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Actualité
Rentrée littéraire 2020 : parution du roman O, de Miki Liukkonen, au Castor Astral.
07/2020 : création d'Innocence, opéra de Kaija Saariaho sur un livret original de Sofi Oksanen, au festival d'Aix-en-Provence.

03/2020 : représentations de Purge, de Sofi Oksanen, à Angoulême.

02/2020 : parution du roman Le papillon de nuit, de Katja Kettu, chez Actes Sud.

11/2019 : réédition de Ils ne savent pas ce qu'ils font, de Jussi Valtonen, au Livre de Poche.

11/2019 : Conférence sur les langues autochtones de l’Europe, Institut finlandais & Inalco, Paris.
10/2019 : parution de "Ni scandinaves, ni slaves : des voix originales d'Europe du Nord", préface à Ma muse n’est pas à vendre, poèmes d'Ivan Kouratov choisis et traduits par Yves Avril, éd. Paradigme.
08/2019 : présentations de Lever de rideau sur le pays komi dans le cadre du 15e Congrès des littératures finno-ougriennes, Kolozsvár, Roumanie.
05/2019 : parution d'Une soirée de toute cruauté, de Karo Hämäläinen, chez Actes Sud (coll. Actes noirs).

03/2019 : présentations de Lever de rideau sur le pays komi à Genève.
01/2019 : parution de Sœurs de cœur, de Salla Simukka, chez Hachette.

12/2018 : présentations de Lever de rideau sur le pays komi à Paris.
11/2018 : lecture publique de la pièce Purge de Sofi Oksanen à Cognac.
11/2018 : présentations de Lever de rideau sur le pays komi à Nice, à Moscou et en République de Komi (Syktyvkar et région de Körtkerös).
08/2018 : parution de Lever de rideau sur le pays komi, L'Harmattan & Adéfo, coll. "Bibliothèque finno-ougrienne".

05/2018 : réédition de Norma, de Sofi Oksanen, au Livre de Poche.

05/2018 : parution d'un article de Sofi Oksanen au Nouveau Magazine Littéraire, mai 2018.
03-04/2018 : représentations de Vincent River de Philip Ridley au Théâtre Ouvert Luxembourg.

01/2018 : Cent ans de musique et de poésie entre Nice et Finlande, concert-lecture autour d’Armas Launis et d’Uuno Kailas, Nice, bibliothèque Louis-Nucéra.

11/2017 : "L’imaginaire national finlandais à l’épreuve du centenaire - Un regard du XXIe siècle sur la poésie patriotique d’Uuno Kailas", dans le cadre du colloque Révolutions russes ; images et imaginaire en Russie et en France, Nice.
11/2017 : lecture d'extraits de la pièce Purge de Sofi Oksanen au Théâtre de l'Atalante (Paris) dans le cadre des rencontres Traduire - Transmettre.
10/2017-01/2018 : reprise des Cornes d'Alexeï Popov au Théâtre de l'Impasse (+ en tournée le 07/10 à Saint-André, le 27/10 à Falicon, les 13-14/01 à Vence).

09/2017 : réédition de Norma de Sofi Oksanen en grands caractères (éd. Voir de Près).

08/2017 : parution de l'article "Une comédie komie – Adaptations et mises en scène niçoises d'un théâtre minoritaire de Russie", dans la revue bretonne Klask, n° 11.
08/2017 : "Are Finns ashamed of their independence? - A 21st century look at Uuno Kailas’ patriotic poetry", dans le cadre du 14e Congrès des littératures finno-ougriennes, Tartu, Musée national d'Estonie.
08/2017 : "Garibaldi und Nizza – ein Epos zwischen Frankreich und Italien", dans le cadre du 4e colloque de la Garibaldi Gesellschaft, Kirchberg, Sachsen.
06/2017 : représentations des Cornes d'Alexeï Popov à Châteauneuf-Villevieille.
04/2017 : représentations des Cornes d'Alexeï Popov (Nice, Théâtre de l'Impasse).

03/2017 : parution de Norma, de Sofi Oksanen, chez Stock.

01/2017 : parution de Ils ne savent pas ce qu'ils font, de Jussi Valtonen, chez Fayard.

12/2016 : "Une comédie komie – Adaptations et mises en scène niçoises d'un théâtre minoritaire de Russie", dans le cadre d'une journée d'étude à l'université Rennes 2.
08/2016 : parution du Récif, de Seita Vuorela-Parkkola, chez Actes Sud Junior.

08/2016 : expo sur le pays komi dans les livres étrangers, Bibliothèque nationale de la République de Komi, Syktyvkar.
06/2016 : réédition des Chants des forêts de Nikolai Abramov à la Bibliothèque nationale de la République de Carélie.

05/2016 : réédition du recueil Les Komis – Questions d'histoire et de culture aux Presses de l'Inalco.

01/2016 : présentation de Uuno Kailas de Heinola à Nice au Centre de Documentation Provençale (Bollène).
11/2015 : parution de Noir comme l'ébène, de Salla Simukka, chez Hachette et au Livre de Poche.

10/2015 : Uuno Kailas de Heinola à Nice – Cent ans de musique et de poésie entre Nice et Finlande, concert-lecture à Helsinki.

10/2015 : Sofi Oksanen à Nice, rencontre avec Sofi Oksanen et Miquèu de Carabatta à Helsinki autour de Quora despareissèron lu colombs.
09/2015 : première de la pièce d'Alexeï Popov Les cornes par la compagnie La Chance du Débutant (au Théâtre National Komi, Syktyvkar).
09/2015 : réédition de Baby Jane, de Sofi Oksanen, au Livre de Poche.

09-12/2015 : résidence de traduction à l'HCAS (Helsinki).
05/2015 : parution de Blanc comme la neige, de Salla Simukka, chez Hachette et au Livre de Poche.

03/2015 : parution du poème de Nina Obrezkova "Un jour tu rentreras chez toi", à Syktyvkar (brochure réunissant des traductions du même texte dans 14 langues différentes).
03/2015 : Destination Russie (Châtenay-Malabry), festival consacré à la République de Komi, à l'initiative de l'association MIR Franco-Russe.
02/2015 : présentation des Colombs à Aix-en-Provence.
01/2015 : parution de l'article "La parenté finno-ougrienne dans la littérature komie : héritage commun ou influences récentes ?" dans la revue Études finno-ougriennes.
12/2014 : 1é mercat leterari de Calèna (Nice)
11/2014 : parution de Rouge comme le sang, de Salla Simukka, chez Hachette et au Livre de Poche.

05/2014 : parution de Baby Jane, de Sofi Oksanen, chez Stock.

04/2014 : réédition de Quand les colombes disparurent, de Sofi Oksanen, au Livre de Poche.

03/2014 : parution de La Sage-femme, de Katja Kettu, chez Actes Sud.

