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08/2016 : parution du Récif, de Seita Vuorela-Parkkola, chez Actes Sud Junior.
05/2016 : réédition du recueil Les Komis – Questions d'histoire et de culture aux Presses de l'Inalco.
01/2016 : présentation de Uuno Kailas de Heinola à Nice au Centre de Documentation Provençale (Bollène).
11/2015 : parution de Noir comme l'ébène, de Salla Simukka, chez Hachette et au Livre de Poche.
10/2015 : Uuno Kailas de Heinola à Nice - Cent ans de musique et de poésie entre Nice et la Finlande, concert-lecture à Helsinki.
10/2015 : Sofi Oksanen à Nice, rencontre avec Sofi Oksanen et Miquèu de Carabatta à Helsinki autour de Quora despareissèron lu colombs.
09/2015 : première de la pièce d'Alexeï Popov Les cornes par la compagnie La Chance du Débutant (au Théâtre National Komi, Syktyvkar).
09/2015 : parution de Baby Jane, de Sofi Oksanen, au Livre de Poche.
09-12/2015 : résidence de traduction à l'HCAS (Helsinki).
05/2015 : parution de Blanc comme la neige, de Salla Simukka, chez Hachette et au Livre de Poche.
03/2015 : parution du poème de Nina Obrezkova "Un jour tu rentreras chez toi", à Syktyvkar (brochure réunissant des traductions du même texte dans 14 langues différentes).
03/2015 : Destination Russie (Châtenay-Malabry), festival consacré à la République de Komi, à l'initiative de l'association MIR Franco-Russe.
02/2015 : présentation des Colombs à Aix-en-Provence.
01/2015 : parution de l'article "La parenté finno-ougrienne dans la littérature komie : héritage commun ou influences récentes ?" dans la revue Études finno-ougriennes.
12/2014 : 1é mercat leterari de Calèna (Nice)
11/2014 : parution de Rouge comme le sang, de Salla Simukka, chez Hachette et au Livre de Poche.
05/2014 : parution de Baby Jane, de Sofi Oksanen, chez Stock.
04/2014 : parution des Quand les colombes disparurent, de Sofi Oksanen, au Livre de Poche.
03/2014 : parution de La Sage-femme, de Katja Kettu, chez Actes Sud.
03/2014 : parution (en russe) d'une interview, de la nouvelle Le mur et de l'article "M.N. Lebedev et la satire politique du monde contemporain" dans la revue Арт.

Tribune



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— une nouvelle page de l’historiographie coloniale —

Après les complots juifs, maçonniques, musulmans, etc., voici la nouvelle trouvaille de la presse française : « Le vrai pouvoir des Italiens à Nice ». Tremblez !

Ça a un drôle de relent de la IIIe république… Chez moi, ça rappelle ces lignes du Figaro de 1937 qui mentionnaient « Cagnoli, sujet français »… sous-entendu : malgré son nom d'Italien, d'étranger, de parasite, etc. Ça rappelle aussi les harcèlements quotidiens subis au début du XXe siècle, où la belle-mère de mon arrière grand-père avait dû faire des démarches juridiques pour « franciser » son nom parce qu’il avait une consonance « étrangère » : eh oui, ses parents étaient d’origines piémontaise et génoise, donc Sardes à Nice sarde, mais soudain considérés comme des étrangers à Nice française, et on ne manquait pas de le lui rappeler.

Passé le choc de la une, qui se veut purement racoleuse, allons voir dans les pages intérieures (dossier de 20 pages réalisé par Alain Piffaretti) qui sont donc ces puissants « Italiens ».

Après une présentation globalement positive du bol d'air que les voisins italiens apportent aujourd'hui à l'économie niçoise (malgré cette pénible épithète parisienne de transalpins, alors que si les Alpes se trouvent bien entre Paris et le Pô, elles séparent aussi bien le Pô de toute la Ligurie occidentale), les quelques pages dressent une liste de personnalités actives dans les domaines économique, culturel ou politique.


Ça veut dire quoi, "transalpin", à Nice ?

Au début, avec le passage en revue des Italiens de naissance, tout se passe bien... jusqu'à ce qu'on aborde le domaine politique. Là, ça se complique. Trois figures du pouvoir font leur apparition, trois figures de « l'immigration italienne à Nice », et il va falloir leur trouver une place dans ce dossier (parce que dans le fond, le but de l'article est sans doute de leur faire de la pub) : Christian Estrosi, Eric Ciotti et Jean-Luc Gagliolo. Le journaliste commence donc à chercher les « racines ».

Les « étrangers qui contribuent à la diversité de la nation française », les modèles d’intégration réussie, c’est un sujet à la mode. Du côté des « Italiens », d'habitude, il est de bon goût de mentionner Buonaparte né en Corse française de parents nés en Corse génoise... À Nice, il y a Massena né à Nice sarde d'un père niçois donc sarde et d'une mère française... Garibaldi né à Nice française peu avant la restauration sarde, de parents nés dans des ports génois et sarde de Ligurie... L’Express donne l’exemple de Gagliolo dont le grand-père était né à Nice française de parents piémontais et génois donc italiens, et on nous déroule l'arbre généalogique d'Éric Ciotti pour nous parler de l'immigration de ses arrière-grand-parents... Et tous ceux qui ont des noms en i et dont les arrière-grands-parents étaient nés à Nice française de parents nés à Nice sarde ? Veut-on vraiment donner un coup de pied dans cette inextricable fourmilière ? L’exemple de l’Algérie française n’a pas suffi ?

