême), et la "Wiener Straße".
En 1852, la construction du pont Marienbrücke allait permettre d'envisager une liaison avec les gares de Leipzig et de Silésie (Leipziger Bahnhof et Schlesischer Bahnhof, auj. Dresden-Neustadt), sur la rive droite. Succédant à son frère Frédéric-Auguste II en 1854, le roi Jean Ier encourage le développement du chemin de fer et du commerce. Il décide de faire reconstruire encore une fois la gare des "chemins de fer de Saxe et Bohême". La nouvelle Gare de Bohême voit le jour en 1861-1864 (architectes : Karl Moritz Haenel et Carl Adolph Canzler). C'est ce nouveau bâtiment qui est orné d'une Bohemia de Broßmann. En 1892, la gare de Bohême sera démolie une dernière fois, pour céder la place à l'actuelle Gare Centrale (Hauptbahnhof).
  

La nouvelle gare de Bohême construite dans les années 1860 (source : Wikipedia).

  
Détail des statues sur l'entrée principale. S'agit-il des mêmes statues qu'on retrouve à droite sur le bâtiment Est de la nouvelle gare principale (avec la 2e Guerre mondiale) ? En tout cas, après les bombardements de 1945, il n'en reste rien.



En 1865, Broßmann signe un ange éploré sur une tombe du Trinitatisfriedhof, en collaboration avec son collègue Gustav Adolph Kietz :

  

  


En 1865, il réalise aussi un relief représentant Un centaure et une nymphe ou un Combat de centaures (Kentaur und Nymphe ~ Kentaurenkampf), à partir d'une esquisse élaborée à Rome.





La gravure ci-dessus, publiée en 1867, illustre le développement urbain de la ville de Dresde. On reconnaît notamment, au centre, la gare de Bohême. Au-dessous, la fontaine est un nouvel aménagement de la Räcknitzplatz (future Moltkeplatz). En 1866, Broßmann crée un groupe en bronze représentant une nymphe et un triton pour compléter cette installation, qui devient donc une Nymphenbrunnen.

  

Suite au bombardement de 1945, il ne reste que la vasque, réutilisée plus tard dans la ville saxonne de Neustadt :

  



En 1867, la Saxe est intégrée à la "Confédération de l'Allemagne du Nord" (Norddeutscher Bund), créée à l'initiative du comte Otto von Bismarck, ministre-président et ministre des affaires étrangères du Royaume de Prusse. Berlin est la capitale ; Bismarck est le chancelier fédéral.


Dans la carrière de Broßmann, on trouve ensuite la mention d'un portrait en relief de Johann Joachim Winckelmann dans l'escalier de la Bibliothèque Royale (Palais Japonais). L’œuvre aura probablement été réalisée en 1868, à l'occasion du centenaire de la mort du grand théoricien. Originaire de Saxe-Anhalt, c'est à Dresde que Winckelmann (1717-1768) se consacra à son étude des beaux-arts à partir de 1748, grâce aux collections royales et au mécénat d'Auguste III, avant de partir pour l'Italie. Au fur et à mesure que grandissaient les collections des princes-électeurs de Saxe, la Bibliothèque a dû quitter le Château de la Résidence (Residenzschloss) en 1728, pour être transférée d'abord au Zwinger, puis dans le Palais Japonais, sur la rive droite, en 1786. Détruit en 1945, le bâtiment a été reconstruit en 1953.


Deux reliefs en marbre sont attestés en 1868 et 1869 : Psyche, den Amor bekränzend et Der verwundete Amor, der Venus sein Leid klagend (d'après Anacréon).


Der verwundete Amor, der Venus sein Leid klagend, relief en marbre blanc (55,2 x 68,4 x 10,5 cm).



La guerre de 1870 aboutit à la victoire de l'Allemagne contre la France de Napoléon III. Le roi de Prusse Guillaume Ier est proclamé Empereur à Versailles le 18 janvier 1871, la Confédération de l'Allemagne du Nord devenant Empire allemand (Deutsches Kaiserreich) – ou Deuxième Empire germanique (Zweites Deutsches Reich), par référence au Saint-Empire dissous en 1806. Bismarck devient alors chancelier impérial (et prince).

