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Actualité
01/2016 : présentation de Uuno Kailas de Heinola à Nice au Centre de Documentation Provençale (Bollène).
11/2015 : parution de Noir comme l'ébène, de Salla Simukka, chez Hachette et au Livre de Poche.
10/2015 : Uuno Kailas de Heinola à Nice - Cent ans de musique et de poésie entre Nice et la Finlande, concert-lecture à Helsinki.
10/2015 : Sofi Oksanen à Nice, rencontre avec Sofi Oksanen et Miquèu de Carabatta à Helsinki autour de Quora despareissèron lu colombs.
09/2015 : première de la pièce d'Alexeï Popov Les cornes par la compagnie La Chance du Débutant (au Théâtre National Komi, Syktyvkar).
09/2015 : parution de Baby Jane, de Sofi Oksanen, au Livre de Poche.
09-12/2015 : résidence de traduction à l'HCAS (Helsinki).
05/2015 : parution de Blanc comme la neige, de Salla Simukka, chez Hachette et au Livre de Poche.
03/2015 : parution du poème de Nina Obrezkova "Un jour tu rentreras chez toi", à Syktyvkar (brochure réunissant des traductions du même texte dans 14 langues différentes).
03/2015 : Destination Russie (Châtenay-Malabry), festival consacré à la République de Komi, à l'initiative de l'association MIR Franco-Russe.
02/2015 : présentation des Colombs à Aix-en-Provence.
01/2015 : parution de l'article "La parenté finno-ougrienne dans la littérature komie : héritage commun ou influences récentes ?" dans la revue Études finno-ougriennes.
12/2014 : 1é mercat leterari de Calèna (Nice)
11/2014 : parution de Rouge comme le sang, de Salla Simukka, chez Hachette et au Livre de Poche.
05/2014 : parution de Baby Jane, de Sofi Oksanen, chez Stock.
04/2014 : parution des Quand les colombes disparurent, de Sofi Oksanen, au Livre de Poche.
03/2014 : parution de La Sage-femme, de Katja Kettu, chez Actes Sud.
03/2014 : parution (en russe) d'une interview, de la nouvelle Le mur et de l'article "M.N. Lebedev et la satire politique du monde contemporain" dans la revue Арт.
02/2014 : Semaine komie à Nice.
12/2013 : "Quora despareissèron lu colombs: translating a Finnish bestseller to a minority language of France" (Université de Helsinki, colloque Language revitalization in a Russian and European context: Exploring solutions for minority language maintenance).

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— un opéra romantique "austro-sarde" de Franz Gläser —

Prologue

Le compositeur et chef d'orchestre Franz Gläser est né le 19 avril 1798 à Horní Jiřetín (en allemand : Obergeorgenthal ou plus simplement Ober-Görten), un village tchèque au pied des mont Métallifères. La Bohême est alors un royaume de l'Empire d'Autriche.

Issu d'une famille pauvre et nombreuse, "František Josef Glaeser" parvient à se distinguer par ses dons musicaux, qui lui permettent d'intégrer à l'âge de 11 ans le chœur de la Hofkapelle de Dresde (en Saxe, de l'autre côté des collines). Ensuite, au Conservatoire de musique de Prague, il devient un virtuose du violon.

En 1816, il étudie la composition à Vienne, tout en travaillant comme copiste et arrangeur de musique. À partir de 1817, il devient chef d'orchestre au Théâtre de la Leopoldstadt, puis en 1822 au Theatre de la Josefstadt et en 1827 au Theater an der Wien. Dans la capitale impériale, où il côtoie Beethoven, il se tourne vers la composition dramatique, genre dans lequel il va composer plus de 120 ouvrages dans des genres variés.

Période viennoise : Die vier Haimonskinder (1809) ; Bärnburgs Sturz (1817) ; Das Mädchen ohne Zunge (1819) ; Das Felsenmädchen (1820) ; Der geraubte Schleier (1820) ; Der Tambour (1820) ; Sküs, Mond und Pagat (1820) ; Wenn's was ist, so ist's nichts und ist's nichts, so sind's 36 Kreuzer (1820) ; Arsenius der Weiberfeind (1823) ; Dank und Undank (1823) ; Der rasende Roland (1823) ; Stumme Liebe (1823) ; Der Brief an sich selbst (1824) ; Der Erlenkönig (1824) ; Die kurzen Mäntel (1824) ; Die Rettung durch die Sparkassa (1824) ; Liebe und Haß (1824) ; Sauertöpfchen (1824) ; Sieben Mädchen in Uniform (1825) ; Der Bär und das Kind (1825) ; Die sonderbare Laune (1825) ; Die Weiber in Uniform (1825) ; Die Zauberin Armida (1825) ; Heliodor, Beherrscher der Elemente (1825) ; Menagerie und optische Zimmerreise in Krähwinkel (1825) ; Die steinerne Jungfrau (1826) ; Oberon, König der Elfen (1827) ; Peterl und Paulerl (1827) ; Abu, der schwarze Wundermann (1828) ; Armida, die Zauberin im Orient (1825) ; Elsbeth (1828) ; Meister Pilgram, Erbauer des Stephansturmes in Wien (1828) ; ainsi que Peter Stiglitz ; Staberl ; Die steinerne Jungfrau.

La période berlinoise

En 1830, Gläser accepte un poste de chef d'orchestre au Théâtre de la Königsstadt à Berlin. C'est là qu'il représente l'opéra Andrea.
  • Aurora (c.1830) ;
  • Die Brautschau auf Kronstein (1830) ;
  • Andrea (1830), sur un livret de Carl Philipp Berger ;
  • Des Adlers Horst (29.12.1832), son œuvre la plus célèbre ;
  • Die Augen des Teufels ;
  • Der Rattenfänger von Hameln, sur un livret de Carl Philipp Berger.

Le librettiste Carl Philipp Berger est également chanteur (ténor), metteur en scène et enseignant. Il est né le 31 décembre 1793 en Haute-Bavière, à Altötting (où il mourra le 10 juin 1853). Il collabore à Berlin avec Franz Gläser (Andrea et Le joueur de flûte de Hamelin), puis à Vienne avec le compositeur Peter Joseph von Lindpaintner (livret d'un opéra intitulé Die Genueserin, qui se passe à Venise en 1590, crée en 1839 au Théâtre de la Kärntnertor). Il rédigera aussi un ouvrage historique sur sa ville natale (Geschichte und Beschreibung der Wallfahrts-Stätte Altenötting, Munich 1841).

Andrea est un opéra romantique en trois actes. Les deux premiers actes se déroulent en 1790 dans un village (apparemment imaginaire) du Comté de Nice qui porte le nom de "Monzi" (on pourrait imaginer Levens). Le premier décrit les joyeux préparatifs des noces de Maria, fille du propriétaire d'une grande crèmerie, et de Battista, fils du juge du village. Mais une ombre plane sur l'événement : Maria est secrètement amoureuse d'Andrea, qui n'est qu'un simple serviteur dans la maison. Andrea l'enlève, mais le fiancé les rattrape et le serviteur est banni. À l'acte II, les amoureux contrariés se font clandestinement des adieux déchirants, mais Andrea promet qu'ils se reverront. Le dernier acte est situé dans un camp militaire français, au-dessus de Nice, en 1794 (donc après l'invasion de 1792, pendant l'occupation et la guerre dans les Alpes). Coup de théâtre : le général français n'est autre qu'Andrea ("Ich bin Andrea! Andrea Massena!!"), les amants sont réunis ("Andrea, ach, ist es kein Traum?"), et tout se termine dans un happy end délirant ("Laut töne es durch Berg und Thal, / Hoch lebe unser General!").

https://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/9/91/Andr%C3%A9_Mass%C3%A9na.jpg/219px-Andr%C3%A9_Mass%C3%A9na.jpg?uselang=frTout cela est gaiement invraisemblable puisque Masséna [portrait ci-contre] a quitté Levens dès 1775, quand il était adolescent, pour s'engager en France.