03/2014 : parution (en russe) d'une interview, de la nouvelle Le mur et de l'article "M.N. Lebedev et la satire politique du monde contemporain" dans la revue Арт.
02/2014 : Semaine komie à Nice.
12/2013 : "Quora despareissèron lu colombs: translating a Finnish bestseller to a minority language of France" (Université de Helsinki, colloque Language revitalization in a Russian and European context: Exploring solutions for minority language maintenance).
11/2013 : présentation des Colombs en Iamal (Salekhard, 12e Congrès des littératures finno-ougriennes).
11/2013 : "Кыдзи вуджöдiсны Савинлысь гижöдъяссö" ["Traduire Savine"] (Académie des Sciences de Russie, Syktyvkar, colloque Savine).
11/2013 : "Entre Savoie et Romanov : la famille niçoise Michaud de Beauretour – Une synthèse complétée par des données inédites" (Beaulieu-sur-Mer, colloque Romanov).
06/10/2013 : présentation des Colombs au Festival du Livre de Mouans-Sartoux.
09/2013 : "The role of drama in the construction of national identities in the Ural-Volga area, through examples of Finno-Ugric interaction" (colloque "Oural-Volga", Samara).
08/2013 : présentation des Colombs à Annot.
06/2013 : parution de "La langue marie au théâtre et à l'opéra – Survol d'un genre littéraire prolifique" dans le volume collectif Les Maris – Un peuple finno-ougrien de Russie centrale.
01/06/2013 : lecture et table ronde avec Joni Pyysalo (Nuit de la Littérature, Paris).
22/05/2013 : présentation des Colombs à Contes.
05/2013 : parution de Quand les colombes disparurent, de Sofi Oksanen, chez Stock.

02/05/2013 : rencontres avec Sofi Oksanen au lycée Calmette, à la bibliothèque Louis Nucéra et à la librairie Jean Jaurès (Nice).
04/2013 : parution de Quora despareissèron lu colombs, de Sofi Oksanen, à l'IEO-CREO PACA.

04/2013 : réédition des Vaches de Staline, de Sofi Oksanen, au Livre de Poche.
03/2013 : première de la pièce Purge à Fontenay-sous-Bois.
03/2013 : interventions en Maths spé (Eucalyptus) et à la fac de lettres (Université de Nice).
02/2013 : parution de Sondage au pif, de Mikko Rimminen, chez Actes Sud.
12/2012 : projection d'Uzy-Bory (Les Fraises) à l'Inalco, Paris.

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— (1809 Turku - 1880 Nice) —
Le cimetière russe de Nice (1867), perché entre celui de Caucade et la batterie de 1891 à laquelle il a donné son nom, témoigne de nombreux destins hors du commun, reflet de l'époque où les aristocrates de l'Empire de Russie fréquentaient le littoral des Alpes maritimes.

Évidemment, ces sujets de l'Empire n'étaient pas forcément russes, et certaines sépultures ne sont pas très "orthodoxes", comme celles d'un certain Mannerheim et de sa veuve, reproduites ci-contre.

La famille des barons de Mannerheim dont le plus illustre est le maréchal qui a joué un rôle décisif dans l'indépendance de la Finlande et dans les conflits de la Deuxième Guerre mondiale remonte à des marchands hanséatiques dont la présence est attestée à Hambourg au début du XVIIe siècle. De Hambourg, on passe bientôt à la mer Baltique, où les Mannerheim obtiennent le titre de "barons". Au XVIIIe siècle, le baron Carl Erik von Mannerheim épouse une certaine Vendla Sofia von Willebrand, issue d'une autre région du Royaume de Suède, de l'autre côté du golfe de Botnie : la vaste province de Finlande. La famille s'ancre en Finlande-Propre, dans les environs d'Åbo (Turku), chef-lieu de la région et métropole maritime. Mais en 1809, dans le cadre des guerres napoléoniennes, le tsar Alexandre s'empare de la Finlande et en fait un grand-duché rattaché au trône impérial. Les Mannerheim deviennent alors des barons de l'Empire de Russie.

L'arbre ci-dessous [cliquer dessus pour l'agrandir] présente le baron Johan Fridolf von Mannerheim, mort et enterré à Nice, en relation avec le maréchal (Carl Gustaf Emil) et avec leur ancêtre hambourgeois.

 
En juin 1809, au manoir familial, Johan Fridolf voit le jour en pleine guerre russo-suédoise. En septembre, la paix de Fredrikshamn (Hamina) entérinera le changement de souveraineté et la création du Grand-Duché de Finlande.

C'est en 1879 qu'on le trouve à Nice, en compagnie de son épouse la comtesse Paulina née Rozwadowska, originaire de Varsovie (qui, à sa naissance en 1803, était le chef-lieu de la province prussienne de Prusse-Méridionale). Le baron achète alors la Villa Paula (au prix de 50 000 francs), située sur la route de Villefranche (future avenue Lympia puis boulevard Carnot), à un propriétaire domicilié à Saint-Pétersbourg, Jean Antonoff, qui l'avait lui-même achetée en 1875 à une veuve Eugénie Gautier (16 242 francs). Cela donne au passage une bonne idée de la flambée des prix de l'immobilier sur le flanc du mont Boron en cette époque spéculative.

  
La Villa Paula est une partie de l'ancienne Villa Astraudo, propriété Astraudo-Gautier, qui s'étendait sur les parcelles cadastrales 155-181 et 188. Plus précisément, la villa des Mannerheim et le périmètre approximatif de son jardin sont indiqués en bleu ci-dessus.
Sur ce plan du quartier Lympia en 1878, la villa est encore indiquée comme étant la propriété d'Antonoff (en bleu). Au passage, on remarque aussi que le chantier d'agrandissement du port n'est pas encore réalisé : en particulier, les deux maisons d'enfance de Garibaldi (en rouge) ne sont pas encore démolies.

Le baron meurt en sa villa le 24 février 1880. Il est inhumé au cimetière russe. L'impressionnant caveau arbore le blason des barons de Mannerheim (curieusement surmonté d'une couronne comtale), et la date de décès est indiquée dans le seul calendrier julien.

Légataire universelle, la veuve devient propriétaire de la villa. Elle y est recensée, seule, en 1881. Du fait de l'intense urbanisation du quartier, l'adresse est désormais 11 avenue Lympia. Elle y meurt le 26 février 1885, vraisemblablement sans famille. Elle est inhumé à côté du caveau de son mari, au cimetière russe. La date inscrite est celle de l'acte de décès : 15/27 février, dans le double calendrier.
 
     
Avis de décès du baron et de la baronne dans Le Phare du Littoral.

La Villa Paula passe en la possession de ses héritiers, la comtesse Pazezemka-Bozanodowska (demeurant à Varsovie, Royaume de Pologne, Russie) et le comte Alexandre Bozanodowski (commandant de la 6e division de cavalerie demeurant à Bołoczyce, district de Słuck, gouvernement de Minsk, Russie). En 1886, ils la revendent (40 000 francs) à un M. Lippmanowitz, propriétaire domicilié à Moscou, qui la cèdera pour 50 000 francs à une Mme Bianchi en 1888. Toutes ces informations figurent sur l'acte de vente suivant (1896), qui décrit le bien comme "une maison d’habitation sans sous-sol, avec un rez-de-chaussée et un étage, avec jardin d’agrément attenant d’une contenance d’environ 15 ares, 57 centiares, confrontant dans son ensemble du midi, du nord et du couchant l’avenue Lympia et la propriété de M. le Vicomte de Bourbon Busset". Devenue "Villa Mourka", la maison se trouve aujourd'hui au 2 bis avenue du Capitaine-Scott.

  
Le blason des barons de Mannerheim, à la Ritarihuone de Helsinki et au cimetière russe de Nice.

L'ancienne Villa Paula, aujourd'hui Villa Mourka (photo Michel Graniou, 2018).
 
Pour conclure, quittons l'avenue Lympia et revenons au cimetière russe. Tout près de ces deux sépultures adjacentes, on inhumera plus tard une certaine Ekaterina Mikhaïlovna Dolgoroukova. Née en 1847 en Ukraine, cette princesse Katia fut d'abord la maîtresse du tsar Alexandre II dès 1866 (peu après la mort à Nice du tsarévitch Nicolas). Deux mois à peine après le décès de l'impératrice Maria Alexandrovna en 1880, le tsar a épousé sa maîtresse Katia. Mais il est mort peu après, assassiné en mars 1881. Persona non grata en Russie, l'impératrice morganatique et veuve passe alors la fin de sa vie à Nice (pendant les règnes des descendants de son mari, Alexandre III et Nicolas Ier, puis la révolution et la création des républiques soviétiques). Elle mourra le 15 février 1922 en sa "Villa George", au 10 boulevard Dubouchage.


