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Actualité
05/2014 : parution de Baby Jane, de Sofi Oksanen, chez Stock.
03/2014 : parution de La Sage-femme, de Katja Kettu, chez Actes Sud.
03/2014 : parution (en russe) d'une interview, de la nouvelle Le mur et de l'article "M.N. Lebedev et la satire politique du monde contemporain" dans la revue Арт.
02/2014 : Semaine komie à Nice.
12/2013 : "Quora despareissèron lu colombs: translating a Finnish bestseller to a minority language of France" (Université de Helsinki, colloque Language revitalization in a Russian and European context: Exploring solutions for minority language maintenance).
11/2013 : présentation des Colombs en Iamal (Salekhard, 12e Congrès des écrivains finno-ougriens).
11/2013 : "Кыдзи вуджöдiсны Савинлысь гижöдъяссö" ["Traduire Savine"] (Académie des Sciences de Russie, Syktyvkar, colloque Savine).
11/2013 : "Entre Savoie et Romanov : la famille niçoise Michaud de Beauretour – Une synthèse complétée par des données inédites" (Beaulieu-sur-Mer, colloque Romanov).
06/10/2013 : présentation des Colombs au Festival du Livre de Mouans-Sartoux.
09/2013 : "The role of drama in the construction of national identities in the Ural-Volga area, through examples of Finno-Ugric interaction" (colloque "Oural-Volga", Samara).
08/2013 : présentation des Colombs à Annot.
06/2013 : parution de "La langue marie au théâtre et à l'opéra – Survol d'un genre littéraire prolifique" dans le volume collectif Les Maris – Un peuple finno-ougrien de Russie centrale.
01/06/2013 : lecture et table ronde avec Joni Pyysalo (Nuit de la Littérature, Paris).
22/05/2013 : présentation des Colombs à Contes.
05/2013 : parution de Quand les colombes disparurent, de Sofi Oksanen, chez Stock.
02/05/2013 : rencontres avec Sofi Oksanen au lycée Calmette, à la bibliothèque Louis Nucéra et à la librairie Jean Jaurès (Nice).
04/2013 : parution de Quora despareissèron lu colombs, de Sofi Oksanen, à l'IEO-CREO PACA.
04/2013 : parution des Vaches de Staline, de Sofi Oksanen, au Livre de Poche.
29/03/2013 : première de la pièce Purge à Fontenay-sous-Bois.
03/2013 : interventions en Maths spé (Eucalyptus) et à la fac de lettres (Université de Nice).

Tribune



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À ma connaissance, il n'existe que deux villes au monde où une statue soit dédiée à  Charles-Félix de Savoie dans l'espace public : Nice et Cagliari.

À Nice, la statue rappelle aujourd'hui le demi-millénaire (1388-1860) que le Comté de Nice a passé sous la protection des souverains de Savoie, du Moyen-Âge à l'ère industrielle. C'est donc un symbole de continuité et de stabilité. En particulier, le monument commémore le règne de Charles-Félix, roi de Sardaigne de 1821 à 1831.

En novembre 1826, le roi se rend à Nice avec la reine Marie-Christine. Ils résident au Palais Royal. Cette visite royale va laisser de nombreuses traces. Les constructions des Ponchettes sont percées d'un nouveau passage : la porte Carlo-Felice. Celle-ci relie directement la place Carlo-Felice (à l'est du cours Saleya) au bord de mer. En 1827, la corporation des serruriers de la ville fait ériger sur cette place un monument pour commémorer la visite du roi. Il s'agit d'une petite colonne en alliage de fer et de pierre blanche, avec un aigle à sa base et un monogramme royal à son sommet (le monument sera supprimé en 1861). La même année, les Juifs de Nice font ériger un monument d'inspiration égyptienne, en forme d'obélisque, à l'entrée du pont Neuf, sur la rive gauche, pour rendre hommage au roi Carlo Felice et rappeler les engagements pris par la Maison de Savoie pour protéger leur communauté (ce monument disparaîtra aussi juste après l'annexion, en 1861).

Dessinée par Paul-Émile Barberi, la statue fut érigée en 1828 au bord du port Lympia (et se trouve aujourd'hui dans le square Guynemer). Vêtu à la manière de son ancêtre Charles-Emmanuel, le roi montre du doigt le nouveau port de Nice, rappelant ainsi qu'il a rétabli le statut de port franc dont Nice bénéficiait depuis 1612 (sous le duc de Savoie et prince de Piémont Charles-Emmanuel, donc) et qui avait été aboli pendant l'occupation française. Le doigt en question est resté amputé suite aux émeutes qui éclatèrent lorsque Victor-Emanuel II révoqua les franchises du port dans les années 1850.

À Cagliari, la statue de Charles-Félix est beaucoup plus controversée. Elle rappelle les relations orageuses entre la Maison de Savoie et l'île de Sardaigne, où cette brève période (1720-1946) n'est autre qu'une énième occupation, après la conquête aragonaise de 1323, la domination espagnole (1478-1714) et les quelques années autrichiennes (1714-1720).

La relation de Charles-Félix avec Cagliari est particulière dans la mesure où, avant de monter sur le trône du Royaume, il gouverna l'île de 1799 à 1817 en tant que vice-roi (statut spécifique hérité des dynasties qui régnaient précédemment sur la Sardaigne).

Le projet de monument est décidé en 1827, et la statue est réalisée en 1830. La sculpture est l’œuvre du sculpteur sarde Andrea Galassi. Ce n'est qu'en 1860 que le monument a pris sa position actuelle sur la place San-Carlo – nommée ainsi, précisément, en hommage à Charles-Félix (aujourd'hui place Yenne, du nom du vice-roi qui l'a aménagée en 1822). La statue montre du doigt la Strada Statale 131, dont elle marque le kilomètre zéro : il s'agit de la principale route de l'île, qui va de Cagliari à Porto Torres et qui porte justement le nom de Carlo Felice.

En Sardaigne, on trouve aussi une petite Via Carlo Felice à Monastir. Les autres lieux publics qui portent le nom de ce souverain se trouvent dans l'ancienne capitale du Royaume, Turin (piazza Carlo Felice), et dans la grande conquête de 1815, Gênes (Teatro Carlo Felice – il paraît d'ailleurs que le roi était féru de théâtre et qu'il avait même composé des pièces).

[photos SC]
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Écrit par SebK, le Mercredi 16 Avril 2014, 12:32 dans la rubrique "statuaire urbaine".


— 1809 dans l'histoire de Nice —
Érigé en 1869, neuf après l'annexion de Nice à l'Empire français, le monument ci-contre commémore le maréchal Masséna, et en particulier sa victoire à la bataille d'Essling, qui opposa la France napoléonienne à l'Autriche et dont on commémore alors le 60e anniversaire.