Mais au fait, c’est quoi, un « Italien », à Nice ? Sachant que les parents italiens dudit grand-père Gagliolo étaient d’origines piémontaise et génoise, donc issus du même pays que les Niçois ? Et là, la vision équilibrée que j’avais de la société niçoise commence à se fissurer. Aujourd’hui, en 2016, un descendant de Piémontais ou de Génois arrivés à Nice en 1859 ne serait donc pas niçois et français au même titre qu’un descendant de Piémontais ou de Génois arrivés à Nice en 1861 ? Les bras m'en tombent, mais c'est bel et bien ce que je lis entre les lignes de ce dossier.

La région niçoise paraissait relativement tranquille, et les Niçois relativement unis, mais en me plongeant dans ce dossier de L’Express, je découvre qu’il y a au moins trois ou quatre catégories de Niçois : les « Italiens », les indigènes, probablement les autres « immigrés », et bien sûr les Français (et je vous laisse le loisir de vous interroger sur les « rapatriés » et « immigrés » d'Algérie). Ça devient compliqué. Va-t-il falloir porter des triangles de couleur pour distinguer tout cela ?!

Bref, est-il raisonnable de soulever ce genre de question ethnique dans une région où la frontière a toujours été déplacée toutes les deux ou trois générations ? Dans un pays niçois embarqué dans deux guerres d’indépendance italienne en 1848 et 1859, occupé par l’Italie fasciste en 1942, où des villages entiers ont été évacués en Italie sous l’occupation nazie, où des familles ont été divisées par la frontière de 1947 ? Quel est l'objectif ?

En tout cas, le dossier de L'Express confirme un constat dont je fais régulièrement l'expérience. En ce XXIe siècle (et avec la xénophobie ambiante qui ne cesse de se développer avec les difficultés économiques), il suffit que je passe le Var pour entendre : « Cagnoli... C'est pas français, ça. Tu es issu de l'immigration, hein ? » C'est dit sans méchanceté (au contraire, avec une certaine curiosité), mais c'est révélateur du besoin de ranger les gens dans des cases, et de la nature ethnique que ces cases doivent absolument prendre aujourd'hui en France. C'est fréquent à Paris, et ça m'est encore arrivé la semaine dernière en Provence. Eh oui, depuis que le « Musée des colonies françaises » est devenu « Musée national de l’histoire de l’immigration », les « indigènes » sont devenus... des « immigrés » ! C’est le début d’une nouvelle page de l’historiographie coloniale.


  
L'Italie au XIXe siècle (c'était ainsi qu'on appelait alors l'ensemble des États de la péninsule,
depuis l'Antiquité romaine et jusqu'à la création du "royaume d'Italie" en 1861).
À droite : les républiques française et italienne depuis 1947.
(Cliquer pour agrandir.)

Mise à jour :
Quand Hervé Barelli, en dernière page du dossier, nous invite à nous rappeler "que, à l’époque où la cité faisait partie du royaume de Piémont-Sardaigne, l’Italie n’existait pas", je suppose que ses propos ont été coupés pour les besoins de la mise en page (d'ailleurs, ses explications auraient été plus utiles en tête de dossier qu'au dos de la dernière page où on s'attend à une pub). Outre le fait qu’il n’a jamais existé de "royaume de Piémont-Sardaigne", l’Italie, à cette époque, n’existait pas en tant qu’État-nation. Si le Royaume d’Italie n'a été proclamé qu'en 1861, la nation italienne a été inventée vers le temps des révolutions de 1848 (le roi de Sardaigne avait d'ailleurs fait appel au Niçois Garibaldi dans le cadre de la "première guerre d'indépendance"), et "l’Italie", quant à elle, avait toujours existé, depuis l’Antiquité, en tant qu’entité géographique (dont les États-Sardes faisaient partie, comme en témoignent toutes les cartes, tous les ouvrages historiques et tous les guides de voyages antérieurs à 1860, que Barelli connaît bien). Les habitants de cette entité géographique, par définition, étaient qualifiés d'"Italiens". Il ne s'agit pas là d'irrédentisme mais d'honnêteté historique.

Par analogie, rappelons que les Cherokees ont toujours été des "Américains", et que "l'Amérique" n'a pas attendu George Washington pour exister.

Quant au pays niçois, éternel territoire frontalier, son histoire et sa culture – comme le rappelle justement Barelli – sont partagées entre France et Italie, entre "Français" et "Italiens", entre Provence, Piémont et pays génois, et il serait bien vain de vouloir à tout prix les ranger ici ou là.


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Écrit par SebK, le Lundi 16 Mai 2016, 19:47 dans la rubrique "Nice".


— années 1920 et années 1950 —
     
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Écrit par SebK, le Mercredi 4 Mai 2016, 20:13 dans la rubrique "Nice".