Cette légende de Maria et d'Andrea Massena semble avoir joui d'une certaine popularité, à l'époque, dans le monde germanophone (suite à l'opéra ?). On en trouve le récit dans le journal Carinthia (Klagenfurt) le 19 octobre 1833, sans indication de source ; puis dans une biographie intitulée "Andrea, Das Schoosskind des Glückes", par le Bavarois Friedrich Bruckbräu, en 1835 ; et encore dans la nouvelle de l'auteur saxon Eduard Gehe "Wer hätte das Gedacht!" (1837).

Parallèlement, en 1833, l'écrivain allemand Heinrich König va se pencher sur les mêmes événements de l'histoire récente, mais en imaginant des personnages plus attachants que Massena, dans un roman qui inspirera aussitôt au jeune Richard Wagner un livret d'opéra. Beaucoup plus riche et complexe que l'ouvrage vieillot de Berger & Gläser, ce nouvel opéra "austro-sarde" aboutira finalement en 1848, avec une musique de Friedrich Kittl, sous le titre Bianca und Giuseppe.

Épilogue danois

En 1839, Franz Gläser rejoint le Théâtre royal danois de Copenhague comme chef d'orchestre. Il introduit la musique de compositeurs contemporains comme Heinrich Marschner, Felix Mendelssohn et Louis Spohr, et en 1842, l'opéra de Rossini Guillaume Tell. En 1845, il est nommé chef d'orchestre de la Cour.
  • Bryllupet vet Como-søen [Les Noces au lac de Côme] (29.1.1849, Copenhague), sur un texte de H.C. Andersen
  • Nøkken (12.2.1853, Copenhague), sur un  texte de H.C. Andersen
  • Den forgyldte svane [Le cygne d'or] (17.3.1854, Copenhague)
Nommé professeur titulaire en 1851, il ne compose plus beaucoup, si ce n'est de la musique de circonstances : quelques cantates commandées par la Cour, plusieurs ouvertures et sa dernière œuvre, une marche pour orchestre en l'honneur du roi Frédéric VII. Franz Gläser meurt à Copenhague le 29 août 1861.


Bibliographie :
  • Carinthia, Klagenfurt, 19 octobre 1833, pp. 3-4.
  • Friedrich Wilhelm BRUCKBRÄU, "Andrea - Das Schoosskind des Glückes", in Schürzen-Räthsel, Stuttgart : Brodhag, 1835, pp. 230-236.
  • Eduard GEHE (1793-1850), "Wer hätte das Gedacht!", in Eduard Duller, Deutsches Stammbuch, Karlsruhe : Braun, 1837, pp.115-134.
  • Carl Philipp BERGER, Andrea, Berlin : Königsstädtisches Theater, 1841. [livret de l'opéra]
  • William NEUMANN, Franz Gläser, Leipzig, 1859.

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Écrit par SebK, le Dimanche 7 Février 2016, 17:22 dans la rubrique "Nice".


— volume V : les États-Sardes —



  

Le littoral ligure

Nice


Villefranche, vue du fond de la rade


Le port de Nice, avec la statue du roi Charles-Félix ; en face, le bagne et le mont Boron (avec le fort de Montalban) ; derrière, les premières crêtes des Alpes


Nice : la Terrasse (Ponchettes) ; au fond, la colline avec les ruines du Château


La Turbie : trophée d'Auguste (Ier siècle av. JC)

Savone


Savone


Noli

Gênes


Le phare et le port vus de l'ouest


Le palais du prince Andrea Doria


Le port royal


La place des Banques


Théâtre Charles-Félix


Cathédrale Saint-Laurent


L'Université


Le Palais des Doges


Église de l'Annonciation


Église Notre-Dame de Carignan


Pont Carignan


Acquasola


Palais de la Reine douairière


La cour du Palais Royal


La façade du Palais Royal


Palais Doria


Palais Doria


L'hospice des pauvres (aujourd'hui université)


Gênes vue du lazaret (aujourd'hui, le quartier de la Foce)

La Spezia


Golfe de La Spezia

L'île de Sardaigne


Cagliari : le bastion de la Sainte-Croix


Sassari


Oristano : la porte Saint-Christophe


Sanluri


Costumes du Sud (Cagliari)




Costumes du Nord


Pêche au thon en Sardaigne.

Lac Majeur et lac d'Orta


Arona : le colosse de de saint Charles Borromée (en cuivre forgé, 1698)


Isola Bella


Isola Madre


Lac d'Orta : île San Giulio


Orta : sanctuaire Saint-François-d'Assise

La route du Simplon


Domo d'Ossola


Route du Simplon : pont sur la Diveria à Crevola d'Ossola


Simplon : entrée du tunnel de Gondo


Simplon : tunnel de Gondo


Col du Simplon (près de Gondo)


Simplon : tunnel et pont du Ganter

Piémont


Verceil : basilique Saint-André


Verceil : basilique Saint-André


Bielle : sanctuaire d'Oropa


Acqui : aqueduc romain (Ier siècle)


L'abbaye de Vezzolano, sous le village d'Albugnano


L'abbaye de Vezzolano


Un bas-relief en l'abbaye de Vezzolano


Mondovì : sanctuaire de Vicoforte

Val Cluson


Pignerol : la ville haute (église Saint-Maurice) et la ville basse (cathédrale Saint-Donat), à l'entrée du val Cluson

Val de Suse (Doire Ripaire)


Suse : arc d'Auguste (Ier siècle av. JC)

Val d'Aoste (Doire Baltée)


Ivrée : Château Royal


Aoste


Aoste : arc d'Auguste (Ier siècle av. JC)


Verrès


Aymavilles


Villeneuve d'Aoste, sur la Doire Baltée

Turin


La porte Palatine (Ier siècle av. JC), transformée en prison au XVIIIe siècle.


Basilique royale de Superga


Villa royale de la Reine


Moncalieri, sur le Pô


Le château royal de Racconigi, côté ville


Racconigi, côté jardin


Le château royal de Stupiniggi


Turin, au bord du Pô : au premier plan (rive droite), la Gran Madre di Dio (achevée en 1831) ; en face (rive gauche), la place Victor-Emmanuel (aujourd'hui Veneto) et la Via Po en direction du Château.


La place Victor-Emmanuel vue du pont.


Le Château et le Palais Madame


Le Palais Madame


L'actuelle Via Garibaldi vue du Palais Madame


La place Saint-Charles (juste avant l'érection de la statue équestre d'Emmanuel-Philibert)


Le Palais Royal


L'Hôtel de Ville


Le château du Valentino


Le pont Mosca, sur la Doire Ripaire, achevé en 1830 (dans l'axe de l'actuel cours Jules-César).