Sources :
Archives départementales des Alpes-Maritimes.
Olga MELNICHENKO, "La Belle Époque à Nice pour les industriels français de Moscou (de la fin du XIXe siècle au début du XXe siècle)", Recherches régionales - Alpes-Maritimes et contrées limitrophes, 2018, no 215, pp. 45-65.
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Écrit par SebK, le Mercredi 12 Février 2020, 20:36 dans la rubrique "Finlande".


— le teaser —





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Écrit par SebK, le Vendredi 7 Février 2020, 12:56 dans la rubrique "Finlande".


— de Katja Kettu —
Petsamo, Finlande, 1937. Fille du redoutable Henrik Malinen, chef des gardes-frontières et homme le plus puissant de la région, Irga a quinze ans quand elle tombe enceinte de Dent-de-Loup, un agitateur communiste. Persécutée par les villageois qui la forcent à lécher une barre de fer gelée avant de lui trancher la langue, la jeune fille s’enfuit en Union soviétique afin de se rendre auprès de son bien-aimé mais est accusée d’espionnage et de sabotage par les autorités locales. Mutique et incapable de se défendre, elle est condamnée à vingt-cinq ans de travaux forcés dans un camp du Goulag à Vorkouta.

Village de Lavra, Russie, 2015. Verna débarque en pays mari après avoir reçu une lettre de son père l’implorant de le rejoindre. Ce respectable professeur d’ethnographie avait quitté la Finlande dans le but de lever le voile sur le destin tragique de sa mère, morte à Vorkouta. Mais Verna arrive trop tard. Le corps mutilé de son père vient d’être retrouvé sans vie. Et au fond de sa gorge, parfaitement conservé, on découvre un papillon de nuit.

Le sublime et le sordide cohabitent dans l’univers littéraire de Katja Kettu, qui mêle singulièrement faits historiques et ethnographiques avec des éléments de thriller. Un cocktail délibérément répulsif et envoûtant qui immerge le lecteur dans la misère des camps, la mythologie marie et les rencontres sexuelles torrides. Sa façon à la fois truculente et insaisissable de composer puise dans la tradition du grotesque nordique, avec une pointe de réalisme magique.


Actes Sud / février 2020 / 448 pages
ISBN : 978-2-330-13103-6 / Prix indicatif : 23.00€

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Écrit par SebK, le Jeudi 6 Février 2020, 17:24 dans la rubrique "Finno-Ougrie".


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Écrit par SebK, le Mardi 21 Janvier 2020, 10:51 dans la rubrique "divers".


— (1807 Estonie - 1877 Nice) —
À Nice, le cimetière Sainte-Marguerite est connu sous le nom de "cimetière des Anglais". Certes, c'est ici, en bordure du vaste cimetière de Caucade, que la ville a commencé d'inhumer les sujets protestants du Royaume-Uni lorsque le petit cimetière de l'église anglicane, en centre-ville, est devenu trop exigu pour les nombreux résidents britanniques. En réalité, c'est plus généralement un espace consacré aux chrétiens réformés de même que la dernière parcelle des cimetières de Caucade, encore un peu plus haut, est destinée aux orthodoxes. Créés dans l'ouest de la ville dans les années 1860-1870, ces trois terrains avaient pour vocation de répondre à l'explosion démographique consécutive à l'annexion française.

Aussi, parmi les anglicans, on trouve aussi des luthériens, etc. : autrement dit, des chrétiens originaires de toute l'Europe nord-occidentale. Par exemple, sur la photo ci-contre, la pierre tombale est revêtue d'une inscription en allemand surmontée des armes d'un baron :

Hier ruht
FRIEDRICH FREIHERR VON UEXKUELL
geb. im Herzogthum Ehstland
den 22. Juli / 3. August 1807
gest. in Nizza den 6/18 November 1877
 
Né au manoir familial en Estonie, Friedrich August von Uexküll est issu de la noblesse allemande de la Baltique.
   Ses parents sont Berend Johann von Uexküll (1762-1827) et Elisabeth von Sievers (1776-1865), mariés en 1792. Militaire de l'Empire russe, Berend est conseiller d'Estonie, chef de la chevalerie estonienne en 1806-1809, et gouverneur civil d'Estonie en 1808-1819. Elisabeth est l'une des trois filles de Jacob Johann von Sievers (1741-1808), politicien et diplomate sous Catherine II. Friedrich August naît à Fickel (Vigala) le 3 août 1807. Voici un aperçu de sa généalogie proche, ainsi qu'une carte d'époque où sont mis en évidence les lieux mentionnés dans l'arbre (cliquer pour agrandir) :
 
    
Les provinces d'Estonie et de Livonie dans l'extrémité baltique de l'Empire russe au XIXe siècle.
En 1919, le nord de la Livonie (Tartu) sera intégré à l'actuelle République d'Estonie.

  
Berend von Uexküll et Elisabeth von Sievers, parents de Friedrich.

Le manoir de Vana-Vigala en 2008 [d'après photo Wikipedia].

En 1821, Friedrich von Uexküll devient propriétaire du manoir de Matzal (Matsalu mõis), une ancienne seigneurie qui existait probablement déjà au XVe siècle. Son père meurt en 1827.

Le manoir de Matsalu aujourd'hui. Le bâtiment actuel date du XVIIIe siècle (agrandi en 1867) [d'après photo Wikipedia].

Vers 1830, le châtelain de Matsalu épouse Anna von Patkul, née en 1810 à Reval (Tallinn). Leur premier enfant, Marie Elisabeth (1832-1857), va mourir à Dresde (Royaume de Saxe) à l'âge de 25 ans. En revanche, les trois enfants suivants seront les héritiers du baron :
  • Woldemar (1833-1898) va résider à Jeddefer (Jädivere) et mourir à Tallinn ;
  • Anna (1835-1902) va épouser le comte Karl Gotthard von Rehbinder, né en 1829 à Uddrich (Udriku), diplômé de l'université de Dorpat (Tartu) en 1851, qui mourra en 1878 à San Remo ;
  • Elisabeth (1843-1941) va épouser le major Gottwalt Arthur von Nostitz und Jänckendorf (né en 1829) et résider à Niederlößnitz (près de Dresde).
En 1859, âgé de 52 ans, Friedrich August quitte Matsalu. C'est apparemment le moment où il s'établit définitivement à Nice.


Depuis la fin de la guerre de Crimée en 1856, les relations diplomatiques, économiques et touristiques reprennent de plus belle entre l'Empire de Russie et le Royaume de Sardaigne. À Nice, les hivernants sont plus nombreux que jamais.
   Au cours de la saison 1858-1859 (la dernière avant la Troisième Guerre d'indépendance italienne), les Britanniques sont les plus nombreux des étrangers de passage, avec 284 familles recensées par la presse (d'où la grande majorité de tombes britanniques à Sainte-Marguerite) ; puis viennent les Français (282 familles), et les sujets de l'Empire de Russie (141 familles) ; le tourisme américain est encore modeste (25 familles). 
   Cet hiver-là, on remarque déjà une "baronne Uxkull" à Nice, qui saisit la justice pour avoir subi un vol en son domicile de la promenade des Anglais. Le frère de Friedrich, le baron Berend Johann Friedrich (1793-1870), réside dans une autre ville de la division de Nice appréciée par les riches étrangers : San Remo (voir les points bleus sur la carte ci-dessus). Il y est hébergé par la comtesse Adele Bianchi in Roverizio di Roccasterone. Auprès de l'aristocratie locale, en tant que noble de l'Empire de Russie, le baron Berend est connu sous son nom russe : "Boris". Aîné de la fratrie, "Boris d'Uexkull" a hérité du manoir d'Alt-Fickel (Vana-Vigala). 