— fête francophone à Genève —
Le dimanche 28 février 2016, à Genève, Mme Juliette Monnin-Hornung donnait une soirée pour célébrer la fête du Kalevala.

Pekka Huhtaniemi, du Ministère finlandais des Affaires étrangères, a présenté une rétrospective des nombreuses éditions du Kalevala en Finlande et dans le monde, en signalant notamment la récente parution d'une version biélorusse. Pekka Huhtaniemi vient de quitter ses fonctions d'ambassadeur au Royaume-Uni pour se consacrer à la coordination des célébrations internationales qui seront organisées en 2017 à l'occasion du Centenaire de l'Indépendance.

     

     

Juliette Monnin-Hornung a partagé son enthousiasme et ses réflexions autour du Kalevala, qui la passionne depuis les années 1920 et qu'elle ne cesse de promouvoir dans le monde francophone. Rappelons qu'elle a préfacé en 2009 la réédition de l'épopée dans la traduction de son compatriote Jean-Louis Perret, et qu'elle vient de publier en 2015 un ouvrage intitulé Le Kalevala - Ses héros, ses divinités, ses mythes et sa magie.

  

Enfin, Walter Arnold a lu le chant de la création du kantele dans sa langue maternelle, le léventin. La Léventine (Levantina) est la vallée suisse où le Tessin prend sa source. Sa traduction du Kalevala paraîtra en fin d'année.

Les interventions étaient agrémentées de lectures en français et d'intermèdes musicaux au kantele.

     

Quelques extraits vidéo de cette soirée (sans le kantele, malheureusement) :




http://ecx.images-amazon.com/images/I/317C1Iw8xxL._SX319_BO1,204,203,200_.jpg   http://ecx.images-amazon.com/images/I/31K7PImt7VL._SX312_BO1,204,203,200_.jpg


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Écrit par SebK, le Jeudi 3 Mars 2016, 11:17 dans la rubrique "Finlande".


— un opéra romantique "austro-sarde" de Franz Gläser —

Prologue

Le compositeur et chef d'orchestre Franz Gläser est né le 19 avril 1798 à Horní Jiřetín (en allemand : Obergeorgenthal ou plus simplement Ober-Görten), un village tchèque au pied des mont Métallifères. La Bohême est alors un royaume de l'Empire d'Autriche.

Issu d'une famille pauvre et nombreuse, "František Josef Glaeser" parvient à se distinguer par ses dons musicaux, qui lui permettent d'intégrer à l'âge de 11 ans le chœur de la Hofkapelle de Dresde (en Saxe, de l'autre côté des collines). Ensuite, au Conservatoire de musique de Prague, il devient un virtuose du violon.

En 1816, il étudie la composition à Vienne, tout en travaillant comme copiste et arrangeur de musique. À partir de 1817, il devient chef d'orchestre au Théâtre de la Leopoldstadt, puis en 1822 au Theatre de la Josefstadt et en 1827 au Theater an der Wien. Dans la capitale impériale, où il côtoie Beethoven, il se tourne vers la composition dramatique, genre dans lequel il va composer plus de 120 ouvrages dans des genres variés.

Période viennoise : Die vier Haimonskinder (1809) ; Bärnburgs Sturz (1817) ; Das Mädchen ohne Zunge (1819) ; Das Felsenmädchen (1820) ; Der geraubte Schleier (1820) ; Der Tambour (1820) ; Sküs, Mond und Pagat (1820) ; Wenn's was ist, so ist's nichts und ist's nichts, so sind's 36 Kreuzer (1820) ; Arsenius der Weiberfeind (1823) ; Dank und Undank (1823) ; Der rasende Roland (1823) ; Stumme Liebe (1823) ; Der Brief an sich selbst (1824) ; Der Erlenkönig (1824) ; Die kurzen Mäntel (1824) ; Die Rettung durch die Sparkassa (1824) ; Liebe und Haß (1824) ; Sauertöpfchen (1824) ; Sieben Mädchen in Uniform (1825) ; Der Bär und das Kind (1825) ; Die sonderbare Laune (1825) ; Die Weiber in Uniform (1825) ; Die Zauberin Armida (1825) ; Heliodor, Beherrscher der Elemente (1825) ; Menagerie und optische Zimmerreise in Krähwinkel (1825) ; Die steinerne Jungfrau (1826) ; Oberon, König der Elfen (1827) ; Peterl und Paulerl (1827) ; Abu, der schwarze Wundermann (1828) ; Armida, die Zauberin im Orient (1825) ; Elsbeth (1828) ; Meister Pilgram, Erbauer des Stephansturmes in Wien (1828) ; ainsi que Peter Stiglitz ; Staberl ; Die steinerne Jungfrau.

La période berlinoise

En 1830, Gläser accepte un poste de chef d'orchestre au Théâtre de la Königsstadt à Berlin. C'est là qu'il représente l'opéra Andrea.
  • Aurora (c.1830) ;
  • Die Brautschau auf Kronstein (1830) ;
  • Andrea (1830), sur un livret de Carl Philipp Berger ;
  • Des Adlers Horst (29.12.1832), son œuvre la plus célèbre ;
  • Die Augen des Teufels ;
  • Der Rattenfänger von Hameln, sur un livret de Carl Philipp Berger.