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Écrit par SebK, le Vendredi 29 Janvier 2016, 21:15 dans la rubrique "Nice".


— une délégation niçoise invitée en Provence pour célébrer la poésie finlandaise en langue d'oc —
À l'occasion du concert consacré au poète finlandais Uuno Kailas et présenté à Helsinki en octobre dernier, une brochure a été publiée par le Helsinki Collegium for Advanced Studies. Elle contient une présentation de l'événement, le programme de la soirée, la biographie des artistes impliqués (compositeurs, poètes, musiciens, traducteurs) ainsi que des poèmes d'Uuno Kailas en trois langues : finnois, occitan niçois et français. Cet ouvrage a été offert aux spectateurs, ainsi qu'aux principales bibliothèques de Finlande et d'Occitanie (Comté de Nice, Provence, Languedoc, Gascogne...).

En Provence, l'ouvrage a retenu l'attention du Centre de Documentation Provençale, où Jean-Marc Courbet, majoral du Felibrige, l'a réceptionné avec surprise et émotion.

Association linguistique et culturelle occitane basée en Provence, le Felibrige fut fondé le jour de la Sainte-Estelle 1854 par un groupe de jeunes poètes réunis autour de Frédéric Mistral. De son temps, Mistral était déjà conscient de la place prestigieuse qu'occupaient les langues et littératures occitanes en Europe et dans le monde, citant notamment les romanistes finlandais qui se penchaient alors sur ces sujets avec un grand intérêt. Le prix Nobel de littérature décerné à Mistral en 1904 pour son œuvre en occitan provençal témoigne d'ailleurs de cette reconnaissance nordique et internationale.

Depuis 1978, le Centre de Documentation Provençale est au cœur de fructueux échanges culturels, non seulement entre provinces d'Occitanie, mais aussi entre l'Occitanie et le reste du monde. La brochure Uuno Kailas Heinolasta Nizzaan trouve tout naturellement sa place dans cette collection, aux côtés d'une anthologie de poésie provençale publiée en estonien à Tallinn, ou encore du fameux dictionnaire occitan-japonais publié à Tokyo par Naoko Sano. Si la réception de cet ouvrage a causé une telle surprise à Jean-Marc Courbet et à ses collègues, ce n'est donc pas tant pour son contenu que parce qu'il s'avère le 5000e titre répertorié dans le catalogue du Centre.

Le 23 janvier 2016, cet événement et cette heureuse rencontre étaient célébrés au Centre de Documentation Provençale (à Bollène, dans le Vaucluse), en présence des traducteurs Miquèu de Carabatta et Sébastien Cagnoli, escortant la Niçoise Angélique Marçais, 21e "reine du Felibrige" depuis les Jeux floraux de 2011.

  
Angélique Marçais. 

Au-delà des pays niçois et provençal, l'espace occitan était représenté dans une perspective plus large par le président du PEN Club occitan, le Languedocien Jean-Frédéric Brun. Grâce à son activité dans le vaste réseau du PEN International, cet écrivain connaît bien la place que les littératures occitanes occupent dans le monde et l'intérêt qu'elles n'ont jamais cessé de susciter. En somme, il n'y a qu'en France que les cultures dites "régionales" sont méconnues et négligées : dans le monde, les littératures occitanes sont connues et reconnues, autant pour leurs mille ans d'histoire que pour leur vitalité contemporaine, et il est rassurant de le rappeler.

     
Sébastien Cagnoli, Miquèu de Carabatta, Jean-Marc Courbet et Jean-Frédéric Brun au Centre de Documentation Provençale.





Dans la presse :
        

     

À la radio : France Bleu, 23 janvier.

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Écrit par SebK, le Dimanche 24 Janvier 2016, 16:59 dans la rubrique "Finlande".


— Villefranche, 1915 —
https://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/9/91/Jens_Adolf_Jerichau_1890-1916_by_N._Andersen.jpgJens Adolf Jerichau est né le 12 décembre 1890 à Roskilde, sur l'île danoise de Seeland, près de Copenhague. Il est le petit-fils du sculpteur classique homonyme.

En 1915, il travaille sur la Côte d'Azur (Sanary, Villefranche).

Il meurt à Paris l'année suivante, le 16 août 1916, âgé de 25 ans.


Palmier à Villefranche (Musée national des Beaux-Arts, Copenhague)


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Écrit par SebK, le Jeudi 24 Décembre 2015, 09:42 dans la rubrique "Nice".


— à pieds ou à queue —

Den lille Havfrue

http://www.erindringer.dk/flugten43/images/Havfrue/KglTea_3a-1.jpgInspirée par le personnage de Hans Christian Andersen, la "petite sirène" de Copenhague fut commandée en 1909 par Carl Jacobsen, fondateur de la brasserie Carlsberg, au sculpteur Edvard Eriksen (1876-1959). La statue en bronze fut inaugurée au bord de la Langelinie, dans le port de Copenhague, le 23 août 1913.
La tête est celle d'Ellen Price, danseuse au Théâtre Royal qui tenait justement le rôle éponyme dans La petite sirène, un ballet-aventure en 3 actes sur un argument de Julius Lehmann, avec une musique de Fini Henriques et une chorégraphie de Hans Beck (ci-dessous, Ellen Price dans le rôle de la Petite Sirène en 1909).
La ballerine ayant refusé de poser nue, c'est la femme du sculpteur, Eline Eriksen, qui prêta son corps à la fameuse statue.



La sirène d'Eriksen est entourée de deux autres statues d'inspiration balnéaire, moins célèbres, mais également cédées à la ville par la fondation Carlsberg :
  • Svømmeren (Nageur, 1887) du sculpteur suédois Johan Börjeson (1835-1910) ;
  • Efter Badet (Aprés le bain, 1909) du Danois Carl Aarsleff (1852-1918).

  
Le petit nageur de Börjeson ne bénéficie pas de la même mise en valeur que sa voisine la sirène !
Ci-dessous, une photo au flash in situ et une carte postale ancienne, puis des photos de jour.
   http://3.bp.blogspot.com/-kZiUP8O6tzE/UE0k8G5lHLI/AAAAAAAAJZ0/jAvJOljR-vg/s1600/athlete.jpg

  

Même traitement pour le petit baigneur d'Aarsleff. La première fois, de nuit, je ne l'avais même pas remarqué :
  

En journée, les touristes sont tellement occupés à se photographier devant la petite sirène qu'ils ne remarquent même pas la présence des deux autres statues :




La sirène de Mme Carl Nielsen

En 1921, la grande artiste Anne Marie "Carl" Nielsen (1863-1945) a également traité le thème danois incontournable de la sirène, ce qui était parfaitement logique pour cette spécialiste des humains et autres animaux plus ou moins hybrides. L'oeuvre se trouve au Musée national des Beaux-Arts.


