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03-04/2018 : représentations de Vincent River de Philip Ridley au Théâtre Ouvert Luxembourg.
01/2018 : Cent ans de musique et de poésie entre Nice et Finlande, concert-lecture autour d’Armas Launis et d’Uuno Kailas, Nice, bibliothèque Louis-Nucéra.
11/2017 : "L’imaginaire national finlandais à l’épreuve du centenaire - Un regard du XXIe siècle sur la poésie patriotique d’Uuno Kailas", dans le cadre du colloque Révolutions russes ; images et imaginaire en Russie et en France, Nice.
08/2017 : parution de l'article "Une comédie komie – Adaptations et mises en scène niçoises d'un théâtre minoritaire de Russie", dans la revue bretonne Klask, n° 11.
08/2017 : "Are Finns ashamed of their independence? - A 21st century look at Uuno Kailas’ patriotic poetry", dans le cadre du 14e Congrès des littératures finno-ougriennes, Tartu, Musée national d'Estonie.
08/2017 : "Garibaldi und Nizza – ein Epos zwischen Frankreich und Italien", dans le cadre du 4e colloque de la Garibaldi Gesellschaft, Kirchberg, Sachsen.
06/2017 : représentations des Cornes d'Alexeï Popov à Châteauneuf-Villevieille.
04/2017 : représentations des Cornes d'Alexeï Popov (Nice, Théâtre de l'Impasse).
03/2017 : parution de Norma, de Sofi Oksanen, chez Stock.
01/2017 : parution de Ils ne savent pas ce qu'ils font, de Jussi Valtonen, chez Fayard.
12/2016 : "Une comédie komie – Adaptations et mises en scène niçoises d'un théâtre minoritaire de Russie", dans le cadre d'une journée d'étude à l'université Rennes 2.
08/2016 : parution du Récif, de Seita Vuorela-Parkkola, chez Actes Sud Junior.
08/2016 : expo sur le pays komi dans les livres étrangers, Bibliothèque nationale de la République de Komi, Syktyvkar.
06/2016 : réédition des Chants des forêts de Nikolai Abramov à la Bibliothèque nationale de la République de Carélie.
05/2016 : réédition du recueil Les Komis – Questions d'histoire et de culture aux Presses de l'Inalco.
01/2016 : présentation de Uuno Kailas de Heinola à Nice au Centre de Documentation Provençale (Bollène).
11/2015 : parution de Noir comme l'ébène, de Salla Simukka, chez Hachette et au Livre de Poche.
10/2015 : Uuno Kailas de Heinola à Nice – Cent ans de musique et de poésie entre Nice et la Finlande, concert-lecture à Helsinki.
10/2015 : Sofi Oksanen à Nice, rencontre avec Sofi Oksanen et Miquèu de Carabatta à Helsinki autour de Quora despareissèron lu colombs.
09/2015 : première de la pièce d'Alexeï Popov Les cornes par la compagnie La Chance du Débutant (au Théâtre National Komi, Syktyvkar).

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Sur les traces d'Alexeï Popov (5)
— "Les cornes" en français —
Dans Les cornes, Alexeï Popov imagine un couple sans âge et quelque peu extravagant, dont la relation très artificielle va basculer dans l’inconnu… Avec beaucoup de fantaisie, il met les deux personnages en présence d’un élément irrationnel qui ébranle leur quotidien et les pousse à une succession d’accusations, d’aveux et de révélations… Que va-t-il rester du couple à l’issue de ces épreuves ?


Le théâtre complet d'Alexeï Popov (Syktyvkar, 2011, 552 p.)

Secrets de couple et présomption de culpabilité

Une femme d’affaires et un homme au foyer. Voilà qui est inhabituel. Surtout si l’on imagine que la scène se passe dans un village de la campagne komie, en Russie. Un élément surnaturel survient dans le quotidien de ce couple extravagant… et leur relation bascule. Par son sujet et sa forme, la pièce tend à se rapprocher du théâtre d’un Ionesco ou d’un Pinter : un élément insolite se glisse dans une vie ordinaire (des bois de cervidé qui tombent dans le salon en volant par la fenêtre ouverte et dont on ne peut plus se débarrasser) et va perturber les relations des personnages jusqu’à les pousser à révéler des secrets et à se transformer — chacun, et l’un vis-à-vis de l’autre. Ils se forcent à faire des aveux, vrais ou faux, dont ils devront subir les conséquences.

Est-ce une mauvaise blague ou une manifestation divine ? Dès le début, les didascalies donnent un ton surréaliste. Le décor est planté de manière approximative, une grande liberté est laissée au metteur en scène, et l’attitude des personnages ne répond pas à la logique de la vie réelle : manifestement, l’auteur s’amuse. Le couple semble d’abord s’entendre à merveille — ou plutôt, c’est une caricature de couple harmonieux, où tout sonne faux sans qu’aucun des deux ne semble le remarquer. Puis arrive l’élément incongru : de magnifiques cornes surgissent par la fenêtre, comme volant de leurs propres ailes. L’homme se met à soupçonner sa femme de lui cacher quelque chose. L’ambiance se détériore. Le symbole du cocu est universel : ces cornes qui tombent au milieu du couple sont naturellement le catalyseur des aveux d’infidélité. Tout au long du premier acte, le mari présumé trompé s’acharne de plus en plus cruellement contre sa femme… Mais à l’acte II, la situation va se renverser et c’est l’homme qui est acculé à son tour… À qui sont ces cornes, en fin de compte ? Et qu’est-ce qu’elles signifient ? — si tant est qu’elles signifient quelque chose. 

Ces cornes insolites et envahissantes ne sont pas sans rappeler la corne du Rhinocéros de Ionesco (le mot śur désigne d’ailleurs aussi bien les bois des cervidés que les cornes en tous genres) ou le cadavre d’Amédée. La construction même de la pièce, avec sa progression dramatique qui accompagne la transformation des personnages, tient le spectateur en haleine aux confins du réel et de l’imaginaire : à chaque instant, on se demande ce qui est vrai et ce qui est faux, si le couple va résister ou se déchirer, si les cornes volantes vont revenir ou non… 

Le texte d’Alexeï Popov offre une grande liberté : il encourage le metteur en scène à donner libre cours à son imagination, tant pour la construction des personnages que pour la structure même du récit, avec une fin ouverte qui se prête à différentes variantes. Quant à la relation entre l’homme et la femme, elle est assez universelle pour être aisément transposée dans le monde entier — ou du moins, dans toute région du monde où l’on peut ramasser des cornes caduques de cervidé…

Adaptation française

La compagnie La Chance du Débutant a situé l'action de la pièce dans l'ambiance typiquement française d'un appartement parisien, à l'époque désuète et pittoresque de l'après-guerre.

Les répétitions sont en cours, en vue d'une première en septembre, avec Sylviane Palomba dans le rôle de Colette et Michaël Sisowath dans celui de Charles.

     
Premières séances de travail pendant l'été 2015, à Cannes et par Skype.

Écrit par SebK, le Mardi 18 Août 2015, 12:15 dans la rubrique "Komi".