Ni l’an passé ni celui-ci
Mon samovar ne m’a servi.
Qui donc servir, et à quoi bon,
Quand on est seule à la maison ?
Il y a bien quelqu’un en bas,
Dont j’aime la douceur des bras.
Il vit tout seul mais, quand j’y pense,
Jamais ne m’a fait des avances !
Je vais le voir, folle de rage,
Pour me venger de cet outrage.
J’ui dis, tu croupis là en bas,
Tu peux mourir, je viendrai pas.
J’ui dis, j’ai bien quelques richesses :
Mes bras et jambes le confessent.
Je n’ai p’t-êt’plus tout mon salaire,
Mais je n’suis pas une sorcière.
J’ui dis, je ne vais pas me rendre,
Un aut’que toi saura me prendre,
Dans un appartement à nous,
Mais je ne te dirai pas où.
J’ui dis, j’aurai un nid tout doux,
Et toi tu n’auras rien du tout !
Et puis je rentre à la maison,
Pour qu’il médite son action.
Va-t-il longtemps tergiverser ?
Le téléphone va-t-il sonner ?
Quoi qu’il en soit, l’année qui vient
Mon samovar servira bien.
à 17:42