Den genmodificerede Havfrue

La "sirène génétiquement modifiée" fait partie d'un ensemble intitulé Det genmodificerede Paradis (Le paradis génétiquement modifié), conçu par le sculpteur danois Bjørn Nørgaard pour l'exposition universelle de Hanovre en 2000 et installé le 15 septembre 2006 dans le port de Copenhague. À 600 mètres au nord de la Petite sirène, l'ensemble a pris place sur le quai qui termine la Langelinie, dans le cadre du réaménagement des anciens docks "Dahlerups Pakhus".

L'installation est composée d'un "arc de triomphe" de 40 tonnes surmonté d'une "Madonne génétiquement modifée" de 9 m de haut. Autour : Adam, le Christ, Marie Madeleine, Ève, le Capital Tripartite et l'Homme Enceint.


Made in China

Entre les deux statues officielles érigées par la ville, dont la première est très fortement touristopète, le patron du café du coin a voulu dessiner sa propre "petite sirène", dans l'intention d'assouvir ses fantasmes aquatiques et d'étancher la soif des passants cosmopolites décus par les mensurations de Mme Eriksen. Il a donc fait tailler une nouvelle "petite" sirène de 4 m de haut dans 14 tonnes de granit de Chine.
Depuis juin 2007, la Langelinie est habitée par une nouvelle créature, nettement moins élégante que celle de la fondation Carlsberg, mais pourvue de solides arguments concurrentiels :

  


Han

Également dérivé de la petite sirène d'Eriksen, Han (Lui) est l'œuvre du duo d'artistes Elmgreen & Dragset, formé en 1995 par Michael Elmgreen (né en 1961 à Copenhague) et Ingar Dragset (né en 1969 à Trondheim, alors de passage au Danemark).
Commandé par la ville d'Elseneur, ce "petit triton" a pris place en 2012 sur le littoral, aux pieds du château de Kronborg, lieu très emblématique aux portes de la mer Baltique :

  



La statue en inox est censée être équipée d'un mécanisme hydraulique qui lui permet de cligner des yeux toutes les demi-heures.

Non loin de là, depuis 1932, une autre statue veille sur l'entrée du port d'Elseneur. Héraclès et l'Hydre (1919), par Rudolph Tegner (1873-1950) :

  

[photos octobre 2012 & décembre 2015]
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Écrit par SebK, le Mardi 15 Décembre 2015, 12:13 dans la rubrique "statuaire urbaine".


— 1556 —
Les archives de Turin conservent quatre documents datés du 3 janvier 1556, qui sont des copies certifiées conformes de papiers en rapport avec un vieux litige sur le marquisat de Saluces.

Au cours des cinq campagnes menée par Francois Ier en Italie (1515-1544), le marquisat de Saluces était sans cesse convoité par la France. Son successeur, Henri II [à gauche], a mené une nouvelle offensive sur le Piémont (1552-1556), dixième conflit franco-italien sur une période de soixante ans. En 1555, l'empereur Charles V [à droite], qui prépare son abdication et organise ses successions, cherche à négocier une trêve.

Henri II (d'après François Clouet, 1559)   https://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/f/f2/Anonymous%2C_Portrait_of_Charles_V%2C_Rijksmuseum-%28trans_back%29.png/243px-Anonymous%2C_Portrait_of_Charles_V%2C_Rijksmuseum-%28trans_back%29.png?uselang=fr
https://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/9/91/Portrait_of_Emanuel_Philiberto_of_Savoy.jpg/349px-Portrait_of_Emanuel_Philiberto_of_Savoy.jpg
À cette occasion, le duc de Savoie Emmanuel-Philibert [ci-contre] tente de faire valoir ses droits sur Saluces. À Verceil, on prépare donc un dossier avec les pièces suivantes :
  • les lettres de l'empereur Charles IV concédant au comte Amédée VI la dignité de principauté sur toutes ses terres inféodées au saint Empire ;
  • le mandat du 11 novembre 1375 par lequel Charles IV assigne le marquisat de Saluces à Amédée VI sous réserve que celui-ci demeure un fief de l'Empire ;
  • la lettre du 13 mars 1530 par laquelle Charles V confirme tous les privilèges et concessions accordées au duc Charles II (à l'occasion de sa présence à Bologne pour le couronnement impérial du 24 février) ;
  • la lettre du 17 juin 1536 par laquelle Charles V déclare que l'investiture sur le marquisat de Saluces concédée au marquis François de Saluces n'a pas d'incidence sur les droits revendiqués par Charles II sur le marquisat.
Les documents sont certifiés conformes par Sebastiano Cagnoli (ou "Sebastianus de Cagnolis"), lieutenant général de l'évêque de Verceil Pietro Francesco Ferrero, et revêtus du sceau épiscopal :



Les négociations entre Henri II et Charles V aboutissent à la signature d'un accord à l'abbaye de Vaucelles, le 15 février 1556. Du côté de Saluces, la France ne lâche rien. Cet accord est censé être une trêve de cinq ans, mais les hostilités reprendront dès le mois d'octobre. Charles-Emmanuel Ier récupérera brièvement le marquisat en 1588, mais il faudra attendre 1601 pour que le traité de Lyon définisse durablement la frontière dans les Alpes entre Henri IV et Charles-Emmanuel Ier. Les États de Savoie perdront alors Bresse, Bugey et Gex, mais garderont définitivement Saluces.


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Écrit par SebK, le Dimanche 6 Décembre 2015, 07:04 dans la rubrique "hum...".


— un peintre finlandais à Nice en 1885 —
Aukusti Uotila est né le 5 mai 1858 à Urjala, un village agricole du sud-ouest de la Finlande. Ses parents sont cultivateurs.
Formé à l'école de dessin de la Société des Beaux-Arts de Finlande (Helsinki) en 1873-1876, Uotila est admis à l'Université de Helsinki, où il étudie le dessin en 1876-1877.

  
Aukusti Uotila en 1878 : portrait par Albert Edelfelt et photo par Daniel Nyblin, Helsinki.

En 1877-1879, Uotila étudie à Paris, à l’École des Beaux-Arts, sous la direction d'Henri Lehmann. Il rentre brièvement en Finlande en 1879-1880, puis retourne en France, où il séjourne en différentes régions, notamment en Bretagne. Paris et la Bretagne sont alors des destinations obligées pour les artistes finlandais.


Photographie d'Aukusti Uotila par Daniel Nyblin, Helsinki (années 1880).

Au début de l'année 1885, Uotila entreprend un nouveau voyage d'étude. Il souffre alors de la tuberculose depuis quatre ou cinq ans. Sur les conseils des médecins, qui lui recommandent vivement le climat méditerranéen, le jeune artiste se dirige vers Florence.
Uotila traverse les Alpes et s'arrête brièvement au bord du lac de Côme, puis il arrive à Nice pendant le carnaval.

À Nice, son premier travail est une petite toile représentant un marché aux fleurs (Kukkastori Nizzassa) :


Kukkastori Nizzassa (22,5 x 19 cm)

Une "petite oeuvre ensoleillée" est mentionnée dans une lettre du 18 septembre, sans plus de précision.

Avec le "marché aux légumes" et le portrait d'une "demoiselle aux fleurs", Uotila continue d'étudier la vie populaire niçoise :

  
Nizzan vihannestori (81,5 x 65,5 cm) - Kukkastyttö (61 x 46 cm)

De même, il réalise à Nice une étude de type populaire (Kansantyyppi, harjoitelma, 27 x 22 cm), représentant le buste d'un jeune homme moustachu avec chapeau à bords et foulard rouge autour du cou.

