Actualité
10/2012 : "Littérature sans frontière", île de Ré.
05/2012 : Vincent River à Riedisheim.
04/2012 : Vincent River à Liège.
04/2012 : rencontre avec les lecteurs à Lons-le-Saunier et Arinthod (Jura).
03/2012 : lecture bilingue de poèmes komis à la Bibliothèque nationale de Komi, Syktyvkar.
03/2012 : colloque Dialectes décisifs, langues prototypiques, Sorbonne Nouvelle.
02/2012 : parution de bonus sur le site de Sofi Oksanen au Livre de Poche.
02/2012 : parution de Purge, de Sofi Oksanen, au Livre de Poche.
11/2011 : lecture de poèmes de Nikolai Abramov dans le cadre des Journées fenniques (troisièmes journées finno-ougriennes de l'Adéfo).
11/2011 : parution des Chants des forêts, de Nikolai Abramov, traduits du vepse (éd. Adéfo).
10/2011 : parution de "Mises en scène d’une identité non slave de Russie : le théâtre komi dans un monde russe en mutation" // Revue russe, n° 36.
10/2011 : parution de "Les nouveaux héros nationaux dans le théâtre komi post-soviétique" // Slovo, n° 36.
09/2011 : parution des Vaches de Staline, de Sofi Oksanen, traduit du finnois (éd. Stock).
22/05/2011 : représentation de Ode à l'amour, spectacle de Vihtori Rämä et Tuukka Vasama sur des poèmes de Tuomas Timonen (en finnois avec sous-titres), au Festival "Printemps d'Europe", Lyon.
05/2011 : "Il faut partir pour Paris", de Sofi Oksanen, in Paris en Cosmopolite, Stock (hors commerce).
25/03/2011 : "La parenté finno-ougrienne dans la littérature komie : héritage commun ou influences récentes ?" (colloque Littératures finno-ougriennes : regards croisés, Institut Finlandais, Paris).
17-19/03/2011 : Salon du livre, Paris (manifestations à l'Institut suédois et à la Médiathèque de Boulogne-Billancourt).
03/2011 : parution de L'amour du lion berbère, de Daniel Katz, traduit du finnois (éd. Gaïa).
10/02/2011 : projection de Of Time and the City, de Terence Davies, au Forum des Images, Paris (sous-titré de l'anglais en collaboration avec Emmanuel Denizot).
09/02/2011 : "Observations sur le bilinguisme dans les théâtres komi et niçois - L’exemple de Ńobdinsa Vittor et Francis Gag" (Colloque de l'Université de Syktyvkar).
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— Une légende komie au Théâtre du Gymnase —
Le 25 mars 2012, dans le cadre du festival international "Sous le ciel de Paris", 18 jeunes danseurs et acteurs de la Maison de la Jeunesse de Vorkouta (République de Komi) ont été récompensés au Théâtre du Gymnase.
Paris, Théâtre du Gymnase, 25 mars 2012 (photo : Marie Casen).
Le premier prix de la catégorie "théâtre" est décerné à l'ensemble "L'oiseau bleu", pour un spectacle sur la légende komie de Iag-Mort. La mise en scène de Ielena Sokolova (à gauche sur la photo) s'inspire de motifs du ballet de Iakov Perepelitsa créé à l'Opéra de Syktyvkar en 1961 . Dans la catégorie "danse", les deux premières places sont remportées par des solistes du groupe "Stars" (dirigé par Maria Mamadalieva), pour leur prestation dans une création chorégraphique collective : il s'agit respectivement d'Irina Rotcheva et d'Anna Galimova (au premier rang sur la photo, avec leurs prix).
Iag-Mort est une légende des Komis du nord, qui se déroule à la lisière de la taïga et de la toundra, au sein d'une communauté d'éleveurs de rennes, de chasseurs et de de pêcheurs, dont l'existence paisible est mise en péril par les méfaits d'un "abominable homme des bois". Cette légende a inspiré de nombreux artistes komis, notamment les poètes Ivan Kouratov et Mikhaïl Lebedev, et le peintre Vassili Ignatov.
La Maison de la Jeunesse de l'agglomération de Vorkouta est située dans le village de Vorgachor, au-delà du cercle polaire, au cœur de la toundra, près de l'Oural et de l'océan Arctique [Google Maps]. Deuxième ville de la République de Komi, Vorkouta est située à 900 km au nord-est de la capitale Syktyvkar. Les photos ci-dessous, tirées du site officiel de la Maison de la jeunesse de Vorkouta, montre quelques activités des ensembles "Stars" et "L'oiseau bleu".
Écrit par SebK, le Mardi 10 Avril 2012, 14:09 dans la rubrique "Komi".
— Mittweida —
Depuis le Moyen-Âge, Mittweida
perpétue sa tradition de production du lin, qui a fait
d'elle un grand centre de l'industrie textile de la Saxe.
La ville se trouve à la limite de la partie navigable de la Zschopau, en amont du barrage de Kriebstein.
Outre des
fragments de l'ancienne muraille (antérieurs aux
années 1470), il reste du XVe siècle l'église
Notre-Dame qui domine la ville.
Sur la place du
Marché, la borne postale a été reconstruite ;
et devant
l'Hôtel de Ville, la fontaine est ornée d'un ange
doré de style art nouveau :
Quelques exemples
d'architecture de la place du Marché :