À cette occasion, dans le cadre d'un concours lancé par la Fondation Hermann (Hermannstiftung) de Dresde, Broßmann réalise un bouclier "Germania" (Germaniaschild), sur lequel figure une représentation symbolique de l'unité de l'Allemagne. Ce travail lui vaut le premier prix. Il est (ou fut ?) conservé à la Dresdner Skulpturensammlung.


En 1873, le roi Albert [portrait ci-contre] succède à son père sur le trône de Saxe.


Quelques œuvres de Broßmann dans les années 1870 :

1874 : Une Mise au tombeau (Grablegung Christi), relief en marbre de Carrare, d'après une esquisse de F. Schwenks, pour la nouvelle église de Hartha (près de Wadheim). Suite à une visite du roi Jean en 1861, l'église du village venait d'être reconstruite en 1868 et consacrée en 1870.


1875 : Das Volkslied (en possession de la reine d'Angleterre).


1877 : une Jeune fille au lézard (Mädchen mit Eidechse), en bronze.



En septembre 1869, le Théâtre Royal a été totalement détruit par un incendie. C'était un vaste édifice conçu sous le règne de Frédéric-Auguste II par Gottfried Semper et inauguré en avril 1841 (en remplacement du bâtiment construit à peu près au même endroit en 1763 sur les plans de l'architecte Pietro Mortetti, lui-même faisant suite au Théâtre de Cour créé par Auguste le Fort au sein du Zwinger en 1719). On y avait joué les déjà classiques Weber et Goethe, mais aussi, dans les années 1840, les premiers opéras du jeune Richard Wagner (qui en était le maître de chapelle jusqu'à la révolution de 1849) : Rienzi, Le vaisseau fantôme et Tannhäuser.
Semper se penche alors sur de nouveaux plan, et son fils Manfred supervise la reconstruction de l'Opéra entre 1871 et 1878. Cette fois, il s'agit de l'actuel Semperoper [ci-contre, photo de la fin du XIXe siècle].
Sur les côtés, les corniches sont ornées de statues de grès représentant des personnages célèbres. En 1877, Broßmann participe avec un ensemble shakespearien : Macbeth et la Sorcière (Macbeth und die Hexe).
Suite au bombardement de 1945, il ne restait plus que quelques murs. Après de longues décennies d'études de faisabilité, la reconstruction a été entreprise en 1977. Finalement, le Semperoper a pu rouvrir ses portes le 13 février 1985, jour du 40e anniversaire du bombardement.


(source : Wikipedia)



Broßmann fait partie des sculpteurs (parmi lesquels Gustav Adolph Kietz) qui produisent des statues pour l'église St-Jean (Johanneskirche) de Dresde, construite entre 1874 et 1878 selon les plans de Gotthilf Ludwig Möckel (au croisement des Güntzstraße et Pillnitzer Straße, dans le quartier Pirnaische Vorstadt, à l'emplacement de l'actuel gymnase St-Benno). Apparemment, il n'en reste rien.

  
La Johanneskirche avant et après le bombardement de 1945. Finalement, le clocher a été démoli en 1954.



De la même époque, voici une statuette en bronze de 38 cm, datée de 1878, représentant un amour ailé avec arc, flèches et carquois.
 
     
L’œuvre est issue de la fonderie de Christian Albert Bierling. Créée en 1848, la maison Bierling s'était d'abord spécialisée dans les pièces d'artillerie pour l'armée royale saxonne. Suite à une réforme de l'armée en 1866, l'entreprise s'est reconvertie dans la fonte d’œuvres d'art et de cloches. Parmi les monuments encore visibles à Dresde, on peut citer la fontaine du Voleur d'Oies dans la vieille ville (Gänsediebbrunnen, 1880), la statue équestre du roi Jean devant le Semperoper (1889), et les deux grandes fontaines de l'Albertplatz (1894).