André Masséna est né à Nice en 1758. Très jeune, il prend le large et passe son adolescence dans la marine marchande. Dans le port de Toulon, il est recruté par un régiment français : à 17 ans, il abandonne alors sa patrie et sa carrière maritime. Il sert quelque temps dans l'armée française, mais la quitte faute de perspectives d'évolution. La Révolution française lui offre une nouvelle opportunité. Il s'inscrit alors dans un régiment de volontaires. En septembre 1792, le lieutenant-colonel Masséna participe ainsi à l'invasion de son pays natal aux côtés des volontaires français. Épouvantée, la population a quitté la ville avec l'armée, en direction de l'Escarène, pour chercher refuge dans les montagnes et en Piémont. Le lieutenant-colonel Masséna participe activement aux opérations. Il chasse les troupes alliées du Comté et met à profit la bonne connaissance qu'il a de son pays natal pour traquer et réprimer les résistants. Partout, il est remarqué pour ses pillages, qui feront la fortune de sa famille. En 1793, la France revendique l'annexion du Comté de Nice. Masséna devient général. En 1796, il commande l'avant-garde de l'armée d’Italie de Bonaparte et se distingue à Rivoli. En 1809, il ouvre la bataille d’Essling (ce qui lui vaut le titre de "prince d'Essling") et prend une part décisive à celle de Wagram.

Après 22 ans d'oppression, le Comté de Nice est libéré en 1814 et le Royaume de Sardaigne est restauré. Pendant ce temps, Masséna passe au service des Bourbon et meurt à Paris en 1817.

Lors de l'annexion du Comté de Nice à l'Empire français en 1860, les premières mesures du pouvoir colonial consisteront à fermer les établissements d'enseignement supérieur et la Cour d'Appel, à renommer la "place Charles-Albert" (le roi qui avait aboli la monarchie absolue en 1847) en "place Masséna", à démonter le monument des Juifs et celui des serruriers (élevés en 1827 en l'honneur du roi Charles-Félix) et à ériger la statue ci-dessus.

Fraîchement restaurée, la statue de Masséna trône aujourd'hui en plein centre-ville, revêtue de cette inscription énigmatique : "Nice à Masséna, 1809-1909".



[photos : novembre 2013]
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Écrit par SebK, le Jeudi 3 Avril 2014, 17:29 dans la rubrique "statuaire urbaine".


— un opéra niçois de Richard Wagner et Jan Bedřich Kittl —
En 1833, l'écrivain allemand Heinrich König (1790-1869) publie à Leipzig, chez Brockhaus, un roman intitulé Die hohe Braut (La noble fiancée), une histoire d'amour dans le contexte dramatique de l'invasion du Comté de Nice par l'armée française en 1792. Maintenant que Napoléon a été écarté et que l'ordre ancien est rétabli, toute l'Europe commence à réfléchir plus calmement aux événements de ces dernières décennies. Aussi ce roman stimule-t-il l'inspiration du jeune poète et compositeur Richard Wagner (1813-1883). Il se rappelle sa première réaction aux récits de la révolution française, réaction d'horreur et de dégoût. Puis, avec le recul, il prend conscience des belles idées qui étaient à l'origine de cette révolution, et il se trouve tiraillé entre des sentiments contradictoires. Voilà donc un sujet idéal pour un grand opéra ! Une histoire d'amour contrariée par les traditions d'une société de classes, dans un contexte historique partagé entre l'idéal de liberté promu par la Révolution et la violence des massacres perpétrés en France et dans les pays voisins. Et cette histoire récente résonne déjà, en Europe, avec les mouvements sociaux des années 1830-1840.

Âgé de 20 ans, le jeune Wagner [portrait ci-contre], totalement inconnu, se bat pour s'introduire dans les grandes capitales culturelles européennes, notamment Paris. Il est persuadé que cette Noble fiancée fournirait un sujet parfait pour le public français. Dès 1836, il esquisse un synopsis, qu'il fait traduire en français et qu'il envoie à Scribe (en 1838) en lui donnant carte blanche pour en faire un livret en bonne et due forme... à condition que l'Opéra de Paris lui commande la musique. Bien décidé à conquérir Paris, il contacte aussi Meyerbeer et sollicite l'entremise de son beau-frère qui dirige la succursale parisienne de la maison Brockhaus. Mais Paris fait la sourde oreille, ce jeune fougueux n'ayant pas du tout la notoriété requise dans la maison.

Les années passent. Wagner s'établit à Dresde, où il monte Rienzi, puis Le vaisseau fantôme. Son style artistique évolue, et il se rend compte que le livret de la Noble fiancée n'est plus du tout adapté à la forme du drame musical vers laquelle il s'oriente maintenant. Il renonce donc à l'idée de le mettre lui-même en musique et tente de le transmettre à d'autres compositeurs. Manifestement, ce sujet lui tient à cœur. Il propose son livret à plusieurs collègues, sans succès.

Jusqu'au jour où le compositeur tchèque Jan Bedřich Kittl (1806-1868) – ou "Johann Friedrich Kittl", sous la forme allemande –, de retour d'une tournée en Scandinavie et en Allemagne, fait une escale à Dresde en rentrant à Prague. Il y rencontre son collègue Richard Wagner, qui ne manque pas de lui mettre entre les mains son fameux livret. Aussitôt, Kittl se met à la tâche. L'opéra sera créé au Théâtre des États de Prague le 19 février 1848, en allemand, sous le titre Bianca und Giuseppe oder Die Franzosen vor Nizza (Bianca et Giuseppe ou Les Français aux portes de Nice).

Kittl était alors une figure majeure de la vie culturelle pragoise. Directeur du Conservatoire de 1843 à 1865, il fréquenta Spohr, Marschner, Liszt, et il reçut la visite et les éloges de Berlioz. Il ne reste rien de son premier opéra, Daphnis Grab (Le tombeau de Daphnis), détruit de sa main. Après Bianca und Giuseppe oder Die Franzosen vor Nizza (1848), il composera deux autres opéras, créés à Prague, également au Théâtre des États : Die Waldblume (1852) et Die Bilderstürmer (1854). Par ailleurs, il est l'auteur d'un requiem, d'une messe, d'une cantate, de chœurs et de mélodies sur des textes en allemand et en tchèque, de quatre symphonies, d'ouvertures pour orchestre, de pièces pour piano (idylles, scherzos, romances, impromptus, berceuse, aquarelles, nocturne, sonates...) et de compositions pour divers ensemble de chambre.

