Encore un petit poème de A.E. Housman (j'en ai eu l'idée en lisant Stoppard). Cette fois, c'est l'un des poèmes posthumes retrouvés par son frère Laurence en 1937.
Qui est ce jeune criminel avec des fers
à ses poignets ?
Et qu’a-t-il pu manigancer, pour que tous grognent, poings
levés ?
Et pourquoi porte-t-il ainsi un air si contrit dans les yeux ?
Eh bien, on l’emmène en prison pour la couleur de ses cheveux.
Avec ces cheveux sur sa tête, il
déshonore notre race ;
Dans l’bon vieux temps on les pendait, ceux qui portaient cette
tignasse —
Même si pendre est trop clément, et qu’écorcher
conviendrait mieux
À l’abomination sans nom de la couleur de ses cheveux.
Il s’est donné bien de la peine et a
dépensé sans compter
Pour cacher son crâne ou le teindre en quelque ton moins
éhonté ;
Mais, son couvre-chef arraché pour l’exposer à tous les
yeux,
On le convoque au tribunal pour la couleur de ses cheveux.
Il tourne la meule à présent,
file l’étoupe entre ses
doigts,
Et aux carrières de Portland, dans la chaleur ou dans le froid,
Entre ses heures de travaux, dans son temps libre, alors il peut
Maudire le Dieu qui l’a fait pour la couleur de ses cheveux.
J'ai donc mis à jour mes pages relatives à
A.E. Housman (
Poèmes supplémentaires).