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p a r m a k o m a

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Actualité
05/2019 : parution d'Une soirée de toute cruauté, de Karo Hämäläinen, chez Actes Sud (coll. Actes noirs).

03/2019 : présentations de Lever de rideau sur le pays komi à Genève.
01/2019 : parution de Sœurs de cœur, de Salla Simukka, chez Hachette.

12/2018 : présentations de Lever de rideau sur le pays komi à Paris.
11/2018 : lecture publique de la pièce Purge de Sofi Oksanen à Cognac.
11/2018 : présentations de Lever de rideau sur le pays komi à Nice, à Moscou et en République de Komi (Syktyvkar et région de Körtkerös).
08/2018 : parution de Lever de rideau sur le pays komi, L'Harmattan & Adéfo, coll. "Bibliothèque finno-ougrienne".

05/2018 : parution de Norma, de Sofi Oksanen, au Livre de Poche.

05/2018 : parution d'un article de Sofi Oksanen au Nouveau Magazine Littéraire, mai 2018.
03-04/2018 : représentations de Vincent River de Philip Ridley au Théâtre Ouvert Luxembourg.

01/2018 : Cent ans de musique et de poésie entre Nice et Finlande, concert-lecture autour d’Armas Launis et d’Uuno Kailas, Nice, bibliothèque Louis-Nucéra.

11/2017 : "L’imaginaire national finlandais à l’épreuve du centenaire - Un regard du XXIe siècle sur la poésie patriotique d’Uuno Kailas", dans le cadre du colloque Révolutions russes ; images et imaginaire en Russie et en France, Nice.
11/2017 : lecture d'extraits de la pièce Purge de Sofi Oksanen au Théâtre de l'Atalante (Paris) dans le cadre des rencontres Traduire - Transmettre.
10/2017-01/2018 : reprise des Cornes d'Alexeï Popov au Théâtre de l'Impasse (+ en tournée le 07/10 à Saint-André, le 27/10 à Falicon, les 13-14/01 à Vence).

09/2017 : parution de Norma de Sofi Oksanen en grands caractères (éd. Voir de Près).

08/2017 : parution de l'article "Une comédie komie – Adaptations et mises en scène niçoises d'un théâtre minoritaire de Russie", dans la revue bretonne Klask, n° 11.
08/2017 : "Are Finns ashamed of their independence? - A 21st century look at Uuno Kailas’ patriotic poetry", dans le cadre du 14e Congrès des littératures finno-ougriennes, Tartu, Musée national d'Estonie.
08/2017 : "Garibaldi und Nizza – ein Epos zwischen Frankreich und Italien", dans le cadre du 4e colloque de la Garibaldi Gesellschaft, Kirchberg, Sachsen.
06/2017 : représentations des Cornes d'Alexeï Popov à Châteauneuf-Villevieille.
04/2017 : représentations des Cornes d'Alexeï Popov (Nice, Théâtre de l'Impasse).

03/2017 : parution de Norma, de Sofi Oksanen, chez Stock.

01/2017 : parution de Ils ne savent pas ce qu'ils font, de Jussi Valtonen, chez Fayard.

12/2016 : "Une comédie komie – Adaptations et mises en scène niçoises d'un théâtre minoritaire de Russie", dans le cadre d'une journée d'étude à l'université Rennes 2.
08/2016 : parution du Récif, de Seita Vuorela-Parkkola, chez Actes Sud Junior.

08/2016 : expo sur le pays komi dans les livres étrangers, Bibliothèque nationale de la République de Komi, Syktyvkar.
06/2016 : réédition des Chants des forêts de Nikolai Abramov à la Bibliothèque nationale de la République de Carélie.

05/2016 : réédition du recueil Les Komis – Questions d'histoire et de culture aux Presses de l'Inalco.

Tribune



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— de Karo Hämäläinen —

Quatre amis finlandais se retrouvent pour dîner dans un appartement de luxe au cœur de Londres. Les convives ne se sont pas vus depuis 1998 et ce pour une bonne raison. Un lourd secret pèse sur l’assemblée, et leur réunion après toutes ces années est manifestement un jeu dangereux. Non seulement chacun d’entre eux a des comptes à régler avec un autre, mais il y a un arsenal d’armes mortelles à portée de main. Et avant la fin de la soirée, il ne restera qu’un survivant… Karo Hämäläinen fait magistralement monter la tension jusqu’à la limite du supportable dans ce succulent huis clos hitchcockien. Derrière les formules de politesse et les sourires complaisants, chacun marche sur le fil du rasoir, bien conscient que le moindre faux-pas risque d’être fatal.

Mai 2019 / 13,5 x 21,5 / 384 pages
ISBN 978-2-330-12161-7 prix indicatif : 22, 50€




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Écrit par SebK, le Mercredi 3 Avril 2019, 16:53 dans la rubrique "Finlande".



La Unión y el Fénix était une compagnie d'assurance espagnole née en 1879 de la fusion des sociétés "La Unión" et "El Fénix".
Si le groupe a été dissous en 1998, son logo reste visible sur de nombreux bâtiments, sous forme d'un groupe en bronze représentant un phénix sauvant des flammes un garçon parfois identifié à Ganymède.


Commandée initialement en 1906 par l'architecte parisien Jules Février, la sculpture est l’œuvre de René de Saint-Marceaux (1845-1915). Cette première statue est installée à Madrid en 1911.