L’opéra  Bianca und Giuseppe oder Die Franzosen vor Nizza est considéré comme le chef-d’œuvre de Kittl. De fait, c’est le plus notable des opéras tchèques du XIXe siècle avant l’avènement de Smetana. La popularité de cette œuvre, créée à Prague en février 1848, dut sans doute beaucoup au thème révolutionnaire qui résonnait avec l’actualité. En effet, à ce moment-là, l'Europe était dans une situation explosive. Prague, en particulier, était à trois semaines d'une révolution qui allait être réprimée en juin dans un bain de sang. Le Comté de Nice, de son côté, bénéficiait des soulèvements qui s'étaient produits récemment en Piémont : fin 1847, le roi Charles-Albert de Savoie avait consenti à abolir la monarchie absolue ; le 8 février, il venait de promulguer le Statuto, constitution qui faisait du Royaume de Sardaigne une monarchie parlementaire.

Après une production à Hambourg en 1886, l’opéra de Kittl tomba dans l’oubli. Il fut remonté au Conservatoire de Prague en 1961 dans le cadre des célébrations du 150e anniversaire de cette institution, cette fois sous le titre Francouzové před Nizzou (en version tchèque, semble-t-il). Plus récemment, il a été donné en version de concert (partiellement mise en scène) au Théâtre des États en 2003 (première le 20 mars).

Le roman La noble fiancée dépeint le Comté avec une précision étonnante : la ville de Nice entre la colline du Château et le Paillon, le mont Boron, Cimiez avec son monastère, Drap, la route de Turin avec l'Escarène, Breil dans la vallée de la Roya... L'histoire commence avant 1792 et se termine en 1796. Tout finit bien pour les deux amoureux, dans un Comté de Nice provisoirement occupé par la France républicaine suite à l'armistice que le roi Victor-Amédée III a été contraint de signer avec le général Bonaparte à Cherasco. Mais si König était très scrupuleux dans ses descriptions, Wagner prend des libertés avec l'histoire et la géographie. L’opéra se déroule "en 1793, à Nice et dans les environs". Il y a une confusion entre l'invasion de 1792 (lorsque les Français franchissent le Var, épisode mentionné avec précision dans le roman) et la prise de Saorge en 1794 (qui marque la victoire des Français dans les Alpes et leur permet de se lancer dans la conquête du Piémont). Erreur, négligence ou licence artistique ? En tout cas, l'anachronisme offre des décors et un dénouement dramatiques à souhait.


"Die Franzosen! Die Franzosen!" La scène finale esquissée par Wagner.

Le chœur figure des paysans et des citadins, des soldats (niçois et français), des conspirateurs, des pèlerins, la foule, etc. L'intrigue est la suivante (Kittl a drastiquement réduit le texte de Wagner).

Acte I : "Une grand-place de campagne, devant le château du marquis" 
La scène se passe dans un village du Comté de Nice (dans le roman, il s'agit explicitement de Drap [carte postale ci-contre]). Sur l'esplanade du village, devant le château seigneurial et entre des parcs verdoyants, sont réunis des paysans, des citadins venus de Nice, ainsi que des soldats de la garnison de Saorge. C'est la fête au village ("Freut euch! freut euch! wack're Leute, / Fröhlich sollen Alle sein!"). Giuseppe (ténor), fils de l'intendant du marquis, se tient à l'écart, mélancolique. Clara (soprano), une jeune bourgeoise de Nice qui est secrètement amoureuse de lui, tente de lui remonter le moral. Elle veut danser avec lui, mais il répond qu'il est déjà engagé avec une autre. Le mendiant Cola (basse) voudrait danser ("Ich gäb' was drum, könnt' ich, wie ihr, mich freuen") ; les gens se moquent de lui. Cola s'accroche avec les soldats et leur caporal, Bonatti (ténor). Par dépit, Clara s'interpose et prend la main de Bonatti en prétendant qu'elle le veut pour fiancé. L'officier est ravi ; il promet une nouvelle fête pour célébrer leurs noces. Clara regrette aussitôt son geste, mais il est trop tard. Tout le monde s’en va fêter ça à l’auberge ; Giuseppe reste seul.  Entre Bianca (soprano), la fille du marquis de Malvi, le seigneur du village. Giuseppe lui déclare son amour ("O Gott sei Dank! So treff' ich dich allein!"), qui est réciproque, mais incompatible avec leur position sociale. En effet, issue de la noblesse, Bianca est promise au comte de Rivoli, tandis que le jeune Giuseppe est un chasseur. Giuseppe, en tant que frère de lait de Bianca et fils de l’intendant du marquis, revendique son droit à danser le premier avec Bianca. Un carillon donne alors le signal de la fête. La foule revient de l’auberge ("Ha! Welch ein lustig Wandern / Von einem Fest zum andern!"). Entre Malvi (basse), avec sa fille et le comte de Rivoli (baryton), escortés par les serviteurs du marquis. Malvi rappelle à tous leur devoir d’allégeance au roi (Victor-Amédée III). Puis la cérémonie commence : procession des villageois devant le marquis ; danse de garçons savoyards, grande danse finale. Puis Cola présente Brigitta (mezzo) et demande qu'on l'écoute chanter son histoire en s'accompagnant à la harpe ("O ihr an Glanz und Freude Reichen, / Hört an das Lied der Bettlerin!"). Cette intervention agace le comte de Rivoli ; à la surprise générale, il la chasse violemment. Il explique au marquis qu’il s’agit de sa sœur, qui a déshonoré la famille en épousant un homme de classe inférieure. À présent, Rivoli demande aux musiciens de jouer et sollicite l’honneur de la première danse avec sa fiancée Bianca. Giuseppe s’interpose alors en affirmant que cette première danse lui est réservée ("Mein Recht! Mein Recht will ich! den Ehrentanz!"). Il repousse le comte et prend Bianca dans ses bras. Les soldats interviennent pour les séparer. Au milieu de l’émeute, l'énigmatique Vincenzo Sormano [révolutionnaire génois, dans le roman] se fraie un passage en dégainant un poignard, et il disparaît en emmenant Giuseppe.


La reprise de 1961.

Acte II : "Les sommets des Alpes à la frontière entre Nice et la France" 
Sormano (basse) et Giuseppe se réfugient dans les montagnes ("In Sicherheit sind wir – hier ist mein Reich!"). Le sauveur se présente et raconte son histoire : il est le mari de Brigitta, la sœur du comte, rejetée par sa famille à cause de leur amour. Sormano cherche à convaincre le jeune chasseur de se rallier au mouvement révolutionnaire. Giuseppe hésite : il ne veut pas trahir son seigneur et son roi ("Verrat am Vaterland! o fluchenswerte Tat!"). Le rebelle ne lui laisse pas le choix : il tire un coup de feu en l’air en criant au traître, et une bande de conspirateurs se rassemble aussitôt autour d’eux. Sormano annonce que Giuseppe fait maintenant partie de leur groupe. Le voici entraîné contre son gré dans une trahison contre la patrie. Sormano explique aux autres que cet habile chasseur leur est indispensable car il connaît mieux que quiconque tous les recoins de la montagne ("Niemand, wie er, kennt die geheimen Pfade / Durch das Gebirg – drum sei er unser Führer!"). Au lever du soleil, on entend résonner les tambours des soldats Français. Puis c’est une marche funèbre qui retentit ("Sei gnädig, Herr, der Armen") : on escorte la dépouille de Brigitta, retrouvée noyée dans le torrent. Enfin, une troisième mélodie s’élève du fond de la vallée : c'est l'annonce des noces du comte de Rivoli et de Bianca ("Von Nizza nahn dem Schlosse sich die Gäste, / Die Braut des Grafen Rivoli zu grüßen"). Giuseppe prend alors sa décision : « Aux armes ! » La bande de Sormano part à l'assaut du fort de Saorge.