Apparemment, Mittweida est connue pour son musée de
l'Espace, son Ecole supérieure... et ses WC.

L'Ecole
supérieure (Hochschule, anciennement Technicum,
1867).
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Fondé
en 1912, reconstruit en 1928, modernisé en 1999,
le cinéma de la rue du Théâtre est une
salle historique.
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Photos : mars 2012.
Écrit par SebK, le Jeudi 22 Mars 2012, 12:33 dans la rubrique "Saxe".
— Barrage de Kriebstein —

Le projet d'un barrage sur la Zschopau
était à l'étude avant 1914. L'ouvrage a
été construit en 1927-1929, juste au-dessus de la forteresse de Kriebstein, et mis en service en 1930.
Le barrage de
Kriebstein est utilisé pour la production
d'énergie, la navigation, la pêche et les loisirs ;
il n'est pas destiné à contenir les crues. Le site
est exploité aujourd’hui par le groupe bavarois
Karl. Malheureusement, pour des raisons de sécurité,
le propriétaire ne permet pas au public d’accéder
à la passerelle.

Les bords du lac artificiel formé par cette retenue
constituent la zone naturelle
protégée du Barrage de Kriebstein. Le
pourtour du réservoir s'est équipé d'une
multitude de campings, quartiers résidentiels,
embarcadères, hôtels et restaurants, espaces de
loisirs... Les bateaux circulent d'avril à octobre. Le
reste de l'année, la zone est à peu près
désertée.

À l'embouchure d'un petit affluent de la Zschopau, le moulin
"Lochmühle" d' Ehrenberg :

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Sur la
rive droite s'étendent des champs en direction de Falkenhain :

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En face, la rive gauche est abrupte, et ses rochers sont
couverts de graffitis.
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En direction de Lauenhain
:

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Avec son ancien moulin à eau sur la Zschopau, sa
ruine artificielle du "château des voleurs" et sa
fausse grotte de 1800, l'ancien domaine seigneurial de Ringethal arbore
aujourd'hui un romantisme un peu kitsch.
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Photos : mars 2012.
Suite...
Écrit par SebK, le Jeudi 22 Mars 2012, 09:22 dans la rubrique "Saxe".
— La forteresse de Kriebstein —
À Kriebstein, le lit de la Zschopau se resserre et
serpente entre de hautes parois rocheuses. Dans un méandre
se dresse une forteresse médiévale, qui semble
taillée à même le roc.
Ce château gothique du XIVe siècle fut une
propriété privée jusqu'en 1945. Depuis 1825,
il appartenait à la famille von Arnim, qui l'habitait.



Soigneusement restaurée, la chapelle éblouit par la
richesse de ses fresques des années 1410 :


En 1930, les Arnim ont commencé à rendre certaines
parties du château accessibles au public. En 1945, la
propriété a été confisquée par
le régime communiste. Un musée a ouvert en 1949.
À présent, depuis 1993, le site est un musée
de l'État libre de Saxe.


Les pièces sont toujours décorées et
meublées avec de beaux éléments des
différentes époques du château.


