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Actualité
03-04/2018 : représentations de Vincent River de Philip Ridley au Théâtre Ouvert Luxembourg.
01/2018 : Cent ans de musique et de poésie entre Nice et Finlande, concert-lecture autour d’Armas Launis et d’Uuno Kailas, Nice, bibliothèque Louis-Nucéra.
11/2017 : "L’imaginaire national finlandais à l’épreuve du centenaire - Un regard du XXIe siècle sur la poésie patriotique d’Uuno Kailas", dans le cadre du colloque Révolutions russes ; images et imaginaire en Russie et en France, Nice.
11/2017 : Lecture d'extraits de la pièce Purge de Sofi Oksanen au Théâtre de l'Atalante (Paris) dans le cadre des rencontres Traduire - Transmettre.
10/2017-06/2018 : reprise des Cornes d'Alexeï Popov au Théâtre de l'Impasse (+ en tournée le 07/10 à Saint-André et le 27/10 à Falicon).
09/2017 : parution de Norma de Sofi Oksanen en grands caractères (éd. Voir de Près).
08/2017 : parution de l'article "Une comédie komie – Adaptations et mises en scène niçoises d'un théâtre minoritaire de Russie", dans la revue bretonne Klask, n° 11.
08/2017 : "Are Finns ashamed of their independence? - A 21st century look at Uuno Kailas’ patriotic poetry", dans le cadre du 14e Congrès des littératures finno-ougriennes, Tartu, Musée national d'Estonie.
08/2017 : "Garibaldi und Nizza – ein Epos zwischen Frankreich und Italien", dans le cadre du 4e colloque de la Garibaldi Gesellschaft, Kirchberg, Sachsen.
06/2017 : représentations des Cornes d'Alexeï Popov à Châteauneuf-Villevieille.
04/2017 : représentations des Cornes d'Alexeï Popov (Nice, Théâtre de l'Impasse).
03/2017 : parution de Norma, de Sofi Oksanen, chez Stock.
01/2017 : parution de Ils ne savent pas ce qu'ils font, de Jussi Valtonen, chez Fayard.
12/2016 : "Une comédie komie – Adaptations et mises en scène niçoises d'un théâtre minoritaire de Russie", dans le cadre d'une journée d'étude à l'université Rennes 2.
08/2016 : parution du Récif, de Seita Vuorela-Parkkola, chez Actes Sud Junior.
08/2016 : expo sur le pays komi dans les livres étrangers, Bibliothèque nationale de la République de Komi, Syktyvkar.
06/2016 : réédition des Chants des forêts de Nikolai Abramov à la Bibliothèque nationale de la République de Carélie.
05/2016 : réédition du recueil Les Komis – Questions d'histoire et de culture aux Presses de l'Inalco.
01/2016 : présentation de Uuno Kailas de Heinola à Nice au Centre de Documentation Provençale (Bollène).
11/2015 : parution de Noir comme l'ébène, de Salla Simukka, chez Hachette et au Livre de Poche.

Tribune



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— Concert-lecture autour d’Armas Launis et d’Uuno Kailas —
Du “Kullervo” d’Armas Launis à une création d’Henri-Claude & Anja Fantapié sur des textes d’Uuno Kailas, Amédée Briggen accompagne au piano un récital musical et poétique célébrant le centenaire de la Finlande indépendante sous une perspective niçoise. En finnois, niçois et français. 

Sopranos – Valérie Marret & Hélène Grabowska-Metlov 
Piano – Amédée Briggen
Récitants – Miquèu de Carabatta & Sébastien Cagnoli


Cette rencontre consiste à célébrer le centenaire de l’indépendance de la Finlande sous l’angle des relations musicales et poétiques entre Nice et Helsinki. Du Kullervo d’Armas Launis (1917) à la création mondiale du cycle Les sots et les sages d’Henri-Claude Fantapié, le programme couvre exactement 100 ans de musique finlandaise. En réunissant des œuvres classiques et une commande passée pour l’occasion à un compositeur niçois, ce concert prouve que les liens culturels entre Nice et Finlande sont plus dynamiques que jamais. 
Illustration ci-contre : la baie des Anges par le peintre finlandais Aukusti Uotila, 1885.

Programme

Dans les années 1930, le hasard a conduit deux artistes finlandais à se rencontrer à Nice : le compositeur d’opéras Armas Launis et le poète symboliste Uuno Kailas. Le concert offre une promenade à travers les 100 dernières années, avec ces deux personnalités comme fils conducteurs. Entre les séquences musicales, des poèmes finlandais seront lus en niçois et en français.

  • Armas Launis : Idylle & intermezzo pour piano
  • Yrjö Kilpinen : Cinq mélodies sur des poèmes d’Uuno Kailas, op. 73 (1929)
    • Pays désert
    • Berceuse
    • Chant nébuleux
    • Pieds nus
    • Un chant ardent 
  • Armas Launis : Élégie & impromptu pour piano 
  • Taneli Kuusisto 
    • Prière finlandaise, op. 27b no 2 (1939) 
    • Finale, op. 40 no 3 (1946)
  • Armas Launis : Ouverture de l’acte II de Kullervo (1917)
    [arr. piano : Alex Freeman et Amédée Briggen] 
  • Joonas Kokkonen : Quatre mélodies sur des poèmes d’Uuno Kailas (1944-1953)
    • Adagio
    • Visage couvert
    • L’ange
    • Finale 
  • Armas Launis : « Danse des diabloteaux » de Kullervo 
  • Henri-Claude Fantapié : Les sots et les sages, trois mélodies sur des poèmes d’Uuno Kailas et d’Anja Kosonen-Fantapié – en finnois, niçois et français (2015)
    [Création mondiale / Commande de l’Université de Helsinki]
    • « Tu étais partie… »
    • Les sots et les sages
    • « Ce qui est une fois de l’amour… ? » 
  • Armas Launis : Berceuse de Kullervo [texte d’Eino Leino] 



Armas Launis (1884-1959 [portrait ci-contre]) jouissait d’une certaine renommée dans la Finlande des années 1910. Fort appréciés, ses premiers opéras lui valurent l’honneur d’une bourse d’État accordée par la jeune République de Finlande, ce qui lui permit d’effectuer des travaux d’ethnomusicologie sur les rivages méditerranéens. Après avoir recueilli des mélodies et des impressions en Afrique du Nord, il s’établit à Nice avec sa famille. Le fait qu’il ait passé la majeure partie de sa vie à l’étranger explique sans doute qu’il ait été quelque peu oublié dans son propre pays. Toutefois, Henri-Claude Fantapié et Anja Kosonen-Fantapié ont fondé en 2001 une Association Armas Launis dédiée à la redécouverte de ses œuvres. Par exemple, ils ont rendu possible la représentation et l’enregistrement de l’opéra sur des thèmes sames Aslak Hetta en 2004 . Entre autres pièces, trois extraits de Kullervo sont présentés ici. Créé dans le Grand-Duché de Finlande en février 1917 (quelques mois avant l’indépendance), l’opéra fut ensuite adapté en français et joué à Nice : d’abord en studio pour une radiodiffusion sur la station Nice-Côte-d’Azur (le 30 juillet 1938 à 20 h 30), puis sur la scène du Palais de la Méditerranée le 22 février 1940 dans le cadre d’une soirée caritative au bénéfice de la Finlande qui venait d’être envahie par l’Union soviétique. C’était la première fois qu’un opéra finlandais était présenté au public français. [Partition ci-contre, dans les collections de la Bibliothèque municipale.]

  
Répétition et réception chez le consul de Finlande à l'occasion de la création niçoise de Kullervo (1938-1940)

En 1931, les médecins diagnostiquèrent à Uuno Kailas (1901-1933 [portrait ci-contre]) une grave tuberculose pulmonaire : il ne lui restait manifestement que quelques mois à vivre. Ils lui conseillèrent de prendre du repos sur la Côte-d’Azur. C’est ainsi que le jeune poète, déjà célèbre et estimé en Finlande pour son œuvre symboliste et expressionniste, passa les dernières semaines de sa vie à Nice, dans une pension située au 15 boulevard Carlone. Il y rencontra des concitoyens résidant également dans la région, notamment la famille Launis. En effet, à cette époque, Armas Launis et le consul de Finlande étaient au centre d’une petite « communauté finlandaise » qui, depuis lors, n’a fait que s’élargir. Kailas mourut dans la nuit du 22 mars 1933 ; ses cendres furent rapatriées en Finlande en grande pompe et inhumées à Helsinki, au cimetière de Hietaniemi, parmi les grands hommes de la Nation.

Les mises en musique d’Yrjö Kilpinen (1892-1959) présentées dans ce concert sont contemporaines de Kailas (1929). Viennent ensuite deux mélodies de Taneli Kuusisto (1905-1988) – notamment le cantique Prière finlandaise –, caractéristiques des tumultueuses décennies des années 1930 et 1940. Joonas Kokkonen (1921-1996) a composé sa très belle suite après les guerres. Notre sélection étant limitée à des œuvres pour voix et piano, nous n’avons pas pu prendre en compte les pièces écrites pour de plus amples formations au cours des décennies suivantes (chœurs, musique de chambre, mélodies avec orchestre…). Néanmoins, sur l’ensemble du centenaire célébré, une continuité temporelle est assurée jusqu’à nos jours grâce à une commande passée en cette occasion à Henri-Claude Fantapié.