Saorge aujourd'hui.

Acte III, premier tableau : "Une chambre dans le château du marquis"
Seule dans sa chambre, Bianca se lamente ("So ist es wahr? Und muß ich's glauben?"). Clara lui apporte de mauvaises nouvelles ("Preis dir, mein Gott! Ich treffe Euch allein"). L'attaque des rebelles a échoué : Giuseppe et Sormano ont été capturés et sont condamnés à mort. En attendant leur exécution, ils sont détenus dans le fort de Saorge. Clara supplie Bianca de l'aider à délivrer Giuseppe. Entre le marquis ("Verweil', mein Kind, und höre deinen Vater"). Bianca lui confie qu'elle est amoureuse de Giuseppe : s'il consent à le faire délivrer, elle promet d'épouser Rivoli bien qu'elle ne l'aime pas. Le père accepte le deal : il consent au mariage de Bianca et Rivoli, et s’engage donc du même coup à faire délivrer Giuseppe.

Acte III, second tableau : "Devant le fort de Saorge"
Le régiment de Saorge, commandé par Bonatti, est attablé devant le fort ("Stoßet an, wack're Kameraden! Preist des Krieg!"). Entre Clara, accompagnée du mendiant Cola. Ils incitent les soldats à boire. Puis viennent deux ermites (basses), qui souhaitent rendre visite aux condamnés à mort afin d’entendre leurs dernières volontés ("Wir kommen, ihren letzen Willen zu vollführen"). Clara les convainc sans peine de se joindre à la beuverie des soldats. Pendant ce temps, elle s'introduit avec Cola dans la forteresse et ressort discrètement avec les deux prisonniers déguisés en ermites. Quand les soldats découvrent la ruse, les prisonniers sont déjà loin.


L'invasion de Nice en 1792.

Acte IV : "Dans la grand-rue, à Nice" 
Sormano et Giuseppe sont toujours déguisés en ermites. À la nuit tombée, ils ont l'intention de quitter Nice pour la France ("Verloren / Sind wir, wenn uns der Tag in Nizza trifft! / Nach Frankreich!"), bien que Giuseppe soit réticent à l'idée de tourner le dos à Bianca et à sa patrie ("Bianca – nie dich wiedersehn! / Mein Vaterland – nie wieder dich begrüßen!"). La rue se remplit de gens venus assister au mariage de Bianca et de Rivoli. À la vue du cortège nuptial, Giuseppe jure de se venger ("Der Sünder soll erbleichen, / Dies schwören wir vereint"). Les deux hommes se glissent dans la foule. Lorsque les gens s'écartent, on découvre le cadavre de Rivoli au milieu de la rue ("Mörder! Mörder!"). Mais entre-temps, Bianca avait déjà avalé un poison pour ne pas avoir à subir ce mariage imposé, et elle meurt dans les bras de Giuseppe. À ce moment-là, Bonatti annonce que les Français ont pris Saorge, et l’ennemi arrive aux portes de la ville. Dans ces conditions, Giuseppe renonce à toute idée de révolution : en bon patriote, il prend la tête des défenseurs de la patrie ("Zu meines Königs Fahnen / Kehr' reuig ich zurück, / Und such' auf blut'gen Bahnen / Den Tod, mein einzig Glück"). Pour finir, Kittl reprend le chant de guerre qui concluait l'acte II : « Aux armes ! » Mais cette fois, ce n'est pas contre l'ancien régime que Giuseppe lève les armes, c'est contre l'envahisseur. Et il tombe sous la première balle des Français.


[gravure de Godefroy Engelmann d'après Louis Albert Guislain Bacler d'Albe, in Souvenirs pittoresques du général Bacler d'Albe, Paris, Engelmann, tome 1 (1819), planche 87]


La version de concert de 2003.

Sources

  • Heinrich KÖNIG, Die hohe Braut. – Leipzig : Brockhaus, 1833 ; 2e édition revue et corrigée en 1844 (trois tomes : 440 p., 438 p., 348 p.) ; 3e édition revue et corrigée en 1867 (Gesammelte Schriften, Bände 17-19). 
  • Critique en allemand dans la Jenaische Allgemeine Literaturzeitung, 29. Jahrgang (1833), Band 3, August, S. 191-192. 
  • Critique en français dans la Revue encyclopédique publiée par MM. H. Carnot et P. Leroux, tome LIX, Paris, juillet-septembre 1833. 
  • Karl GUTZKOW, Beiträge zur Geschichte der neuesten Literatur. 2 Bde. – Stuttgart: P. Balz, 1836, Erster Band, S. 287-300.
  • Richard WAGNER, Prosaentwurf der Operndichtung « Die hohe Braut », deux manuscrits (Königsberg, 1836), München, Bayerische Staatsbibliothek. 
  • [Richard WAGNER,] Bianca und Giuseppe oder: Die Franzosen vor Nizza, Oper in vier Akten (nach einem König'schen Roman), Musik von J.F. Kittl, Leipzig : Breitkopf und Härtel, v. 1850, 48 p. [+ partition complète pour piano, chez le même éditeur, 214 p.]
  • Richard WAGNER, Mein Leben, 1870-1880.
  • Richard WAGNER, « Die hohe Braut » // Dramatische Werke – 3 Bände, Band 3, Leipzig : Meulenhoff, 1914, S. 277-338.
  • André PEYREGNE, « Du romantisme à la Belle Époque – Un siècle de musique et d’opéra à Nice » // Nice historique, 97 année, n° 1994/2-3 (Un siècle de musique à Nice), pp. 59-65. [A. Peyrègne a donné une conférence sur la genèse de ce texte de jeunesse de Wagner, le samedi 19 octobre 2013 à l’Opéra de Nice, à l'initiative du Cercle Richard Wagner.]
  • Český triptych I - 1 : Bianca a Giuseppe aneb: Francouzové před Nizzou / opera o čtyřech jednánich k roku 1848 na libreto Richarda Wagnera podle románu Heinricha Koeniga Die hohe Braut. – Praha : Národní Divadlo, 2003, 360 pages. [Programme de la production de 2003, incluant de nombreux matériaux et le livret trilingue ; en tchèque (pp. 3-181), anglais (pp. 183-238) et allemand (pp. 239-355).]
  • Peter BASSETT, « Wagner’s Unfinished French Revolution Operas: Männerlist größer als Frauenlist oder Die glükliche Bärenfamilie, and Die hohe Braut oder Bianca und Giuseppe » // Wagneriaani, Suomen Wagner-Seuran julkaisu n:o 35, Kevät 2010, s. 33-35. 
  • Robert ROURRET, Nice et l'opéra. – Nice, 2012, p. 201.
  • Wikipedia : 
  • Photos des productions de 1961 et 2003 à Prague.
  • Enregistrement intégral (Prague, Théâtre des États, 2003) : Acte I ; Acte II ; Acte III ; Acte IV.
Dernière mise à jour le 16 avril 2014.
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Écrit par SebK, le Lundi 24 Mars 2014, 14:56 dans la rubrique "Nice".