Le librettiste Carl Philipp Berger est également chanteur (ténor), metteur en scène et enseignant. Il est né le 31 décembre 1793 en Haute-Bavière, à Altötting (où il mourra le 10 juin 1853). Il collabore à Berlin avec Franz Gläser (Andrea et Le joueur de flûte de Hamelin), puis à Vienne avec le compositeur Peter Joseph von Lindpaintner (livret d'un opéra intitulé Die Genueserin, qui se passe à Venise en 1590, crée en 1839 au Théâtre de la Kärntnertor). Il rédigera aussi un ouvrage historique sur sa ville natale (Geschichte und Beschreibung der Wallfahrts-Stätte Altenötting, Munich 1841).

Andrea est un opéra romantique en trois actes. Les deux premiers actes se déroulent en 1790 dans un village (apparemment imaginaire) du Comté de Nice qui porte le nom de "Monzi" (on pourrait imaginer Levens). Le premier décrit les joyeux préparatifs des noces de Maria, fille du propriétaire d'une grande crèmerie, et de Battista, fils du juge du village. Mais une ombre plane sur l'événement : Maria est secrètement amoureuse d'Andrea, qui n'est qu'un simple serviteur dans la maison. Andrea l'enlève, mais le fiancé les rattrape et le serviteur est banni. À l'acte II, les amoureux contrariés se font clandestinement des adieux déchirants, mais Andrea promet qu'ils se reverront. Le dernier acte est situé dans un camp militaire français, au-dessus de Nice, en 1794 (donc après l'invasion de 1792, pendant l'occupation et la guerre dans les Alpes). Coup de théâtre : le général français n'est autre qu'Andrea ("Ich bin Andrea! Andrea Massena!!"), les amants sont réunis ("Andrea, ach, ist es kein Traum?"), et tout se termine dans un happy end délirant ("Laut töne es durch Berg und Thal, / Hoch lebe unser General!").

https://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/9/91/Andr%C3%A9_Mass%C3%A9na.jpg/219px-Andr%C3%A9_Mass%C3%A9na.jpg?uselang=frTout cela est gaiement invraisemblable puisque Masséna [portrait ci-contre] a quitté Levens dès 1775, quand il était adolescent, pour s'engager en France.

Cette légende de Maria et d'Andrea Massena semble avoir joui d'une certaine popularité, à l'époque, dans le monde germanophone (suite à l'opéra ?). On en trouve le récit dans le journal Carinthia (Klagenfurt) le 19 octobre 1833, sans indication de source ; puis dans une biographie intitulée "Andrea, Das Schoosskind des Glückes", par le Bavarois Friedrich Bruckbräu, en 1835 ; et encore dans la nouvelle de l'auteur saxon Eduard Gehe "Wer hätte das Gedacht!" (1837).

Parallèlement, en 1833, l'écrivain allemand Heinrich König va se pencher sur les mêmes événements de l'histoire récente, mais en imaginant des personnages plus attachants que Massena, dans un roman qui inspirera aussitôt au jeune Richard Wagner un livret d'opéra. Beaucoup plus riche et complexe que l'ouvrage vieillot de Berger & Gläser, ce nouvel opéra "austro-sarde" aboutira finalement en 1848, avec une musique de Friedrich Kittl, sous le titre Bianca und Giuseppe.

Épilogue danois

En 1839, Franz Gläser rejoint le Théâtre royal danois de Copenhague comme chef d'orchestre. Il introduit la musique de compositeurs contemporains comme Heinrich Marschner, Felix Mendelssohn et Louis Spohr, et en 1842, l'opéra de Rossini Guillaume Tell. En 1845, il est nommé chef d'orchestre de la Cour.
  • Bryllupet vet Como-søen [Les Noces au lac de Côme] (29.1.1849, Copenhague), sur un texte de H.C. Andersen
  • Nøkken (12.2.1853, Copenhague), sur un  texte de H.C. Andersen
  • Den forgyldte svane [Le cygne d'or] (17.3.1854, Copenhague)
Nommé professeur titulaire en 1851, il ne compose plus beaucoup, si ce n'est de la musique de circonstances : quelques cantates commandées par la Cour, plusieurs ouvertures et sa dernière œuvre, une marche pour orchestre en l'honneur du roi Frédéric VII. Franz Gläser meurt à Copenhague le 29 août 1861.


Bibliographie :
  • Carinthia, Klagenfurt, 19 octobre 1833, pp. 3-4.
  • Friedrich Wilhelm BRUCKBRÄU, "Andrea - Das Schoosskind des Glückes", in Schürzen-Räthsel, Stuttgart : Brodhag, 1835, pp. 230-236.
  • Eduard GEHE (1793-1850), "Wer hätte das Gedacht!", in Eduard Duller, Deutsches Stammbuch, Karlsruhe : Braun, 1837, pp.115-134.
  • Carl Philipp BERGER, Andrea, Berlin : Königsstädtisches Theater, 1841. [livret de l'opéra]
  • William NEUMANN, Franz Gläser, Leipzig, 1859.