File:ErnstIIofSCG.jpgPendant ce temps, à Cobourg et Gotha, le duc Ernest II a succédé à son père en 1844. Les Wettin de Saxe et Gotha, eux aussi, voient leurs collections augmenter (bibliothèque, collection numismatique, histoire naturelle, beaux-arts...), au point qu'elles ne rentrent plus dans le château de Friedenstein. Ernest II décide donc de faire construire un Musée séparé en 1863, destiné à être ouvert au public. Les travaux commencent en juin 1864, sous la direction de l'architecte d'origine viennoise Franz von Neumann (1815-1888), au sud du Château de Friedenstein. En raison d'une dérive financière, la construction doit être interrompue, et le bâtiment n'est achevé qu'en avril 1879. L'établissement présente les collections des ducs de Saxe-Gotha : antiquités égyptiennes et gréco-romaines, peinture de la Renaissance, art asiatique, sculpture, etc. Sur la façade principale (du côté du Château), de part et d'autre de l'entrée, deux grandes statues allégoriques en grès sont commandées à Broßmann, natif de Gotha : l'Architecture et l'Histoire.

     
(images : Herzogliches Museum Gotha et Wikipedia)



En 1881, à l'Exposition de l'Académie royale des Arts à Berlin, Broßman présente une Petite violoniste (Die kleine Violinspielerin), groupe en bronze. Il est alors domicilié au 10b de la Schweizerstraße (Dresde).

1885 : statues du Christ et de saint Jean-Baptiste, en grès, pour l'église de Schwarzbach près de Rochlitz.



Entre les années 1887 et 1894, l'Académie des Beaux-Arts (Kunstakademie)
se fait construire un nouveau bâtiment, conçu par l'architecte Constantin Lipsius, sur la Brühlsche Terrasse, au bord de l'Elbe. La façade est ornée d'une multitude de reliefs de grès, en partie dorés, sur des thèmes de la culture européenne, de la mythologie grecque aux grands artistes du XIXe siècle. On y trouve notamment le motif ci-dessous, représentant le Zèle et le Doute (Eifer & Zweifel), œuvre de Broßmann :



Sur le même bâtiment, le Thieme-Becker attribue aussi à Broßmann les médaillons des trois tragiques grecs : Eschyle, Sophocle et Euripide. Mais selon Wikipedia, ces reliefs seraient de Robert Ockelmann (1849-1915).

     

En 1888, Gustav Broßmann est élevé au rang de professeur à la Kunstakademie.



En 1891, à l'Exposition internationale de l'Union des artistes berlinois (Internationale Kunst-Ausstellung veranstaltet vom Verein Berliner Künstler), Broßmann présente encore deux œuvres :
  • la statue "Oda", ein deutsches Märchen
  • un ensemble de 2 médaillons : Venus ertheilt dem Amor bei Ueberreichung von Pfeil und Bogen die nothigen guten Lehren et Amor die letzteren schnell vergessend, tödtet ein Vögelchen, und klagt nun reuig der Mutter sein Leid
    [voir aussi : Illustrirter Katalog der Akademische Kunst- Ausstellung zu Dresden 1894 p.57, n°677-678].


Broßmann meurt le 8 août 1897, âgé de 67 ans, à l'hôpital municipal (Städtisches Siechenhaus). Il s'agit vraisemblablement de l'hôpital connu depuis 1930 comme Stadtkrankenhaus Löbtauer Straße, situé depuis 1888 aux numéros 31-33 de la rue en question (et gravement endommagé en 1945) :

  


Broßmann est inhumé à l'Äußere Friedrichstädter Friedhof (appelé ensuite Äußere Matthäusfriedhof, créé en 1851, fermé en 1983).



Sur la carte de Dresde reproduite ci-dessus (1911), les lieux mentionnés sur cette page en rapport avec Gustav Broßmann sont indiqués en bleu : dans l'ordre chronologique,
le cimetière de la Trinité (Trinitatisfriedhof), l'atelier de la Freiberger Platz, les gares (de Leipzig et de Silésie sur la rive droite, de Bohême sur la rive gauche), la Moltkeplatz, le Palais Japonais, le Semperoper, l'église St-Jean (Johanneskirche), l'Académie des Beaux-Arts (Kunstakademie), le complexe hospitalier et le cimetière.

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Écrit par SebK, le Mercredi 29 Avril 2015, 18:10 dans la rubrique "Saxe".