Par la suite, la compagnie va ériger le même emblème sur ses immeubles en Espagne (plusieurs à Madrid, ainsi qu'à Valladolid, Albacete, Bilbao, La Corogne, Huelva, Séville, Cadix, Cordoue, Alicante, Valence, Barcelone, Tenerife), au Portugal, mais aussi en France (Paris, Algérie, Maroc, Côte d’Ivoire, Sénégal).
 

Paris

L'immeuble parisien de La Unión y el Fénix se trouve sur le boulevard Haussmann, à l'angle de la rue Pasquier, en face de la chapelle expiatoire.

[photo 2010]

Palma de Majorque

À Majorque, l'ancien Hôtel Fénix (1959) est aujourd'hui un peu englouti par l'urbanisation sur le flanc de la colline de Bellver.

Hotel Fénix [photo 2018]

Santa Cruz de Tenerife

À Tenerife, l'immeuble d'origine n'existe plus, mais la statue est exposée sur l'avenue Ángel Guimerá, sur un espace baptisé en 2014 "place des Victimes du terrorisme".

  
[photos 2019]


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Écrit par SebK, le Vendredi 22 Mars 2019, 11:37 dans la rubrique "statuaire urbaine".


1830


1847

1938



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Écrit par SebK, le Vendredi 1 Mars 2019, 11:15 dans la rubrique "Nice".


— Nizzardo ~ Pays niçois —

Voilà une représentation intéressante du territoire qui constitue le pays niçois, replacé dans son environnement européen, topographique, historique et administratif [cliquer sur la carte pour l'agrandir].

Le fond de carte date des années 1850 (États-Sardes). Les frontières étaient alors :
  • à l'ouest avec la France (départements du Var et des Basses-Alpes depuis 1790, anciennement province de Provence) ;
  • au nord avec la province de Coni (division de Coni depuis 1847, anciennement principauté de Piémont) ;
  • à l'est avec les provinces d'Oneille et de San Remo (division de Nice depuis 1847, anciennement république puis duché de Gênes) ;
    et avec la principauté de Monaco (représentée ici avant sa réduction de superficie de plus de 90 % au profit de la France en 1861).
Aujourd'hui (après les cession territoriales de 1860 puis de 1947 au profit de la France) :
  • à l'ouest avec la Provence : arrondissement départemental de Grasse (département des Alpes-Maritimes depuis 1860) et département des Alpes-de-Haute-Provence (ex-Bases-Alpes) ;
  • au nord avec la province de Coni : région Piémont, Italie ;
  • à l'est avec la province d'Imperia depuis 1923 : région Ligurie (chef-lieu Gênes), Italie ;
    et avec la principauté de Monaco.

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Écrit par SebK, le Mardi 19 Février 2019, 10:58 dans la rubrique "Nice".


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Écrit par SebK, le Lundi 7 Janvier 2019, 12:18 dans la rubrique "Nice".


— La mer komie —

КОМИ МОРЕ

Эг ме аддзыв некор море,
Ог тӧд сылысь сьылан гор.
Зэв пӧ паськыд синьӧй море,
Абу некӧн пом ни дор.
Эг ме аддзыв некор море,
Ог тӧд сылысь сьылан гор.

Меным тӧдса коми море —
Помтӧм-дортӧм паськыд вӧр.
Кыпыд горӧн уджӧ корӧ,
Сійӧ — олан гажлӧн шӧр.
Меным тӧдса коми море —
Помтӧм-дортӧм паськыд вӧр.

Зэв пӧ гажа югыд море,
Зэв пӧ мича, кодыр лӧнь.
Век пӧ ворсӧ сылӧн морӧс,
Оз и ланьтлы некор скӧнь.
Век пӧ гажа ворсӧ море,
Оз и ланьтлы некор скӧнь.

Али гажтӧм коми море?
Али мисьтӧм сылӧн сер?
Сэні юргӧ олӧм дорӧм,
Сьылӧ пила, ворсӧ чер.
Али гажтӧм коми море?
Сьылӧ пила, ворсӧ чер.

Зэв пӧ джуджыд ыджыд море,
Зэв пӧ ыджыд сылӧн вын:
Кор пӧ шковгӧ из креж дорӧ,
Сэк пӧ гӧгӧр мургӧ гым.
Зэв пӧ джуджыд ыджыд море,
Зэв пӧ ыджыд сылӧн вын.

Али вынтӧм коми море?
Али лажмыд сылӧн шӧр?
Мед эз личкав выль мир дорӧм –
Страна корӧ тырмидз вӧр.
Ызгы гора, зарни море!
Коми мырсьысь, зіля вӧр!

Нёбдiнса Виттор, 1933

LA MAR KOMI

Jamai noun ai vist la mar,
Noun counouissi lou siéu cant.
Dihon que la mar es larga, blu,
Sensa tremegna ni counfin.
Jamai noun ai vist la mar,
Noun counouissi lou siéu cant.

Iéu, counouissi la mar Komi :
La mairìs grana, sensa tremegna
Que d’un cant jouious counvida à l’obra,
Que’s lou luèc dóu gauch de viéure.
Iéu, counouissi la mar Komi :
La mairìs grana, sensa tremegna.

Dihon que la mar es jouiousa e lusenta,
E bèla quoura es chatelina ;
Que lou siéu piech va sempre mouvent,
Que noun està jamai silenta.
Que jouiouisa va sempre mouvent,
Que noun està jamai silenta.

Aloura ! trista la mar Komi ?
Aloura ! semblerìa laida ?
Aquì ressouòna la farga de la vida,
Canta la serra, juèga lou destrau.
Aloura ! trista la mar Komi ?
Aloura ! semblerìa laida ?