En 1986, on a retrouvé un
trésor qui était resté caché depuis
1945 dans une pièce secrète. Il s'agit de nombreuses
oeuvres d'art et autres objects précieux ayant appartenu
à la famille von Lehndorff. Le comte Hans von Lehndorff les
avait emportés de son château de Steinort (aujourd'hui
Sztynort, en Pologne) pour les mettre à l'abri avant
l'arrivée des Russes : la forteresse de son ami Arnim
constituait une cachette parfaite. Mais Lehndorff est
exécuté en 1944 suite à sa participation
à la tentative d'attentat contre Hitler (l'opération
Walkyrie), et les Arnim de Kriebstein sont expropriés. Le
trésor était effectivement bien caché : il
restera inaperçu pendant près de quarante ans.
Aujourd'hui, 423 objets sont en train d'être
restitués aux héritiers von Lehndorff.

Détail de Samson chez
les Philistins (v. 1680), une tapisserie du
trésor de Kriebstein.
Photos :
mars 2012.
Suite...
Écrit par SebK, le Mercredi 21 Mars 2012, 15:13 dans la rubrique "Saxe".
— L'usine de papier de Kriebstein —

En 1856, les entrepreneurs Fritz Kübler et
Albert Niethammer fondent la Papierfabrik "Kübler
& Niethammer", une usine de papier qu'ils
établissent au pied de la forteresse de Kriebstein, sur la rive gauche
de la Zschopau.
Aujourd’hui, ce
site historique est abandonné. Il a été
racheté, et le bâtiment devrait être
démoli prochainement.


Dès sa création,
l'entreprise a connu un développement fulgurant. Les usines
se sont développées rapidement sur la rive droite
à Kriebethal, un
ancien village de la paroisse de
Waldheim fondé en 1549 dans un méandre de la
Zschopau, au nord de la forteresse de Kriebstein. Cette zone
industrielle est toujours en activité.




Entre Waldheim et
Kriebethal, une ligne ferroviaire, principalement destinée
à desservir les usines, a fonctionné entre 1896 et
1998. Sur un pont aujourd’hui interdit au public pour des raisons
de sécurité, ont peut encore voir l’arrêt de
Kriebenau.

Aujourd'hui le site est exploité par "Kriebcoat" :

Photos :
mars 2012.
Suite...
Écrit par SebK, le Mercredi 21 Mars 2012, 11:29 dans la rubrique "Saxe".
— Waldheim —
La Zschopau prend sa source dans les monts
Métallifères et parcourt environ 130 km
jusqu'à son confluent dans la Freiberger
Mulde (à proximité de Döbeln), une
rivière du bassin de l’Elbe.
La dernière grande localité qu'elle traverse est Waldheim.Celle-ci est connue
dès 1271 comme forteresse placée sous
l’autorité de Meissen
et acquérant le statut de ville en 1286. Au XVe
siècle, le château de Waldheim est un
monastère augustinien. L'économie de la
région se développe autour du tissage du lin. Outre
les tisserands, de nombreux artisans s'installent à
Waldheim.
Le prince électeur de Saxe Christian Ier prend possession de toute
la ville en 1588 (y compris le château, devenu
propriété privée suite à la
réforme). Il agrandit le château. Le XVIIe
siècle est une succession de guerres,
épidémies et incendies qui ravagent la ville et ses
habitants. En 1716, le prince Frédéric-Auguste "le Fort" convertit le
château en prison, asile de pauvres et orphelinat.

Waldheim est alors une étape sur la
route historique de Dresde à
Leipzig par Nossen. Pendant des
siècles, il s'agit là de l'une des deux grandes
routes reliant les deux métropoles saxonnes (l'autre voie étant celle qui passe par Meissen). Naturellement, de
nombreux voyageurs y font halte. Kleist s'y arrête ; Goethe aussi, en juillet
1790, et à nouveau en août 1813 : une plaque
commémore ces séjours sur la
façade de l'auberge "Au lion d'or", sur la place du
Marché :

Dans la maison d’en face
(actuellement en mauvais état), c’est Napoléon qui a
logé en mai 1813 ;
à l’extérieur de la ville, au bord de la Zschopau,
une pierre commémore son passage.