     
Kilpinen, Kuusisto et Kokkonen

Henri-Claude Fantapié est né à Nice en 1938 [portrait ci-contre]. Compositeur, chef d’orchestre, pédagogue et producteur pour la radio, chevalier de l’Ordre du Lion d’Or de Finlande, il a toujours consacré une grande énergie à faire rayonner la musique finlandaise en France et dans le monde. Avec son épouse Anja née Kosonen, il a publié en français un dictionnaire de la musique finlandaise, ainsi que de nombreux articles de musicologie. La création mondiale de Tyhmät ja viisaat (Les sots et les sages), sur des poèmes d’Uuno Kailas et d’Anja Kosonen-Fantapié (1941-2011 [portrait ci-contre au mont Boron]) est aussi une façon de rendre hommage aux efforts enthousiastes que celle-ci a déployés avec succès, pendant toute sa vie, au service de la musique et de la littérature finlandaises. Les textes sont chantés en langue originale finnoise, ainsi qu’en niçois et en français, rappelant les solides liens historiques et culturels qui unissent Nice et la Finlande, et le multilinguisme traditionnel de ces deux territoires. 



          
Valérie Marret & Hélène Grabowska-Metlov, sopranos ; Amédée Briggen, piano ; Miquèu de Carabatta & Sébastien Cagnoli, récitants


Pour aller plus loin

  • En français : Uuno KAILAS, La poussière d’or sous nos pas, poèmes et textes choisis, traduits et présentés par Sébastien Cagnoli, Riveneuve, 2006, ISBN 2-914214-08-1.
  • Bilingue finnois-français : Anja KOSONEN-FANTAPIÉ, Minä olin se katse – J’étais ce regard, édition posthume d’un choix de poèmes traduits par Jean-Luc Moreau, avec des illustrations d’Asta Niemistö et une postface d’Henri-Claude Fantapié, Kesuura, 2012, ISBN 978-951-812-181-0.
  • En finnois : Sébastien CAGNOLI (éd.), Uuno Kailas Heinolasta Nizzaan, Helsinki Collegium for Advanced Studies, 2015, ISBN 978-951-51-1665-9. Document destiné à immortaliser le projet lors de son lancement à Helsinki : outre le programme du concert et une présentation détaillée des personnes impliquées (compositeurs, musiciens, poètes, traducteurs), la brochure contient une sélection de poèmes en trois langues (finnois, niçois et français).
     


Nice, Bibliothèque Louis-Nucéra, mercredi 10 janvier 2018, 16h30.
Rencontre organisée par l’association Perspective Internationale dans le cadre des commémorations du centenaire des révolutions de 1917 et de l’indépendance de la Finlande, avec le soutien de la Ville de Nice et des associations Armas Launis et Maison de la Russie

Trois autres événements à Nice en rapport avec le concert

  • Pro Finlandia - Le chemin de l’indépendance de la Finlande, exposition organisée par l'ambassade, Bibliothèque Raoul-Mille, du 20 septembre au 6 octobre 2017.
  • « L’imaginaire national finlandais à l’épreuve du centenaire – Un regard du XXIe siècle sur la poésie patriotique d’Uuno Kailas », communication de Sébastien Cagnoli dans le cadre d’un colloque international intitulé De Pierre le Grand aux révolutions de 1917 : images et imaginaire en Russie et en France (CUM, Valrose et Maison de la Russie, du 13 au 19 novembre 2017).
  • France et Russie : Ruptures et continuité (Éveil des consciences nationales en musique avant 1917) : deux concerts avec soprano (Hélène Grabowska-Metlov), les enseignants et étudiants de piano, percussions, chant et musique de chambre du Conservatoire (notamment Amédée Briggen) (Conservatoire, mercredi 15 et jeudi 16 novembre 2017).

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Écrit par SebK, le Jeudi 21 Septembre 2017, 14:09 dans la rubrique "Finlande".


— et d'ouest en est —

Corée


Le royaume de Corée sous la dynastie Joseon (XIXe siècle).
La péninsule est traversée du nord au sud par la chaîne des monts Paektu, sur une longueur de crêtes d'environ 1500 km. Le point culminant se trouve à la frontière avec la Chine (2744 m).

Frontières




Le fleuve Amnok (en chinois : Yalu) sépare la Corée (Sin-Uiju, à gauche) de la Chine (Dandong, à droite). Deux ponts permettaient la circulation entre les deux pays depuis 1911 et 1943. Après leur destruction par les Américains en 1950, seul le second a été reconstruit. (Un autre pont routier vient de voir le jour en aval dans les années 2010.)
Le détroit de Tsushima sépare la Corée (Busan) du Japon (Kyūshū). Ici, départ d'un ferry pour Fukuoka.
Le pont Bukhang (2014) enjambe le port de Busan.

Montagne




Dans la vallée du Myohyang (province de Nord-Pyongan)."Sungoo Resort", l'un des sites des prochains jeux olympiques de "PyeongChang 2018" (province de Gangwon).

Forteresses




Sariwon : le fort du mont Jeongbang (dynastie Koryo, reconstruit au XVIIe siècle, avec une enceinte en pierre de 12 km).
Suwon : forteresse Hwaseong (XVIIIe siècle), avec une enceinte de 6 km au cœur de la ville.

Portes






Vestiges des fortifications de Pyongyang (porte du Potong, accès occidental de la ville, VIe siècle, reconstruite au XVe puis en 1955) et de Kaesong (porte sud, XIVe s., reconstruite en 1954).
Vestiges des fortifications de Seoul (porte sud, XIVe s.) et de Suwon (porte sud, XVIIIe s.).

Céladon




Kaesong, musée de Koryo.
Hall de la gare principale de Seoul.

Balançoire


Musée de Koryo, Kaesong.
Sous un autopont, Samcheok.

Kimchi






Les femmes du village préparent le kimchi sur une mosaïque exposée au musée de Koryo (Kaesong).

À Pyongyang et à Incheon.

Dolsot bibimbap




À Mangyongdae, Pyongyang.
À Gwangalli Beach, Busan.

Bière




La Taedonggang est l'une des quatre bières produites par la brasserie Taedonggang, fondée à Pyongyang en 2002. Avec du matériel acheté en Angleterre, la fabrication repose sur la technologie et le savoir-faire allemands.
Dans le sud, actuellement, les deux principales marques de bière sont Hite (Hite Brewery, qui trouve son origine dans les "Chosun Breweries" fondées sous l'occupation japonaise en 1933) et Cass (Oriental Brewery alias "OB", héritière des "Showa Kirin Breweries", 1933).

Bain




Une baignoire individuelle à l'hôtel (hôtel Ryonggang, Onchon). Ce n'est pas toujours le cas, mais j'ai eu la même à Incheon.
Les bains publics traditionnels sont constitués de douches et de trois bassins de "sauna" : un très chaud, un tiède et un froid (hôtel Commodore, Busan).

L'ancienne religion




Sariwon, Temple Songbul.
Busan, temple Haedong Yonggungsa.
Au nord comme au sud, les temples bouddhistes sont peu fréquentés.

La nouvelle religion : le rédempteur





Kim Il-sung veille jour et nuit sur le peuple de la RPDC (ci-dessus : à Kaesong). Le calendrier "juche" compte les années à partir de sa naissance.



Le Christ veille jour et nuit sur le peuple de la République de Corée (ci-dessus : à Samcheok et à Busan). Le calendrier grégorien compte les années à partir de sa naissance.
Kim Il-sung, né dans une étable chez des paysans pauvres, militant communiste contre l'occupation japonaise dans les années 1930, héros rouge de la guerre de libération (1941-1945), fondateur de la République Populaire Démocratique de Corée (1948), créateur de l'idéologie Juche (1955), monté au ciel en 1994 mais immortel en tant que "président éternel" (Kim Jong-il et Kim Jong-un n’ont jamais été "présidents" : le chef suprême est en quelque sorte subordonné au président éternel Kim Il-sung).
Si la constitution de la RPDC garantit la liberté de culte, l'idéologie Juche se substitue de fait aux religions dans tous les domaines de la vie : c'est au président éternel qu'on doit la vie, il est le soleil incarné, et c'est vers lui qu'on se tourne régulièrement pour lui rendre grâce et implorer son soutien. Villes et campagnes sont hérissées de statues de Kim Il-sung illuminées. Son portrait est omniprésent, à l'instar du crucifix dans certains pays catholiques.
Dans le sud, la religion majoritaire est le christianisme. Après le Timor oriental et les Philippines, devant la Chine, la Corée du Sud est l'un des pays les plus chrétiens d'Asie. Né dans une étable dans une famille pauvre, Jésus-Christ est mort en sacrifice pour le salut des hommes, puis ressuscité et monté au ciel pour régner sans fin sur son peuple.
Introduit dans la péninsule par les jésuites au XVIIIe siècle, le christianisme s'est développé à la fin du XIXe, puis a connu un nouvel essor après la période d'occupation japonaise. Villes et campagnes sont hérissées de clochers et de croix illuminés.

Chambres avec vue



Pyongyang : hôtel Yanggakdo, sur le fleuve Taedong, au milieu de la ville.


Hyangsan : hôtel Chongchon, dans les monts Myohyang, au bord du fleuve Chongchon.

Samcheok : motel Samcheok Beach, sur la plage.


Busan : hôtel Commodore, sur une colline dominant le port.

La mer



L'embouchure du Taedong dans la mer de l'Ouest.

Dans la province de Sud-Gangwon, à l'exception de quelques plages, le littoral de la mer de l'Est est verrouillé par des barbelés avec postes de garde et projecteurs.

Gratte-ciel




Pyongyang : l'hôtel Ryugyŏng (105 étages, 330 m, 1987-2011).
Seoul : Lotte World Tower (123 étages, 554 m, 2005-2017).

Victoire




Pyongyang, le Grand Monument sur Mansudae.
Seoul, War Memorial of Korea.