— un épisode méconnu du Risorgimento —
En 1866, tandis qu'il est en train de rassembler des volontaires pour partir à la conquête de la Vénétie en arborant les fameuses "chemises rouges", Garibaldi rencontre à Côme un certain Eduard Wolf, qui dirige une entreprise de draperie et de teinturerie dans la campagne saxonne. Suite à cette rencontre, la petite ville de Kirchberg, en Saxe, va se mettre à fabriquer des milliers de chemises rouges à la demande du général niçois. Voilà, en gros, l'anecdote présentée sur cette page.

Garibaldi et les guerres du Risorgimento

Tout d'abord, essayons d'y voir plus clair dans le contexte européen de l'époque. La carte ci-dessous [cliquer pour l'agrandir] représente le découpage de l'Europe en 1859, juste avant les conquêtes piémontaises sur la Lombardie et la péninsule italienne. Les royaumes de Sardaigne et de Saxe sont mis en évidence en vert ; leur capitales (Turin et Dresde) en rouge ; Nice et Kirchberg en bleu (ainsi que Côme, en Lombardie).


Dès les années 1850, le Niçois Giuseppe Garibaldi (1807-1882) est déjà connu en Europe et en Amérique comme « le héros des temps modernes », « l’homme le plus célèbre de notre siècle depuis Napoléon Ier », etc. À partir de 1858, le comte de Cavour, président du Conseil du Royaume de Sardaigne, fait appel à lui pour soutenir une action militaire en Lombardie : c’est ce qu’on appelle la « Deuxième guerre d’indépendance italienne », qui aboutit à l’annexion de la Lombardie au Royaume de Sardaigne. Ce que Garibaldi ne sait pas, et qu’il découvre avec stupeur en 1860, c’est que le soutien militaire français dont a bénéficié le royaume dans cette opération avait été conclu en échange d’une cession territoriale : conformément à un accord secret négocié en juillet 1858 à Plombières et signé en janvier 1859 à Turin, le roi de Sardaigne Victor-Emmanuel II de Savoie cède à l’empereur des Français Napoléon III le Comté de Nice, pays natal de Garibaldi, et la Savoie, berceau historique de la dynastie. Paradoxalement, pour réaliser son rêve d’« unité italienne », la Maison de Savoie renonce ainsi à ses deux territoires originels.

Toutefois, le général continue de servir son roi. En 1860, Garibaldi et ses « chemises rouges » accomplissent l’« Expédition des Mille », qui consiste à annexer le Royaume des Deux-Siciles (bordé de jaune sur la carte ci-dessus). À Turin, suite à cette victoire, Victor-Emmanuel II proclame le Royaume d’Italie en mars 1861.

En 1866 [photo ci-contre], Garibaldi se prépare à diriger une campagne qu’on appellera la « Troisième guerre d’indépendance italienne », opposant l’alliance italo-prussienne à l’Empire d’Autriche, qui va conduire à l’annexion de la Vénétie. C’est alors qu’il rencontre à Côme un certain Eduard Wolf (1831-1869). Wolf dirige avec ses frères une grande entreprise familiale de draperie et de teinturerie dans la ville saxonne de Kirchberg. Garibaldi a un besoin urgent de vêtements pour ses soldats : il passe donc commande de 15.000 chemises rouges.

Kirchberg et l'essor de l'industrie textile

Depuis le XVe siècle, la ville de Kirchberg se consacre à la draperie artisanale. La carte physique ci-dessous donne une idée de sa localisation, sur un massif de granit entre Zwickau et les monts Métallifères.


La ville de Kirchberg est située sur le cours du Rödelbach, affluent de la Zwickauer Mulde. Zwickauer Mulde et Freiberger Mulde (où se déverse notamment la Zschopau) se réunissent à Sermuth (Colditz), puis se jettent dans l’Elbe en Saxe-Anhalt.


Kirchberg se targue de partager avec Rome le titre de « ville aux sept collines ». Située à 349 m d’altitude, la ville est entourée des collines Borberg (435 m), Geiersberg (426 m), Kreuzhübel (428 m), Krähenberg (441 m), Quirlsberg (398 m), Kratzberg (478 m) et Schießhausberg (440 m).