Dihon que la mar es grana e founda
Dihon que la mar  es proun fouòrta :
Quoura ven trucà un roucas,
Tout alentour reboumba lou tron.
Dihon que la mar es grana e founda
Dihon que la mar  es proun fouòrta :

Aloura ! debla la mar Komi ?
Que ! serìa gaire founda ?
Boumbilhèsse la farga dóu mounde nòu :
Lou nouòstre bouòsc nen fa mestié.
Bulhe a plena vous, mar daurada !
Travalhaire Komi, afane-ti !

Revirada : M. de Carabatta & S. Cagnoli, 2018

LA MER KOMIE

Je n’ai jamais connu la mer,
Son chant ne m’est point parvenu.
On la dit vaste et bleue, la mer,
Sans limite à perte de vue.
Je n’ai jamais connu la mer,
Son chant ne m’est point parvenu.

Mais je connais la mer komie :
La vaste forêt sans limites.
Son chant regorge d’énergie,
Sa joie de vivre nous invite.
Mais je connais la mer komie :
La vaste forêt sans limites.

On dit son flot brillant gaiement,
Et si beau lorsqu’elle est sereine.
Son sein serait toujours mouvant,
Jamais le silence n’y règne.
On dit son flot mouvant gaiement,
Jamais le silence n’y règne.

Comment, triste, la mer komie ?
Comment, laide, son apparence ?
Là sonne la forge de vie,
La scie chante et la hache danse.
Comment, triste, la mer komie ?
La scie chante et la hache danse.

On dit la mer grande et profonde,
Dotée d’une force grandiose :
Quand la falaise essuie sa fronde,
C’est le tonnerre qui explose.
On dit la mer grande et profonde,
Dotée d’une force grandiose.

Quoi, la mer komie serait frêle ?
Sa profondeur insuffisante ?
Que souffle la forge nouvelle :
Tous de nos forêts se contentent.
Bouillonne fort, trésor fidèle !
Main-d’œuvre komie, sois vaillante !

Traduction : S. Cagnoli, 2018


  
L'auteur : Viktor Savin, dit Ńobdinsa Vittor (1888-1943).
Photo SC, 2009.

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Écrit par SebK, le Mardi 27 Novembre 2018, 17:56 dans la rubrique "Komi".


— Soir d'hiver —

ТÖВСЯ РЫТ

Пеша дорын мамö печкö,
Батьö тюни гындö;
Ичöт вокöй чачöн ворсö,
Чойöй сыкöд зыньгö.

«Тайö менам, абу тэнад», –
Шуö сiйö воклы.
«Видзöд, мамö, чача мырддьö», –
Вок норасьö мамлы.

Пызан дорын, пемыдiнын,
Роч книга ме лыддя.
Зэв дöсаднö, гöгöрвотöг:
Ог тöд, мый и лыддя.

Сэнi ещö сартас кусö,
Выльысь колö пешны.
Чоя-вока пинясьöны, –
Дзикöдз олöм эштiс.

Ыджыд мамö кага видзö,
Потан дорын сьылö:
«Öв-вö, öв-вö, баю-бай, бай,
Узь жö, ичöт нылöй!»

(Кутшöм узьöм татшöм зыкын
Пеля ловъя мортлы?)
«Чирышт, Анна, мед оз увгы,
Пöра налы водны».

Сартас тшынöн керка лöзöдз
Быд рыт миян тырö.
Водан узьны – синтö сёйö,
Унмыд ставыс бырö.

Вольпась вылын, эшкын улын
Дыр ас костын дурам.
Ланьтам вöлись, кор ми батьлы
Тасма улö сюрам.

Гöбöч вылын ыджыд мамö
Мукöд рытын мойдö.
Шы ни тöв ми сэки кывзам
(Кöть код сюрö ойгö):

«Дуда, дуда, кытчö ветлiн?»
«Коса дорны ветлi».
Либö: «Бобö, кытчö ветлiн?»
«Чожö гуö ветлi...»

Нёбдiнса Виттор, 1918

UN SERA D’IVERN

Procha de la tea, mamà fila,
Papà fèutra li bota ;
Lou pichoun si recrea m’un juguet,
Ma souòre lou pounchounea.

« Es lou miéu, ren lou tiéu !»
Que li di au cagànchou.
« Mamà regarja, mi pilha lou juguet ! »
Que si lagne à la maire.

Entaulat, en l’entrabrun,
Liegi un libre rùssou.
Es tròu dur, li capissi ren :
Sabi pas cen que liegi.

La tea s’amuèrce tourna,
E mai la cau acendre.
Fraire e souòre si chicoton ;
Ma que foura, que vida !

Maigran velha sus lou bambin,
Va cantant sus lou bres :
« Souòn, souòn, vene vene vene…
Duèrme, la miéu pichouna !»

(Ma couma durmì en aquèu bacan
Caurìa estre balourt !)
« Cride-li, Anna ! proun d’esclissi !
Que si vagon courcà ! »

Cada sera la tea
Estuba maioun d’un fum blu.
Quoura ti courques, lu uès ti pougnon,
Aloura adiéu lou souòn !

En lou liech, souta la cuberta
Lountemp foulastrejan.
Ma la courèia de papà
Benlèu nous farà tàise.