Cimetières militaires




Pyongyang : Cimetière des Martyrs de la Révolution (1975, rénové en 1985), sur la colline de Taesong, à la gloire des soldats nord-coréens tombés pour la liberté et l'indépendance contre l'occupant japonais.
Busan : UN Memorial Cemetery in Korea (années 1960), en l'honneur des soldats de 16 pays de l'Onu tombés dans la Guerre de Corée en 1950-1953.

Armistice




Panmunjeom (dans la DMZ) : lieu de signature de l'armistice le 27 juillet 1953. Les tables et les exemplaires originaux de l'accord sont exposés en l'état, ainsi que les drapeaux : celui de la RPDC et celui des Nations-Unies.
Camp Bonifas (près de la DMZ) : reproduction du lieu de signature de l'armistice.

Panmunjeom - Joint Security Area




Depuis l'armistice de 1953, la RPDC et la République de Corée revendiquant chacune la totalité de la péninsule coréenne, le territoire est partagé par une ligne de démarcation militaire de 238 km de long. Celle-ci est bordée par une zone démilitarisée qui s'étend sur 2 km de chaque côté. À l'emplacement de l'ancien village de Panmunjeom, la Joint Security Area constitue le seul lieu de passage. Sur les photos ci-dessus, on voit le cœur de la JSA depuis le nord et le sud. Les baraques centrales servent de lieu de rencontre depuis 1953 (les grises à la charges de la RPDC, les bleues à celle de l'Onu) ; elles sont traversées par la ligne de démarcation, matérialisée par le muret en béton. Curieusement, de chaque côté, il est permis de prendre des photos face à ligne mais pas derrière soi.

Les guides de la DMZ


Les soldats de la JSA




Face au sud, le soldat nord-coréen qui monte la garde en permanence a toujours le soleil dans les yeux.
Face au nord, les soldats de l'Onu sont à l'ombre et portent des lunettes de soleil.

À propos de costumes






Pour les grandes occasions, le costume féminin est traditionnel, mais celui de l'homme est de type occidental.

Passerelles




Pyongyang.
Seoul.

Pique-nique dominical




Parc de Mansudae, Pyongyang.
Parvis de la cathédrale catholique de Samcheok.

Kim




Kim Il-sung, Pyongyang.
Kim Koo, Seoul.

Essor économique




Monument à l'idéologie Juche, Pyongyang.
Monument à la gloire du commerce international, Busan.

Fusée




Exposition florale, Pyongyang.
Haesindang Park, Sinnam, Samcheok.

Tigre




Hyonrung : sépulture du roi Wanggon (943), fondateur de la dynastie de Koryo.
Seoul : parc de Namsan.

Sièges sacrés




Mont Jeongbang, Sariwon. Kim Il-sung s'est assis sur ce banc le 22 avril 1967.
Seoul Arts Center. Pour financer l'auditorium, chacun peut acheter un peu d'immortalité en donnant son nom à un siège.

Glisse urbaine




Pyongyang, place Kim Il-sung.
Busan, Nam-gu, Yongho 1-dong.

Voiture




Une des rares affiches publicitaires de Corée du Nord (Pyongyang, devant la gare ferroviaire). Pyeonghwa est le principal fabricant automobile.
Curieusement, si la plupart des véhicules de Corée du Nord sont de fabrication locale, il y a peu de publicité explicite pour Kia, Hyundai ou Daewoo. Ici, c'est BMW qui s'affiche à Busan.

Bus de tourisme






Anges gardiens




Sur le bord de la route, Kim Il-sung fait toujours briller le soleil.
Dans le Sud, c'est la police qui protège les citoyens.

Stèles




Un hameau de SinUiju, province de Nord-Pyongan.
Goyang, province de Gyeonggi.

Campagnes




Près de Sin-Uiju, Nord-Pyongan.
Province de Gyeonggi.

Dans les champs




Sud-Hwanghae. "Vive la grande agriculture Juche !"
Nord-Gyeongsang. "Agriculture respectueuses de l'environnement"

Cinéma




Pyongyang, capitale mondiale du cinéma : le Festival international du film de Pyongyang s'y tient tous les deux ans depuis 1988 (statue devant les studios de cinéma).
Busan, capitale mondiale du cinéma : le Busan International Film Festival s'y tient chaque année depuis 1996 (peinture murale dans le port de Busan).

Superlatif




À l'embouchure du Taedong, le barrage de Nampo (1981-1986) s'interpose entre le cours du fleuve et les marées de la mer de l'Ouest. Avec 8 km de long, il est équipé de 36 vannes de vidange et de 3 écluses permettant le passage de navires de 50.000 tonnes. En même temps, il constitue une route reliant les provinces de Sud-Pyongan (Nampo) et de Sud-Hwanghae (mont Kuwol).
Depuis 2009, Shinsegae Centum City est le plus grand centre commercial au monde, avec 293.905 m2 de surface au sol (Guinness World Records).


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Écrit par SebK, le Samedi 22 Avril 2017, 17:58 dans la rubrique "Corée".


— "Les cornes" à Nice —

Après une création à Syktyvkar, la version francophone de la comédie d'Öľeksej Popov Les cornes arrive à Nice en avril 2017.

Cette fois, les comédiens sont Sylviane Palomba et Olivier Martineau, dans une nouvelle mise en scène signée Serge Millet, et les personnages s'appellent Hélène et Stéphane.


Théâtre de l'Impasse, 4 ruelle Saint-André, 06300.
Les vendredis 21 et 28 avril à 20h30.
Les samedis 22 et 29 avril à 20h30.
Les dimanches 23 et 30 avril à 15h.



C'est la première fois qu'une pièce de théâtre komie est jouée en France dans une adaptation française. À l'occasion de cet événement, l'auteur n'a pas pu se déplacer mais il a communiqué ce message aux artistes et au public :



Пыдди пуктана артистъяс Сильвьяан, Oливье, режиссер Серж, пьесасö тiян кыв вылö вуджöдысь Себастьян да став войтырыс, кодъяс уджалiсны спектакль петкöдлöм вылын!
Зэв ыджыд аттьö ставныдлы!

Пыдди пуктана видзöдысьяс!
Пöсясьыс пöся чолöмала тiянöс премьераöн! Ме кöть и ылын ола, но тайö здукъясас лоа тiянкöд. Кута мöвпавны тiян йылысь, шуавны бур кывъяс да эскыны, мый артистъяслöн ворсöмыс воас сьöлом вылад. Спектакльыс гажöдыштас тiянöс, сьöлöм сетыштас, ловтö кыпöдас.
Муöдз копыр тiянлы да пöсь чолöм ылi Коми мусянь, кöнi сулалö помтöм-дортöм вöр. Сэнi арнас кутас кисьмыны пув, кодöн чöсмасисны Сильвьяан да Стан. Гашкö, кодсюрöлы и мукöдлы вичмыштiс. Горд пувйыс арнас кутас виччысьны, мед локтiнныд да вотчинныд. И ми Лариса гöтыркöд виччысям. Тi пыр лоанныд миянлы медся дона да пыдди пуктана гöсьтъяснас. И некор ог вунöдöй тiянлысь Коми муö волöмтö.

Аттьö став бурсьыс!

Кузь нэм да бур шуд ставныдлы!

Сыктывкар
Öлексей Попов,
Коми гижысь.
Chers Sylviane et Olivier, les comédiens ; Serge, le metteur en scène ; Sébastien, qui a traduit la pièce dans votre langue ; et tous les gens qui ont œuvré à l’élaboration de ce spectacle ;
un grand merci à tous !

Cher public,
C’est avec un immense plaisir que je vous souhaite la bienvenue à cette première !
Bien que j’habite un peu loin d’ici, sachez que je suis de tout cœur avec vous.
J’espère que le spectacle vous plaira, et que vous apprécierez cette pièce teintée à la fois de
mystère et de comédie.
Je m'adresse à vous depuis le bout du monde : le pays de Komi, où la forêt s’étend à perte de vue. Chez nous, en automne, on peut cueillir une
airelle rouge que Sylviane et Stan ont eu l’occasion de savourer lors de leur voyage : pouv, la canneberge. Je crois savoir que certains d’entre vous y ont goûté aussi. À votre tour, venez cueillir et déguster la canneberge ! Mon épouse Larissa et moi-même, nous vous attendons. Vous serez les bienvenus en pays komi !

Merci pour tout !

Avec toute mon amitié,

Syktyvkar,
Öľeksej Popov,
écrivain komi.


  

  



Photos SC, avril 2017

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Écrit par SebK, le Lundi 10 Avril 2017, 14:30 dans la rubrique "Komi".


— OSS 117 à Nice —
Le film OSS 117 se déchaîne commence en Corse, à Bonifacio, où un agent américain a disparu. Envoyé à sa recherche, Hubert Bonisseur de la Bath (Kerwin Mathews) découvre un réseau de terroristes piloté depuis Nice par... un méchant Russe, évidemment (Daniel Emilfork).

     
Pour rattraper les bandits qui ont mis les voiles, OSS 117 n'hésite pas à se rendre à l'aéroclub d'Ajaccio (120 km de route de montagne ?) pour embarquer à bord d'un Morane-Saulnier MS-880B Rallye Club. Il ne tarde pas à repérer leur bateau, qui met le cap sur Nice.

  
Le port, la colline du Château et la ville.

     
Dans le port Lympia.

On apprend que le chef du réseau est "un certain Sacha Bounine, Russe blanc", qui "a beaucoup trafiqué avec le Nord-Vietnam, la Corée du Nord et la Chine". L'incarnation du Mal absolu, quoi !


À l'antenne locale des services secrets français.

  
Près du club nautique, sur le boulevard Franck Pilatte, Hubert drague la Suédoise qu'il harcèle depuis Bonifacio. Il obtient un rendez-vous le soir même.