Friedrich von Uexküll et sa famille sont donc déjà bien établis sur le littoral niçois lorsque le roi Victor-Emmanuel II vend la province de Nice à Napoléon III en 1860. Les aristocrates étrangers gardent leurs habitudes : ils vont continuer de fréquenter les villes de Nice et de San Remo, désormais englobées respectivement dans l'Empire français et dans le nouveau Royaume d'Italie.

En ces années 1860, "Frédéric Auguste d'Uxkull" achète un terrain à Brancolar, où il fait construire (ou rénover) une maison de campagne : la "Villa Uxkull". Sur le cadastre, la propriété couvre les parcelles 105 à 108 de la section H : oliviers, jardin, puits, maison et remise. Comme on peut le voir ci-dessous, Friedrich a pour voisin un autre baron allemand de la Baltique, Paul von Derwies (1826-1881), qui construit un château néogothique sur son domaine de Valrose (aujourd'hui siège de l'université de Nice).

  

La Villa Uxkull sur le plan cadastral de 1871 : maison avec remise, agrémentée d'un jardin bordé d'oliviers et équipé d'un puits.

  
Le baron Friedrich von Uexküll photographié à Nice.

En décembre 1868, l'épouse de Friedrich meurt à Dresde.
En 1872, le baron est recensé à Brancolar avec sa fille Marie de 19 ans (?) ; un valet de chambre italien âgé de 30 ans ; ainsi que deux Allemandes, une femme de chambre de 25 ans et une cuisinière de 20 ans.
En 1876, il est recensé avec sa fille adoptive "Louise Bellet-Uxkull" (une citoyenne suisse de 47 ans ?) et deux domestiques niçois d'une cinquantaine d'années.
Il meurt en sa villa le 18 novembre 1877.

L'héritage niçois sera partagé entre les trois enfants vivants en 1879, et les parcelles de Brancolar réattribuées en 1881. La maison et la remise sont toujours visibles, apparemment agrandies (et loties) : c'est la villa Blonay, au 28 avenue de Brancolar ; le jardin et les oliviers ont cédé la place à cinq maisons (nos 16 à 24).

  


Sources
Archives départementales des Alpes-Maritimes.
LeRoy ELLIS, Les Russes de la Côte d'Azur, Nice, Serre, 1988.
Geni.com
Wikipedia.org
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Écrit par SebK, le Lundi 6 Janvier 2020, 14:47 dans la rubrique "Nice".


— poème mari de Svetlana Grigorieva —
 

Шурген эртыше сылне ийгот

Теҥыз гай шаулен шöртньö шыже,
Тулшол пызле чӱчкалын ноен,
Йорга мурыжо тудын ок шыже,
Шӱлык сем тошкемнам авалтен.

Чумыра лышташлам шыже комдыш,
Шершот дечын посна шып шотла.
Лышташ кумык камвозын, я комдык –
Огеш шергылт мур йӱк йыр тетла.

Икыт, кокыт камвозыт шке вер гыч,
Мландывалне мо мурым юлат?
Теҥыз гай толкынан шыже верчын
Огыт шорт, лач тулешышт йӱлат.

Чаманен лышташ-влакым ончальым:
Огыт пöртыл пушеҥгыш уэш,
Пыжашлам, кеҥеж мучко шерлалмым,
Курымеш кодат тышке шуэн.

Огыт лий нигунам ты лышташ-влак
Шурген эртыше сылне ийгот.
Да нунат, шып камвочшо ужашла,
Нигунам пöртылаш огыт йод.

Лач тыгай шӱлык годым мый шочым,
Кунам покшым шупшалын эрта.
Лышташ шолгым шижеш тиде кочым,
Тулшол пызле чӱчкалын эрна.

Шыжым мый мландӱмбак шоген кодым,
Нумалам пагытемын комдем,
Шурген эртыше сылне ийготым
Лышташ гай вачӱмбаке оптем.

 

Ces si belles années qui en bruissant passèrent

L’automne d’or grondait comme mer bouillonnante,
Le sorbier flamboyant semblait danser sans fin,
Sa mélodie virevoltait tout insouciante,
Un chant mélancolique animait le jardin.

Or l’automne amasse les feuilles en sa besace,
Une à une il les compte, calme et résolu.
La feuille a pu tomber sur le dos ou la face,
Mais son chant alentour ne retentira plus.

Une ou deux se détachent, choient incandescentes :
Et quelle incantation retentirait alors ?
L’automne impétueux comme mer bouillonnante
Ne les fait pas pleurer : il les enflamme d’or.

Avec un grand regret j’ai contemplé les feuilles
Qui dans les branches d’arbre ne reviendront pas ;
Leurs nids douillets, pendant l’été gorgés de perles,
Pour toujours resteront dénudés ici-bas.

C’en est fini de cette frondaison si forte :
Tant de belles années sont passées en bruissant.
Et, partageant la destinée des feuilles mortes,
Elles sont à jamais arrachées au présent.

Je naquis autrefois sous ces tristes augures,
Lorsque le gel posait sur le sol son baiser.
Un sentiment amer embrase les ramures,
Le sorbier flamboyant arrête de danser.

Je restai en automne ainsi donc sur la terre :
Depuis lors, de mon temps je porte le fardeau ;
Ces si belles années qui en bruissant passèrent
Comme des feuilles s’accumulent sur mon dos.

 

 





Svetlana Grigorieva (alias Svetlana Dmitrievna Arkhipova, Svetlana Soto) est née le 14 octobre 1967 à Joškar-Pamaš, un hameau de la commune rurale de Marisola, dans la région de Šernur (république de Mari-El). Écrivain et journaliste, elle publie de la poésie à Joškar-Ola depuis les années 1990.

Poème traduit du mari.
Illustration : Joškar-Ola, septembre 2008 (photo SC).
Portrait de Svetlana Grigorieva à Joškar-Ola : photo Facebook.

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Écrit par SebK, le Mercredi 25 Septembre 2019, 19:41 dans la rubrique "Finno-Ougrie".


— Sur les pas de Pepin & Anita —
Après plusieurs voyages en Italie, la Société Garibaldi d'Allemagne (Garibaldi Gesellschaft Deutschland) poursuit ses pérégrinations en visitant la ville natale du "héros des deux mondes".
   Si les liens entre Garibaldi et l'Allemagne peuvent paraître minces, il ne faut pas oublier que Giuseppe passa commande de 15 000 chemises rouges à un drapier saxon rencontré à Côme en 1866, alors qu'il se préparait en vue de la "Troisième Guerre d'indépendance italienne".
   Ce voyage à Nice est l'occasion d'explorer quelques lieux et monuments emblématiques en rapport avec les Garibaldi (Pepin, Anita, mais aussi Rosa), ainsi qu'avec d'autres personnalités qui ont laissé leur empreinte dans l'histoire de Nice (Paganini, Nietzsche, etc.).
   En chemin, on passe d'ailleurs devant le lycée Calmette (ancien lycée de jeunes filles, 1887), puis par le monument à Albert Calmette (1863-1933) devant l'hôpital Saint-Roch (architecture turinoise de 1858, futur hôtel de Police). Les visiteurs ne connaissent pas ce médecin niçois... ou ne le reconnaissent pas, car il se cache derrière le C du fameux "BCG", le vaccin contre la tuberculose qu'il développa au début du XXe siècle et qui est toujours largement utilisé dans le monde.
   Quant à Niccolò Paganini, mort à Nice en 1840, l'hôtel et la rue qui portent son nom servent de point de départ à la visite.