Parallèlement à l'atmosphère de la vieille ville, Uotila se tourne bien sûr du côté de la mer. Les pointus de ses Pêcheurs en Méditerranée voguent dans la baie des Anges, vus du côté de Carras, avec en fond les préalpes de Nice plongeant dans la mer :


Kalastajia Välimerellä - "Dolce far niente" (61 x 96 cm)

De l'autre côté du mon Boron, Uotila peint Villefranche depuis la plage au fond de la rade, avec les petits rochers au premier plan. On voit l'entrée de la vieille ville, le fort Saint-Elme, et on aperçoit le lazaret et le cap de Nice :


Villafrancan kaupunki

Dans une lettre du 6 décembre, Uotila mentionnera un tableau intitulé Matin d'été sur la Riviera, avant le lever du soleil (Kesäaamu Rivieralla, ennen auringon nousua). On devait y voir aussi des pointus, paraît-il.
Enfin, un mystérieux tableau intitulé Nizza aurait été exposé en 1917 ; il appartenait alors à un certain "capitaine G. Rydman".

Pendant ce temps, Uotila accomplit aussi deux travaux "finlandais" : un portrait d'un ami d'enfance (Nuoruudenystävän muotokuva, mentionné dans une lettre du 18 septembre), réalisé d'après photo ; et une vue de Helsinki commencée en Finlande et achevée à Nice de mémoire : la Chapelle de l'Esplanade (Esplanadikappeli), un restaurant belle-époque récemment embelli au coeur de la capitale du grand-duché.

Finalement, Uotila ne poursuit pas son voyage vers la Toscane mais vers la Corse. Il accoste à Ajaccio en octobre. Il y peint ses dernières oeuvres, et meurt de sa tuberculose le 18 mars 1886, âgé de 27 ans. Il est enterré à Ajaccio en toute discrétion. 



Sources :
  • Lindström, Aune.  Aukusti Uotila. Porvoo : WSOY, 1948.
  • August Uotila 1858-1886 : appelsiinitytön maalari ~ appelsinflickans målare [éd. Synnöve Malmström]. Helsinki : SKS & Amos Andersonin taidemuseo, 2012.

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Écrit par SebK, le Mercredi 2 Décembre 2015, 13:13 dans la rubrique "Finlande".


— нисарт йöзкостса висьт ~ conte populaire niçois —

Куль-изсянь[1] пö Антусыс аддзö му пасьтала.

Изйыс йитчö гöраувса тыкöд: сэнi олöны Антусöс кывзысьысь вöр-васа мутияс. Тыыс тайö Антуслöн эмбур. Кутшöмкö кö кыйсьысь чöвтлас вугырсö Ад тыас, то шедас сылы бегемот ыджда лягуша, ас бöрсяыс сэсся ва пыдöсас кыскас.

Колö повны зверъясысь, кодъяс олöны тайö Альпса гöра дорас Фонтан[2] да Бельведэр[3] сиктъяс гöгöр.

Коркö важöн öти вöралысь вöтлысис мичасьыс-мича сизим арöса кöр[4] бöрся.

Но тайö другысьöн мыччысьöм кöрыс вöлi зэв аслыспöлöс: абу мукöдыс кодь сибыд да шань. Збыль вылас тайö вöлi кöр ортсыа чöрт.

Вöралысьыс оз казяв кöрыслысь вожа гыжсö да биа гöрд синсö. Сiйö кутас кöрад пищальсьыс лыйлыны…

Но пуляыс бöр чеччыштö кöр кусьыс. Кульыслы тайö, тыдалö, зэв гажа ворсöм: збоя кöтöртыштас ылöкодь, сэсся вöралысьöс сибöдыштас, мед сiйö матысяньджык лыяс, а пуляыс мед бöр коньöр вöралысьлань чеччыштас. Вöралысьыд и пезьдöдлö, но некутшöм пуля оз пыр гöна куас. Кöрыс водзö котöртö… Вöралысьыд кашкыны нин кутiс… А кöрыд сералö. Кöрсö кыйны кöсйысь мортсö шмоньлив кульыс вайöдлiс Антус изöдз. Сэсянь кыйсьысьыд усьö Адö пыран йирö – некод на сэтысь абу сюрлöма.

Сё мöд висьт эм татшöм сяма накажитöмъяс йывсьыс. Антус мыждылiс найöс, кодъяс озырлун корсьöм могысь пыралiсны сылöн вöраланiнас.

Коркö сэсся Фонтанса да Бельведэрса йöзыс помöдз скöрмисны. Антуслы паныд войнаöн мöдöдчисны.

Котыртчисны зiль да повтöм том миссионеркöд, бура дасьтысисны. Коркö сэсся и петiсны чукöрнаныс туй вылö.

Мунöны. Попыс пасъялöм паськöма. Воисны Адса Ыджыдты нима медыджыд ты дорас.

Попыс Антуслы латин кывйöн шуö, васьыс пö пет да кывзы, мый висьтала.

Вочакывйыс дыркодь эз вöв. Чöв-лöняс кылiс сöмын сиктсаяслöн полана-апасяна лолалöмыс.

Сэсся вабергачöн шызис ва веркöсыс. Лёк дук йöзсö повзьöдiс.

Тайö дукыс петiс Антуслöн ныр-вомсьыс: корöм вылад петiс да сынöднас лолалö. Сиктсаяс аддзисны сiйöс да зэв ёна повзисны. Юрыс абу мортлöн ни абу пемöслöн кодь, куыс вежоват сьöма, сьöд сюра.

«Тайö ме!» – мурöстiс.

Попыс сылань вежа ва койис. Антус бöр вöйö. Ва ёна гыалö.

Миссионер корö Антуссö мунны мутиясыскöд гусьыс.

«Vade retro, Satanas[5]!» – тыас вежа васö койигöн бара шуö.

Вермöм Антус веськöдiс страшнöй бöжсö да чеччыштiс мöдар берегас, сэнi ассьыс мутияссö чукöртö.

Став мутиыс тшöтш петöны тысьыс. Лыд ни тшöт!

Ок кутшöм гаж став сиктсаяслы! Гундырсьыс пö нин мездысим!

Збыльысь-ö? Энöджык на!

Мöдар берегас Антуслы оз позь вежа ванас веськавны; сiйö шуö:

«Сöглас! Ме муна! Верманныд весиг вежны нимсö тайö изйыслысь, кöнi ме олi-вылi… Но ми кутам гортаныд тiянöс виччысьны… Бельведэрын… Фонтанын… ывлаын либö керка пытшканыд. Ми водзджык локтам – гöтыръясныд, тыдалö, тiянöс полöмпырысь виччысьöны, ми накöд сёрнитыштам. Тöдöны-ö найö став вöчöмторъяс йывсьыныд? Тöдö-ö Антонина, кодi век на бöрдö муса да мича ыж видзысь пондаыс, мый Öсип сöмын сылöн озырлун вылас гöтрасис?»