  
Il suit discrètement ladite Suédoise, qui déambule maintenant dans les ruelles du Vieux-Nice et se glisse dans un bar-tabac de la rue Mascoïnat pour y passer un coup de fil codé. Un rendez-vous lui est donné à la cathédrale Sainte-Réparate.


Sur la place Rossetti, la façade de la cathédrale se déploie en panoramique vertical.

     
Remontant le bas-côté, elle passe devant les chapelles Sainte-Réparate (on aperçoit la décollation de la martyre) et Saint-Joseph (on reconnaît la statue), puis arrive au transept, où elle se recueille devant la chapelle votive de sainte Rosalie et de la Vierge (on distingue sainte Rosalie et saint Roch entourant la statue de la Vierge Immaculée).

  
La femme fatale s'assied pieusement à côté de Sacha et l'informe qu'OSS 117 est arrivé à Nice... pendant que ce dernier les observe derrière un pilier.

     
À la sortie de l'église, Sacha monte dans une voiture qui le conduit sur le quai des États-Unis en passant par les Ponchettes. Ils sont pris en filature par un agent secret français.

     
Direction : l'appartement où la Suédoise a donné rendez-vous à Hubert, afin d'y droguer l'apéro en douce...

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Écrit par SebK, le Lundi 10 Avril 2017, 14:09 dans la rubrique "Nice".


— une revue d'art mensuelle parue de 1921 à 1928 —


Visuel original d'H.V. Cossettini
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Écrit par SebK, le Jeudi 29 Septembre 2016, 09:43 dans la rubrique "Nice".


— le "Dunărea", des Portes de Fer à son delta —

Roumanie 

Le Danube finit sa course en Roumanie. D'abord au sud en formant sa longue frontière avec la Bulgarie...


reçoit notamment des cours d'eau de Bulgarie (Sofia)


puis passe par les villes de Brăila et Galaţi.

  
Des îles au niveau de Gropeni (un peu avant Braila) - Le Danube à Galati

Enfin, le Danube effleure la Moldavie sur 570 m (à Giurgiuleşti, où il reçoit le Prout à sa gauche), puis l'Ukraine à son delta dans la mer Noire.

        
Cap Dolojman - Gura Portitei et Sfântu Gheorghe


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Écrit par SebK, le Mardi 20 Septembre 2016, 12:49 dans la rubrique "Danube".


Depuis la tuerie du 14 juillet, les contradictions et récupérations politiques sont tellement complexes et dérangeantes que j'ai éprouvé le besoin de rassembler ici des données recueillies dans la presse pour tenter d'y voir plus clair. [Le surlignage distingue les positions du gouvernement (en particulier du ministère de l'Intérieur) , celles de la Ville de Nice et celles de la justice.]

Jeudi 14 juillet

21h [chronologie empruntée au Nouvel Observateur] : La police municipale prend la relève de la police nationale au croisement du boulevard Gambetta et de la Promenade des Anglais. Des barrières métalliques et des plots en plastique ont été installés pour couper l’accès aux véhicules et de dévier la circulation. (Le ministère de l’Intérieur et la ville de Nice confirment la mise en place de ce dispositif.)
22h : Début du feu d’artifice sur la Promenade des Anglais. 30.000 personnes sont présentes.
22h32’33” : Le camion blanc fait irruption sur la Promenade, au niveau de l’hôpital Lenval, sur un tronçon non fermé à la circulation.
22h33 : L’un des équipages de la police municipale en service autour de la manifestation alerte le centre de supervision urbain (CSU), qui gère notamment la vidéosurveillance de la ville, de la présence « d’un camion fou, sur le trottoir de la Promenade des Anglais, chaussée sud, face au CUM ». Cette alerte est citée dans le rapport de Sandra Bertin, transmis le 15 juillet à la mairie de Nice et à la direction générale de la police nationale. Le camion circule les feux éteints. Il contourne le barrage du boulevard Gambetta en montant sur le trottoir.
22h33’03” : Le véhicule de 19 tonnes percute au moins une personne sur le trottoir de la chaussée Sud tout en continuant sa course, en accélérant, en direction de l’Est (selon rapport Sandra Bertin).
22h33’08” : Le camion continue sa course folle et se rapproche du lieu "de forte concentration de population (…) et se met alors à renverser de nombreuses personnes sur son chemin en effectuant des embardées", note le rapport du centre de supervision urbain.
22h34’16” : Le véhicule cette fois sur le trottoir avance encore. "Il apparaît que les embardées effectuées sont clairement volontaires et dirigées dans le but d’atteindre un maximum de passant", précise le rapport.
22h35’15” : Alors que le camion poursuit sa course et fauche de nombreuses personnes sur son passage, un agent de la police nationale se met à courir à pied derrière le camion, rapporte Sandra Bertin dans ces écrits. Le véhicule se situe alors au croisement de la rue Meyerbeer et de la Promenade des Anglais.  Deux voitures de la police nationale sont stationnées dans le sens de la route sur ce second point de "contrôle et de protection", affirme de son côté le ministère de l’Intérieur. Six fonctionnaires de la police nationale sont présents sur les axes de circulation. Des tirs sont échangés comme on le voit sur plusieurs vidéos postées par des témoins.
22h35’47” : Le camion s’immobilise à hauteur du Palais de la Méditerranée, 230 mètres après avoir franchi le second point de "sécurisation" tenu par la police nationale. Le conducteur est abattu par les policiers.


Selon le ministère de l’Intérieur, le soir du 14-Juillet, 64 fonctionnaires de la police nationale étaient mobilisés dont 39 se situaient à partir du point Meyerbeer de la Promenade des Anglais. 42 agents de la police municipale étaient aussi présents ainsi que 20 militaires de l’opération "Sentinelle" [image NouvelObs].

Les mouvements de foule sont rapportés en direct sur Twitter, avec la mention d’un camion fou, beaucoup de confusion et d’incertitude, et rapidement toutes sortes de fausses rumeurs de prise d’otage. Aucune information dans les médias. La télé continue de retransmettre en direct le feu d’artifice sur la tour Eiffel.

Vers 23h, quelques rares sites de presse commencent à rapporter qu’un camion a foncé sur la foule (Nice-Matin, Le Dauphiné, 24 heures, Morandini).

23h20 : La Place Masséna et la Promenade des Anglais sont bouclées. La préfecture demande aux habitants de rester chez eux. Une cellule d’urgence médico-psychologique est activée au CUM.

Vendredi 15 juillet - ouverture d'une enquête pour terrorisme et premières réactions contradictoires

00h40 : Déclenchement des plans d'urgence pour les hôpitaux de Nice et la sécurité civile.

1h25 : La section anti-terroriste du parquet de Paris se saisit de l’enquête. À cet effet, sous l’autorité du procureur de Paris (François Molins), deux brigadiers-chefs sont envoyés au CSU. Bien que l'affaire criminelle soit survenue à Nice, la qualification de "terrorisme" l'attribue automatiquement au parquet de Paris (et à sa section spécialisée dans la lutte contre le terrorisme), conformément à une loi de 1986. Or, selon l'article 421 du code pénal, la notion de terrorisme implique la "relation avec une entreprise individuelle ou collective ayant pour but de troubler gravement l'ordre public par l'intimidation ou la terreur" ou "le fait de participer à un groupement ou à une entente" ayant de tels objectifs. Je ne comprends donc toujours pas très bien qui est habilité à décider qu'un crime est de nature "terroriste" à un moment où l'on n'a encore aucune information sur l'identité du tueur. Apparemment, cette qualification a été effectuée unilatéralement par Paris, sans aucune concertation avec la ville de Nice, où le crime a eu lieu sur la voie publique.

Pendant le massacre, le Président de la République, François Hollande, était à table à l'hôtel d'Europe d'Avignon, où il effectuait une visite à titre privé dans le cadre du festival. Il a tout interrompu pour regagner Paris en urgence. Peu après 4h, il confirme le caractère "terroriste" de l’attaque. « C’est toute la France qui est sous la menace du terrorisme islamiste. » Il annonce le prolongement de l’état d’urgence et le renforcement des actions militaires en Syrie et en Irak. À cette heure, on ne sait toujours rien de précis sur l'identité et les motivations du tueur. Autrement dit, en pleine nuit, avant d'avoir aucune information sur ce qui s'est passé, Hollande prend prétexte de cette tuerie pour prolonger l'état d'urgence à l'intérieur et la guerre à l'extérieur.

Dans la nuit, le ministre de l’Intérieur, Bernard Cazeneuve, réunit ses services pour faire le point sur la situation. Il a annonce que le plan Vigipirate est relevé au niveau « alerte attentat » dans tout le département des Alpes-Maritimes.

En quelques heures, le ministre de l'Intérieur et le président de la République ont donc hâtivement prononcé la qualification de "terrorisme" (qui sera confirmée a prosteriori), et pris en main la totalité de l'enquête en ignorant les services municipaux alors que le crime a eu lieu sur une voie publique de la commune de Nice. Il semble que le lourd conflit qui va suivre entre la ville et l'État ait pris naissance à ce moment-là.