Le passage de Napoléon fait encore de gros
dégâts, avec l'affrontement des armées
française et russes sur la Zschopau.
Le reste du XIXe siècle, plus paisible, est
l'époque de l'essor économique et industriel de la
région. Avec l’apparition du chemin de
fer, c’est la route de Meissen qui va se développer entre
Dresde et Leipzig. Dès lors, Waldheim se déconnecte
des deux métropoles historiques, pour se
rapprocher économiquement et administrativement de ce qui
va devenir la troisième grande ville de Saxe : Chemnitz. La voie
ferrée Chemnitz–Riesa est inaugurée en 1852. Sur
la rive gauche, la gare et les immeubles qui l'entourent
témoignent du développement urbain de cette
époque :

Dans le centre historique, la place du Marché change d'allure
en 1902 avec l'érection d'un nouvel Hôtel de Ville art
nouveau, dont la façade et la tour sont
particulièrement imposantes. Son caractère monumental
étonne un peu, par rapport à la taille de la ville.


Les bâtiments Art Nouveau
de la place du Marché
et l'église Saint-Nicolas (reconstruite en 1842).
Sur la rive gauche apparaissent un gigantesque Hôtel des
Postes (1921)

et des immeubles d'habitation:

Depuis
1830, le château de Waldheim se consacre à sa fonction de
prison. À ce titre, il a servi de lieu de
détention de nombreux prisonniers politiques, aussi
bien sous le Troisième Reich qu'à
l'époque de la RDA.

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 En 1950,
33 condamnations à mort ont été
prononcée lors des "procès de Waldheim". Un
monument rend hommage aux victimes de cette purge, sur le
lieu du bâtiment où s’est tenu le
procès, aujourd’hui démoli.
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Outre la prison, le château abrite toujours son église,
ainsi que le Musée saxon de la Prison.
La place du Marché est rénovée en 2000-2001,
et une borne postale dans le style ancien y est
érigée pour l'occasion (2002). Les travaux de
restauration continuent.

Photos : mars 2012.
Suite...
Écrit par SebK, le Mercredi 21 Mars 2012, 10:39 dans la rubrique "Saxe".
— Les environs —
Autour de Vorkouta : Goulag, mines et villages
La route circulaire
Devant l’entrée de l’hôtel Vorkouta,
un mur aveugle est illustré par une carte en relief de
l’agglomération :
Le cercle mis en évidence sur cette carte
est une route périphérique d’une dizaine de
kilomètres de diamètre, qui passe par Roudnik et qui
relie les principaux villages (i.e. mines, i.e. anciens camps du
Goulag). En partant de Roudnik, parcourons cette route dans le
sens trigonométrique.
« Vorkoutinskaïa »
Sur la rive droite, au bout de la voie
ferrée qui traverse Roudnik, la mine de Vorkouta (ou
« Vorkoutinskaïa »), anciennement camp
n° 40, est toujours en
activité.


À l’entrée de la mine de Vorkouta se
trouve un monument aux victimes polonaises du Goulag, identique
à celui de Roudnik (1997) :


Photo d’archives de la
mine « Oktiabrskaïa »
[empruntée ici].

Photos d’archives de la
mine « Severnaïa » [empruntées ici].
Le village de Iour-Chor (à une vingtaine de
kilomètres au nord du centre-ville) est établi sur
le site de l’ancien camp n° 29. C’est là qu’a
éclaté la révolte de 1953.
 Dans le cimetière de Iour-Chor ont
été enterrés les morts du camp 29 puis,
après la fin du Goulag, les habitants du village.
Fermé en 1976, il est depuis 1990 l’emplacement d’un site
commémoratif. Comme sur la rive gauche (1988) et à
Roudnik (1997), les monuments érigés à
Iour-Chor dans les années 1990 ont été
réalisés par l’architecte V. Trochine (en
collaboration avec des sculpteurs de différents pays),
à l’initiative de l’association
« Memorial ».
- Ukraine :
« Croix commémorative
des victimes de la terreur communiste » (1990). C’est
le premier monument dressé à l’emplacement du
cimetière de Iour-Chor.
- Lituanie, Lettonie et Estonie :
« Croix commémorative des victimes des
répressions politiques » (1992).
- Lituanie :
« Chapelle commémorative des prisonniers
lituaniens tués par la répression de
l’insurrection du 1er août 1953 »
(1994) [photo à gauche].
- Berlin et Vorkouta :
« Monument aux victimes de la guerre et des
répressions politiques » (1995).
Enfin, en 2010, un nouveau monument est venu compléter
l’ensemble. Il représente des rails stylisés qui
s’étendent vers l’éternité, rappelant que
c’est par le chemin de fer qu’ont commencé les
déportations massives vers Vorkouta [photo à
droite].
Un peu après Jur-Šor se trouve le village de
Promychlenny. 28 mineurs y sont morts en 1998,
dans un accident à la mine Centrale (Центральная). Un
monument commémoratif y est érigé au bord de
la route :

|

La mine de
Vorgachor en 1976 (photo
empruntée ici).
|
Photo
d’archives de la mine de Vorgachor [empruntée
ici].
|


1, rue de
la Façade.