Naissance et baptême

   Pepin est né dans le port de Nice le 4 juillet 1807. À cette époque (1793-1814), Nice est le chef-lieu d'un "département français", comme bientôt Rome ou Hambourg. À ce titre, la seule langue officielle est le français. La naissance doit être déclarée à la mairie (et non à l'église paroissiale), et en français. Il est également nécessaire de traduire les prénoms. Par conséquent, sur l'acte ci-dessous, Jousé/Pepin/Giuseppe s'appelle "Joseph" :

  

   Lors de l'invasion de 1792-1793, au nom du principe de laïcité, les Français avaient fermé les églises et aboli toute forme de religion. Mais Napoléon a rétabli la liberté de culte, sous certaines réserves.
   Le père étant marin, la famille habite naturellement dans le quartier du port. Les Garibaldi dépendent donc de la paroisse Saint-Martin-Saint-Augustin. Il n'est plus interdit de baptiser l'enfant, à condition de le faire en français (au lieu d'italien, comme c'était le cas dans cette paroisse avant 1793). En outre, on constate sur l'acte ci-dessous que l'enfant est baptisé le 19 juillet, soit quinze jours après sa naissance.

  
Le baptistère de l'église paroissiale et l'acte de baptême de Pepin.

   En face de l'église, le monument à Catarina Segurana (érigé en 1923, et en langue niçoise seulement) appelle quelques explications, et on parle donc du siège de 1543.

(photo T&T)

Le port et les domiciles de la famille Garibaldi

   Si les visiteurs espéraient voir la maison natale de Garibaldi, ils vont être déçus. Sur le plan ci-dessous, qui représente le port de Nice sous la forme qu'il a prise au XXe siècle, l'emplacement de la maison natale ("Casa Gustavin") est indiqué par le carré de gauche. L'autre carré, à peu près sur le quai de l'actuel parking Port-Lympia, désigne la maison des Garibaldi sous la Restauration ("Casa Abudharam").

     

   On aperçoit la maison Abudharam sur la photo ci-dessus. Au premier plan, Charles-Félix semble la montrer du doigt.
   Le monument date des années 1820. Charles-Félix de Savoie était alors roi de Sardaigne. Jusqu'au XVIIIe siècle, voire encore après, le principal port de Nice était la rade de Villefranche, mouillage naturel en eaux profondes. Tant que le littoral niçois était le seul accès à la mer pour les États de Savoie, Nice-Villefranche était donc le port de Turin. L'accoutrement de style Renaissance fait référence aux ancêtres de Charles-Félix, en particulier au duc de Savoie Charles-Emmanuel Ier, qui donna à Nice le statut de port franc (en 1612) afin de favoriser le commerce avec la capitale. À la libération (1814), le traité de Paris restaure les États de Savoie. Mais l'année suivante, le congrès de Vienne y annexe l'ancienne République de Gênes (carte ci-contre). Les Niçois s'affolent : que va devenir l'économie locale, face à la concurrence soudaine du plus grand port de toute la Méditerranée ? Pour les rassurer, Charles-Félix rétablit les franchises du port (supprimées pendant l'occupation) : d'où la statue ci-dessus, avec l'index tendu vers le port Lympia.
   Mais lorsque Charles-Albert abolit la monarchie absolue en 1848, il promet pour tous les sujets du royaume l'égalité devant la loi. À cet égard, le port franc ne peut plus durer longtemps. La révocation de ce privilège sera entérinée par Victor-Emmanuel II dans les années 1850, provoquant la colère des Niçois. Dans les émeutes, la statue perd son index, symbole d'une promesse non tenue.
   La plaque ci-dessus fut apposée sur la maison natale en décembre 1871. C'est une année mouvementée : dix ans à peine après l'annexion, Napoléon III a capitulé, la France a proclamé la "Troisième République", Garibaldi a offert ses services à la cause républicaine et remporté les rares victoires françaises dans la guerre contre les Prussiens, lesquels ont tout de même fini par prendre Paris et proclamer l'"Empire allemand" ; Garibaldi a été élu député dans plusieurs départements français, dont les Alpes-Maritimes, mais son élection a été invalidée par le préfet, ce qui a provoqué les fameuses "Vespri Nizzardi", insurrection réprimée par le pouvoir central et suivie de l'exil des intellectuels niçois... Curieusement, dans ce contexte tendu et répressif de la jeune Troisième république, le conseil municipal vote l'apposition d'une plaque sur la maison natale de Garibaldi, avec une inscription en italien seul (et non en français).
   Mais à cette époque, la France a déjà lancé un projet d'urbanisme en vue d'agrandir le port de Nice, et les deux bâtiments ont vocation à être démolis tôt ou tard. La maison natale disparaît bientôt (et donc la plaque ci-dessus, dont j'emprunte la photo à un ouvrage ancien), suivie par la maison Abudharam en 1897.

  

   Aujourd'hui, dans le port, il ne reste que deux souvenirs de la maison natale de Garibaldi : une plaque apposée à l'initiative de la Società Italiana di Beneficenza en juin 1932 (sous le régime fasciste), également en italien ; et une nouvelle plaque de 2011 (à l'occasion du 150e anniversaire de l'unité italienne), plus grande, au pied de l'escalier central (mais je ne sais pas si elle est toujours là, la zone étant actuellement inaccessible en raison du chantier du tram). 

Première Guerre d'indépendance italienne

   Condamné à mort au début du règne de Charles-Albert pour activités révolutionnaires, Giuseppe a mis les voiles en catimini, et le vent l'a porté jusqu'au Rio de la Plata, où la jeune République Orientale d'Uruguay était alors tiraillée entre ses deux grands voisins : l'Argentine et le Brésil. En passant par le Rio Grande do Sul, il a rencontré Anita, qu'il a épousée et qui, depuis lors, se bat à ses côtés. Lorsque Charles-Albert abolit la monarchie absolue en 1848 et amnistie les condamnés politiques, Pepin rentre à Nice, avec Anita et les enfants. Le couple Garibaldi se met alors au service du roi pour soutenir la révolution chez les voisins milanais.
   En chemin, on passe devant le lycée Sasserno. Poète romantique niçoise d'expression française, Agathe-Sophie Sassernò (1810-1860) se définissait comme italienne. À ce titre, sa carrière, qui couvre exactement la période du Risorgimento, est imprégnée de l'idéal national de son temps. Que ce soit par conviction ou pour s'attirer les bonnes grâces de la cour, elle publie en 1852 une sorte d'épopée albertine intitulée Glorie e Sventure, qui retrace avec pathos l'entreprise aussi téméraire que tragique menée par Charles-Albert en Lombardie dans les années 1848-1849 : la "Première Guerre d'indépendance italienne". Au nombre des "glorieux martyrs" de cette sventura figure bien sûr Anita Garibaldi, morte le 4 août 1849 près de Ravenne. Ci-dessous, je reproduis intégralement le poème qui lui est consacré.

  
"Son nom honorera l'Italie et les femmes !"

   En 1854, en préfaçant une édition parisienne de ses poèmes, Sainte-Beuve a loué "l’œuvre d'un poète qui, né en Italie et habitant l'Italie, a cependant préféré à sa langue maternelle notre propre idiome" (sic). Fille d'un ancien aide de camp de Masséna et d'une certaine Marie-Sibille Chartroux, je doute qu'Agathe-Sophie eût une grande expérience "maternelle" de l'italien ! Mais Sainte-Beuve ne pouvait simplement pas concevoir qu'on puisse être italien et parler français, ou, comme il le dit possessivement, "notre propre idiome". (C'était une parenthèse francophonique.)