Christian Estrosi est tenu à l'écart des réunions de la nuit et il le vit très mal. « Ce soir-là, il a pété les plombs, raconte un témoin. C’est Éric Ciotti qui a dû le ramener à la raison. » L’entourage du président de la République confirme que le président de la région est visiblement très choqué de ce qui vient de se dérouler à Nice, et « peine vraisemblablement à réagir rationnellement ». Dans son propre camp, Valérie Debord, porte-parole des Républicains, fait part de son inquiétude et évoque le traumatisme : « Nous parlons d’un homme qui, en quelques minutes, a vu une dizaine de corps à terre, sa vie a été bouleversée. »

Par ailleurs, cette même nuit, entre 4 et 5 h, Anthony Borré, directeur de cabinet à la mairie, apprend alors que François Hollande et Manuel Valls se déplacent à Nice. Il raconte [JDD du 21/08] : "François-Xavier Lauch, directeur de cabinet du préfet des Alpes-Maritimes, nous dit : 'Nous aurions aimé une copie des images pour François Hollande.' Nous leur avons donné ce film et cela nous a semblé logique." Anthony Borré assure qu'une copie de deux minutes, "de l'entrée du camion sur la promenade jusqu'à sa neutralisation", a été gravée dans la foulée de la demande faite par le directeur de cabinet : "un chauffeur de la préfecture est venu la chercher." Pour preuve, Borré dit même disposer "d'images face à un ascenseur" qui attestent de la venue du chauffeur de la préfecture "vers 11  heures", le vendredi 15 juillet. Soit un peu plus d'une heure avant l'arrivée à Nice de François Hollande, à 12h20. "Nous avons aussi demandé au préfet de nous assurer que le procureur avait autorisé cette copie, précise Anthony Borré. Le directeur de cabinet nous a certifié que le procureur avait donné son feu vert." "Il nous a semblé normal que les autorités de l'État – et elles seules –, dont nous attendions la visite, puissent voir ce qui s'était passé", confie-t-il.
La Préfecture confirme : le directeur de cabinet du préfet admet avoir "demandé une copie à la mairie". Il ajoute avoir au préalable sollicité l'avis du procureur de Nice, Jean-Michel Prêtre, qui aurait à son tour réclamé le feu vert de son homologue en charge de l'enquête, François Molins. "Cette copie n'a servi que quelques secondes pour des personnes autorisées par le procureur, en présence du procureur."


Toute la journée, la Promenade et ses plages sont fermées pendant que les enquêteurs procèdent à des prélèvements et que les corps sont évacués. Mais sur la rive gauche (quai des États-Unis), la vie continue comme s'il ne s'était rien passé.

  

  

C’est encore la cohue sur la Promenade (assaillie par les journalistes du monde entier) quand Estrosi prend la parole sur France Inter : « Si l’heure n’est pas à la polémique, je me pose bien sûr des questions. Pourquoi l’État a-t-il annoncé [jeudi] à midi la levée de l’état d’urgence et décidé [jeudi] soir qu’il faut le prolonger de trois mois? Tout ça me paraît bien désordonné. [...] Pourquoi et comment cet homme a-t-il pu pénétrer sur la promenade des Anglais qui était pourtant piétonnisée ? Combien de policiers nationaux protégeaient cet événement, là où nous réclamons des renforts depuis des mois et des mois parce que nous jugeons que leur présence est insuffisante ? » Il souligne qu'il a écrit à Hollande le 13 juillet pour l'alerter sur l'absence de moyens de la police municipale. Cette intervention, déplacée en ce jour de deuil, est vite interprétée comme une tentative maladroite de profiter de la tragédie pour créer une polémique politique.

Aux abords de la Promenade, rassemblements spontanés et recueillement dans l'intimité.

  



Des pancartes populaires s'en prennent à Daesh et à Erdogan.


Pendant ce temps, aux quatre coins du monde, nombreux hommages « à la France », c'est-à-dire à Paris (ce qui est un peu incongru quand on pense que la tragédie a eu lieu à Nice et que les victimes venaient du monde entier). Drapeaux bleu-blanc-rouge, tour Eiffel et Marseillaise surgissent un peu partout "par solidarité" :

Samedi 16 juillet - conflit ministère/ville


                       


C'est le Parquet qui est en charge de l’affaire, mais le ministre de l’Intérieur se permet de commenter le dossier : moins de 48 h après l’attaque, Cazeneuve affirme à propos du tueur : « Il semble qu’il se soit radicalisé très rapidement », version corroborée par Molins qui explique à la presse que le tueur avait un intérêt « récent » pour la mouvance djihadiste radicale. Cette déclaration va être contredite dès le début de l'enquête.

Cazeneuve répond à la semi-accusation d’Estrosi : « La police nationale était présente et très présente sur la Promenade des Anglais et est intervenue immédiatement après que le camion a franchi les obstacles pour mettre le plus rapidement possible fin à cette tuerie. Si une des autorités, l’État ou la municipalité, avait considéré à un moment que le niveau de sécurité n’était pas réuni, l’État comme la municipalité pouvaient décider de procéder à l’interdiction des festivités entourant le 14 juillet, ce qui n’a pas été le cas. »


À propos... Ciotti, député des Alpes-Maritimes et président du Conseil départemental, fait l'éloge de la politique antiterroriste d'Israël :

Dimanche 17 juillet

Pendant la nuit, l'État Islamique a revendiqué la tuerie du 14 juillet, sans qu'on sache s'ils étaient véritablement au courant du projet.

  
[photos Claude Paris et Luca Bruno, SIPA]


Adolphe Colrat, préfet des Alpes-Maritimes : « Les forces de sécurité s’acquittent de leur mission avec dévouement (...). Le 14 juillet 2016 à Nice avait bénéficié du même sérieux dans sa préparation : une réunion entre la Ville et la direction départementale de la sécurité publique, deux réunions entre la préfecture et la Ville (28 juin et 7 juillet 2016). Lors de la première réunion, les services de la préfecture avaient appelé l’attention de la Ville sur la nécessité de mieux sécuriser l’environnement de la manifestation. Lors de la seconde réunion, un accord avait été trouvé pour mettre en place un contrôle aléatoire des accès, conformément à ce qui avait été fait pour le carnaval. » Le ministre de l’Intérieur et la préfecture communiquent le chiffre de 64 policiers nationaux et 42 policiers municipaux (demandés par les services de l’Etat et mis à disposition par la ville de Nice). Les points d’entrée à la Prom' Party étaient tenus par des policiers nationaux.

Estrosi dénonce les « mensonges » du gouvernement. Selon lui, les effectifs de la police nationale n’excédaient pas 50 : « Peut-être étaient-ils cachés quelque part ? J’étais sur place et très surpris de voir si peu de policiers nationaux (...). On pourra le quantifier très exactement à partir des images de vidéosurveillance, puisqu’une enquête est ouverte. Si l’État nous avait demandé 70 policiers municipaux, nous aurions mis à disposition 70 policiers ! Je ne suis pas le patron de la sécurité mais celui qui administre la collectivité. »

Tout le monde est un peu surpris de voir Estrosi tirer la couverture à lui alors qu’il n’est plus maire de Nice depuis le 13 juin (il reste président de la Métropole et de la Région). Dans son prochain numéro, Le Canard enchaîné élucidera le mystère en rapportant ce que le nouveau maire de Nice, Philippe Pradal, a expliqué à quelqu’un : « C’est simple, je fais ce qu’Estrosi me demande. Et il ne me demande rien. »

Satire :

Lundi 18 juillet - "un hommage très douteux"

Minute de silence nationale à midi, mise en scène par le gouvernement. Le Premier Ministre, Manuel Valls, vient à Nice et se recueille devant le « Monument du Centenaire ». Curieusement, ce sinistre monument est connu pour être l’incarnation même du mensonge d’État : érigé par la IIIe  République une trentaine d’années à peine après l’annexion, il glorifie l’occupation du comté pendant les guerres de 1793-1814. Valls est hué avant et après la minute de silence ("Hollande assassin", "Valls démission"). [Une semaine plus tard, à tête reposée, Le Ficanas dénoncera "un hommage très douteux".]

  
La minute de silence [photo Ville de Nice]. - Détail du monument [photo Wikipedia]

Valls répond à Estrosi dans une interview à Nice-Matin. Il dément toute forme de relâchement des dispositifs de sécurité après l’Euro à Nice. « Quand on est président de la Région, élu dans un rassemblement républicain, il faut être à la hauteur de la fonction, ne pas mettre en cause le travail et l’engagement des policiers. »

Petit à petit, sous le choc consécutif au massacre et à sa récupération par les politiciens, tout le monde s’affole. La colère monte :


Coup de gueule d'une journaliste d'habitude très réservée.

Mardi 19 juillet

Au lendemain de l’interview de Valls, Estrosi réplique. « Je demande à M. Valls de ne pas s’exonérer de sa responsabilité. Qu’il mène donc une enquête minutieuse : il y a eu des fautes majeures commises à Nice et il a tout intérêt à regarder les choses. »

Par un malheureux concours de circonstances, alors que Hollande promet d'augmenter les actions militaires françaises au Moyen-Orient, on apprend la mort de 56 civils dans des raids de la coalition en Syrie.


     

Mercredi 20 juillet - demande de destruction de preuves et scandale ministériel

Pendant ce temps, à l'Assemblée nationale, Valls a recours pour la 3e fois à l'article 49.3 de la Constitution pour faire passer la loi relative à la réforme du code du travail. Satire dans Le Gorafi : « Des opposants au gouvernement hués par Manuel Valls ». « Le Premier ministre a réservé un accueil particulier à plusieurs de ses opposants qui étaient rassemblés pour rendre un dernier hommage au code du travail. »

Pour essayer de mettre un terme à l'étrange débat apparemment puéril qui oppose la ville de Nice et le ministère de l’Intérieur, Libération mène une enquête.

11 h : Dans une réquisition judiciaire urgente, après avoir copié plus de 27.000 heures de vidéosurveillance, la sous-direction anti-terroriste (SDAT) de la police judiciaire (affiliée à la police nationale, donc au ministère de l'Intérieur), demande au CSU la suppression complète de 24 h d’images provenant de 6 caméras maintenant qu’elles ont été saisies par la justice et versées au dossier d’instruction. Étant donné les contraintes techniques du système, cela ne peut se faire qu’en détruisant l’ensemble des enregistrements des caméras de vidéosurveillance qui ont filmé la tuerie. Raison invoquée par la SDAT : « éviter les fuites » et la diffusion d’images de l’attentat par souci de « dignité des victimes ».