— Nice, jeudi 6 et samedi 8 février 2014 —
Dans le cadre de la 2e Biennale russe à Nice, intitulée "Cultures plurielles", une semaine est consacrée à la République de Komi, illustration de la diversité culturelle dans le nord de la Russie. Outre un colloque, une exposition et des concerts, deux soirées théâtrales présenteront les liens qui se renforcent depuis déjà quelques années entre nos deux pays.


Soirée Tchekhov : Una demanda en matrimoni & L’escaramoucha
Jeudi 6 février 2014, 20h30, au Théâtre Francis-Gag, rue de la Croix.
Par le Théâtre Niçois de Francis Gag.
Deux comédies en un acte de Laurent Térèse, adaptées d’Anton Tchekhov.

Una demanda en matrimoni (2006).
Comté de Nice, début du XXe siècle. Maragarida, au caractère bien (trop ?) trempé, est éprise de Batistin, voisin maladif voire hypocondriaque. Ils pourraient se marier, sans ce fâcheux terrain, dont l’origine de propriété se perd dans de lointaines querelles de voisinage...
Una demanda en matrimoni a été jouée en novembre 2009 au Théâtre national de la République de Komi, à Syktyvkar, où elle a obtenu le Prix spécial de l’amour de la littérature russe.

L’escaramoucha (2012).
Nice, début du XXe siècle. La charmante veuve. Le créancier coléreux. Le vieux domestique, coincé entre les deux. Une histoire d’argent ?


L’âme de la taïga
Samedi 8 février 2014, 20h30, au Théâtre Francis-Gag, rue de la Croix.
Par le Théâtre National Komi (Syktyvkar, Russie).
En komi et russe, avec traduction française.
 

Entre tradition et modernité, le spectacle musical L’âme de la taïga s’inspire de l’épopée nationale komie, Biarmia, composée par Callistrate Jakov en 1916. La « taïga » en question, c’est la parma, la forêt vierge boréale formée de conifères et de bouleaux qui s’étend dans le grand nord de l’Europe jusqu’à la lisière de la toundra. Peuplée de coqs de bruyère et de faucons, de renards et de zibelines, mais aussi d’ours bruns et de loups, elle est parcourue par des rivières au bord desquelles se sont formés les villages. Les Komis, qui ont longtemps vécu de pêche, de chasse, de cueillette et du commerce des fourrures, ont développé un folklore original, lié à leur environnement naturel et à leur vision du monde, christianisme imprégné d’animisme.

L’âme de la taïga (en komi : Parma lov) raconte les aventures du prince Iaura. Au bout de son voyage initiatique en Biarmie, vaste contrée de l’Europe arctique, il rencontre sa future épouse, la belle Raïda, qu’il va devoir enlever pour célébrer la noce rituelle. Musique, décors et mise en scène puisent dans le folklore pour créer un spectacle « ethnofuturiste » original et propulser l’âme komie dans le monde artistique du XXIe siècle.

Mise en scène de Svetlana Gortchakova ; musique de Mikhaïl Bourdine ; décors de Pavel Mikouchev ; costumes d’Irina Arsentieva ; chorégraphie de Tatiana Bourilova et Viktor Polejaïev ; avec les artistes de l’Ensemble Parma.


Pour les deux soirées : réservations sur le site du Théâtre Niçois de Francis Gag.

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Écrit par SebK, le Lundi 27 Janvier 2014, 17:42 dans la rubrique "Komi".


— Nice et environs, du mercredi 5 au dimanche 9 février 2014 —
L'ensemble folklorique et ethnographique Parma, fondé en 1987 à Syktyvkar (capitale de la République de Komi, Russie), donnera des concerts à Nice dans le cadre de la semaine komie organisée par la Maison de la Russie.

« Parma », c’est la taïga komie, cette forêt vierge boréale formée de conifères et de bouleaux qui s’étend dans le grand nord de l’Europe jusqu’à la lisière de la toundra. Peuplée de coqs de bruyère et de faucons, de renards et de zibelines, mais aussi d’ours bruns et de loups, elle est parcourue par des rivières au bord desquelles se sont formés les villages. Les Komis, qui ont longtemps vécu de pêche, de chasse, de cueillette et du commerce des fourrures, ont développé un folklore original, lié à leur environnement naturel et à leur vision du monde, christianisme imprégné d’animisme.

L’ensemble Parma s’est donné pour mission de faire vivre ce patrimoine, avec un répertoire double : d’une part, la musique traditionnelle komie ; d’autre part, des compositions contemporaines d’inspiration traditionnelle. Cette initiative passe par l’usage des instruments traditionnels komis, à vent, à cordes frottées, à percussion, fabriqués généralement en bois ou en roseau. Plusieurs de ces instruments ont la particularité d’imiter les sons de la nature : eau, oiseaux, vent, feuillages. 

Les artistes chantent en komi. Musiciens, chanteurs, danseurs, les membres de l’Ensemble Parma assurent aussi l’accompagnement musical des spectacles du Théâtre national de la République de Komi.

Jeudi 6 février, à 18h30, au Conservatoire national à rayonnement régional.
Réservations : 06 23 92 11 39. Entrée : 15 euros en prévente ; 20 euros le jour du concert.

Le dimanche 9 février, de 12h à 16h, l'Ensemble Parma animera les courses à l'Hippodrome de la Côte d'Azur (Cagnes-sur-Mer). Entrée : se renseigner auprès de l'hippodrome ou de la Maison de la Russie (06 12 22 58 62).

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Écrit par SebK, le Lundi 27 Janvier 2014, 17:36 dans la rubrique "Komi".