Colline du Château

   Il est temps de prendre un peu de hauteur. Une visite de Nice passe forcément par la colline du Château, et notamment par le "donjon", alias "terrasse Nietzsche". Pourquoi Nietzsche ? L'écrivain effectua plusieurs séjours à Nice, en particulier les hivers entre 1883 et 1887, et il n'aura pas manqué d'apprécier la vue depuis ladite terrasse qui surplombe la cascade. Il était présent, d'ailleurs, le mercredi des Cendres où les habitants furent tirés du lit par un séisme impressionnant, qui fit des ravages autour de San Remo (on en voit encore des ruines et des villages abandonnés), mais plus de peur que de mal à Nice, ce qui amusa le philosophe.
   La "colline du Château" appelle quelques explications. En allemand, on entend souvent parler de "Schloßberg", les gens ne sachant pas à quoi pouvait bien ressembler ce "château" disparu. Le terme "Burgberg" me paraît plus approprié, vu que les édifices en question constituaient (historiquement et architecturalement) une véritable ville haute, qui trouvait son origine dans un oppidum ligure et qui fut bâtie au fil des siècles autour d'une cathédrale du Ve siècle. Une fois de plus, difficile de ne pas évoquer le siège de 1543, qui a conduit à une réorganisation des infrastructures civiles (développement de la ville basse) et militaires (fortification du mont Boron), puis ceux du tournant du XVIIIe siècle, qui ont abouti à la démolition de ce qui restait des fortifications, donc à l'abandon définitif de la ville haute.

  
Reproduction d'un plan de Nice au XVIe siècle, où l'on distingue les fortifications de la ville haute et de la ville basse. À droite, reconstitution du château dans son état de 1692 (par Florent Pey, 2017), juxtaposé avec la ville actuelle.

   L'église que l'on peut voir sur les images ci-dessus est la première cathédrale de Nice. Le christianisme a pu arriver dans la région dès l'époque des missions de Paul (à l'initiative de l'apôtre Barnabée) ; saint Nazaire et le jeune "Niçois" saint Celse furent expulsés de Cemenelum (aujourd'hui Cimiez) sous le règne de Néron, au milieu du Ier siècle ; c'est également à cette époque que saint Tropez fut martyrisé, et il fait l'objet d'un culte particulier dans toute la région.
   Depuis la terrasse Nietzsche, on peut voir la colline de Cemenelum/Cimiez, sur la voie romaine reliant l'Italie et la Gaule : les Ligures y côtoyaient les Romains depuis l'époque d'Auguste. Sur la colline du Château, au bord de la mer, leurs congénères vivaient plutôt à proximité de marchands grecs. D'où le développement de ces deux villes distinctes.
   Nice eut un premier évêque vers 250 en la personne de saint Basse, qui allait y être martyrisé. À la même époque, saint Pons était décapité à Cemenelum ; selon la légende, Charlemagne aurait chargé son neveu saint Syagre, alors évêque de Nice, de fonder une abbaye sur l'emplacement de son martyre. Cette abbaye de Saint-Pons est également visible depuis le Château (sous la forme baroque qu'on lui connaît aujourd'hui) ; c'est là que les citoyens de Nice ont signé en 1388 l'acte de dédition à la Maison de Savoie.
   Après les réformes de Constantin, on commence à bâtir officiellement des cathédrales. Celle de Sainte-Marie date vraisemblablement du Ve siècle : on peut en voir les fondations, qui donnent une idée de l'aspect que pouvait présenter la ville haute. Pendant ce temps, Cemenelum est dotée d'une autre cathédrale (le premier évêque étant un certain saint Valérien), dont on peut également voir les fondations dans l'enceinte du musée archéologique. Bref, dès le Ve siècle, sur le territoire actuel de la ville de Nice, il y avait deux petites cités, avec deux cathédrales distinctes.
   Le "château" fut bâti vers le XIe siècle à partir du village existant, puis agrandi par les Savoie, et finalement démoli méthodiquement par les Français au début du XVIIIe siècle. La colline ainsi abandonnée allait devenir ensuite un jardin public. À la mort de Garibaldi, de nombreux projets de monument furent imaginés. Voici à quoi ressemblerait la terrasse Nietzsche aujourd'hui si celui d'Alexis Mossa avait été réalisé (ci-contre).

   Mais si notre excursion passe par la colline du Château, c'est surtout pour visiter le cimetière. La tombe de Rosa, la mère de Giuseppe, date de 1852 (le père, Domenico, étant mort avant l'acquisition de cette concession). Le journal du 21 mars relate l'impressionnante cérémonie de la veille, très solennelle, où l'urne était portée par "quatre proscrits de la démocratie européenne, un Français, un Italien, un Polonais et un Russe". Un cortège aux flambeaux de plus de 800 personnes accompagna Rosa de la maison Abudharam jusqu'au cimetière. À cette époque, la pierre tombale est bien sûr gravée en italien.
   Après le décès de Giuseppe à Caprera, deux plaques commémoratives seront apposées sur la tombe de sa mère. La première, en 1883 (1er anniversaire de sa mort), est une initiative de la municipalité ; elle est sobre, et en français. L'autre, en 1885 (3e anniversaire), glorifie en italien "le plus grand héros du XIXe siècle de Montevideo à Dijon", tout en l'associant à Mazzini dans un texte un peu tiré par les cheveux : elle est conçue par l'antenne niçoise du Circolo Giuseppe Mazzini.

  

Deuxième Guerre d'indépendance italienne

   On se rappelle qu'Anita, morte pendant la guerre de 1848-1849, avait été enterrée à la hâte près d'une ferme en Romagne. Dix ans plus tard, en 1859, Giuseppe est de nouveau sur le front dans le cadre de la Deuxième Guerre d'indépendance italienne. En novembre, il fait exhumer les restes de son épouse pour lui donner une digne sépulture près de la tombe de sa mère, à Nice, au cimetière du Château.
   Pour le centenaire de la naissance de Pepin, un monument à Anita est projeté. Il sera réalisé en 1909 (ci-contre).
   Mais en 1932, le régime fasciste fera exhumer une nouvelle fois "l'héroïne de l'unité italienne", de nuit et dans la plus grande discrétion (afin d'éviter d’immanquables émeutes), pour transférer ses restes à Rome. La population scandalisée ne l'apprend qu'ultérieurement par la presse. Mussolini peut alors inaugurer en grande pompe le nouveau mausolée d'Anita, sa statue équestre sur le Janicule, le jour même du 50e anniversaire de la mort de Giuseppe.
   Aujourd'hui, cette plaque commémore donc la période de 1859 à 1932, où Anita reposa à Nice selon les vœux de Pepin.

Place Garibaldi

   Au sommet de la colline du Château, au pied de l'escalier conduisant à la terrasse Nietzsche, on a remarqué une pierre revêtue d'une inscription en latin. Il s'agit en fait d'une partie de l'attique de la "porte de Turin" (1782), qui fermait autrefois l'actuelle place Garibaldi, comme on peut le voir ci-dessous sur un tableau du XIXe siècle (elle fut démolie en 1848 dans le cadre du développement de la ville). L'inscription rappelle que le roi Victor-Amédée III a entrepris de vastes travaux dans les années 1780 pour moderniser la route royale Nice-Turin : c'est dans ce contexte qu'une place est aménagée au nord de la ville, à l'entrée de la route qui mène à la capitale, avec cette porte majestueuse.
 