Le soir, parution en ligne de l’enquête de Libération sous le titre accusateur « Des failles de sécurité et un mensonge », qui se résume à ce constat : « Contrairement à ce qu’a affirmé le ministère de l’Intérieur, l’entrée du périmètre piéton de la promenade des Anglais n’était pas protégée par la police nationale le 14 juillet au soir. Ce manque de transparence entame la confiance dans l’exécutif. […] Selon les éléments recueillis par Libération, la communication du gouvernement a, au minimum, travesti la réalité. » (Le lendemain, l’article sera renommé « Sécurité à Nice : 370 mètres de questions ».)

Ce dossier transforme la polémique politique en un scandale d'État. Les questions de sécurité et de responsabilité passent au second plan : le réponses attendues concernent maintenant les contradictions du gouvernement.

Jeudi 21 juillet - enquête interne au ministère (IGPN) suite au conflit ministère/ville

La ville de Nice refuse de procéder à la destruction des enregistrements. Me Philippe Blanchetier, l’avocat de la Ville, à Reuters : « C’est la première fois de ma vie que je vois une réquisition aux fins d’effacement de preuves. L’argument avancé de risque de fuite ne tient pas. »

En réponse aux graves accusations de Libération, Cazeneuve dément et accuse les journalistes de « complotisme ». En parallèle, il lance une enquête interne.

Conférence de presse de Colrat et du directeur départemental de la sûreté publique. Le préfet assume "l’entière responsabilité" du dispositif mis en œuvre pour le 14 juillet et la Prom' Party qui se tient entre Meyerbeer et le Quai des États-Unis. "Le ministre de l’Intérieur m’a donné des instructions les plus claires et les plus nettes : dans un souci de transparence et de vérité due aux victimes et à leurs familles, et sans préjudice de l’enquête ouverte, rien ne devait être caché ou déformé." Il diffuse une infographie où apparaissent 39 policiers nationaux, ce qui aggrave momentanément la polémique, Manuel Valls ayant annoncé le chiffre de 64 (mais le périmètre de la Prom’ Party est nettement moins étendu que celui du feu d’artifice, où les spectateurs sont massés d’un bout à l’autre de la Promenade).

Les enquêteurs constatent rapidement que le terroriste préméditait son acte depuis plusieurs mois : cela contredit les affirmations de Cazeneuve et confirme qu'il a fait de grandes déclarations le samedi 16 sans savoir de quoi il parlait.

Vendredi 22 juillet

L’avocat de la municipalité s’étonne de l’empressement de la SDAT (donc du ministère de l'Intérieur) à vouloir détruire les enregistrements, alors que leur durée légale de conservation n’est que de dix jours, au terme desquels le système les détruit automatiquement (en principe, dans deux jours). Du coup, il annonce que, non seulement la Ville ne va déférer à l’injonction qu’elle a reçue, mais qu’en plus elle va demander au procureur de la République de Nice de mettre ces images sous séquestre « afin de ne pas hypothéquer les éventuelles autres procédures qui pourraient voir le jour au-delà de l’enquête antiterroriste en cours ».
La Cnil juge abusive la requête du Ministère et demande à la Ville de conserver l'original.

Libération répond aux accusations de Cazeneuve en défendant la rigueur de ses méthodes et en expliquant qu’il n'est pas adéquat de parler de « complotisme » dès que des journalistes soulèvent publiquement les contradictions exprimées par le gouvernement.

Hollande annonce mettre des moyens d'artillerie à disposition de l'armée irakienne. "Le porte-avions Charles-de-Gaulle sera déployé dans la région dès septembre, ce qui permettra d'intensifier les attaques." Bref, au lieu de concentrer son attention et ses moyens sur le chaos social qui règne dans son pays et qui est la racine même du terrorisme en France, il préfère se livrer à une surenchère guerrière à l'étranger.

Samedi 23 juillet

Toujours pour tenter d’y voir plus clair dans ces pénibles contradictions, le Journal du Dimanche s’entretient avec la chef du CSU, Sandra Bertin.

Dimanche 24 juillet - plaintes pour abus de pouvoir contre le ministère et pour diffamation contre la ville

Parution de l’interview de Sandra Bertin dans le Journal du Dimanche. Elle était derrière les écrans de vidéosurveillance le soir du 14 juillet. Après avoir vu le camion foncer sur la foule et demandé l’interception du véhicule, elle doit faire un compte-rendu précis des dernières 24 heures. « J’ai été harcelée pendant une heure, on m’a ordonné de taper des positions spécifiques de la police nationale que je n’ai pas vues à l’écran. » « Le lendemain des attentats, le cabinet du ministre de l’Intérieur a envoyé un commissaire au CSU qui m’a mise en ligne avec la Place Beauvau. » Elle dit avoir « eu affaire à une personne pressée qui m’a demandé un compte-rendu signalant des points de présence de la police municipale, les barrières, et de bien préciser que l’on voyait aussi la police nationale sur deux points dans le dispositif de sécurité. Je lui ai répondu que je n’écrirais que ce que j’avais vu. Or la police nationale était peut-être là, mais elle ne m’est pas apparue sur les vidéos. Cette personne m’a alors demandé d’envoyer par e-mail une version modifiable du rapport, pour “ne pas tout retaper”. J’ai été harcelée pendant une heure, on m’a ordonné de taper des positions spécifiques de la police nationale que je n’ai pas vues à l’écran. À tel point que j’ai dû physiquement renvoyer du CSU l’émissaire du ministère ! J’ai finalement envoyé par e-mail une version PDF non modifiable et une autre modifiable. Puis, quelques jours plus tard, la sous-direction antiterroriste m’a demandé d’effacer les bandes des six caméras que j’ai mentionnées dans mon rapport, celles qui ont filmé la tuerie. On nous a demandé, pour les besoins de l’enquête, d’extraire huit jours de bande sur 180 caméras. Et maintenant il faudrait en effacer certaines pour empêcher leur diffusion au public. »

Un des grands reproches soulevés ces derniers jours est le fait que le CSU n’ait pas signalé le camion alors qu’il avait circulé illégalement sur la Promenade à plusieurs reprises, les jours avant la tuerie, pour faire des repérages. Bertin répond que si le CSU avait remarqué le camion, il n’aurait pu que déposer son signalement à la justice pour infraction au code de la route, qui aurait décidé de donner suite ou non, ce qui n’aurait pas empêché le camion de revenir.

Cazeneuve porte plainte pour diffamation contre Bertin. "Il serait très utile que Mme Sandra Bertin soit auditionnée par les enquêteurs et puisse leur produire les identités et les fonctions des personnes qu’elle met cause, les mails qu’elle évoque et leur contenu". Il est confiant : il sait que la personne à qui Bertin a eu affaire n’était pas directement "de son cabinet". [Voir ci-dessous procès le 7 juin 2017.]

Bertin donne une conférence de presse pour s’expliquer.

En fin de journée, communiqué de la Ville de Nice : "Sandra Bertin, qui a tout notre soutien, a ce soir là avec son équipe, avec courage et sang froid, permis de lever les doutes et de répondre aux premières questions grâce aux caméras de vidéo protection notamment sur de supposées prises d’otage et fusillades qui n’ont en fait pas eu lieu." La ville de Nice rejette "les accusations scandaleuses du ministre d’instrumentalisation des propos d’un agent dans un contexte aussi terrible."

La presse consulte les deux rapports contradictoires (celui de Bertin et celui du Ministère). Bertin précise que "par l’intermédiaire d’un revisionnage", il apparaît qu’à 22h32 "le poids-lourd arrive sur la promenade des Anglais (...). Le plan étant large, il est difficile de réellement distinguer la montée du camion sur la chaussée" mais "lors de la montée sur le trottoir, celle-ci s’effectue en dehors du périmètre fermé des festivités et il n’y a alors aucune présence policière". La police nationale affirme qu’un "barrage, isolant le périmètre piéton était mis en place par des effectifs de la police nationale (...) À l’approche, le camion ne s’est pas arrêté et a contourné le barrage en roulant sur le trottoir". La note précise que selon "l’exploitation des images de vidéoprotection, de la ville, le chauffeur est ‘obligé’ de se déporter sur le trottoir pour contourner les barrières qui obstruent les voies de circulation routière de la Promenade des Anglais. [...] L’angle unique de la caméra orientée sur le barrage en question ne permet pas de voir la réaction de l’équipage PN [police nationale] présent" mais d’autres caméras permettent "d’apercevoir le gyrophare du véhicule de l’équipage qui tient le point [-] ce point qui était tenu par ailleurs pour le défilé militaire de l’après-midi."

Lundi 25 juillet

Estrosi sur Europe 1 : "Je n’accepte pas la mise en cause par Bernard Cazeneuve de l’action des élus de Nice, des Alpes-Maritimes et de la région. Je n’accepte pas que le ministre fasse le tour des plateaux de télévision pour insulter les élus que nous sommes et d’une certaine manière insulter la mémoire des victimes. (...) Depuis le début de la semaine, le ministre de l’Intérieur ne joue pas la transparence."