En crota, la maigran,
Un autre sera, cuènta.
Silent l’escoutan
(E pura en un souspir) :

« Douda, Douda, doun t’en anères ?
– Anèri fargà un dai. »
O : « Coucouna, doun t’en anères ?
– Anèri sus la toumba dóu barba. »

Revirada : M. de Carabatta & S. Cagnoli, 2018

SOIR D’HIVER

Au porte-mèche maman file,
Papa feutre les bottes ;
Frérot joue avec un jouet,
Et notre sœur l’embête.

« C’est le mien, ce n’est pas le tien »,
Dit-elle à notre frère.
« Maman ! Elle a pris mon jouet ! »,
Se plaint-il à maman.

À la table, dans la pénombre,
Je lis un livre russe.
C’est très dur, incompréhensible :
Que lis-je ? Je ne sais.

Une fois encor meurt la mèche,
Il faut la remplacer.
Frère et sœur se cherchent querelle –
Ça commence à bien faire !

Grand-maman veille le bébé,
Chantant sur le berceau :
« Dodo, dodo, baïou-baï baï,
Dors, ma petite fille ! »

(Comment dormir dans ce vacarme
À moins que l’on soit sourd ?)
« Gronde-les, Anna, ça suffit,
Il faut les mettre au lit. »

Tous les soirs la mèche fumante
Teint la maison de bleu.
Dès qu’on se couche, les yeux piquent,
Et adieu le sommeil !

Dans le lit, sous la couverture,
Longtemps nous folâtrons.
Mais nous allons bientôt nous taire
Sous la ceinture de papa.

Un autre soir, dans le sous-sol,
Mamie conte une histoire.
Nous l’écoutons dans le silence
(Si ce n’est un murmure) :

« Douda, douda, où étais-tu ?
– Je forgeais une faux. »
Ou bien : « Chérie, où étais-tu ?
– Sur la tombe de l’oncle... »

Traduction : S. Cagnoli, 2018


  
L'auteur : Viktor Savin, dit Ńobdinsa Vittor (1888-1943).
Illustration d'Arkadij Mošev, 2017.

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Écrit par SebK, le Mardi 27 Novembre 2018, 17:50 dans la rubrique "Komi".


Présentation de l'ouvrage Lever de rideau sur le pays komi
à la Bibliothèque nationale komie (Syktyvkar, Komi, Russie),
le mardi 20 novembre 2018
 

Comptes rendus à la télévision

Юрган, "Вочакыв", en komi, 20.11.2018 :




Коми Гор (Россия 1, "Вести-Коми"), en komi, 20.11.2018 :



Коми Гор (Россия 1, "Вести-Коми"), en anglais/russe, 20.11.2018 :



Юрган, "Студия 11", en anglais/russe, 22.11.2018 :


Comptes rendus dans la presse :



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Écrit par SebK, le Dimanche 25 Novembre 2018, 16:34 dans la rubrique "Komi".


— Un théâtre finno-ougrien de Russie boréale en dialogue avec le monde —


La république de Komi, dans le nord-est de la Russie européenne, est bordée par l’Oural et par la toundra arctique. Au cœur de cette région finno-ougrienne où l’identité repose essentiellement sur la langue et sur le territoire, la société et son histoire entrent en résonance avec un siècle de représentations théâtrales dans l’idiome national.

Au fil des profonds changements de ces cent dernières années, le théâtre komi a pu s’avérer un vecteur de la mythologie et des traditions populaires, de propagande politique en ville et dans les campagnes, ou encore de communication mondialisée.

De l’auteur classique Mihail Lebedev, dont les personnages américains parlaient komi en Corée, au dramaturge contemporain Aleksej Popov, dont les pièces font aujourd’hui le tour de l’Eurasie, cet ouvrage « lève le rideau » sur une culture finno-ougrienne qui, bien au-delà des arts dramatiques, s’offre au dialogue avec le monde, entre les océans Atlantique et Pacifique, de l’Oural aux Alpes, de l’Arctique à la Méditerranée.
 
 
 
Sébastien Cagnoli. Lever de rideau sur le pays komi (Un théâtre finno-ougrien de Russie boréale en dialogue avec le monde). Préface d'Eva Toulouze. – Paris : L'Harmattan & Adéfo, coll. "Bibliothèque finno-ougrienne", vol. 27, 2018. – 520 p. ill. – ISBN 978-2-343-15572-2. – 39 €.
 
 

Présentations publiques en novembre-décembre 2018 :

  • à Nice : vendredi 09/11 à 18h, Librairie Jean Jaurès (2 rue Centrale) ;
  • à Moscou : jeudi 15/11 à 17h30, Représentation permanente de la République de Komi auprès du Président de la Fédération de Russie (Волоколамское шоссе 62) [compte-rendu] ;
  • à Syktyvkar (Komi, Russie) : mardi 20/11 à 13h30, Bibliothèque nationale komie (ул. Советская 13) ;
  • à Körtkerös (Komi, Russie) : jeudi 22/11 à 16h, Bibliothèque régionale de Körtkerös (ул. Советская 187) ;
  • à Paris : lundi 03/12 à 18h (salle 3.11) et mardi 04/12 à 15h (salle 3.18), Inalco (Pôle des langues et civilisations, 65 rue des Grands-Moulins, 13e).


Préface d'Eva Toulouze :

LEVER DE RIDEAU SUR UN PONT ENTRE KOMI ET LE MONDE

Le livre que vous tenez entre les mains est une œuvre originale et précieuse dont la conception et la réalisation ont pris une décennie.