Mal desservi par les bus,
le village est en cours d’abandon.


Photos d’archives de la
mine « Komsomolskaïa » [empruntées ici].

Photo d’archives de la
mine « Zapoliarnaïa »
Après Zapoliarny, la route circulaire se
referme sur Roudnik.
Cimetière de 1964
Cimetière où sont enterrés les
mineurs victimes d’un accident survenu en 1964 :

Le cimetière de
Vorkouta est situé au sud de la ville.
Une chapelle Pierre-et-Paul y a été inaugurée
en 2009.

Le cimetière de Vorkouta est
situé sur une route qui mène à une mine
abandonnée, au sud-ouest de Vorkouta, non loin de la
rivière :

Autour, la toundra
à perte de vue :


La rivière Vorkouta se jette dans l’Oussa
(affluent de la Petchora). En amont du confluent, un barrage
régule le cours de l’Oussa :

Au fond, les sommets de l’Oural polaire :

Et derrière ces petits sommets,
l’Asie :
Liens
Photos : mai 2010 et juillet-août 2011 (sauf les
photos d'archives, empruntées dynamiquement à
d'autres sites web).
Écrit par SebK, le Mardi 20 Mars 2012, 17:35 dans la rubrique "Komi".
— Les murs de Vorkouta —
Les murs de Vorkouta
Vorkouta a la réputation
d'être la "ville du sport". Et c'est bien l'impression
qu'on a en se promenant dans les rues. Le stade
réputé dans toute l'Union soviétique dès les
années 1940, la Maison du Sport "Mineur", le complexe
sportif "Olympe"... Vorkouta est fière de ses champions
(notamment de hockey sur glace). Les garçons
font de la boxe parce que le
sport, c'est la force, et les filles font du patinage
artistique parce que le sport,
c'est le progrès. La rue de Moscou est un peu
décrépite, mais il y a forcément une vitrine
de magasin pour vous rappeler à votre devoir.
Bref, comme disait un prof, "faites du sport, il vous en restera
toujours quelque chose".
Mais Vorkouta est avant tout, bien sûr, la ville de
la houille.
Plus précisément,
c'est la ville de VorkoutaOugol, société
fondée en 1933 et rachetée en 2003 par le groupe
SeverStal (qui détient plus de 90 % du capital). La
société s'occupe de toutes les affaires sociales :
elle emploie les habitants de l'agglomération, fait
l'éloge de leur travail, rappelle aux parents que les enfants sont notre avenir,
et motive les enfants ("Quand
je serai grand, je serai mineur !").

Accomplir de
grandes choses ensemble
|

Papa, sois prudent
!
|
Les slogans de l'ancien Parti font
partie du décor (Gloire
au Parti communiste de l'Union soviétique ! La paix
dans le monde !). Quant aux messages du nouveau Parti,
ils sont assez difficiles à distinguer de ceux de
l'employeur universel VorkoutaOugol, tant par les couleurs que
par le contenu (ensemble, nous
construisons l'avenir) :
Cela dit, les murs de la ville échappent aussi aux organes
officiels de communication, pour servir de support à des
formes d'expression plus spontanées, voire à des
dialogues :

La paix dans le monde !
|

Vorkouta : capitale du
monde ? capitale de la paix ?
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Photos : mai 2010 et juillet-août 2011 (sauf les
photos d'archives, empruntées dynamiquement à
d'autres sites web).
Écrit par SebK, le Mardi 20 Mars 2012, 17:33 dans la rubrique "Komi".
— Roudnik —
Roudnik
Sur la rive droite, le quartier historique de
Roudnik est aujourd’hui abandonné (depuis les années
1990) et déjà largement démoli.
|