Öсипыс кöсйис вочавидзны. Но Антус лёк гöлöсöн водзö юасис:

«Тэ нö, Камийö, гöтырыдлы висьталiн сы йылысь, мыйта сьöм тэ Бöйса ярманга вылын колян тöлысьö перйин? Висьталiс-ö и Юстö Маргариталы, мый код юрöн усис телегасьыс, а эз чöрс чегöм понда? И Ваньö…»

Весьшöрö миссионерыс босьтчис вежа васö койны. Антуслы нем эз веськав, сiйö водзö лыддьöдлiс вермысьяслысь гуся грекъяссö, ичöтъяссö да ыджыдъяссö!

Ок кутшöм шог вермысьяслы сыысь, мый гöтыръясныс кутасны ставсö тöдны!

Сиктсаясыд вынаöсь, но абу геройяс!

«Кольччы татчö! Жалит миянöс Антус Öксай! – быдöн горзö. – Тэ танi лоан гортад!

 – Но меным окота нин лоис гортаныд ветлыны! Аддзысьлытöдз, бур йöз!»

И мунö мутиясыскöд …

Верöсъяс водзö горзöны:

«Эн! Эн! Эн мун! Сувт нин! Сувт! Ми тэнö колям асшоднад овны, и тэ миянöс эн вöрöд. Эн мун гöтыръяснымкöд аддзысьны!»

– Ичöт сьöлöмаöсь тi! – попыс скöрмис да налань уна вежа ва койис. – Тi öд сайöдчанныд вежа косьысь!

– Ок попöй! Мый тэ эськö вöчин, гöтыра мортöн кö вöлiн! Асьным вöчам могнымöс!»

Бара став выннас кевмысисны, мед Антус жалитас, бöр локтас… Некымынöн уськöдчисны ваö адса чукöрыс бöрся да кебыртчисны став вынсьыс мутияслöн кузь бöжъясас…

Сэки Антус Öксай босьтчис диктуйтны ассьыс условиеяс.

«Сöглас! Сöглас! Öксайö! Тайö изйыс дзикöдз тэнад! Мед век сiйöс шуасны “Куль-изöн”. Мед танi некор некод тэнö оз вöрзьöд! Ми кöсьысям некор не койны вежа васö матiгöгöрас, некор не петкöдлыны татöн ни перна ни мöдтор тэныд паныд. Сарав шумтöг-зыктöг!»

Сэки ваыс ёна резсьöм понда ставöн брöд кöтасисны уна сюрс мути юралысьныскöд вöйисны.




Conte populaire niçois adapté du français en komi par Sébastien Cagnoli et Olga Bazhenova (2011) sur la base de l’ouvrage suivant :

Jean Portail [Жан Портай], Contes et légendes du pays niçois [Ницца йöзкостса важ висьтъяс]. – Paris : Fernand Nathan, 1959.

 



[2] Fontan ~ ключьас, источник.

[3] Bel-védère ~ мича-аддзöм.

[4] Лат. Cervus elaphus («Благородный олень»).

[5] Лат.: «Мун татысь, Антусö!»


Illustrations : Юрий Лисовский ~ Iouri Lissovski
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Écrit par SebK, le Lundi 30 Novembre 2015, 17:03 dans la rubrique "Komi".


— 1828-1852 —
https://upload.wikimedia.org/wikipedia/en/thumb/f/f3/Flag_of_Russia.svg/320px-Flag_of_Russia.svg.pngOlof Fritiof Holmberg naît à Helsingfors (Helsinki) le 1er juin 1828, d'une famille Holmberg originaire de Tavastehus (Hämeenlinna). Depuis 1809, la Finlande est un grand-duché autonome au sein de l'Empire russe, et Helsingfors (Helsinki) en est la capitale depuis 1812.

Le père, Olof Henrik Holmberg, est trésorier et conseiller à l'administration générale des douanes (admis à l'Université d'Åbo en 1814). La mère, Josefa Gustava, vient d'une famille Federley.



En 1829, l'université d'Åbo (Turku) a déménagé à Helsingfors (Helsinki). Le 15 juin 1844, Olof Fritiof Holmberg y est admis sous le matricule 16195 (avec mention très bien), pour un cursus de sciences de l'administration. Le 10 octobre 1844, il adhère à la corporation d'étudiants du Häme, province d'origine de sa famille.
L'année suivante, il s'inscrit à la faculté de droit (25 octobre 1845). Il obtient un diplôme de juge le 10 décembre 1847, puis effectue un stage à la cour d'appel de Turku (21 décembre 1847). Il obtient son diplôme supérieur le 12 décembre 1848, après quoi il rejoint son père à l'administration générales des douanes. Il a alors 20 ans.


https://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/a/ad/Flag_of_Italy_%281861-1946%29.svg/320px-Flag_of_Italy_%281861-1946%29.svg.pngL'hiver 1851-1852, Olof Fritiof Holmberg est de passage à Nice, chef-lieu de division des États-Sardes.
Il fait partie de cette petite communauté "russe" qui passe l'hiver sur le littoral ligure avant la crise diplomatique de la guerre de Crimée. Le consul de Russie à Nice est alors Alexandre De Griève (qui a succédé à Étienne Michaud en 1845).

Âgé de 23 ans, Olof Fritiof Holmberg meurt à Nice dans la soirée du 5 février. Son décès est enregistré le 6 dans les registres protestants (tenus par les protestants français de Nice), et sa dépouille est inhumée le 7 dans le carré protestant du cimetière du Château.



Les deux témoins du décès sont un certain Georges Gary, conseiller de commerce âgé de 78 ans et demeurant à Nice ; et Basile Czaczkoff, conseiller d'État de Russie résidant à Saint-Pétersbourg, également de passage à Nice. Ce dernier, né vers 1811-1812, est vraisemblablement le fils de Василий Васильевич Чачков (1785-1842), lui-même conseiller d'État.



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Écrit par SebK, le Samedi 28 Novembre 2015, 13:53 dans la rubrique "Finlande".


— 1937-2015 —
 

Paroles de Pam à son peuple

Avec précaution, [Sérafim] s’approcha de la maison. Même de près, il ne vit aucune lumière à la fenêtre ; seule scintillait dans un coin la pâle lueur du crépuscule. Et puis elle disparut de son champ de vision. Mais l’obscurité n’était pas encore totale.

Sérafim fit toc-toc à la porte. Il attendit un moment. Personne ne répondit ni ne sortit. Il toqua une seconde fois. Pas un bruit. Il saisit alors la poignée. Le lourd battant s’ouvrit en grinçant, comme à contrecœur. Il n’y avait personne. Dans la maison, il faisait encore plus sombre que dehors. Sérafim balaya l’intérieur du regard : une table, un banc et un petit poêle avec une cuisinière dans un coin. Il y avait aussi une armoire contre le mur. À part cela, rien, pas âme qui vive. Sur la table, quelque chose se déplaça en produisant un bruit. Des mouvements rapides s’enchaînèrent. Sérafim avança d’un pas ou deux et… il en resta bouche bée : il vit un échiquier sur lequel les pièces jouaient toutes seules. Aucune main ne les déplaçait. Quel miracle ! Il contempla longuement cette partie sans intervention humaine. Il ne savait que faire : s’asseoir ou ressortir ? Bon sang, allez savoir…

Alors que Sérafim faisait demi-tour, une porte s’ouvrit doucement du côté du poêle, laissant pénétrer une faible lumière. Par là arriva un vieillard chenu à longs cheveux et barbe. Il tenait à la main une chandelle à la flamme chétive. Elle s’était consumée jusqu’à son support de bois. Sur l’échiquier, les pièces bougèrent encore une fois, puis le jeu s’arrêta tout seul.