Une œuvre originale et précieuse : ce n’est pas tous les jours que paraît une monographie présentant une vision d’ensemble d’une culture finno-ougrienne, certes à partir d’un aspect précis, mais dans une perspective globale. Le titre dit bien ce qu’il veut dire : Lever de rideau sur le pays komi. « Lever de rideau », parce que ce livre nous présente le pays komi. Ce n’est pas la première œuvre en français portant sur cette riche culture finno-ougrienne, puisque le premier volume de l’Encyclopédie des peuples finno-ougriens leur est consacré. Mais ce recueil d’articles saupoudrait de connaissances un sujet trop vaste pour être exhaustivement traité sous cette forme. Faute d’autres sources en français, ces quelques textes permettaient d’assurer une toute première information. Ils ont la qualité et le défaut d’un recueil rassemblant des études de différents auteurs. Maintenant, nous avons à disposition une somme qui nous permet de découvrir le pays komi de manière relativement systématique. C’est le premier sens du titre.

Mais « lever de rideau » nous conduit tout de suite vers un contexte précis : explicitement, nous sommes au théâtre. De même qu’une représentation scénique n’est pas la vie, le texte sur lequel s’ouvre ce rideau n’en est qu’une des innombrables éventuelles représentations. Mais surtout, l’auteur a fait le choix de nous montrer le pays komi par un angle d’attaque. C’est par le truchement de leur théâtre que les Komis viennent à nous. Tout angle d’attaque est bon et permet de pénétrer dans l’espace exploré. Mais celui-ci est particulièrement riche, car nous allons découvrir la vie komie à partir de la manière dont des auteurs komis représentent leur vie. Nous avons là une perspective infinie en miroir. Le texte de Sébastien Cagnoli dialogue en permanence entre vie et scène : ainsi, quand il nous parle de bilinguisme, c’est le bilinguisme de la société, diversement mis en scène, et intégrant le bilinguisme de la scène, qui s’inscrira dans la mémoire du lecteur. Reflet sui generis de la vie, l’œuvre théâtrale la montre de la manière dont l’auteur de la pièce veut la montrer, et en même temps en devient une partie intégrante.

Est-ce cette particularité qui a amené Sébastien Cagnoli à faire le choix de ce thème ? Il s’en explique dans l’ouvrage. Comme toujours, les voies sont diverses, et sans doute leur cohérence ne finit-elle par s’imposer qu’une fois le résultat achevé. En tout cas, la richesse de cette approche, qui fait dialoguer en permanence texte et contexte, s’impose à la lecture ne serait-ce que de la table des matières. Parler d’économie dans un livre en principe consacré au théâtre ? Mais comment percevoir, comment comprendre le pays komi sans l’éclairage des conditions de vie et de développement de sa population, dans son ensemble et de chacun des membres la composant ?

J’ai parlé de monographie. C’est en effet le résultat des recherches de Sébastien Cagnoli que nous découvrons, et ces recherches sont caractérisées par l’homogénéité que leur confère la personnalité de l’auteur. Pendant des années, au fil de ses découvertes, au gré des thèmes de colloques et des commandes d’articles, l’auteur a jeté des coups de sonde et levé des pans du rideau couvrant les réalités komies. Au bout de dix ans, le moment est venu de faire une synthèse, d’où ce livre. Ce chemin d’exploration, on peut le découvrir en parcourant la liste des œuvres complètes de Sébastien Cagnoli. Ce livre, pour sa part, en est la substantifique moelle.

Ce n’est pas tous les jours qu’une culture minoritaire de Russie trouve ses chantres. L’une des caractéristiques des cultures finno-ougriennes de Russie centrale est le déséquilibre de la recherche les concernant. La situation idéale est quand le regard de l’intérieur et le regard de l’extérieur existent, se complètent et dialoguent. Cette situation est regrettablement rare. Pour les cultures du centre de la Russie, la situation est tristement déséquilibrée en faveur d’une proportion outrageusement dominante du regard intérieur. Les Komis étudient les Komis. Loin de moi de vouloir prétendre qu’ils ont tort. Mais l’étude autochtone a ses limites, d’une part dans les évidences qu’elle est mal placée pour identifier, et d’autre part dans les tabous que la société elle-même produit. La confrontation ne peut être que constructive dans la quête d’une compréhension de plus en plus proche et complexe d’une vérité inaccessible… Quand je dis autochtone, je ne limite pas mon propos au sens étroit de ce mot : songeons à l’impulsion formidable qu’a donnée au débat sur la France dans la IIe guerre mondiale l’ouvrage, publié en 1972, de l’Américain Paxton sur Vichy… Or pour les sociétés non Russes de la Russie centrale, le regard extérieur, sinon inexistant, est minime. Pour le monde komi, on ne peut pas ne pas évoquer, comme le fait Cagnoli, l’Anglais Coates, grand précurseur qui a travaillé dans les années 1970. Quelques Hongrois – Domokos, Vászoly, Rédei… Mais la plupart des étrangers qui se sont penchés sur le monde komi, en raison des spécificités de la recherche finno-ougrienne, sont, comme Rédei, linguistes, et cantonnent leur recherche dans l’exploration synchronique et diachronique des mécanismes internes à la langue…

Sébastien Cagnoli est venu, on peut le dire, tout seul, à la découverte du pays komi. C’est par un intérêt esthétique qu’il y est entré, et non pas porté par une quelconque tradition universitaire. Il n’a certes pas manqué de rejoindre les milieux scientifiques en cours de route, de par le souci de rigueur que le caractérise, mais justement, avec l’indépendance de son itinéraire à lui, maintenant en permanence un dialogue d’égaux. Il a fait aux Komis l’honneur, trop rare, de les étudier à partir de leur langue et non à partir de la langue seconde, celle du colonisateur, aujourd’hui dominante. Il leur a ainsi présenté un miroir original, dont ils lui sont reconnaissants.