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Écrit par SebK, le Dimanche 7 Février 2016, 17:22 dans la rubrique "Nice".


— volume V : les États-Sardes —



  

Le littoral ligure

Nice


Villefranche, vue du fond de la rade


Le port de Nice, avec la statue du roi Charles-Félix ; en face, le bagne et le mont Boron (avec le fort de Montalban) ; derrière, les premières crêtes des Alpes


Nice : la Terrasse (Ponchettes) ; au fond, la colline avec les ruines du Château


La Turbie : trophée d'Auguste (Ier siècle av. JC)

Savone


Savone


Noli

Gênes


Le phare et le port vus de l'ouest


Le palais du prince Andrea Doria


Le port royal


La place des Banques


Théâtre Charles-Félix


Cathédrale Saint-Laurent


L'Université


Le Palais des Doges


Église de l'Annonciation


Église Notre-Dame de Carignan


Pont Carignan


Acquasola


Palais de la Reine douairière


La cour du Palais Royal


La façade du Palais Royal


Palais Doria


Palais Doria


L'hospice des pauvres (aujourd'hui université)


Gênes vue du lazaret (aujourd'hui, le quartier de la Foce)

La Spezia


Golfe de La Spezia

L'île de Sardaigne


Cagliari : le bastion de la Sainte-Croix


Sassari


Oristano : la porte Saint-Christophe


Sanluri


Costumes du Sud (Cagliari)




Costumes du Nord


Pêche au thon en Sardaigne.

Lac Majeur et lac d'Orta


Arona : le colosse de de saint Charles Borromée (en cuivre forgé, 1698)


Isola Bella


Isola Madre


Lac d'Orta : île San Giulio


Orta : sanctuaire Saint-François-d'Assise

La route du Simplon


Domo d'Ossola


Route du Simplon : pont sur la Diveria à Crevola d'Ossola


Simplon : entrée du tunnel de Gondo


Simplon : tunnel de Gondo


Col du Simplon (près de Gondo)


Simplon : tunnel et pont du Ganter

Piémont


Verceil : basilique Saint-André


Verceil : basilique Saint-André


Bielle : sanctuaire d'Oropa


Acqui : aqueduc romain (Ier siècle)


L'abbaye de Vezzolano, sous le village d'Albugnano


L'abbaye de Vezzolano


Un bas-relief en l'abbaye de Vezzolano


Mondovì : sanctuaire de Vicoforte

Val Cluson


Pignerol : la ville haute (église Saint-Maurice) et la ville basse (cathédrale Saint-Donat), à l'entrée du val Cluson

Val de Suse (Doire Ripaire)


Suse : arc d'Auguste (Ier siècle av. JC)

Val d'Aoste (Doire Baltée)


Ivrée : Château Royal


Aoste


Aoste : arc d'Auguste (Ier siècle av. JC)


Verrès


Aymavilles


Villeneuve d'Aoste, sur la Doire Baltée

Turin


La porte Palatine (Ier siècle av. JC), transformée en prison au XVIIIe siècle.


Basilique royale de Superga


Villa royale de la Reine


Moncalieri, sur le Pô


Le château royal de Racconigi, côté ville


Racconigi, côté jardin


Le château royal de Stupiniggi


Turin, au bord du Pô : au premier plan (rive droite), la Gran Madre di Dio (achevée en 1831) ; en face (rive gauche), la place Victor-Emmanuel (aujourd'hui Veneto) et la Via Po en direction du Château.


La place Victor-Emmanuel vue du pont.


Le Château et le Palais Madame


Le Palais Madame


L'actuelle Via Garibaldi vue du Palais Madame


La place Saint-Charles (juste avant l'érection de la statue équestre d'Emmanuel-Philibert)


Le Palais Royal


L'Hôtel de Ville


Le château du Valentino


Le pont Mosca, sur la Doire Ripaire, achevé en 1830 (dans l'axe de l'actuel cours Jules-César).


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Écrit par SebK, le Vendredi 29 Janvier 2016, 21:15 dans la rubrique "Nice".


— une délégation niçoise invitée en Provence pour célébrer la poésie finlandaise en langue d'oc —
À l'occasion du concert consacré au poète finlandais Uuno Kailas et présenté à Helsinki en octobre dernier, une brochure a été publiée par le Helsinki Collegium for Advanced Studies. Elle contient une présentation de l'événement, le programme de la soirée, la biographie des artistes impliqués (compositeurs, poètes, musiciens, traducteurs) ainsi que des poèmes d'Uuno Kailas en trois langues : finnois, occitan niçois et français. Cet ouvrage a été offert aux spectateurs, ainsi qu'aux principales bibliothèques de Finlande et d'Occitanie (Comté de Nice, Provence, Languedoc, Gascogne...).

En Provence, l'ouvrage a retenu l'attention du Centre de Documentation Provençale, où Jean-Marc Courbet, majoral du Felibrige, l'a réceptionné avec surprise et émotion.

