L’intrépide Jokyš, livré aux pirates de la taïga, sauvera-t-il l’honneur de son peuple ?
Avec L’intrépide, Mihail Lebedev entreprend de brosser un tableau de la vie
quotidienne des anciens Komis. Son sujet, ici, n’est pas mythologique, il ne
fait pas appel à des symboles ou à des représentations mystiques : à
travers le personnage de Jokyš, il imagine la vie héroïque d’un jeune chasseur,
et nous renseigne au passage sur les usages et les traditions de la région.
Ce
poème ethnographique est d’un grand intérêt, pour les lecteurs étrangers, dans
la mesure où Lebedev y décrit scrupuleusement les caractéristiques de la vie
des anciens Komis : l’environnement naturel (forêts, rivières), la chasse
(calendrier, animaux à fourrure), l’habitation (villages, campements), la
navigation fluviale (barques, acheminement des marchandises), le fer, le troc,
la malhonnêteté des marchands étrangers (russes ?) qui tentent de piller
le pays komi…
Il
situe son récit sur le cours de l’Ežva (nom komi de la Vyčegda), probablement
dans la région de Körtkerös (qu’il connaît bien) : dès que le climat le
permet, Jokyš descend le cours du fleuve, vers l’embouchure du Syktyv (nom komi
de la Sysola). Les bouches du Syktyv, c’est littéralement
« Ust’-Sysolsk’ », aujourd’hui la ville de Syktyvkar. Les étrangers qui
remontent l’Ežva, ils viennent peut-être de Kotlas, de Velikij Ust’-Jug, de
Vologda : ce sont vraisemblablement des Russes qui, à la fonte des glaces,
s’aventurent dans les régions boréales pour y acquérir de précieuses fourrures
(renard, martre, zibeline…).
Quand
les mystérieux étrangers, qu’on prenait naïvement pour d’honnêtes marchands, s’avèrent
des bandits sans pitié, Lebedev transforme son sujet ethnographique en un récit
épique, où les valeureux Komis doivent combattre des ennemis dangereusement
armés…
=> lire le poème
[Illustration : calendrier de chasse des anciens Komis.]