« Bonjour, voyageur, dit le vieillard avec bienveillance. Je t’attends depuis longtemps. »

Sérafim resta d’abord interdit, mais il finit par retrouver la parole.

« Bonjour, je ne sais pas comment t’appeler…

— Mon nom est long, rit doucement le vieillard, mais pour faire court : “Atlym Ćud Örep Laďej du clan du prince Pam de Permie” [1]. Tu peux dire “Vieux Laďej”. Assieds-toi.

— Et ça, demanda Sérafim en montra l’échiquier du regard, comment ça marche ?

— Je joue avec les yeux et la tête. On s’ennuie, tout seul.

— Ah oui… répliqua Sérafim, faisant semblant de comprendre.

— Je suis vieux, Sérafim…

— Comment me connais-tu ? s’étonna de nouveau le garçon.

— Il se trouve que je sais lire dans les yeux des gens. Je n’ai rien à faire, ici. Je suis un vieil homme. Dans mes rêves, les dieux me rappellent déjà auprès d’eux. Tu viens de Komi. J’ai invoqué une telle personne en pensée. Tu passais près de chez moi et tu as répondu à l’invitation. Écoute.

— Oui, Vieux Laďej.

— Écoute attentivement. N’oublie rien. Dans ma vie solitaire, j’ai vu bien des choses, et bien des choses non vues sont restées aussi dans ma tête. Les loups l’emportent sur les brebis. D’épaisses ténèbres se déploient. Et pas ici, mais dans la vie. Tu es un homme intelligent. Je le vois. Et c’est pourquoi je te raconte cela. Tu m’écoutes ?

— Oui, Vieux Laďej.

— C’est aujourd’hui l’anniversaire du prince Pam de Permie. Les dieux ont disparu, mais ils ne sont pas morts. Et il en est de même des descendants de Pam. En voici un qui étudie dans votre ville au bord du Syktyv [2], dans la plus grande école. Il a réussi à entrer. Il a été admis. Un garçon intelligent. Cultivé. Mais ici, dans la région de l’Ob, à part moi, la plupart des gens vivent avec le peuple local. Ils chassent, ils pêchent, ils élèvent les rennes. Ils ne m’oublient pas : je mange à ma faim, j’ai du bois pour le poêle. Que demander de plus ? J’ai même un chien.

— Je ne l’ai pas remarqué. Je n’ai rien entendu.

— Il aboyait, ici. Je l’ai envoyé un peu plus loin. Pour qu’il ne t’effraie pas. Il me protège. Un bon chien. À quatre-z-yeux.

— Alors tu n’es jamais seul, Vieux Laďej.

— Qu’est-ce que je disais ? Oui. Aujourd’hui, c’est l’anniversaire. Et il faut que je raconte à mon peuple une parole qui me tient à cœur. Ensuite, il n’y aura plus personne. Nul autre ne l’a entendue. Tu pourras revenir tantôt, mais je ne serai plus là.

— Tu vis encore, Vieux Laďej…

— Mais écoute-moi donc, coupa le vieillard. Ainsi parlait le prince Pam : “Ô, Komis, vous êtes peu nombreux. Protégez-vous les uns les autres. Un jour je reviendrai… non parmi vous, mais dans vos cœurs…

”Je ne dénigre pas le Moine Śťep, celui qu’on appelle Étienne de Permie [3]. Il apportait un nouveau Dieu, au profit de Moscou. Mais, mon cher fils, pendant mille ans nous avons eu notre propre mode de vie : si le peuple komi l’oublie, il disparaîtra complètement de la terre. Respecte tes grands-parents et tes parents, sache t’accorder avec la nature, veille sur ton pays natal comme sur toi-même. Qu’a-t-il dit de neuf, Étienne de Permie ?…

”Moi, je suis né, j’ai vécu et je mourrai dans la croyance en nos divinités. Je ne dis pas cela pour moi seul. Mais au nom de tous les Permiens. Ou bien pendant mille ans nos aïeux se seraient-ils fourvoyés ? Ils ont protégé notre pays contre les regards envieux…

”La Nouvelle Babylone approche. Si l’on a des griffes et des crocs, alors on est un homme. Ne vous disputez pas en vain avec les gens qui parlent une autre langue, mais ne perdez pas la vôtre. La vie embrouille les gens. Le gros poisson avale le petit. Gardez-vous en troupeau, vous resterez vous-mêmes ; si vous vous dispersez, vous vous perdrez…

”Pendant des siècles, le peuple komi a vécu sa vie propre. Aujourd’hui, un grand nombre de gens, au fond d’eux, oublient leurs noms, leur mode de vie, leur foi, leur langue. La chance sourit aux coupables, le malheur frappe des innocents…” Tu m’écoutes, Sérafim ?

— Oui, Vieux Laďej.

— Dans la région de l’Ob, il y a de longs siècles, existait une localité du nom de Šörkar : grande, joyeuse, c’est aujourd’hui le bourg de Sherkaly…

— Et c’est là que nous allons, avec mes camarades ! s’exclama Sérafim.

— Quelques verstes plus haut, et bien auparavant, se dressaient les yourtes d’Atlym : Grand-Atlym et Petit-Atlym, non loin l’une de l’autre. Là s’établit le prince Pam, qui avait été piégé et expulsé de Komi par la violence. Ils avaient voulu le tuer, mais ils n’y étaient pas parvenus. Il arriva avec sa suite. Les Komis étaient riches, puissants, mais surtout bienveillants. Si tu fais du bien à quelqu’un, il te le rendra dix fois. Les arrivants furent donc accueillis avec générosité. Et Pam dut vivre loin des terres et des tombes des Komis.

— Et où alla-t-il ensuite ?

— Il dort maintenant au bord de l’Ob, là où se dressaient les yourtes d’Atlym. En amont de l’actuel Sherkaly. La tombe, certes, s’est effacée. Mais il a promis de se réveiller et de sortir de terre, pour conduire les Komis vers un bonheur autonome. Ainsi parla-t-il : “Je vais dormir, pour me réveiller à une autre époque.”

— Et toi, tu as vu la tombe de Pam, Vieux Laďej ?

— Je l’ai vue. Mais je ne veux pas le réveiller avant l’heure. Il se réveillera lui-même. Ainsi parla-t-il. »

La chandelle clignotait sur la table.

Sérafim regarda sa montre. Le vieux Laďej hocha la tête.

« Tu dois te remettre en route.

— Oui, les camarades m’attendent.

— Savate (Čajpod) te conduira par le plus court chemin.

— Qui ?

— Savate. Mon chien. Il est noir, mais sa poitrine et le bout de sa queue et de ses pattes sont blancs.

— Il ne sait pas où je vais.

— Savate sait tout, il est capable de comprendre, il ne lui manque que la parole », répliqua le vieux Laďej avec un large sourire. “Un vieillard au cœur humble, au visage rayonnant, à l’esprit vif et très original, se dit Sérafim. À la maison, je leur raconterai cette rencontre.”