Ciotti sur RMC : "Il faut établir la vérité et il faut le faire dans la sérénité. Il y a dans les propos des services [du ministre de l’Intérieur] des versions très différentes sur le positionnement du véhicule de police." Il a "confiance en l’enquête judiciaire". Il réclame néanmoins une "commission d’enquête parlementaire" afin que la vérité éclate. "C’est vrai que ces débats peuvent paraître indécents mais ils ont été ouverts parce qu’il y a eu des versions différentes sur les effectifs, le barrage. Ces questions, peut-être parce qu’elles ont eu de mauvaises réponses de la part du ministère de l’Intérieur, créent un doute. Ce doute doit être impérativement levé par l’enquête judiciaire et par une commission d’enquête parlementaire." "Nous le devons aux victimes" et à tous "ceux qui sont intervenus" lors de la tuerie. Il évoque le cas de Sandra Bertin, qui accuse le ministère de l’Intérieur de harcèlement. "Les questions que pose Sandra Bertin sont d’une extrême gravité. Elle mérite d’être entendue. Je ne crois pas que l’on doive l’attaquer comme cela a été fait."

Puisque la personne à laquelle elle a eu affaire s’est présentée comme venant du Ministère de l’Intérieur mais que ce n’était apparemment pas le cas, Bertin donne son signalement a la justice.

Mardi 26 juillet

Deux enquêtes préliminaires sont ouvertes par la justice : une par le parquet de Nice pour "abus d'autorité" suite au signalement déposé par Bertin [voir la suite ci-dessous, 5 janvier 2017] ; une par le parquet de Paris pour "diffamation publique envers un membre du gouvernement et envers la police nationale" suite à la plainte déposée par Cazeneuve (enquête confiée à la Brigade de répression de la délinquance aux personnes [voir la suite ci-dessous, 7 juin 2017]. Elles viennent donc s'ajouter à l'enquête initiale pour terrorisme conduite sous l’autorité du parquet de Paris par le service anti-terroriste du Ministère de l'Intérieur.

Le Parisien publie un sondage éloquent sur le rapport actuel entre le peuple et les politiciens :


Et l'affaire partage la une de Charlie Hebdo avec le lancement du jeu "Pokemon Go" :

Mercredi 27 juillet - rapport de l'enquête interne du ministère (IGPN)

En réponse à sa demande d'enquête interne formulée le jeudi 21 juillet (suite aux accusations de Libération), Cazeneuve reçoit un rapport de l'Inspection générale de la police nationale (IGPN, dépendant de son ministère) sur le dispositif de sécurité le soir du 14 juillet à Nice. "Par souci de transparence", il le fait rendre public.
La directrice de l'IGPN, Marie-France Moneger-Guyomarc'h, conclut que "ce dispositif n'était pas sous-dimensionné" et confirme les chiffres évoqués depuis deux semaines : 64 membres de la police nationale et 42 de la police municipale. "Nous pouvons certifier que les effectifs annoncés par la police nationale était présents sur la Prom party." Elle souligne toutefois un certain manque de rigueur et "des incertitudes dans la coordination opérationnelle PN/PM". Enfin, elle précise qu'elle n'a pas visionné les images de vidéosurveillance "pour ne pas nuire à l'enquête".
Cette dernière réserve risque de compromettre la pertinence du rapport, étant donné que les contestations avaient été formulées précisément sur la base de ces enregistrements...

Extrait diffusé par le Huffington Post

Curieusement, la presse titre presque unanimement que "le dispositif de sécurité n’était pas sous-dimensionné" et que "l’IGPN confirme la version de Cazeneuve", sans relever les réserves.
Même Le Canard enchaîné, d'habitude satirique, prend résolument le parti du gouvernement à sa une, alors que la justice commence à peine à se pencher sur le débat.

La municipalité pointe immédiatement les contradictions et les questions que le rapport laisse sans réponse.

Jeudi 28 juillet

Le Monde est le premier journal à faire un compte rendu plus équilibré du rapport de l'IGPN (sous le titre "Un dispositif de sécurité « pertinent » mais des problèmes de communication") en relevant : "l’imprudence manifeste dans les prises de parole publiques, le manque de dialogue et de transparence entre les différents acteurs de la sécurité. Voilà en substance ce que conclut le rapport de l’IGPN".

Un peu plus tard, dans le cadre de l'enquête ouverte à Nice, Le Monde publie des attestations de témoins qui confirment les déclarations de Sandra Bertin.

Lundi 1er août

Dans le JDD du 21 août, à propos de la mystérieuse copie des images de vidéosurveillance demandée par l'Élysée dans la nuit du 14 au 15 juillet, le directeur de cabinet du préfet certifie avoir "restitué la bande au procureur adjoint de Nice". "C'est une pièce judiciaire. Elle est restée dans des lieux sécurisés. Elle a été rendue pour destruction le 1er août", jure-t-il.

Dimanche 21 août

Le JDD rapporte les témoignages de la ville de Nice et de la préfecture qui affirment que l'Élysée a demandé une copie des images de vidéosurveillance dans la nuit du 15 juillet entre 4 et 5 heures et qu'un chauffeur est venu chercher le DVD vers 11 h ce jour-là. La présidence dément : "Aucune copie de la vidéosurveillance n'a été transmise à l'Élysée. Ce serait le non-respect de la justice. C'est de la calomnie et de la diffamation." L'Élysée dément "catégoriquement" avoir reçu ou même "demandé" une vidéo. "Le président a bien vu quelques images lors de son passage à Nice, à la cellule interministérielle de crise", admettait-on samedi soir à l'Élysée, avec cette nuance : "C'est le préfet et le procureur qui ont proposé au Président de les voir."

Mercredi 6 septembre - omission dans le rapport de l'IGPN et scandale présidentiel

Pour expliquer le fait qu'aucune unité de forces de gendarmerie mobile n’était présente sur place en dépit de l’état d’urgence alors que c'était le cas en 2015 et en 2014, le rapport de l'IGPN indique que cinq unités étaient alors redéployées respectivement à Carcassonne, Montpellier, Toulouse, Marseille et Avignon, en précisant le motif des quatre premières affectations, mais pas celui d'Avignon. Le député Ciotti relève cette omission et fait rappeler que les gendarmes étaient alors affectés à la sécurité du citoyen François Hollande, qui était alors en visite privée au festival d'Avignon.

Jeudi 5 janvier 2017 - classement sans suite de la plainte contre le ministère

À Nice, le procureur classe sans suite la plainte déposée par Bertin/Pradal/Estrosi pour abus d'autorité suite aux pressions exercées par le ministère de l'Intérieur pour faire modifier le rapport sur le dispositif de sécurité déployé. Les plaignants annoncent leur intention de déposer une nouvelle plainte auprès d'"un juge d'instruction impartial et indépendant".

Jeudi 30 mars - nouvelle plainte contre le ministère pour abus d'autorité et escroquerie aggravée

Sandra Bertin dépose une nouvelle plainte avec constitution de partie civile, auprès du doyen des juges d'instruction de Nice, pour "abus d'autorité" (suite au rapport qu'on lui a demandé de modifier), mais aussi pour "escroquerie aggravée" (l'ambigüité aurait été délibérément entretenue pour lui faire croire qu'elle devait répondre à des demandes pressantes émanant, non pas de la police nationale, mais directement de la place Beauvau et du cabinet du ministre)

Mercredi 7 juin - le procès en diffamation contre la ville

À Paris, Sandra Bertin comparait pour diffamation publique à la suite de la plainte déposée en juillet 2016 par Bernard Cazeneuve et l'administration de la police nationale.



(mises à jour à venir)

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Écrit par SebK, le Mardi 26 Juillet 2016, 15:13 dans la rubrique "Nice".


Au XIXe siècle, la tendance romantique, l’état encore primitif de la linguistique et le goût des étymologies fantaisistes avait répandu une théorie selon laquelle le nom de Nice provenait du grec tardif Νίκαια, Nicæa, dérivant de Νίκη, Nikè, "victoire".

Par extension, la légende a gravé dans les esprits l'image de démiurges grecs venus de Marseille qui auraient créé Nice et les Niçois à partir du néant.

Depuis, les sciences ont progressé.

Les archéologues ont montré que les collines du Château et de Cimiez étaient habitées bien avant l’apparition des Grecs et des Romains sur ce rivage. Les Védiantiens avaient construit des villages fortifiés (oppida), sur ce qu’on appelle aujourd’hui les collines du Château et de Cimiez. Ces gens auraient-ils attendu l'arrivée des Grecs pour donner des noms à leurs contrées ?

Les protohistoriens ont constaté qu’aucun document antique qui nous soit parvenu ne permettrait de supposer que la cohabitation avec les nouveaux arrivants fût particulièrement belliqueuse. Pourtant, les chroniqueurs grecs et latins ne manquaient pas de rapporter le moindre conflit auquel leurs armées étaient confrontées, et ils nous ont laissé une littérature abondante à ce sujet. Dans ces conditions, comment les marchands phocéens auraient-ils eu l’idée d’appeler leur nouveau port "Victoire" ?

Par ailleurs, il existe une ville qui s’appelle "Nizza" en Montferrat, dans le bassin du Pô, une région où l’explication d’une origine grecque ne tiendrait pas debout, sans parler d’une "victoire".

En revanche, la Nice des Alpes maritimes et celle du Montferrat ont en commun d’avoir été habitées par des peuples ligures – respectivement, des Védiantiens et des Statielliens, selon les auteurs grecs et latins de l'Antiquité – depuis une époque antérieure à la grande invasion indo-européenne [1].

À ce jour, à propos du nom de Nice, l’hypothèse la plus pertinente serait donc celle d’une étymologie ligure (donc non indo-européenne). Les Grecs de Marseille n’étaient pas des guerriers, c’étaient des commerçants : ils auront simplement établi leur comptoir en bord de mer, du côté de l’actuel port Lympia, au pied de l'oppidum des Védiantiens, et ils auront naturellement retranscrit le nom du lieu dans leur alphabet (à cette époque, le kappa avait déjà tendance à s'affriquer devant η ou αι).