Association linguistique et culturelle occitane basée en Provence, le Felibrige fut fondé le jour de la Sainte-Estelle 1854 par un groupe de jeunes poètes réunis autour de Frédéric Mistral. De son temps, Mistral était déjà conscient de la place prestigieuse qu'occupaient les langues et littératures occitanes en Europe et dans le monde, citant notamment les romanistes finlandais qui se penchaient alors sur ces sujets avec un grand intérêt. Le prix Nobel de littérature décerné à Mistral en 1904 pour son œuvre en occitan provençal témoigne d'ailleurs de cette reconnaissance nordique et internationale.

Depuis 1978, le Centre de Documentation Provençale est au cœur de fructueux échanges culturels, non seulement entre provinces d'Occitanie, mais aussi entre l'Occitanie et le reste du monde. La brochure Uuno Kailas Heinolasta Nizzaan trouve tout naturellement sa place dans cette collection, aux côtés d'une anthologie de poésie provençale publiée en estonien à Tallinn, ou encore du fameux dictionnaire occitan-japonais publié à Tokyo par Naoko Sano. Si la réception de cet ouvrage a causé une telle surprise à Jean-Marc Courbet et à ses collègues, ce n'est donc pas tant pour son contenu que parce qu'il s'avère le 5000e titre répertorié dans le catalogue du Centre.

Le 23 janvier 2016, cet événement et cette heureuse rencontre étaient célébrés au Centre de Documentation Provençale (à Bollène, dans le Vaucluse), en présence des traducteurs Miquèu de Carabatta et Sébastien Cagnoli, escortant la Niçoise Angélique Marçais, 21e "reine du Felibrige" depuis les Jeux floraux de 2011.

  
Angélique Marçais. 

Au-delà des pays niçois et provençal, l'espace occitan était représenté dans une perspective plus large par le président du PEN Club occitan, le Languedocien Jean-Frédéric Brun. Grâce à son activité dans le vaste réseau du PEN International, cet écrivain connaît bien la place que les littératures occitanes occupent dans le monde et l'intérêt qu'elles n'ont jamais cessé de susciter. En somme, il n'y a qu'en France que les cultures dites "régionales" sont méconnues et négligées : dans le monde, les littératures occitanes sont connues et reconnues, autant pour leurs mille ans d'histoire que pour leur vitalité contemporaine, et il est rassurant de le rappeler.

     
Sébastien Cagnoli, Miquèu de Carabatta, Jean-Marc Courbet et Jean-Frédéric Brun au Centre de Documentation Provençale.





Dans la presse :
        

     

À la radio : France Bleu, 23 janvier.

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Écrit par SebK, le Dimanche 24 Janvier 2016, 16:59 dans la rubrique "Finlande".


— Villefranche, 1915 —
https://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/9/91/Jens_Adolf_Jerichau_1890-1916_by_N._Andersen.jpgJens Adolf Jerichau est né le 12 décembre 1890 à Roskilde, sur l'île danoise de Seeland, près de Copenhague. Il est le petit-fils du sculpteur classique homonyme.

En 1915, il travaille sur la Côte d'Azur (Sanary, Villefranche).

Il meurt à Paris l'année suivante, le 16 août 1916, âgé de 25 ans.


Palmier à Villefranche (Musée national des Beaux-Arts, Copenhague)


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Écrit par SebK, le Jeudi 24 Décembre 2015, 09:42 dans la rubrique "Nice".


— à pieds ou à queue —

Den lille Havfrue

http://www.erindringer.dk/flugten43/images/Havfrue/KglTea_3a-1.jpgInspirée par le personnage de Hans Christian Andersen, la "petite sirène" de Copenhague fut commandée en 1909 par Carl Jacobsen, fondateur de la brasserie Carlsberg, au sculpteur Edvard Eriksen (1876-1959). La statue en bronze fut inaugurée au bord de la Langelinie, dans le port de Copenhague, le 23 août 1913.
La tête est celle d'Ellen Price, danseuse au Théâtre Royal qui tenait justement le rôle éponyme dans La petite sirène, un ballet-aventure en 3 actes sur un argument de Julius Lehmann, avec une musique de Fini Henriques et une chorégraphie de Hans Beck (ci-dessous, Ellen Price dans le rôle de la Petite Sirène en 1909).
La ballerine ayant refusé de poser nue, c'est la femme du sculpteur, Eline Eriksen, qui prêta son corps à la fameuse statue.



La sirène d'Eriksen est entourée de deux autres statues d'inspiration balnéaire, moins célèbres, mais également cédées à la ville par la fondation Carlsberg :
  • Svømmeren (Nageur, 1887) du sculpteur suédois Johan Börjeson (1835-1910) ;
  • Efter Badet (Aprés le bain, 1909) du Danois Carl Aarsleff (1852-1918).

  
Le petit nageur de Börjeson ne bénéficie pas de la même mise en valeur que sa voisine la sirène !
Ci-dessous, une photo au flash in situ et une carte postale ancienne, puis des photos de jour.
   http://3.bp.blogspot.com/-kZiUP8O6tzE/UE0k8G5lHLI/AAAAAAAAJZ0/jAvJOljR-vg/s1600/athlete.jpg

  

Même traitement pour le petit baigneur d'Aarsleff. La première fois, de nuit, je ne l'avais même pas remarqué :
  

En journée, les touristes sont tellement occupés à se photographier devant la petite sirène qu'ils ne remarquent même pas la présence des deux autres statues :




La sirène de Mme Carl Nielsen

En 1921, la grande artiste Anne Marie "Carl" Nielsen (1863-1945) a également traité le thème danois incontournable de la sirène, ce qui était parfaitement logique pour cette spécialiste des humains et autres animaux plus ou moins hybrides. L'oeuvre se trouve au Musée national des Beaux-Arts.