Ce livre est précieux, d’une part pour nous, je l’ai suggéré au départ, car il comble une lacune comme il y en a trop concernant les peuples finno-ougriens en français, et dans l’ensemble dans des langues de grande diffusion à l’exception du russe. Mais aussi il est précieux pour les Komis eux-mêmes : d’abord pour leur prouver le sérieux de l’entreprise de découverte et de partage de leur ami et partenaire français, auquel ils ont ouvert toutes les portes, et qui par cet opus magnum leur exprime sa reconnaissance. Mais aussi, tout simplement, dans l’absolu, par le regard extérieur qu’il met à leur disposition sur eux-mêmes et qui leur fait tant défaut.

Ce miroir, il est obligatoirement sui generis. Ce livre en français, ce n’est pas n’importe quel auteur français qui le leur livre : dans la dernière partie de ce livre, Cagnoli met en parallèle les faits komis avec l’expérience intérieure qu’il a des faits niçois. Il ne se contente pas de regarder l’autre. Il en tire des conséquences. Le fait que Cagnoli soit Niçois, engagé dans le monde niçois, le met particulièrement à même de regarder le monde komi avec une compréhension bien plus profonde que simplement un regard depuis Paris. À moins que ce ne soit le contraire ? Que la rencontre du pays komi lui ait permis pleinement de percevoir, de sentir, au-delà de la dimension intellectuelle, la richesse ignorée de la culture et de l’identité niçoise ? Sans doute l’œuf et la poule…

En tout cas, par cet ouvrage, non seulement il nous fait entrer dans le monde komi, mais il nous fait sentir toutes les ramifications de ce monde, jusqu’à très près de nous. Il me reste à souhaiter que Sébastien Cagnoli continuera à investir (au moins une part de) sa sensibilité et son talent à la découverte du monde finno-ougrien, qui n’a pas, au final autant de passeurs qu’il le mériterait…

Mõisamäe, le 24 juillet 2018


Table des matières

Préface (Eva Toulouze)................................................................................................................7

Introduction.................................................................................................................................11
Remerciements..............................................................................................................................27

Première partie – Généralités et société...................................................................................31
Trois caractéristiques identitaires des Komis...............................................................................33
Le sentiment national komi : vers une identité républicaine extralinguistique ?.........................55
Le komi, un cas stratégique pour la connaissance des langues ouraliennes.................................63
Fret ferroviaire entre le Transsibérien et la mer Blanche : le projet Belkomur............................81

Deuxième partie – De la mythologie à la littérature................................................................93
Aux confins de l’Europe boréale :
une introduction aux mythes nationaux dans la littérature komie................................................95
La parenté finno-ougrienne dans la littérature komie :
héritage commun ou influences récentes ?.................................................................................101
Mihail Lebedev et la poésie épique komie.................................................................................109
Ilľa Vaś et les légendes komies...................................................................................................121

Troisième partie – Théâtre en langue nationale.....................................................................125
Le théâtre en langue nationale dans l’histoire du pays komi......................................................127
Le Studio komi de Leningrad (1932-1936) : une nouvelle génération pour le théâtre komi.....145
Svetlana Gorčakova et l’élaboration d’un nouveau répertoire...................................................161
Les Komis entre animisme et christianisme : résonances entre les périodes post-impériale et
post-soviétique dans la création dramatique komie....................................................................169
“Le poème des temples” (1992) : le mythe de saint Étienne revisité.........................................181
“Un blindé perdu dans la taïga” (2009) : les Komis dans le vaste monde.................................219

Quatrième partie – Théâtre et société.....................................................................................243
Mihail Lebedev et la satire politique du monde contemporain..................................................245
Le bilinguisme de la société komie reflété dans le théâtre en langue nationale.........................257
Mises en scène d’une identité non slave de Russie : langue, territoire et décors.......................265
Les nouveaux héros nationaux dans le théâtre komi post-soviétique.........................................279
Un opéra national komi au XXIe siècle.....................................................................................295

Cinquième partie – Perspective finno-ougrienne..................................................................301
Interactions et identités dans les théâtres finno-ougriens de l’Oural et de la Volga...................303
La langue marie au théâtre et à l’opéra – Survol d’un genre littéraire prolifique......................309
Les trois âges du cinéma oudmourte..........................................................................................321
Les langues finno-ougriennes dans la révolution médiatique du « Web 2.0 »...........................357

Sixième partie – Perspective européenne : coopération internationale...............................373
Coopération académique, scientifique et culturelle entre France et Komi.................................375
Traduire Savin............................................................................................................................381
Une comédie komie
– Adaptations et mises en scène niçoises d’un théâtre minoritaire de Russie............................389
Le théâtre en langue nationale comme outil pédagogique dans une société bilingue................401
Observations sur le bilinguisme dans les théâtres komi et niçois
– L’exemple de Ńobdinsa Vittor et Francis Gag........................................................................407
Le modèle finno-ougrien appliqué aux langues régionales de France.......................................421

Annexes.....................................................................................................................................429
Annexe 1. Principes d’écriture...................................................................................................430
Annexe 2. Komi : projections d’un mot multidimensionnel......................................................438
Annexe 3. Toponymes................................................................................................................445
Annexe 4. Statistiques................................................................................................................447
Annexe 5. Constitution de la République komie (1994) : extraits.............................................450
Annexe 6. Cartes........................................................................................................................451

Bibliographie.............................................................................................................................463
Index...........................................................................................................................................485
Table des illustrations...............................................................................................................512

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Écrit par SebK, le Jeudi 23 Août 2018, 15:04 dans la rubrique "Komi".