« Dans la vie, chaque jour est une fête, soupira le vieux Laďej. Un jour, une vie parfaite s’établira. La clarté de la terre est vaste. Il y en aura pour tout le monde. Chacun à sa place. Soyez amis avec la nature, c’est un cadeau des dieux, protégez-la comme vos ancêtres, apprenez leurs enseignements : il est difficile de vivre sans racines. Ne vous querellez pas les uns avec les autres. Les paroles dures, méchantes, ne plaisent ni aux gens, ni même aux végétaux : elles attaquent, elles tuent. Protégez votre pays. La violente tempête “Šuvgej” a tout balayé sur son passage, laissant derrière elle des terres broussailleuses et abandonnées, des prés en friche, des villages désertés [4]. Si vous ne vous protégez pas vous-mêmes, qui vous protégera ? Ne vous opposez pas à la nouvelle foi : gardez-la dans un coin de la tête et vivez selon votre bon sens. La Femme d’Or ne nous a pas attiré vers le mal : elle nous a éduqués au bien. Les anciens Komis l’adoraient par-dessus tout.

— La Femme d’Or ? J’en ai beaucoup entendu parler. De nos jours, on la cherche encore. Et elle existe ? La Femme d’Or ?

— Oui. Pam veille sur elle. Et de ce côté-ci de l’Oural, les gens vénèrent la Femme d’Or et Vojpöľ. Les Ougriens. Ils les considèrent comme leurs.

— Ils les vénèrent encore aujourd’hui ?

— Et depuis toujours. Elle recèle bien des secrets, la taïga, dans la région de l’Ob. Nous sommes des peuples cousins. Ce côté-ci de l’Oural s’appelle Manśipal, c’est-à-dire : “le pays mansi” ; l’autre côté de l’Oural, c’est Saranpal : “le pays zyriène”. Beaucoup de noms et de mots d’ici te seraient familiers : Šörkar (la ville du Centre), Śölöm-Iz (le mont du Cœur), Śura-Iz (le mont Cornu), ńań (le pain), luzan (le sac à dos) et bien d’autres. Et leur Sorńi-Naj, c’est votre Femme d’Or (Zarńi Ań). Et voilà. Eh bien, allons-y. Attends seulement un instant…

— Vieux Laďej, merci de tout cœur pour ton récit. Tes paroles se sont gravées en moi. Tiens, j’ai un lièvre dans ma besace, je viens de l’attraper, ainsi qu’un grand coq de bruyère et une gélinotte. Je veux te les laisser. »

Sérafim commença à ouvrir sa besace, mais le vieux Laďej l’arrêta.

« Il fait nuit, à présent, il est trop tard pour chasser. Et tu dois rapporter de la viande à tes camarades. Je le sais. Tu n’as pas chassé tout cela pour toi. Attends un instant. »

Le vieillard alla dans sa chambre et revint avec une boîte en écorce de bouleau haute de deux empans.

« Que veux-tu me donner ? Ce n’est pas la peine…

— Voici du miel. Des environs de Sherkaly. »

Sérafim bredouilla de surprise.

« Oh, non ! Je ne peux pas accepter.

— Prends-le, Sérafim. On me l’a apporté. Mais c’est un cadeau pour toi, de la part du prince Pam de Permie.

— C’est son anniversaire, aujourd’hui ?

— Oui, c’est cela.

— Eh bien, je laisse ce grand coq de bruyère de bon cœur. En cadeau de ma part.

— Tu auras beaucoup de difficultés à surmonter, Sérafim. Après l’armée, je te souhaite de rentrer étudier en Komi, dans la plus grande école, où s’instruit le descendant du prince Pam de Permie.

— J’y réfléchirai, Vieux Laďej. Et comment il s’appelle ?

— Le temps viendra… vous ferez connaissance », dit le vieux Laďej.

Et, se tournant vers la taïga, il poussa un long sifflement.

Aussitôt, son chien était à ses pieds.

… Et le chien à quatre-z-yeux du vieux Laďej, qui répondait au nom de Savate, conduisit vraiment Sérafim à travers l’épaisse forêt […].

« Merci, merci beaucoup à toi, mon chien Savate ! Transmets mes chaleureuses salutations et mes meilleurs vœux au vieux Laďej. Que longtemps encore il vive à la lumière. »

Et il agita la main vers la maison de Savate. Le chien comprit, remua la queue, jappa une fois ou deux et disparut dans la nuit noire.



Vladimir Timine naquit le 2 juillet 1937 en-deçà de l’Oural, dans un village de la « RSS autonome de Komi », en Russie soviétique. S’il est surtout connu pour sa poésie, il est également l’auteur de quelques récits très remarqués, où l’histoire et le folklore occupent une place prépondérante. Membre du mouvement national komi à partir de la fin des années 1980, il joua un rôle important dans la vie intellectuelle de la République lors des années de souveraineté (1991-1992) puis au sein de la Fédération de Russie. Rédacteur en chef de la revue littéraire L'Étoile du Nord [Войвыв кодзув], vice-président de l’Union des écrivains komis, il était une personnalité majeure de la scène culturelle du pays. Il est mort hier soir, le 25 novembre 2015, à Syktyvkar.

Le texte ci-dessus est extrait de son roman Un blindé perdu dans la taïga [Пармаын вошöм БТР], d’abord paru en feuilleton dans la revue Concorde [Арт] (numéros 1 à 3 de l’année 2007), puis la même année aux éditions Kola. Écrit en komi, l’une des deux langues officielles de la république, ce roman est une aventure humaine épique, caractéristique de cette grande contrée cosmopolite qu’est la Russie.


* * *


[1] Un nom komi traditionnel est constitué de la juxtaposition des noms d’usage des ascendants, du plus ancien jusqu’à la personne qu’il désigne (en l’occurrence : « Laďej fils d’Örep fils de Ćud… »), en partant d’aussi loin que le permette la transmission orale de la génalogie. Le fait que le personnage ait un nom « très long » laisse entendre 1) qu’il est issu d’une famille komie aussi vieille, peut-être, que le peuple komi lui-même, et 2) qu’il est porteur de la connaissance de toute l’histoire cette famille — et par extension, de toute l’histoire du peuple komi. Ce personnage incarne donc en quelque sorte « la conscience du peuple komi ».

[2] La ville au bord du Syktyv (en russe : Sysola), c’est « Syktyvkar », aujourd’hui capitale de la République de Komi.

[3] Envoyé par Moscou avec une armée russe, l’évêque Étienne de Permie a évangélisé les Komis au XIVe siècle. Les légendes ont gardé la mémoire d’un certain Pam, qui aurait tenté de défendre le pays komi et ses traditions face aux envahisseurs. À partir de cette époque, les Komis qui refusaient de se soumettre à l’autorité des Russes ont reculé peu à peu vers le nord (Izhma) et vers la Sibérie (Ob).

[4] Dans la mythologie komie, Šuvgej est un souffle, un vent, qui peut être dangereux, enlever les gens, les posséder. C’est un esprit maléfique susceptible d’induire ses victimes en erreur en changeant de forme et en se faisant passer pour diverses créatures.

photo : Körtkerös, 21/10/2007

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Écrit par SebK, le Jeudi 26 Novembre 2015, 18:59 dans la rubrique "Komi".


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