Fils de Johann Gottfried Wolf (1740-1784) et petit-fils de Johann Michael Wolf (né en 1708), Johann Gottfried Wolf (1784-1868, portrait ci-dessous) est issu d’une vieille famille de notables de Kirchberg : maîtres drapiers et tisserands, maires et conseillers municipaux, etc. En 1801, âgé d’à peine 17 ans, il fonde une entreprise de draperie, "J.G. Wolf senior", qu’il va diriger avec succès jusqu’en 1856. L'entreprise est créée dans l’Auerbacher Straße. Wolf fréquente les grandes foires internationales comme celle de Leipzig, et les marchés des environs, contribuant largement à la notoriété des tissus de Kirchberg dans les pays voisins.

     
Johann Gottfried Wolf et le blason de sa famille.

Les fils nés de ses deux mariages poursuivent, élargissent et développent les activités créées par leur père. Le siège social est transféré au cœur de la vieille ville de Kirchberg, sur la place du marché (actuel Torstraße 13), une maison qui appartient alors au maire de Kirchberg, Paul Wolf. Avec eux, l'entreprise s'étend sur plusieurs hameaux et quartiers de Kirchberg. Parmi les fils d'un deuxième mariage, Eduard Wolf (1831-1869) s'en va traverser les Alpes pour conquérir de nouveaux marchés...

     
La place du Marché, avec l'église Sainte-Marguerite et l'Hôtel de Ville.

Eduard Wolf et les chemises rouges

De passage à Côme, Eduard Wolf y rencontre Giuseppe Garibaldi, qui lui passe commande de 15.000 chemises rouges destinées à équiper ses soldats pour une nouvelle confrontation avec les Autrichiens. Outre une main-d’œuvre considérable pour une petite ville comme Kirchberg, une telle commande requiert un certain savoir-faire. Car le rouge demandé par Garibaldi n'est pas n'importe quel rouge. Il ne s'agit pas de la garance, teinture naturelle d'origine végétale largement utilisée en Europe, mais du rouge écarlate obtenu à partir de la cochenille.

  
Des cochenilles séchées dans un mortier. Au-dessus de différents échantillons de teinture naturelle, une chemise rouge garibaldienne fabriquée selon le procédé traditionnel.

Originaire d'Amérique du Sud, la cochenille dactylopius coccus est un parasite du figuier de Barbarie. Les femelles produisent de l'acide carminique, recherché pour sa couleur rouge très intense, et utilisé depuis des siècles comme teinture naturelle (et aujourd'hui encore comme colorant alimentaire ou dans les cosmétiques). Les insectes sont récoltés sur le cactus, tués et séchés (par exemple au soleil ou à l'aide d'un four), puis broyés afin d'en extraire la teinture.

À l'époque, la teinturerie Wolf se trouve dans l'immeuble mentionné précédemment sur la place du marché, en face de l’Hôtel de Ville. Aujourd’hui, le bâtiment a été divisé en logements et commerces ; mais la cour est toujours là, avec notamment la cheminée qui servait à sécher les cochenilles pour préparer la teinture rouge.

     
L'ancienne teinturerie Wolf, devant de l'Hôtel de Ville. À l'entrée, une plaque commémore la fabrication des 15.000 chemises rouges.

     
Le premier étage est occupé aujourd'hui par des appartements. Dans les boutiques du rez-de-chaussée, on reconnaît les anciens ateliers où les tissus étaient fabriqués et mis à sécher.

     

La cheminée de la teinturerie (avec, en arrière-plan, le clocher de Sainte-Marguerite).

  

Après ce contrat qui donne du travail à de nombreux ouvriers de la ville, la maison Wolf se développe plus que jamais, avec l'acquisition de nouvelles usines.



En fin de compte, toute la ville est organisée autour de l’activité de l’entreprise Wolf et de ses nombreux employés. Aussi les bâtiments de Kirchberg, aujourd'hui encore, témoignent-ils de cette époque où l'industrie textile était la principale activité économique.

     
Cet immeuble, aujourd'hui repris par une banque, faisait partie des usines Wolf. On reconnaît les ornements caractéristiques sur le thème de la laine et de toutes les étapes de fabrication du textile.


Des logements ouvriers, vestiges de l'âge d'or de l'industrie textile à Kirchberg.