Den genmodificerede Havfrue

La "sirène génétiquement modifiée" fait partie d'un ensemble intitulé Det genmodificerede Paradis (Le paradis génétiquement modifié), conçu par le sculpteur danois Bjørn Nørgaard pour l'exposition universelle de Hanovre en 2000 et installé le 15 septembre 2006 dans le port de Copenhague. À 600 mètres au nord de la Petite sirène, l'ensemble a pris place sur le quai qui termine la Langelinie, dans le cadre du réaménagement des anciens docks "Dahlerups Pakhus".

L'installation est composée d'un "arc de triomphe" de 40 tonnes surmonté d'une "Madonne génétiquement modifée" de 9 m de haut. Autour : Adam, le Christ, Marie Madeleine, Ève, le Capital Tripartite et l'Homme Enceint.


Made in China

Entre les deux statues officielles érigées par la ville, dont la première est très fortement touristopète, le patron du café du coin a voulu dessiner sa propre "petite sirène", dans l'intention d'assouvir ses fantasmes aquatiques et d'étancher la soif des passants cosmopolites décus par les mensurations de Mme Eriksen. Il a donc fait tailler une nouvelle "petite" sirène de 4 m de haut dans 14 tonnes de granit de Chine.
Depuis juin 2007, la Langelinie est habitée par une nouvelle créature, nettement moins élégante que celle de la fondation Carlsberg, mais pourvue de solides arguments concurrentiels :

  


Han

Également dérivé de la petite sirène d'Eriksen, Han (Lui) est l'œuvre du duo d'artistes Elmgreen & Dragset, formé en 1995 par Michael Elmgreen (né en 1961 à Copenhague) et Ingar Dragset (né en 1969 à Trondheim, alors de passage au Danemark).
Commandé par la ville d'Elseneur, ce "petit triton" a pris place en 2012 sur le littoral, aux pieds du château de Kronborg, lieu très emblématique aux portes de la mer Baltique :

  



La statue en inox est censée être équipée d'un mécanisme hydraulique qui lui permet de cligner des yeux toutes les demi-heures.

Non loin de là, depuis 1932, une autre statue veille sur l'entrée du port d'Elseneur. Héraclès et l'Hydre (1919), par Rudolph Tegner (1873-1950) :

  

[photos octobre 2012 & décembre 2015]
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Écrit par SebK, le Mardi 15 Décembre 2015, 12:13 dans la rubrique "statuaire urbaine".


— 1556 —
Les archives de Turin conservent quatre documents datés du 3 janvier 1556, qui sont des copies certifiées conformes de papiers en rapport avec un vieux litige sur le marquisat de Saluces.

Au cours des cinq campagnes menée par Francois Ier en Italie (1515-1544), le marquisat de Saluces était sans cesse convoité par la France. Son successeur, Henri II [à gauche], a mené une nouvelle offensive sur le Piémont (1552-1556), dixième conflit franco-italien sur une période de soixante ans. En 1555, l'empereur Charles V [à droite], qui prépare son abdication et organise ses successions, cherche à négocier une trêve.

Henri II (d'après François Clouet, 1559)   https://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/f/f2/Anonymous%2C_Portrait_of_Charles_V%2C_Rijksmuseum-%28trans_back%29.png/243px-Anonymous%2C_Portrait_of_Charles_V%2C_Rijksmuseum-%28trans_back%29.png?uselang=fr
https://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/9/91/Portrait_of_Emanuel_Philiberto_of_Savoy.jpg/349px-Portrait_of_Emanuel_Philiberto_of_Savoy.jpg
À cette occasion, le duc de Savoie Emmanuel-Philibert [ci-contre] tente de faire valoir ses droits sur Saluces. À Verceil, on prépare donc un dossier avec les pièces suivantes :
  • les lettres de l'empereur Charles IV concédant au comte Amédée VI la dignité de principauté sur toutes ses terres inféodées au saint Empire ;
  • le mandat du 11 novembre 1375 par lequel Charles IV assigne le marquisat de Saluces à Amédée VI sous réserve que celui-ci demeure un fief de l'Empire ;
  • la lettre du 13 mars 1530 par laquelle Charles V confirme tous les privilèges et concessions accordées au duc Charles II (à l'occasion de sa présence à Bologne pour le couronnement impérial du 24 février) ;
  • la lettre du 17 juin 1536 par laquelle Charles V déclare que l'investiture sur le marquisat de Saluces concédée au marquis François de Saluces n'a pas d'incidence sur les droits revendiqués par Charles II sur le marquisat.
Les documents sont certifiés conformes par Sebastiano Cagnoli (ou "Sebastianus de Cagnolis"), lieutenant général de l'évêque de Verceil Pietro Francesco Ferrero, et revêtus du sceau épiscopal :



Les négociations entre Henri II et Charles V aboutissent à la signature d'un accord à l'abbaye de Vaucelles, le 15 février 1556. Du côté de Saluces, la France ne lâche rien. Cet accord est censé être une trêve de cinq ans, mais les hostilités reprendront dès le mois d'octobre. Charles-Emmanuel Ier récupérera brièvement le marquisat en 1588, mais il faudra attendre 1601 pour que le traité de Lyon définisse durablement la frontière dans les Alpes entre Henri IV et Charles-Emmanuel Ier. Les États de Savoie perdront alors Bresse, Bugey et Gex, mais garderont définitivement Saluces.