  

   D'abord nommée "place Victor" en l'honneur du roi, cette esplanade emblématique porta ensuite des noms divers et variés : "de la République" et "Napoléon" pendant l'occupation française, puis "place d'Armes" et "Saint-Augustin" à la Restauration, de nouveau "Napoléon" après l'annexion de 1860... Jusqu'au jour de septembre 1870 où, Bonaparte capitulant devant les Prussiens, il fallut encore débaptiser la place. Aussitôt, le conseil municipal opta évidemment pour "Garibaldi", symbole à la fois niçois et républicain (mais amèrement contesté par les députés de la Troisième République française, qui allaient pousser "Joseph" à démissionner, au grand dam de Victor Hugo, qui démissionna aussi par solidarité).

  

   Décidée par le conseil municipal deux jours après la mort de Pepin, la statue fut finalement érigée en 1891. L'homme regarde devant lui en direction de Turin. L'ensemble est évidemment orné de symboles maritimes. Mais surtout, un détail attire l'attention des visiteurs : Garibaldi figure deux fois sur le même monument. Devant le piédestal, il est aussi représenté en nouveau-né, dans les bras de ses "deux mères" : avec le sein nu, on reconnaît la France, tenant un drapeau dont le pommeau est une fleur de lys ; l'autre est l'Italie, avec la louve capitoline sur le pommeau et les armes de Savoie à la ceinture.
 


  
Pause déjeuner.



   Après le déjeuner, on traverse la promenade du Paillon (2013) et sa copie en bronze du David de Michel-Ange (2015) pour regagner la vieille ville. On avait vu l'ancien lycée des jeunes filles dans la matinée : on passe à présent devant celui des garçons, aujourd'hui lycée Masséna (institution fondée sous Napoléon ; le bâtiment actuel date essentiellement du début du XXe siècle).
   Sur la place Saint-François, difficile encore de ne pas évoquer le siège de 1543 et la restructuration de la ville basse : d'où l'hôtel de ville du XVIe siècle, à proximité du couvent des franciscains.
   La rue Droite (Carriera Drecha) passe par le palais Lascaris, palazzo de la noblesse niçoise construit dans la première moitié du XVIIe siècle. Encore une fois, il faut faire référence au siège de 1543 pour expliquer le déplacement de la noblesse vers la ville basse. L'angle du bâtiment arbore d'ailleurs un des boulets tirés sur la ville par l'alliance franco-turque, avec plaques explicatives en niçois et en français.

(photo T&T)

   De même, la fondation de la cathédrale Sainte-Réparate s'explique par le développement de la ville basse au XVIe siècle. Elle se substitua ainsi à l'ancienne cathédrale Sainte-Marie du Château, dont on a vu les fondations. On remarque au passage cinq statues sur la façade. Ce sont des personnalités importantes dans l'histoire ancienne de Nice, et on a déjà entendu parler de plusieurs d'entre elles. Du côté de la Nice grecque, on a l'évêque saint Basse, martyrisé à Nice, et sainte Réparate, à qui la cathédrale est dédiée : selon la légende, cette jeune chrétienne aurait été décapitée en Palestine vers 250, puis jetée dans une barque lancée à la dérive sur la mer Méditerranée, après quoi sa dépouille aurait miraculeusement échoué à Nice. La ville romaine est commémorée par saint Pons et par l'évêque saint Valérien. Enfin, saint Syagre, légendaire neveu de Charlemagne et évêque de Nice, complète l'iconographie avec une référence médiévale au Saint-Empire. 
 
   Au numéro 23 de la rue de la Préfecture (Carriera dòu Gouvernou) se trouve une maison qui appartenait autrefois à Hilarion Spitalieri (1776-1845), comte de Cessole, président du Sénat de Nice. Une plaque (1891, en italien) y commémore le décès de Paganini qui, revenant d'une tournée en France pendant laquelle il était tombé malade (du choléra, dit-on), mourut chez son mécène niçois en 1840 : "Poi che da questa casa... lo spirito di Nicolo (sic) Paganini si ricongiunse alle fonti della eterna armonia (!) giace l'arco potente di magiche note..." – tout un poème. Comme l'artiste avait refusé l'extrême-onction et qu'il était réputé habité par le Diable, l'évêque s'opposa à ce qu'il soit inhumé à Nice. Pragmatique, le comte de Cessole fit rapidement embaumer le violoniste pour le conserver quelque temps dans sa cave ; puis il se débrouilla pour le transférer au lazaret de Villefranche et le faire expédier clandestinement à Gênes, mais c'est une autre histoire. En tout cas, à l'instar d'Anita, Paganini aura été malmené pendant bien des années avant de pouvoir reposer en paix.
   Non loin de là, au numéro 10, une autre plaque indique la maison natale de Calmette, dont on a également entendu parler plusieurs fois au cours de la matinée.

   Puis on passe devant le palais des ducs de Savoie. D'abord construit au XVIe siècle comme palais ducal, il fut agrandi après 1720, lorsque les ducs de Savoie devinrent rois de Sardaigne. Depuis 1860, l'édifice est le siège de la Préfecture des Alpes-Maritimes.
   Sur le côté de la place, la chapelle de la Miséricorde (Saint-Gaëtan, confrérie des pénitents noirs) est un exemple fascinant de baroque niçois, avec ses courbes sophistiquées et ses trompe-l’œil vertigineux.
   Le groupe se promène ensuite sur le cours Saleya, puis rejoint le bord de mer sur le quai des États-Unis (Riba doù Miejoù).

Derrière l'Opéra.

Villa Masséna - musée d'art et d'histoire de la ville de Nice

   Pour conclure la journée, la Garibaldi Gesellschaft Deutschland est reçue par la ville de Nice au musée Masséna, où sont conservés quelques objets en rapport avec Garibaldi.

     

            Discours de la Garibaldi Gesellschaft Deutschland :
    

            Accueil par le directeur du musée :
     
 
            Visite guidée sur le thème de Garibaldi :
     

     
La fameuse galerie de portraits, avec Garibaldi à côté des rois de Sardaigne (de Victor-Emmanuel Ier à Victor-Emmanuel II). Sur la boucle de ceinture : la croix de Savoie.

 



   Ainsi s'achève la visite du vendredi 20 septembre 2019 sur les traces de Garibaldi dans sa ville natale. Mais ces prochains jours, les membres du groupe vont profiter de leur séjour pour explorer d'autres aspects de Nice et de ses environs.
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Écrit par SebK, le Mardi 24 Septembre 2019, 18:23 dans la rubrique "Nice".


— d'Andrea Block & Christian Haas —
Sorti en version française sous le titre Manou à l’école des goélands, le film d'animation Manou the Swift (littéralement, "Manou le martinet") se déroule dans le cadre d'une baie des Anges imaginaire.

Si le sujet est une sorte de Vilain Petit Canard revisité sans grande finesse, ce film des studios LUXX (Stuttgart) est en revanche un chef-d’œuvre inégalé pour la beauté et l'originalité de ses décors. Il fallait sans doute un regard extérieur pour produire un tel résultat : les auteurs allemands Andrea Block et Christian Haas ont reconstruit la ville de Nice et son environnement en images de synthèse, en accordant la même importance, paradoxalement, à l'authenticité des détails qu'à la fantaisie poétique (ce qu'aucun Niçois n'aurait peut-être eu l'idée de faire).