En 1881, sous le règne du roi Albert de Saxe, le chemin de fer fait son entrée à Kirchberg. C'est un événement historique à plus d'un titre. Il faut souligner qu'il s'agit de la première des nombreuses lignes à voie étroite qui vont fleurir en Saxe jusqu'à la Première Guerre mondiale. Ce nouveau moyen de communication favorise les échanges avec les monts Métallifères et avec la ville de Zwickau, ce qui est un gros atout pour l'industrie textile de Kirchberg. La ligne restera en fonction jusqu'en 1973. Aujourd'hui, il n'en reste que peu de traces, comme ici l'ancien bâtiment de la gare : 


À propos du roi Albert, signalons au passage qu'il venait de faire un séjour sur la "Côte d'Azur" en 1878, en compagnie de son épouse la reine Caroline (princesse de Vasa, petite-fille en exil de Gustave IV de Suède), pour y côtoyer la reine Victoria, qui passait l'hiver à Menton.

Mais revenons-en à Kirchberg. En 1901, on célèbre le centenaire de l’entreprise familiale, à l’occasion duquel Hermann Wolf reçoit un titre honorifique du Royaume de Saxe. Il meurt en 1906. Ses fils reprennent le commerce, tout en siégeant au conseil municipal de Kirchberg. 1926 est l'année du 125e anniversaire. Curt Wolf Sr. reçoit alors le statut de citoyen d’honneur de la ville, et un certain Paul Dahne publie à Leipzig une chronique intitulée 125 Jahre J.G. Wolf sen. Kirchberg Sa.. C’est la principale source d’information sur l’histoire de la famille et de l’entreprise. Le dernier patron de la lignée sera Johann Gottfried Dietrich Wolf (1916-1996), qui mourra en exil en Bavière.


Le tombeau de la famille Wolf au cimetière de Kirchberg.

Après la Deuxième Guerre mondiale, la famille Wolf s'enfuit à l'Ouest et l'entreprise est collectivisée. Apparemment abandonné depuis 1989, le plus vaste édifice industriel en plein centre-ville, au bord du Rödelbach, porte encore l'enseigne Kirchberger Textilwerke VEB (VEB = Volkseigener Betrieb, c'est-à-dire "entreprise appartenant au peuple").


Commémorations

À Kirchberg, Klaus et Juliane Merkel perpétuent le souvenir de la famille Wolf, ainsi que le savoir-faire des teintures naturelles traditionnelles. En octobre 2006, ils sont reçus à Ravenne, où ils présentent le procédé mis en œuvre par la maison Wolf pour produire les fameuses camicie rosse. À cette occasion, une chemise rouge est fabriquée selon cette recette. En mai 2007, le maire de Ravenne est reçu à Kirchberg dans le cadre des célébrations du bicentenaire de Garibaldi. Ces rencontres encouragent la fondation, en 2010, d'une Association Garibaldi d’Allemagne.

     

[photos : avril 2014]
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Écrit par SebK, le Vendredi 16 Mai 2014, 20:32 dans la rubrique "Saxe".


— Mittweida —

Depuis le Moyen-Âge, Mittweida perpétue sa tradition de production du lin, qui a fait d'elle un grand centre de l'industrie textile de la Saxe. 

La ville se trouve à la limite de la partie navigable de la Zschopau, en amont du barrage de Kriebstein.

Outre des fragments de l'ancienne muraille (antérieurs aux années 1470), il reste du XVe siècle l'église Notre-Dame qui domine la ville.

Sur la place du Marché, la borne postale a été reconstruite ;

et devant l'Hôtel de Ville, la fontaine est ornée d'un ange doré de style art nouveau :

  

Quelques exemples d'architecture de la place du Marché :

  




Apparemment, Mittweida est connue pour son musée de l'Espace, son Ecole supérieure... et ses WC.


L'Ecole supérieure (Hochschule, anciennement Technicum, 1867).

Fondé en 1912, reconstruit en 1928, modernisé en 1999,
le cinéma de la rue du Théâtre est une salle historique.

 


Photos : mars 2012.

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Écrit par SebK, le Jeudi 22 Mars 2012, 12:33 dans la rubrique "Saxe".


— Barrage de Kriebstein —


Le projet d'un barrage sur la Zschopau était à l'étude avant 1914. L'ouvrage a été construit en 1927-1929, juste au-dessus de la forteresse de Kriebstein, et mis en service en 1930.