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Écrit par SebK, le Dimanche 6 Décembre 2015, 07:04 dans la rubrique "hum...".


— un peintre finlandais à Nice en 1885 —
Aukusti Uotila est né le 5 mai 1858 à Urjala, un village agricole du sud-ouest de la Finlande. Ses parents sont cultivateurs.
Formé à l'école de dessin de la Société des Beaux-Arts de Finlande (Helsinki) en 1873-1876, Uotila est admis à l'Université de Helsinki, où il étudie le dessin en 1876-1877.

  
Aukusti Uotila en 1878 : portrait par Albert Edelfelt et photo par Daniel Nyblin, Helsinki.

En 1877-1879, Uotila étudie à Paris, à l’École des Beaux-Arts, sous la direction d'Henri Lehmann. Il rentre brièvement en Finlande en 1879-1880, puis retourne en France, où il séjourne en différentes régions, notamment en Bretagne. Paris et la Bretagne sont alors des destinations obligées pour les artistes finlandais.


Photographie d'Aukusti Uotila par Daniel Nyblin, Helsinki (années 1880).

Au début de l'année 1885, Uotila entreprend un nouveau voyage d'étude. Il souffre alors de la tuberculose depuis quatre ou cinq ans. Sur les conseils des médecins, qui lui recommandent vivement le climat méditerranéen, le jeune artiste se dirige vers Florence.
Uotila traverse les Alpes et s'arrête brièvement au bord du lac de Côme, puis il arrive à Nice pendant le carnaval.

À Nice, son premier travail est une petite toile représentant un marché aux fleurs (Kukkastori Nizzassa) :


Kukkastori Nizzassa (22,5 x 19 cm)

Une "petite oeuvre ensoleillée" est mentionnée dans une lettre du 18 septembre, sans plus de précision.

Avec le "marché aux légumes" et le portrait d'une "demoiselle aux fleurs", Uotila continue d'étudier la vie populaire niçoise :

  
Nizzan vihannestori (81,5 x 65,5 cm) - Kukkastyttö (61 x 46 cm)

De même, il réalise à Nice une étude de type populaire (Kansantyyppi, harjoitelma, 27 x 22 cm), représentant le buste d'un jeune homme moustachu avec chapeau à bords et foulard rouge autour du cou.

Parallèlement à l'atmosphère de la vieille ville, Uotila se tourne bien sûr du côté de la mer. Les pointus de ses Pêcheurs en Méditerranée voguent dans la baie des Anges, vus du côté de Carras, avec en fond les préalpes de Nice plongeant dans la mer :


Kalastajia Välimerellä - "Dolce far niente" (61 x 96 cm)

De l'autre côté du mon Boron, Uotila peint Villefranche depuis la plage au fond de la rade, avec les petits rochers au premier plan. On voit l'entrée de la vieille ville, le fort Saint-Elme, et on aperçoit le lazaret et le cap de Nice :


Villafrancan kaupunki

Dans une lettre du 6 décembre, Uotila mentionnera un tableau intitulé Matin d'été sur la Riviera, avant le lever du soleil (Kesäaamu Rivieralla, ennen auringon nousua). On devait y voir aussi des pointus, paraît-il.
Enfin, un mystérieux tableau intitulé Nizza aurait été exposé en 1917 ; il appartenait alors à un certain "capitaine G. Rydman".

Pendant ce temps, Uotila accomplit aussi deux travaux "finlandais" : un portrait d'un ami d'enfance (Nuoruudenystävän muotokuva, mentionné dans une lettre du 18 septembre), réalisé d'après photo ; et une vue de Helsinki commencée en Finlande et achevée à Nice de mémoire : la Chapelle de l'Esplanade (Esplanadikappeli), un restaurant belle-époque récemment embelli au coeur de la capitale du grand-duché.

Finalement, Uotila ne poursuit pas son voyage vers la Toscane mais vers la Corse. Il accoste à Ajaccio en octobre. Il y peint ses dernières oeuvres, et meurt de sa tuberculose le 18 mars 1886, âgé de 27 ans. Il est enterré à Ajaccio en toute discrétion. 



Sources :
  • Lindström, Aune.  Aukusti Uotila. Porvoo : WSOY, 1948.
  • August Uotila 1858-1886 : appelsiinitytön maalari ~ appelsinflickans målare [éd. Synnöve Malmström]. Helsinki : SKS & Amos Andersonin taidemuseo, 2012.

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Écrit par SebK, le Mercredi 2 Décembre 2015, 13:13 dans la rubrique "Finlande".


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