La théorie n’est pas nouvelle, d’ailleurs. Elle était déjà développée il y a plus de cent ans dans la revue scientifique Nice historique en 1908 (pp. 81-84 et numéros suivants), et à nouveau en 1925 (pp. 1-17 et numéros suivants).

D’où l’orthographe Nissa préconisée pour écrire le nom de la ville en niçois, aussi bien dans les graphies mistralienne et classique. Il ne s’agit pas de particularisme ou de convention graphique, mais du simple constat que le ç de *Niça résultait d’une hypothèse étymologique dont on sait aujourd’hui qu’elle était scientifiquement erronée.

Il est triste de constater qu'Eugène Ghis écrivait en 1925 : "Il existe un cliché qui a cours forcé et dont la fortune se prolonge extraordinairement. C'est le cliché qui rattache ce nom au préjugé historique d'une victoire remportée par les Grecs, sur nos bords, dès l'aube des temps connus." Et il citait Victor Emanuel, qui écrivait avant lui, dès 1908 : "Aujourd'hui encore, les géographies les plus sérieuses, les encyclopédies les plus graves, les histoires les plus cotées, enregistrent, sans hésitation, cette hasardeuse étymologie."

Cent ans plus tard, il faut se rendre à l'évidence : si une "victoire" est certaine, c'est malheureusement celle de l'ignorance transmise par nos encyclopédies et livres d'histoire. 


[1] Les Védiantiens, d'ailleurs, n'ont pas été très affectés par cette vague celte, étant donné qu'ils ont continué à vivre en tribus autonomes jusqu'à l'époque de l'empereur Néron. Autrement dit : il n'y a jamais eu de Gaulois à Nice.


[Photo : détail des vitraux de l'église de Brou, mausolée du duc Philibert II de Savoie, SC, décembre 2014]

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Écrit par SebK, le Jeudi 21 Juillet 2016, 15:32 dans la rubrique "Nice".


— une nouvelle page de l’historiographie coloniale —

Après les complots juifs, maçonniques, musulmans, etc., voici la nouvelle trouvaille de la presse française : « Le vrai pouvoir des Italiens à Nice ». Tremblez !

Ça a un drôle de relent de la IIIe république… Chez moi, ça rappelle ces lignes du Figaro de 1937 qui mentionnaient « Cagnoli, sujet français »… sous-entendu : malgré son nom d'Italien, d'étranger, de parasite, etc. Ça rappelle aussi les harcèlements quotidiens subis au début du XXe siècle, où la belle-mère de mon arrière grand-père avait dû faire des démarches juridiques pour « franciser » son nom parce qu’il avait une consonance « étrangère » : eh oui, ses parents étaient d’origines piémontaise et génoise, donc Sardes à Nice sarde, mais soudain considérés comme des étrangers à Nice française, et on ne manquait pas de le lui rappeler.

Passé le choc de la une, qui se veut purement racoleuse, allons voir dans les pages intérieures (dossier de 20 pages réalisé par Alain Piffaretti) qui sont donc ces puissants « Italiens ».

Après une présentation globalement positive du bol d'air que les voisins italiens apportent aujourd'hui à l'économie niçoise (malgré cette pénible épithète parisienne de transalpins, alors que si les Alpes se trouvent bien entre Paris et le Pô, elles séparent aussi bien le Pô de toute la Ligurie occidentale), les quelques pages dressent une liste de personnalités actives dans les domaines économique, culturel ou politique.


Ça veut dire quoi, "transalpin", à Nice ?

Au début, avec le passage en revue des Italiens de naissance, tout se passe bien... jusqu'à ce qu'on aborde le domaine politique. Là, ça se complique. Trois figures du pouvoir font leur apparition, trois figures de « l'immigration italienne à Nice », et il va falloir leur trouver une place dans ce dossier (parce que dans le fond, le but de l'article est sans doute de leur faire de la pub) : Christian Estrosi, Eric Ciotti et Jean-Luc Gagliolo. Le journaliste commence donc à chercher les « racines ».

Les « étrangers qui contribuent à la diversité de la nation française », les modèles d’intégration réussie, c’est un sujet à la mode. Du côté des « Italiens », d'habitude, il est de bon goût de mentionner Buonaparte né en Corse française de parents nés en Corse génoise... À Nice, il y a Massena né à Nice sarde d'un père niçois donc sarde et d'une mère française... Garibaldi né à Nice française peu avant la restauration sarde, de parents nés dans des ports génois et sarde de Ligurie... L’Express donne l’exemple de Gagliolo dont le grand-père était né à Nice française de parents piémontais et génois donc italiens, et on nous déroule l'arbre généalogique d'Éric Ciotti pour nous parler de l'immigration de ses arrière-grand-parents... Et tous ceux qui ont des noms en i et dont les arrière-grands-parents étaient nés à Nice française de parents nés à Nice sarde ? Veut-on vraiment donner un coup de pied dans cette inextricable fourmilière ? L’exemple de l’Algérie française n’a pas suffi ?

Mais au fait, c’est quoi, un « Italien », à Nice ? Sachant que les parents italiens dudit grand-père Gagliolo étaient d’origines piémontaise et génoise, donc issus du même pays que les Niçois ? Et là, la vision équilibrée que j’avais de la société niçoise commence à se fissurer. Aujourd’hui, en 2016, un descendant de Piémontais ou de Génois arrivés à Nice en 1859 ne serait donc pas niçois et français au même titre qu’un descendant de Piémontais ou de Génois arrivés à Nice en 1861 ? Les bras m'en tombent, mais c'est bel et bien ce que je lis entre les lignes de ce dossier.

La région niçoise paraissait relativement tranquille, et les Niçois relativement unis, mais en me plongeant dans ce dossier de L’Express, je découvre qu’il y a au moins trois ou quatre catégories de Niçois : les « Italiens », les indigènes, probablement les autres « immigrés », et bien sûr les Français (et je vous laisse le loisir de vous interroger sur les « rapatriés » et « immigrés » d'Algérie). Ça devient compliqué. Va-t-il falloir porter des triangles de couleur pour distinguer tout cela ?!

Bref, est-il raisonnable de soulever ce genre de question ethnique dans une région où la frontière a toujours été déplacée toutes les deux ou trois générations ? Dans un pays niçois embarqué dans deux guerres d’indépendance italienne en 1848 et 1859, occupé par l’Italie fasciste en 1942, où des villages entiers ont été évacués en Italie sous l’occupation nazie, où des familles ont été divisées par la frontière de 1947 ? Quel est l'objectif ?

En tout cas, le dossier de L'Express confirme un constat dont je fais régulièrement l'expérience. En ce XXIe siècle (et avec la xénophobie ambiante qui ne cesse de se développer avec les difficultés économiques), il suffit que je passe le Var pour entendre : « Cagnoli... C'est pas français, ça. Tu es issu de l'immigration, hein ? » C'est dit sans méchanceté (au contraire, avec une certaine curiosité), mais c'est révélateur du besoin de ranger les gens dans des cases, et de la nature ethnique que ces cases doivent absolument prendre aujourd'hui en France. C'est fréquent à Paris, et ça m'est encore arrivé la semaine dernière en Provence. Eh oui, depuis que le « Musée des colonies françaises » est devenu « Musée national de l’histoire de l’immigration », les « indigènes » sont devenus... des « immigrés » ! C’est le début d’une nouvelle page de l’historiographie coloniale.


  
L'Italie au XIXe siècle (c'était ainsi qu'on appelait alors l'ensemble des États de la péninsule,
depuis l'Antiquité romaine et jusqu'à la création du "royaume d'Italie" en 1861).
À droite : les républiques française et italienne depuis 1947.
(Cliquer pour agrandir.)

Mise à jour :
Quand Hervé Barelli, en dernière page du dossier, nous invite à nous rappeler "que, à l’époque où la cité faisait partie du royaume de Piémont-Sardaigne, l’Italie n’existait pas", je suppose que ses propos ont été coupés pour les besoins de la mise en page (d'ailleurs, ses explications auraient été plus utiles en tête de dossier qu'au dos de la dernière page où on s'attend à une pub). Outre le fait qu’il n’a jamais existé de "royaume de Piémont-Sardaigne", l’Italie, à cette époque, n’existait pas en tant qu’État-nation. Si le Royaume d’Italie n'a été proclamé qu'en 1861, la nation italienne a été inventée vers le temps des révolutions de 1848 (le roi de Sardaigne avait d'ailleurs fait appel au Niçois Garibaldi dans le cadre de la "première guerre d'indépendance"), et "l’Italie", quant à elle, avait toujours existé, depuis l’Antiquité, en tant qu’entité géographique (dont les États-Sardes faisaient partie, comme en témoignent toutes les cartes, tous les ouvrages historiques et tous les guides de voyages antérieurs à 1860, que Barelli connaît bien). Les habitants de cette entité géographique, par définition, étaient qualifiés d'"Italiens". Il ne s'agit pas là d'irrédentisme mais d'honnêteté historique.

Par analogie, rappelons que les Cherokees ont toujours été des "Américains", et que "l'Amérique" n'a pas attendu George Washington pour exister.

Quant au pays niçois, éternel territoire frontalier, son histoire et sa culture – comme le rappelle justement Barelli – sont partagées entre France et Italie, entre "Français" et "Italiens", entre Provence, Piémont et pays génois, et il serait bien vain de vouloir à tout prix les ranger ici ou là.


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Écrit par SebK, le Lundi 16 Mai 2016, 19:47 dans la rubrique "Nice".


— années 1920 et années 1950 —
     
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Écrit par SebK, le Mercredi 4 Mai 2016, 20:13 dans la rubrique "Nice".


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