— Concert-lecture autour d’Armas Launis et d’Uuno Kailas —
Du “Kullervo” d’Armas Launis à une création d’Henri-Claude & Anja Fantapié sur des textes d’Uuno Kailas, Amédée Briggen accompagne au piano un récital musical et poétique célébrant le centenaire de la Finlande indépendante sous une perspective niçoise. En finnois, niçois et français. 

Sopranos – Valérie Marret & Hélène Grabowska-Metlov 
Piano – Amédée Briggen
Récitants – Miquèu de Carabatta & Sébastien Cagnoli
 
Nice, Bibliothèque Louis-Nucéra, mercredi 10 janvier 2018, 16h30.


Cette rencontre consiste à célébrer le centenaire de l’indépendance de la Finlande sous l’angle des relations musicales et poétiques entre Nice et Helsinki. Du Kullervo d’Armas Launis (1917) à la création mondiale du cycle Les sots et les sages d’Henri-Claude Fantapié, le programme couvre exactement 100 ans de musique finlandaise. En réunissant des œuvres classiques et une commande passée pour l’occasion à un compositeur niçois, ce concert prouve que les liens culturels entre Nice et Finlande sont plus dynamiques que jamais. 
Illustration ci-contre : la baie des Anges par le peintre finlandais Aukusti Uotila, 1885.

Programme

Dans les années 1930, le hasard a conduit deux artistes finlandais à se rencontrer à Nice : le compositeur d’opéras Armas Launis et le poète symboliste Uuno Kailas. Le concert offre une promenade à travers les 100 dernières années, avec ces deux personnalités comme fils conducteurs. Entre les séquences musicales, des poèmes finlandais seront lus en niçois et en français.

  • Armas Launis : Idylle & intermezzo pour piano
  • Taneli Kuusisto 
    • Prière finlandaise, op. 27b no 2 (1939) 
    • Finale, op. 40 no 3 (1946)
  • Armas Launis : Élégie & impromptu pour piano 
  • Joonas Kokkonen : Quatre mélodies sur des poèmes d’Uuno Kailas (1944-1953)
    • Adagio
    • Visage couvert
    • L’ange
    • Finale 
  • Armas Launis : Ouverture de l’acte II de Kullervo (1917)
    [arr. piano : Alex Freeman et Amédée Briggen] 
  • Yrjö Kilpinen : Cinq mélodies sur des poèmes d’Uuno Kailas, op. 73 (1929)
    • Pays désert
    • Berceuse
    • Chant nébuleux
    • Pieds nus
    • Un chant ardent 
  • Armas Launis : « Danse des diabloteaux » de Kullervo 
  • Henri-Claude Fantapié : Les sots et les sages, trois mélodies sur des poèmes d’Uuno Kailas et d’Anja Kosonen-Fantapié – en finnois, niçois et français (2015)
    [Création mondiale / Commande de l’Université de Helsinki]
    • « Tu étais partie… »
    • Les sots et les sages
    • « Ce qui est une fois de l’amour… ? » 
  • Armas Launis : Berceuse de Kullervo [texte d’Eino Leino] 



Armas Launis (1884-1959 [portrait ci-contre]) jouissait d’une certaine renommée dans la Finlande des années 1910. Fort appréciés, ses premiers opéras lui valurent l’honneur d’une bourse d’État accordée par la jeune République de Finlande, ce qui lui permit d’effectuer des travaux d’ethnomusicologie sur les rivages méditerranéens. Après avoir recueilli des mélodies et des impressions en Afrique du Nord, il s’établit à Nice avec sa famille. Le fait qu’il ait passé la majeure partie de sa vie à l’étranger explique sans doute qu’il ait été quelque peu oublié dans son propre pays. Toutefois, Henri-Claude Fantapié et Anja Kosonen-Fantapié ont fondé en 2001 une Association Armas Launis dédiée à la redécouverte de ses œuvres. Par exemple, ils ont rendu possible la représentation et l’enregistrement de l’opéra sur des thèmes sames Aslak Hetta en 2004 . Entre autres pièces, trois extraits de Kullervo sont présentés ici. Créé dans le Grand-Duché de Finlande en février 1917 (quelques mois avant l’indépendance), l’opéra fut ensuite adapté en français et joué à Nice : d’abord en studio pour une radiodiffusion sur la station Nice-Côte-d’Azur (le 30 juillet 1938 à 20 h 30), puis sur la scène du Palais de la Méditerranée le 22 février 1940 dans le cadre d’une soirée caritative au bénéfice de la Finlande qui venait d’être envahie par l’Union soviétique. C’était la première fois qu’un opéra finlandais était présenté au public français. [Partition ci-contre, dans les collections de la Bibliothèque municipale.]