— Nice, jeudi 6 et vendredi 7 février 2014 —
Image illustrative de l'article Château de ValroseLa « semaine komie » qui ouvre la 2e Biennale russe à Nice en février 2014 fait suite à un festival de théâtre qui a eu lieu en novembre 2009 à Syktyvkar, où le Théâtre niçois de Francis Gag a joué une pièce de son répertoire en langue niçoise tandis que le Théâtre national de Komi donnait un spectacle en langue komie. Cette rencontre a mis en évidence des similitudes et des divergences entre le développement du théâtre en langue « régionale » en pays komi et en pays niçois. Dans les deux cas, les langues locales en usage depuis des siècles sont devenues minoritaires au cours du XXe siècle en résultat d’une politique de dévalorisation face à une langue extérieure dominante. L’expérience comparée des Komis et des Niçois, d’abord incongrue, s’est avérée très enrichissante pour la connaissance des arts du spectacle en langue minorée dans des contextes historiques et politiques différents.

Dans le cadre de cette semaine, à l’occasion de la représentation de spectacles originaires de la République de Komi, l'Adéfo (Association pour le développement des études finno-ougriennes), le CREE (Inalco) et la Maison de la Russie à Nice organisent une table ronde afin d’approfondir les réflexions sur cette question.

Programme du colloque

Jeudi 6
 Ouverture par les organisateurs et les partenaires
 
Le théâtre en langues minorées d’Europe et de Russie, hier et aujourd’hui (1)
  • Claude ALRANQ (Languedoc) : Témoignage d'un acteur-auteur-metteur en scène contemporain sur le théâtre d'oc
  • Rémy GASIGLIA (Université de Nice) : Deux siècles de théâtre nissart. L'aventure d'une tradition dramatique de langue d'oc
  • Tiina KAARTAMA (Inalco, Paris) : Le théâtre et la construction d'une identité populaire et nationale en Finlande du XIXe s. 
  • Sébastien CAGNOLI (traducteur, Nice ; Inalco/CREE, Paris) : Interactions et identités dans les théâtres finno-ougriens de l’Oural et de la Volga
  • Tatiana KOUZNETSOVA (Centre komi de l’Académie des Sciences de Russie, Syktyvkar) : V. Savine – éléments d'interprétation artistique
  • Igor ZOUBOV (Institut de sciences humaines de Mordovie, Saransk) : Le Théâtre national de Mordovie, espace de dialogue des cultures
Traduction et adaptation
  • Virginie SYMANIEC (Paris) : Boulgakov, l'Occitan ? Traduire la langue ou « la question de la langue »
  • Laurent TERESE (Théâtre niçois de Francis Gag, Nice) : Traduction et adaptation pour un théâtre niçois

La musique et la scène

  • Sylvain CASAGRANDE (maître de conférence, Université de Nice) : Musiques Actuelles du Comté de Nice
  • Serge NOSKOV (compositeur, Londres) : Composer un opéra en langue minorée (komie) 
  • Lilia RUOCCO et Michaël FERNANDEZ (membres du groupe Chet Nuneta) : Chanter l'imaginaire et la langue de l'autre : l'exemple de "Komi"
  • Svetlana GORTCHAKOVA (directrice artistique du Théâtre national komi, Syktyvkar) sur le Théâtre national komi

Vendredi 7

Artistes et compagnies d'aujourd'hui
  • Alekseï POPOV et Larissa POPOVA (dramaturge et traductrice, journalistes, Syktyvkar) sur l'expérience d'un dramaturge komi et sa traduction en russe
  • Serge DOTTI (Nice) : Li mariota
  • Svetlana TCHELPANOVA (directrice du réseau de bibliothèques de la région de Körtkerös, Komi) : Un club d'art dramatique devenu Théâtre : histoire du Théâtre populaire N. Klermon de Körtkerös
  • Serge CHIARAMONTI et Loïs MARIN (Lou Rodou Nissart, Nice) : Hommage à Raoul Nathiez ; Lou Rodou aujourd'hui
Le théâtre en langues minorées d’Europe et de Russie, hier et aujourd’hui (2)
  • Erwan HUPEL (Rennes II / CRBC) : Nouveaux regards sur le théâtre en langue minorée : le cas breton
  • Dietrich SCHOLZE (directeur de l’Institut sorabe, Budyšin) : 50 ans de théâtre professionnel germano-sorabe (1963–2013)
  • Frosa PEJOSKA-BOUCHEREAU (Inalco/CREE, Paris) : Théâtre en langue minorée et insertion de formes brèves : la poésie orale enchâssée, un dit mémorable
  • André LEVEQUE (Valenciennes)  : Constantes sociétales des langues européennes à statut fragile ou inexistant. Propositions
  • Hervé BARELLI (Nice) : Les Niçois en Russie

Initiatives institutionnelles

  • Elena OSTAPOVA (Université de Syktyvkar) : Un projet de l'Université de Syktyvkar : le "New-tom-ťevćuk", atelier créatif pour la jeunesse
  • Michel PALLANCA (Nice) : Théâtre et pédagogie dans la vie de la cité
  • Steve BETTI (délégué pour les langues et cultures régionales au Rectorat de l’Académie de Nice) : Présentation du plan académique pour les langues régionales
Conclusion
 

Exposition

Pendant toute la durée du colloque, une exposition sera présentée au public : neuf légendes komies, illustrées par le peintre Vassili Ignatov (1922-1998). 48 reproductions de dessins seront exposées, avec des commentaires en français et en russe.

 


Le colloque et l'exposition s'inscrivent dans la 2e Biennale russe à Nice, intitulée "Cultures plurielles", dont la première manifestation est une semaine consacrée à la République de Komi, illustration de la diversité culturelle dans le nord de la Russie. 

En coopération avec Perspective Internationale, La Maison de la Russie à Nice, l’Association pour le Développement des Études Finno-Ougriennes (Paris), l’Institut National des Langues et Civilisations Orientales (Paris), l'Université de Nice-Sophia-Antipolis.

Jeudi 6 et vendredi 7 février 2014, 9h-18h, au grand château de Valrose (Université de Nice-Sophia-Antipolis), 28 avenue de Valrose.
Entrée libre.

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Écrit par SebK, le Dimanche 26 Janvier 2014, 18:06 dans la rubrique "Komi".


— 1830 à Nice —
En 2012, la France a commémoré le cinquantenaire de la fin de la guerre d'Algérie. À cette occasion, la ville de Nice a inauguré le monument ci-dessous, érigé sur la promenade des Anglais.



1830 - 1962 - 2012
Hommage aux Français d'Afrique du Nord de toutes confessions

L'année 1962 est celle de l'indépendance de l'Algérie, 2012 est celle du cinquantenaire. Jusqu'ici, tout va bien.
Quant à l'année 1830, c'est celle du début de la conquête de l'Algérie par le Royaume de France (qui ne sera officielle qu'en 1847). Pour mieux comprendre toute la symbolique de ce monument, voyons donc de plus près ce que cette date signifie à Nice.