Le barrage de Kriebstein est utilisé pour la production d'énergie, la navigation, la pêche et les loisirs ; il n'est pas destiné à contenir les crues. Le site est exploité aujourd’hui par le groupe bavarois Karl. Malheureusement, pour des raisons de sécurité, le propriétaire ne permet pas au public d’accéder à la passerelle.


  

Les bords du lac artificiel formé par cette retenue constituent la zone naturelle protégée du Barrage de Kriebstein. Le pourtour du réservoir s'est équipé d'une multitude de campings, quartiers résidentiels, embarcadères, hôtels et restaurants, espaces de loisirs... Les bateaux circulent d'avril à octobre. Le reste de l'année, la zone est à peu près désertée.

  

  

À l'embouchure d'un petit affluent de la Zschopau, le moulin "Lochmühle" d'Ehrenberg :


Sur la rive droite s'étendent des champs en direction de Falkenhain :

En face, la rive gauche est abrupte, et ses rochers sont couverts de graffitis.

  


En direction de Lauenhain :


Avec son ancien moulin à eau sur la Zschopau, sa ruine artificielle du "château des voleurs" et sa fausse grotte de 1800, l'ancien domaine seigneurial de Ringethal arbore aujourd'hui un romantisme un peu kitsch.

    


 

Photos : mars 2012.

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Écrit par SebK, le Jeudi 22 Mars 2012, 09:22 dans la rubrique "Saxe".


— La forteresse de Kriebstein —

     

À Kriebstein, le lit de la Zschopau se resserre et serpente entre de hautes parois rocheuses. Dans un méandre se dresse une forteresse médiévale, qui semble taillée à même le roc.

Ce château gothique du XIVe siècle fut une propriété privée jusqu'en 1945. Depuis 1825, il appartenait à la famille von Arnim, qui l'habitait.

  

  

Soigneusement restaurée, la chapelle éblouit par la richesse de ses fresques des années 1410 :

  

  

En 1930, les Arnim ont commencé à rendre certaines parties du château accessibles au public. En 1945, la propriété a été confisquée par le régime communiste. Un musée a ouvert en 1949. À présent, depuis 1993, le site est un musée de l'État libre de Saxe.

  

  

Les pièces sont toujours décorées et meublées avec de beaux éléments des différentes époques du château.

  

  


En 1986, on a retrouvé un trésor qui était resté caché depuis 1945 dans une pièce secrète. Il s'agit de nombreuses oeuvres d'art et autres objects précieux ayant appartenu à la famille von Lehndorff. Le comte Hans von Lehndorff les avait emportés de son château de Steinort (aujourd'hui Sztynort, en Pologne) pour les mettre à l'abri avant l'arrivée des Russes : la forteresse de son ami Arnim constituait une cachette parfaite. Mais Lehndorff est exécuté en 1944 suite à sa participation à la tentative d'attentat contre Hitler (l'opération Walkyrie), et les Arnim de Kriebstein sont expropriés. Le trésor était effectivement bien caché : il restera inaperçu pendant près de quarante ans. Aujourd'hui, 423 objets sont en train d'être restitués aux héritiers von Lehndorff.


Détail de Samson chez les Philistins (v. 1680), une tapisserie du trésor de Kriebstein.

Photos : mars 2012.

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Écrit par SebK, le Mercredi 21 Mars 2012, 15:13 dans la rubrique "Saxe".


— L'usine de papier de Kriebstein —



En 1856, les entrepreneurs Fritz Kübler et Albert Niethammer fondent la Papierfabrik "Kübler & Niethammer", une usine de papier qu'ils établissent au pied de la forteresse de Kriebstein, sur la rive gauche de la Zschopau.


Aujourd’hui, ce site historique est abandonné. Il a été racheté, et le bâtiment devrait être démoli prochainement.




     

  


Dès sa création, l'entreprise a connu un développement fulgurant. Les usines se sont développées rapidement sur la rive droite à Kriebethal, un ancien village de la paroisse de Waldheim fondé en 1549 dans un méandre de la Zschopau, au nord de la forteresse de Kriebstein. Cette zone industrielle est toujours en activité.