(Photo
d'archives
empruntée
ici.)
|

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Une passerelle a
été construite (vraisemblablement dans les
années 1980), mais
elle est tombée à l’abandon avec Roudnik.
Aujourd’hui, bien qu’elle soit toujours ouverte, elle semble
difficilement praticable sans gilet de sauvetage (à
Vorkouta, les hivers sont rudes : on fait feu de tout bois) :
Un escalier majestueux allait rue "Naberejnaïa" (qui longe la
rivière, comme son nom l'indique) à la rue
"Pavlova", où se tenait un imposant édifice avec
fronton et colonnade. Au milieu se dressait un obélisque,
aujourd'hui négligé :
La rue Pavlova et ses immeubles d'habitations :

Roudnik est traversé par la voie
ferrée qui aboutit à la mine de Vorkouta
("Vorkoutinskaïa", ex-camp n° 40), toujours en activité.

De l'autre côté
de la voie ferrée, la rue "Stolbovaïa" remontait la
colline :
Le croisement des rues
"Stolbovaïa" et "Priiskovaïa"
("de la Mine") constituait le centre de Roudnik, avec un
monument au milieu d'une place et des immeubles administratifs.
Il ne reste rien de cette place :
La rue "Priiskovaïa" :


Sur le flanc de la colline, à
proximité de la voie ferrée, un monument rendait
hommage aux premiers prisonniers qui furent déportés
à Vorkouta avec pour tâche de construire dans le
permafrost les fondations des mines futures (voir ici). Sa démolition a été interrompue in extremis, mais sa signification
est aujourd'hui oubliée :
En outre, il y avait à
Roudnik une statue dédiée aux « géologues du Nord » ; elle se trouve aujourd’hui à Syktyvkar, sur l’avenue d’Octobre (au croisement de la rue Gromov).
Enfin, en 1997, un nouveau monument aux victimes du
Goulag a été érigé à Roudnik (après de celui de la rive gauche et ceux du camp 29). Il rend hommage « aux Polonais victimes des répressions politiques ». Un exemplaire se trouve près de la berge et de l’ancienne rue principale, au
bord de la voie ferrée :

L’architecte est toujours V. Trochine, et le
sculpteur est B. Smyrski. Un autre exemplaire du même monument se
trouve à l’entrée de la mine de Vorkouta, non loin de là.
Le centre de Vorkouta vu de Roudnik :
Photos : mai 2010 et juillet-août 2011 (sauf les
photos d'archives, empruntées dynamiquement à d'autres sites web).
Écrit par SebK, le Mardi 20 Mars 2012, 17:31 dans la rubrique "Komi".
— Visite guidée —
Visite guidée
Le plan
soviétique ci-dessus (emprunté au site sev-zap.net)
représente la ville de Vorkouta au sommet de sa gloire.
Aujourd’hui, le quartier de Roudnik,
sur la rive droite, est totalement abandonné, ainsi que de
nombreux bâtiments des quartiers les plus anciens. Quelques
nouveaux petits édifices apparaissent, notamment des
églises en bois.
Un plan actuel détaillé
(en 16 pages) est disponible ici : http://www.vorcuta.info/karta/index.html.
La gare ferroviaire et l’aéroport sont
reliés au centre-ville par un rond-point, orné d’un
monument au 67e parallèle :
Dans les années 1930, les édifices
occupaient seulement le quartier de Roudnik, sur la rive droite. En
1943, lorsque Vorkouta acquiert le statut de ville, de grands
chantiers sont lancés pour construire un nouveau centre.
L’entrée dans le centre-ville proprement dit
se fait aujourd'hui par la place des
Métallurgistes :
Elle est le point de départ de la rue de Moscou (vers le nord-ouest) et de la rue Lénine (vers le nord-est).
Rue Lénine… 1e
partie (1942-1953)
Le premier tronçon de la rue Lénine
date des années 1942-1953. Sur la rue, il reste des maisons
de bois. Derrière s'étend un joli quartier de
maisons de pierre.
Rue de Moscou et place
Kirov (années 1950)
La rue de Moscou débouche sur la place Kirov (anciennement "place de Moscou"). Cet
ensemble, baptisé en l'honneur du 800e anniversaire de la
fondation de Moscou, est le projet pilote du plan d’urbanisme de
Vorkouta dans les années 1950. C'est dans cette rue que
sont apparus les premiers bâtiments de pierre.
(Photo
empruntée ici.)
|