L'année 1830 dans l'histoire de Nice

Charles-Félix de Savoie règne sur le Royaume de Sardaigne depuis 1821. Turin est la capitale des États de Savoie depuis 1563, et Nice en fut le principal port continental jusqu'à 1792. Depuis l'acquisition de l'ancienne république de Gênes en 1815, le royaume s'est agrandi et l'activité économique s'est sensiblement déplacée, mais Charles-Félix veille à achever les travaux du port Lympia, bassin artificiel creusé depuis le milieu du XVIIIe siècle dans l’ancienne embouchure du Paillon, plus facile d'accès (mais moins profond) que le port historique de Nice, situé à Villefranche. En outre, le roi rassure ses sujets en étendant au nouveau bassin les franchises que son ancêtre Charles-Emmanuel avait accordées au port de Villefranche en 1612.

Après un premier séjour à Nice en 1826-1827, le couple royal revient y passer l'hiver 1829-1830. Cette année-là, à l'occasion de la présence de Charles-Félix et de la reine Marie-Christine, le traditionnel et très ancien carnaval de Nice prend alors, pour la première fois, une forme très organisée : un cortège d'une trentaine de chars (voitures et calèches) défile sous le balcon du palais royal. C'est la naissance du Carnaval de Nice sous sa forme moderne, tel qu'on le connaît aujourd'hui.

À la veille du couronnement de la reine Victoria, les Anglais sont déjà nombreux, depuis le milieu du XVIIIe siècle, à venir passer l'hiver à Nice. Dans les années 1820, une église anglicane (qui sera remplacée en 1856 par l'édifice actuel) et un cimetière ont été construits dans le "quartier anglais" de la Croix-de-Marbre. En revanche, les Russes et les Français sont encore rares (Berlioz, par exemple, fera son premier séjour à Nice en 1831, et il reviendra plusieurs fois jusqu'en 1868, un an avant sa mort).

1830 est l'avant-dernière année du règne de Charles-Félix, qui mourra en 1831.

photo : juillet 2012
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Écrit par SebK, le Samedi 25 Janvier 2014, 19:22 dans la rubrique "statuaire urbaine".


— congrès international sur la revitalisation des langues minoritaires d'Europe et de Russie —
Du 16 au 18 décembre 2013, l'Université de Helsinki accueillait un congrès de sociolinguistique intitulé Language revitalization in a Russian and European context: Exploring solutions for minority language maintenance. À cette occasion, Sébastien Cagnoli et Miquèl de Carabatta ont présenté un projet de revitalisation d'une langue minorée de France par le biais de la traduction littéraire : la traduction du dernier roman de Sofi Oksanen en occitan niçois (avec le soutien du FILI).

(cliquer sur les images pour agrandir)

     

À partir de l'expérience de novembre 2009, où le Théâtre niçois de Francis Gag et le Théâtre national komi ont joué dans leurs langues respectives à Syktyvkar, comparaison de la situation de la langue niçoise dans la famille occitano-romane en France et de la langue komie dans la famille finno-ougrienne en Russie :



     

Un aperçu des langues de France aujourd'hui :

     

Quelques points de repère dans l'histoire récente de Nice et de la France, pour comprendre les spécificités culturelles et le statut des langues :



     

Pourquoi traduire Sofi Oksanen en niçois, alors que ses livres seront disponibles tôt ou tard en français ou en anglais :



Comment traduire un roman finnois en niçois, quand personne n'a les compétences requises dans les deux langues à la fois :



Les résultats de ce projet :




  

  



À Helsinki, aujourd'hui, les noms de rues sont généralement bilingues (finnois-suédois). Près de la place du Sénat et de la statue d'Alexandre II, on trouve même une plaque trilingue, vestige du Grand-Duché de Finlande :


Pour Noël, la Cathédrale (luthérienne) offre une exposition de circonstance, consacrée au Presepio, "l'art italien de la crèche" :


Pendant ce temps, au Théâtre national de Finlande (Kansallisteatteri), on joue Quand les colombes disparurent (Kun kyyhkyset katosivat), la pièce tirée du roman de Sofi Oksanen, avec surtitres anglais et estoniens :
  


Quora despareissèron lu colombs: translating a Finnish bestseller to a minority language of France

Abstract

In November 2009, today’s two major Nissart and Komi theatre companies met in Syktyvkar, where they performed plays in their respective languages. This experience led to an unexpected comparison of the theoretical and practical statuses of minority languages in two different multilingual cultural areas of Europe – France and Russia – with the examples of an Occitan language in Nice and a Finno-Ugric one in Komi[1]. France and Russia are two of the few members of the Council of Europe that have signed but never ratified the European Charter for Regional or Minority Languages. Whereas regional languages of the Russian Federation have been theoretically favoured by the fundamental laws but often actually depreciated, the French Republic constantly reaffirms the denial of any official status to its regional languages[2] although some recognition may actually exist (e.g. opening of a Nissart-French bilingual elementary school in September 2013).

As languages are usually an obstacle to communication between distinct peoples, international “folk” events are often limited to music, dance and visual arts rather than drama. The success of the Nissart performance in Syktyvkar revealed that language, far from being an obstacle, can be the very reason for the unexpected meeting and understanding of two distant peoples[3]. This observation incited Nissart activists to keep exploring ways of using their language as a means of international cultural exchange. Thus was born a new literary project: translating into Nissart a book of contemporary foreign literature, Sofi Oksanen’s latest novel Kun kyyhkyset katosivat.

First this presentation shall explain the origins of the project. Why translate into Nissart a book that is to be sooner or later available in French and English? As a matter of fact, Occitan literature already has a long history, from the medieval troubadours to the romantic revival of the 19th century and Frédéric Mistral’s Nobel Prize; but the trans-cultural benefits of translation were yet to develop.

Then we shall explain how this translation work was planned and realised. The team had the constant preoccupation of always translating from Finnish to Nissart, the French language being a mere tool among the persons involved in the process (one of the translators can read Finnish and Nissart but cannot write the latter properly; the other cannot read Finnish but is native in Nissart). An interesting aspect of the choice of this contemporary text is that work began as soon as the author finished writing her novel, a couple of months before the original Finnish publication.

With this presentation, we will make observations and conclusions about the effects of this work among the Nissart and Occitan communities. The Occitan version was published under the title Quora despareissèron lu colombs in April 2013, a few weeks before the French one. It was the first translation of this novel available outside Northern Europe. This project thus demonstrates that the Nissart language is not just some “heritage of France” but a cultural tool which can prove itself definitely alive and independent.