  
Répétition et réception chez le consul de Finlande à l'occasion de la création niçoise de Kullervo (1938-1940)

En 1931, les médecins diagnostiquèrent à Uuno Kailas (1901-1933 [portrait ci-contre]) une grave tuberculose pulmonaire : il ne lui restait manifestement que quelques mois à vivre. Ils lui conseillèrent de prendre du repos sur la Côte-d’Azur. C’est ainsi que le jeune poète, déjà célèbre et estimé en Finlande pour son œuvre symboliste et expressionniste, passa les dernières semaines de sa vie à Nice, dans une pension située au 15 boulevard Carlone. Il y rencontra des concitoyens résidant également dans la région, notamment la famille Launis. En effet, à cette époque, Armas Launis et le consul de Finlande étaient au centre d’une petite « communauté finlandaise » qui, depuis lors, n’a fait que s’élargir. Kailas mourut dans la nuit du 22 mars 1933 ; ses cendres furent rapatriées en Finlande en grande pompe et inhumées à Helsinki, au cimetière de Hietaniemi, parmi les grands hommes de la Nation.

Les mises en musique d’Yrjö Kilpinen (1892-1959) présentées dans ce concert sont contemporaines de Kailas (1929). Viennent ensuite deux mélodies de Taneli Kuusisto (1905-1988) – notamment le cantique Prière finlandaise –, caractéristiques des tumultueuses décennies des années 1930 et 1940. Joonas Kokkonen (1921-1996) a composé sa très belle suite après les guerres. Notre sélection étant limitée à des œuvres pour voix et piano, nous n’avons pas pu prendre en compte les pièces écrites pour de plus amples formations au cours des décennies suivantes (chœurs, musique de chambre, mélodies avec orchestre…). Néanmoins, sur l’ensemble du centenaire célébré, une continuité temporelle est assurée jusqu’à nos jours grâce à une commande passée en cette occasion à Henri-Claude Fantapié.

     
Kilpinen, Kuusisto et Kokkonen

Henri-Claude Fantapié est né à Nice en 1938 [portrait ci-contre]. Compositeur, chef d’orchestre, pédagogue et producteur pour la radio, chevalier de l’Ordre du Lion d’Or de Finlande, il a toujours consacré une grande énergie à faire rayonner la musique finlandaise en France et dans le monde. Avec son épouse Anja née Kosonen, il a publié en français un dictionnaire de la musique finlandaise, ainsi que de nombreux articles de musicologie. La création mondiale de Tyhmät ja viisaat (Les sots et les sages), sur des poèmes d’Uuno Kailas et d’Anja Kosonen-Fantapié (1941-2011 [portrait ci-contre au mont Boron]) est aussi une façon de rendre hommage aux efforts enthousiastes que celle-ci a déployés avec succès, pendant toute sa vie, au service de la musique et de la littérature finlandaises. Les textes sont chantés en langue originale finnoise, ainsi qu’en niçois et en français, rappelant les solides liens historiques et culturels qui unissent Nice et la Finlande, et le multilinguisme traditionnel de ces deux territoires. 



          
Valérie Marret & Hélène Grabowska-Metlov, sopranos ; Amédée Briggen, piano ; Miquèu de Carabatta & Sébastien Cagnoli, récitants


Pour aller plus loin

  • En français : Uuno KAILAS, La poussière d’or sous nos pas, poèmes et textes choisis, traduits et présentés par Sébastien Cagnoli, Riveneuve, 2006, ISBN 2-914214-08-1.
  • Bilingue finnois-français : Anja KOSONEN-FANTAPIÉ, Minä olin se katse – J’étais ce regard, édition posthume d’un choix de poèmes traduits par Jean-Luc Moreau, avec des illustrations d’Asta Niemistö et une postface d’Henri-Claude Fantapié, Kesuura, 2012, ISBN 978-951-812-181-0.
  • En finnois : Sébastien CAGNOLI (éd.), Uuno Kailas Heinolasta Nizzaan, Helsinki Collegium for Advanced Studies, 2015, ISBN 978-951-51-1665-9. Document destiné à immortaliser le projet lors de son lancement à Helsinki : outre le programme du concert et une présentation détaillée des personnes impliquées (compositeurs, musiciens, poètes, traducteurs), la brochure contient une sélection de poèmes en trois langues (finnois, niçois et français).
     


Nice, Bibliothèque Louis-Nucéra, mercredi 10 janvier 2018, 16h30.
Rencontre organisée par l’association Perspective Internationale dans le cadre des commémorations du centenaire des révolutions de 1917 et de l’indépendance de la Finlande, avec le soutien de la Ville de Nice et des associations Armas Launis et Maison de la Russie

Trois autres événements à Nice en rapport avec le concert

  • Pro Finlandia - Le chemin de l’indépendance de la Finlande, exposition organisée par l'ambassade, Bibliothèque Raoul-Mille, du 20 septembre au 6 octobre 2017.
  • « L’imaginaire national finlandais à l’épreuve du centenaire – Un regard du XXIe siècle sur la poésie patriotique d’Uuno Kailas », communication de Sébastien Cagnoli dans le cadre d’un colloque international intitulé De Pierre le Grand aux révolutions de 1917 : images et imaginaire en Russie et en France (CUM, Valrose et Maison de la Russie, du 13 au 19 novembre 2017).
  • France et Russie : Ruptures et continuité (Éveil des consciences nationales en musique avant 1917) : deux concerts avec soprano (Hélène Grabowska-Metlov), les enseignants et étudiants de piano, percussions, chant et musique de chambre du Conservatoire (notamment Amédée Briggen) (Conservatoire, mercredi 15 et jeudi 16 novembre 2017).

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Écrit par SebK, le Jeudi 21 Septembre 2017, 14:09 dans la rubrique "Finlande".


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