|
Avec la construction de la rue de Moscou et de la
place de Moscou/Kirov, ce quartier devint dans les années
1950 le nouveau centre de Vorkouta.
- Au fond de la place, l’hôpital pour enfants
(1950) ;
|
- du côté droit, le cinéma "Rodina"
(1953),
qui a également hébergé le
Théâtre de marionnettes à partir de
1955 ;
- une statue de Kirov (œuvre de M.G. Manizer) ;
|
- du côté gauche
(sud-ouest) se tenait le siège de VorkoutaOugol (1956).
Le nom et la
statue de Kirov, en fait, ne sont apparus qu'après 1956.
Jusque-là, c'était Staline qui était à
l'honneur sur cette grand-place de Vorkouta (alors "place de
Moscou") :

(Photo d'archives
empruntée ici.)
|

La statue de Kirov à son
emplacement d'origine (photo d'archives
empruuntée ici).
|
Au fond, la place Kirov s’ouvre sur deux axes.
· À gauche, la rue du
Komsomol débouche sur la place du Komsomol. Il s’agit du plus ancien quartier du centre-ville (années 1940). Comme il était fait essentiellement de maisons de bois, il n’en
reste plus grand-chose aujourd’hui. La place du Komsomol
constitue l’une des deux extrémités du parc
(boulevard) de la Victoire, commémorant la victoire de
1945. En son temps, ce parc fut un haut lieu de promenade de
Vorkouta, richement décoré. Aujourd'hui
excentré, il n'a plus son éclat de jadis.
· À droite, la rue de
Leningrad longe le parc Municipal,
organisé autour d’un lac naturel [ci-dessous], et elle
débouche sur la place des Sports.

Place de la
Paix et rue de la Paix (années 1960)
Le premier tronçon de la rue Lénine
conduit à la place de la Paix,
intersection avec la rue de la Paix.
Avec le développement urbain, le coeur de la
ville s'est déplacé progressivement, d'abord de la
place du Komsomol à la place de Moscou/Kirov, puis à
la place de la Paix. Sur la partie sud-est de la place se trouve
la statue de Lénine (œuvre de M.G. Manizer, 1946).
Derrière Lénine, la rue de la Paix se prolonge par
une esplanade boisée.

Sur la partie nord-ouest de la place :
- une fontaine,
devant le Palais de la Culture des Mineurs (Дворца Культуры Шахтёров), avec colonnes doriques et sculptures.
À l'origine, la Maison de la Culture de Vorkouta
était un bâtiment de bois, construit en 1943 mais
détruit par un incendie en 1958. Il a été
aussitôt reconstruit en pierre, sous la forme monumentale
qu'on lui connaît aujourd'hui (le fronton porte les dates
1934-1959), faisant de la place de la Paix la nouvelle
"grand-place" de la ville.
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Les trois
grâces de la fontaine, dans les années 1960
(photo empruntée ici).
Elles ont disparu depuis.
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Le palais est équipé d'une grande
salle de spectacle, dont le plafond est décoré d’une
vaste fresque à la gloire des peuples des quinze
républiques soviétiques.
Le nouveau Théâtre
d’État de marionnettes (Коми
республиканский государственный театр кукол, institution
fondée en 1955, initialement sur la place Kirov) se trouve
dans le même bâtiment.

Géologues...
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... et mineurs.
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Les arbres en plastique font partie de la flore locale.
Derrière le palais, après un monument
aux troupes aéroportées, la rue de la Paix descend
vers la place des Sports, où se trouvent
un monument au 25e anniversaire de la ville de Vorkouta (projet de
1968 ; architecte A.D. Kolonder ; artistes G.V. Brailko et V.
Iatsenko ; inaugurée en 1970) et la Maison
des Sports "Mineur" (premier grand gymnase de Vorkouta), et vers
le stade "du Jubilé" (1973 ?).