La vue ci-contre est parlante. Le relief général est scrupuleusement respecté : la colline du Château sépare la Vieille Ville du port Lympia ; on reconnaît tous les sommets à l'horizon, et les couleurs ont des nuances extraordinairement réalistes. Pourtant, en regardant mieux, on remarque (entre autres) que les clochers sont un peu curieux et, surtout, que la route de Rauba Capèu et le monument aux morts ont disparu : à la place, les rochers ressemblent davantage à ceux du cap de Nice, et ils sont flanqués d'une étrange ruine qui s'avérera être celle de La Réserve.
 
  
Lieu de nidification des goélands, cette colline du Château fantaisiste sera le pôle central du récit. La végétation y est soigneusement imitée, avec agaves et figuiers de Barbarie, et les vagues s'y brisent comme à Rauba Capèu (ou comme au cap de Nice). Dès le clair de lune initial, les couleurs et les lumières sont envoûtantes.

  
     
La trame est directement puisée chez Andersen : égaré à la naissance, un petit martinet orphelin est élevé par des goélands comme leur propre enfant, ce qui va rapidement donner lieu à des situations délicates.
     

  
Au pied du rocher, il y a la ville et son marché. Vaguement inspiré de la tour Saint-François, le clocher qui domine ce décor est apparemment une église imaginaire.
  
  

  
Sur la colline du Château, l'allure générale du cimetière est conforme à la réalité, avec sa chapelle et, surtout, un ange qui présente une ressemblance frappante avec celui de la tombe de Grosso, mais dans une position un peu différente.

     
Comme dans Tom & Jerry, les humains n'apparaissent que très peu, déformés, sous la perspective des animaux, par exemple ici lors d'une excursion des martinets à travers la vieille ville.

     
Le traitement du Château de Nice est particulièrement intéressant. Il y a un "donjon" réinventé ; il y a une cascade, mais sauvage ; des vestiges en pierre beaucoup plus évocateurs que dans la réalité... Compte tenu de son état de conservation et de sa reconquête par la végétation, le site n'est pas sans évoquer d'autres ruines niçoises : celles de Châteauneuf-Villevieille.
  

  
De l'autre côté du rocher, on plonge sur le port. La topographie du bassin est globalement respectée, mais pas l'urbanisme, et l'ambiance recréée est plutôt celle d'un tranquille petit port de pêche. On remarque au passage les pavillons niçois et français.
Enfin, en l'absence de route, la jetée vient buter directement sur la roche.
  

  
C'est sur le flanc méridional du rocher qu'apparaît l'invention la plus originale : les auteurs recréent le restaurant La Réserve tel qu'il était au début du XXe siècle (avec toiture d'origine et voilier), mais en le déplaçant de l'autre côté du port et en le transformant en ruine livrée aux oiseaux de mer. Cela donne une bonne idée du travail conjoint de recherche historique et de réinvention artistique que les auteurs ont soigneusement accompli.
La nuit, ce prestigieux établissement Belle Époque reprend vie sous l'enthousiasme des oiseaux, dans une ambiance digne de Baz Luhrmann.
  
  

     
  

  
Sur une esplanade qui ressemble à s'y méprendre au quai des États-Unis, les martinets font une razzia en terrasse.
C'est l'occasion de glisser un clin d’œil aux Oiseaux d'Alfred Hitchcock (ou plutôt "Hidessocks" !) sur une colonne Morris.
  

Autre délire typiquement allemand (et absurde sur un littoral qui plonge tout de suite à plus de 30 m de fond) : l'incontournable jetée des mers du Nord. Or ce n'est pas l'historique Jetée-Promenade de 1882 qui faisait face au Ruhl (sur le modèle de celle de Brighton), c'est un modeste ponton (mais pas non plus celui du Lido) qui sert en l'occurrence de promontoire au plus célèbre hôtel Negresco.

  
L'opération nocturne des oiseaux pour récupérer les œufs enlevés par les rats donne lieu à une jolie scène dans une cave à vin. Encore un clin d’œil au grand "Hidessocks" lorsque la "caméra" effectue un zoom en tournant sur le regard d'égout dans lequel les filets de vin rouge, sous cette lumière bleutée, s'écoulent en tourbillon.

  
Enfin, "tout est bien qui finit bien" sous un prunus en fleur du côté du mont Boron, avec un dernier point de vue sur la colline du Château, et sur le charme intemporel de La Réserve...
  

Je passe sur le scénario un peu léger, le plus dur à avaler étant sûrement l'idée de base selon laquelle les goélands doivent absolument 1) quitter Nice en hiver et 2) entreprendre directement une grande traversée vers l'Afrique plutôt que de longer les côtes et d'emprunter le détroit de Gibraltar (puisque les oiseaux migrent toujours bêtement et indéfiniment "vers le sud", dans l'imaginaire allemand)... et je préfère retenir les images ci-dessus, qui invitent au voyage et au rêve, entre les mondes et les époques.

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Écrit par SebK, le Mardi 9 Juillet 2019, 23:39 dans la rubrique "Nice".


— de Karo Hämäläinen —

Quatre amis finlandais se retrouvent pour dîner dans un appartement de luxe au cœur de Londres. Les convives ne se sont pas vus depuis 1998 et ce pour une bonne raison. Un lourd secret pèse sur l’assemblée, et leur réunion après toutes ces années est manifestement un jeu dangereux. Non seulement chacun d’entre eux a des comptes à régler avec un autre, mais il y a un arsenal d’armes mortelles à portée de main. Et avant la fin de la soirée, il ne restera qu’un survivant… Karo Hämäläinen fait magistralement monter la tension jusqu’à la limite du supportable dans ce succulent huis clos hitchcockien. Derrière les formules de politesse et les sourires complaisants, chacun marche sur le fil du rasoir, bien conscient que le moindre faux-pas risque d’être fatal.

Mai 2019 / 13,5 x 21,5 / 384 pages
ISBN 978-2-330-12161-7 prix indicatif : 22, 50€




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Écrit par SebK, le Mercredi 3 Avril 2019, 16:53 dans la rubrique "Finlande".



La Unión y el Fénix était une compagnie d'assurance espagnole née en 1879 de la fusion des sociétés "La Unión" et "El Fénix".
Si le groupe a été dissous en 1998, son logo reste visible sur de nombreux bâtiments, sous forme d'un groupe en bronze représentant un phénix sauvant des flammes un garçon parfois identifié à Ganymède.


Commandée initialement en 1906 par l'architecte parisien Jules Février, la sculpture est l’œuvre de René de Saint-Marceaux (1845-1915). Cette première statue est installée à Madrid en 1911.


Par la suite, la compagnie va ériger le même emblème sur ses immeubles en Espagne (plusieurs à Madrid, ainsi qu'à Valladolid, Albacete, Bilbao, La Corogne, Huelva, Séville, Cadix, Cordoue, Alicante, Valence, Barcelone, Tenerife), au Portugal, mais aussi en France (Paris, Algérie, Maroc, Côte d’Ivoire, Sénégal).
 

Paris

L'immeuble parisien de La Unión y el Fénix se trouve sur le boulevard Haussmann, à l'angle de la rue Pasquier, en face de la chapelle expiatoire.

[photo 2010]

Palma de Majorque

À Majorque, l'ancien Hôtel Fénix (1959) est aujourd'hui un peu englouti par l'urbanisation sur le flanc de la colline de Bellver.

Hotel Fénix [photo 2018]

Santa Cruz de Tenerife

À Tenerife, l'immeuble d'origine n'existe plus, mais la statue est exposée sur l'avenue Ángel Guimerá, sur un espace baptisé en 2014 "place des Victimes du terrorisme".

  
[photos 2019]


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Écrit par SebK, le Vendredi 22 Mars 2019, 11:37 dans la rubrique "statuaire urbaine".


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