  


  

Entre Waldheim et Kriebethal, une ligne ferroviaire, principalement destinée à desservir les usines, a fonctionné entre 1896 et 1998. Sur un pont aujourd’hui interdit au public pour des raisons de sécurité, ont peut encore voir l’arrêt de Kriebenau.

  

Aujourd'hui le site est exploité par "Kriebcoat" :

  

Photos : mars 2012.

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Écrit par SebK, le Mercredi 21 Mars 2012, 11:29 dans la rubrique "Saxe".


— Waldheim —


La Zschopau prend sa source dans les monts Métallifères et parcourt environ 130 km jusqu'à son confluent dans la Freiberger Mulde (à proximité de Döbeln), une rivière du bassin de l’Elbe.

La dernière grande localité qu'elle traverse est Waldheim.Celle-ci est connue dès 1271 comme forteresse placée sous l’autorité de Meissen et acquérant le statut de ville en 1286. Au XVe siècle, le château de Waldheim est un monastère augustinien. L'économie de la région se développe autour du tissage du lin. Outre les tisserands, de nombreux artisans s'installent à Waldheim.

Le prince électeur de Saxe Christian Ier prend possession de toute la ville en 1588 (y compris le château, devenu propriété privée suite à la réforme). Il agrandit le château. Le XVIIe siècle est une succession de guerres, épidémies et incendies qui ravagent la ville et ses habitants. En 1716, le prince Frédéric-Auguste "le Fort" convertit le château en prison, asile de pauvres et orphelinat.


Waldheim est alors une étape sur la route historique de Dresde à Leipzig par Nossen. Pendant des siècles, il s'agit là de l'une des deux grandes routes reliant les deux métropoles saxonnes (l'autre voie étant celle qui passe par Meissen). Naturellement, de nombreux voyageurs y font halte. Kleist s'y arrête ; Goethe aussi, en juillet 1790, et à nouveau en août 1813 : une plaque commémore ces séjours sur la façade de l'auberge "Au lion d'or", sur la place du Marché :


Dans la maison d’en face (actuellement en mauvais état), c’est Napoléon qui a logé en mai 1813 ; à l’extérieur de la ville, au bord de la Zschopau, une pierre commémore son passage.

  

Le passage de Napoléon fait encore de gros dégâts, avec l'affrontement des armées française et russes sur la Zschopau.

Le reste du XIXe siècle, plus paisible, est l'époque de l'essor économique et industriel de la région. Avec l’apparition du chemin de fer, c’est la route de Meissen qui va se développer entre Dresde et Leipzig. Dès lors, Waldheim se déconnecte des deux métropoles historiques, pour se rapprocher économiquement et administrativement de ce qui va devenir la troisième grande ville de Saxe : Chemnitz. La voie ferrée Chemnitz–Riesa est inaugurée en 1852. Sur la rive gauche, la gare et les immeubles qui l'entourent témoignent du développement urbain de cette époque :

  

Dans le centre historique, la place du Marché change d'allure en 1902 avec l'érection d'un nouvel Hôtel de Ville art nouveau, dont la façade et la tour sont particulièrement imposantes. Son caractère monumental étonne un peu, par rapport à la taille de la ville.

  

  



Les bâtiments Art Nouveau de la place du Marché
et l'église Saint-Nicolas (reconstruite en 1842).

Sur la rive gauche apparaissent un gigantesque Hôtel des Postes (1921) 

  

et des immeubles d'habitation: 

  



Depuis 1830, le château de Waldheim se consacre à sa fonction de prison. À ce titre, il a servi de lieu de détention de nombreux prisonniers politiques, aussi bien sous le Troisième Reich qu'à l'époque de la RDA.


En 1950, 33 condamnations à mort ont été prononcée lors des "procès de Waldheim". Un monument rend hommage aux victimes de cette purge, sur le lieu du bâtiment où s’est tenu le procès, aujour­d’hui démoli.
Outre la prison, le château abrite toujours son église, ainsi que le Musée saxon de la Prison. 


La place du Marché est rénovée en 2000-2001, et une borne postale dans le style ancien y est érigée pour l'occasion (2002). Les travaux de restauration continuent.


Photos : mars 2012.

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Écrit par SebK, le Mercredi 21 Mars 2012, 10:39 dans la rubrique "Saxe".