Monument aux troupes aéroportées.
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Stèle en l'honneur du 25e anniversaire de Vorkouta
(et donc, indirectement, des
découvreurs du bassin houiller).
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Anciennement, le stade de Vorkouta
s'appelait "Dynamo" (1946), puis "Mineur". Conçu par
l'architecte A.D. Somine, il était orné d'une
magnifique façade en bois :
(Photo d'archive
empruntée ici.)
Rue Lénine… 2e
partie (fin des années 1950)
La rue Lénine continue en direction de la
place du Jubilé, où elle va tourner à gauche
de 45° (fermant la perspective sur la colonne des Mineurs et
l’École des Mines) :

Juste avant la place se trouve la piscine
municipale (1958) :

En face, le Musée de Vorkouta contient trois petites
salles, consacrées à l’histoire locale, à la
nature, et à l’ethnographie (Nénètses et
Komis :
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Place du Jubilé (années 1960)
Sur la place du Jubilé (dont
le nom commémore le 40e anniversaire de
l’État komi, en 1961) :
- une colonne
à la gloire des mineurs (Стела шахтерской славы),
surmontée d’une étoile. Cette étoile marque
la jonction des deux bras de la rue Lénine, et ferme la
perspective des deux côtés ;
- la nouvelle
École des mines (горный техникум, institution
fondée en 1944 dans un ancien quartier), édifice
construit en 1956, avec fronton à colonnade et
statue ;
- au coin
nord-ouest : le nouveau Théâtre d’État
(Воркутинский государственный драматический театр, institution
fondée en 1943 dans le quartier de la place du Komsomol),
établi en 1990 dans ce qui était la Maison
d'éducation politique.

Rue Lénine… 3e
partie (années 1970)
La rue Lénine s’élargit alors en
direction de la place Centrale. Ce tronçon donne une
idée du développement de Vorkouta dans les années 1970,
avec des immeubles plus hauts.
- l'immeuble
« Petchoprojekt » :
- le Palais des Pionniers (Дворца
пионеров и школьников) (1967-1971), dédié au
cinquantième anniversaire de la révolution
d'Octobre :

- le grand magasin "Dom Byta" :

Place Centrale (années
1980)
La place Centrale est aménagée autour
d’un parc rectangulaire, à moitié boisé,
à moitié équipé de jeux d’enfants.

À l’ouest : l’hôtel "Vorkouta",
l’Hôtel de Ville, l’École de musique.

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À
l’est : le nouveau siège de VorkoutaOugol
(1980) :
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Au coin nord-est de la place se trouve une
statue de Tchernov (œuvre de I.V. Pylaïev),
inaugurée en 1982 :

A.A. Tchernov (1877-1963) fut l’un des découvreurs
des mines de houille de la région, en 1930.
Face à Tchernov, la perspective de la rue Gagarine
descend vers le fleuve (avec des immeubles d’habitation au
fond).
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Au nord de la place : le complexe
universel de sport et de spectacle
« Olympe »
(универсальный спортивно-зрелищный комплекс, 1986-1990),
géré par VorkoutaOugol.
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Plus récemment, au
bord du parc, on a vu apparaître aussi une nouvelle
banque :
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La berge
Le « nouveau centre-ville »,
s’étend de la place Centrale à la rivière,
entre deux petits torrents de toundra :

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Rue Dimitrov, une façade illustre l’amitié
Bulgarie-Komi. |

Au bord de la rivière se trouve le premier
« monument aux victimes des répressions
politiques » érigé à
Vorkouta (1988).
Architectes : V. Trochine et A. Barmine.
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Rue Lénine… fin :
Timan et la place de la Victoire
Juste après
le complexe sportif se trouve le siège de la Banque des
années 1980, puis la rue Lénine coupe la rue
Tchernov, emprunte un pont sur un petit torrent affluent de la
Vorkouta, et continue jusqu’au quartier Timan, où elle se
termine sur la place de la Victoire.

La place
de la Victoire commémore la victoire de 1945. On y
trouve bien sûr monument, tanks et
hélicoptères...
... mais aussi une toute nouvelle église de
bois :
Ainsi se termine la rue Lénine. Sur la
gauche, une route descend vers le monument aux "50 ans du
mouvement stakhanoviste"...

… en direction d'un pont routier à voie
unique qui mène à Roudnik.
Photos : mai 2010 et juillet-août 2011 (sauf les photos d'archives, empruntées dynamiquement à d'autres sites web).
Écrit par SebK, le Mardi 20 Mars 2012, 17:28 dans la rubrique "Komi".
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