Bibliography

CAGNOLI Sébastien, Ńobdinsa Vittor et Francis Gag – Le théâtre au service de la langue, Nice : Serre, 2011, 120 p. ill. [ISBN 978-2-86410-553-4]

OKSANEN Sofi, Quora despareissèron lu colombs [Kun kyyhkyset katosivat], translated from Finnish to Nissart (Occitan) by Miquèl de Carabatta and Sébastien Cagnoli (with preface), Nice : IEO-CREO PACA, 2013, 392 p. [ISBN 978-2-9530712-4-5]

ROMAŠIN Andrej, «В Сыктывкаре французы с курицей “съели” русский колорит на уникальном языке» // КомиОнлайн, 27.11.2009. http://komionline.ru/news/17988  



[1] In 1860, the “County of Nice” was annexed to the French Empire and lost the status it had enjoyed since the 14th century: its population was then partly exiled to Italy, partly merged with the neighbouring population of Provence into a new administrative entity called « département des Alpes-Maritimes » (a reference to the Roman Empire, already used during the French occupation of 1792-1814). On the contrary, the land of Komi, under Russian domination since the crusades of the 14th century, gained autonomy in 1921, after the fall of the tsarist Empire; today it is a Republic within the Russian Federation.

[2] Since 1992, the Constitution declares French the only language of the Republic (art. 2 : « la langue de la République est le français »). Since 2008, art. 75.1 (sic) mentions « regional languages » as part of the cultural “heritage of France” (like wine, cheese or the Palace of Versailles).

[3] “[T]he play did not raise major problems for the audience [...]. The performance presented by the actors from Nice featuring life of peasants, relationships between young peoplewere very close and understandable to everyone in the hall.” Romašin 2009.

The reactions of the Komi audience are significant. ‘You made Chekhov closer to us! exclaimed some spectators. Indeed Chekhov’s drama features Russians, landowners, people whose way of life is totally alien to Komi. In transposing Chekhov’s comedy for the Nissart audience, in adapting it to the life of a rural house among the vineyards, Laurent Térèse has created characters in whom the Komi recognise themselves, characters more familiar to them than Chekhov’s Russians are. This encounter between Nissart and Komi dramatic arts has thus proven a genuine mutual revelation.” Cagnoli 2011, p. 88-89.


(photos : Marie Casen & SC)


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Écrit par SebK, le Samedi 21 Décembre 2013, 12:43 dans la rubrique "Finlande".


— "Quora despareissèron lu colombs" de Sofi Oksanen —
Dans le cadre du 12e Congrès international des écrivains finno-ougriens, le roman de Sofi Oksanen Quora despareissèron lu colombs (version niçoise de Kun kyyhkyset katosivat) a été présenté à Salekhard, devant des délégations venues de plusieurs régions d'Europe et de Russie.

Depuis le lancement à Nice, le 2 mai dernier, en présence de l'auteur, le livre a été présenté à à des lecteurs issus de tout l'espace occitan, à l'occasion de plusieurs rencontres et festivals en pays niçois et en Provence.

Organisé à l'initiative de l'Association des littératures finno-ougriennes, le congrès international des écrivains finno-ougriens a lieu environ tous les deux ans. Il réunit des écrivains, traducteurs, journalistes, éditeurs, artistes, etc. en provenance de Finlande, d'Estonie, de Hongrie, de diverses régions de Russie, et d'autres pays d'Europe. Cette année, l'événement avait lieu à Salekhard, chef-lieu de la région de Iamalie, dans le nord-ouest de la Sibérie, sur le cercle polaire. La ville est située sur la rive droite de l'Ob (le plus vaste fleuve d'Asie par la superficie de son bassin versant), à proximité de son embouchure dans l'océan Arctique.

    
Les conférences plénières se déroulaient au Palais du Gouverneur de Iamalie.



Interview d'Eva Toulouze (en russe) en direct sur Iamal Region (le 29/11/2013) :




En Russie, la maison d'édition Corpus a déjà acheté les droits de ce dernier roman de Sofi Oksanen : une version russe est donc en préparation. En attendant, les lecteurs russophones peuvent lire Purge grâce à la traduction de Taissia Djafarova parue chez Limbus Press en 2010 sous le titre Очищение.

La prochaine présentation internationale de Quora despareissèron lu colombs est prévue le 17 décembre à l'Université de Helsinki, où les traducteurs expliqueront leur démarche de traduction d'un best-seller finlandais dans une langue minoritaire d'Europe.

Quora despareissèron lu colombs. Roman traduch dau finés da Miquèl de Carabatta e Sébastien Cagnoli. IEO-CREO PACA, 04/2013. ISBN 978-2-9530712-4-5.
Quand les colombes disparurent. Roman traduit du finnois en français par Sébastien Cagnoli. Stock, 05/2013. ISBN 978-2-234-07438-5.
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Écrit par SebK, le Vendredi 6 Décembre 2013, 12:42 dans la rubrique "Sibérie".


— 5es journées finno-ougriennes de l'ADÉFO —
Du 14 au 16 novembre 2013, l'Inalco et la Mairie du 7e arrondissement de Paris accueillent les Journées mordves organisées par l'Adéfo.


Deux journées (vendredi 15 et samedi 16 novembre) sont consacrés à un colloque abordant de nombreuses questions d'histoire, culture contemporaine, langue et linguistique, culture traditionnelle.
Intervenants : Vladimir Abramov (Saransk), Ivan Kuz'min (Saransk), Aleksandr Učevatkin (Saransk), Valentina Mišanina (Saransk), Jurij Antonov (Tallinn), Jurij Dyrin (Saransk), Ljubov Gurjanova (Saransk), Jack Rueter (Helsinki), Sándor Maticsák (Debrecen), Natalija Abrosimova (Tallinn), János Pusztay (Szombathely), Igor Zubov (Saransk), Nina Jurčenkova (Saransk), Taive Särg (Tartu), Natalija Ermakova (Tartu), Olga Jerina (Helsinki).

Pendant toute la durée de ces journées, la mairie du 7ème arrondissement accueille une exposition d'art contemporain mordve, consacrée à l'artiste erza Yuri Dyrin, né en 1967, figure majeure du mouvement ethnofuturiste en Mordovie. Vernissage le jeudi 14 novembre à partir de 18h30 (Mairie du 7e, 116 rue de Grenelle).



Deux soirées compléteront ce programme.
Le vendredi (17h30) : concert de musique mordve traditionnelle.
Le samedi (18h30) : film.

Mairie du 7e : 116 rue de Grenelle, Paris 7e (M° Solférino)
Inalco :
- le vendredi : 2 rue de Lille, Paris 7e
- le samedi : 65 rue des Grands-Moulins, Paris 13e
En erza, mokcha, russe, anglais et estonien – Traduction consécutive en français.
Entrée libre.

Programme détaillé


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Écrit par SebK, le Lundi 11 Novembre 2013, 13:12 dans la rubrique "Mordovie".


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