Joueb.com
Envie de créer un weblog ?
ViaBloga
Le nec plus ultra pour créer un site web.
Débarrassez vous de cette publicité : participez ! :O)
 Angleterre   Corée   Danube   Finlande   Finno-Ougrie   France   Komi   Nice   Saxe   Sibérie   breuvages et autres saveurs   hum...   statuaire urbaine 

p a r m a k o m a

Recherche



Actualité
01/2019 : parution de Sœurs de cœur, de Salla Simukka, chez Hachette.
12/2018 : présentations de Lever de rideau sur le pays komi à Paris.
11/2018 : lecture publique de la pièce Purge de Sofi Oksanen à Cognac.
11/2018 : présentations de Lever de rideau sur le pays komi à Nice, à Moscou et en République de Komi (Syktyvkar et région de Körtkerös).

08/2018 : parution de Lever de rideau sur le pays komi, L'Harmattan & Adéfo, coll. "Bibliothèque finno-ougrienne".

05/2018 : parution de Norma, de Sofi Oksanen, au Livre de Poche.
05/2018 : parution d'un article de Sofi Oksanen au Nouveau Magazine Littéraire, mai 2018.

03-04/2018 : représentations de Vincent River de Philip Ridley au Théâtre Ouvert Luxembourg.

01/2018 : Cent ans de musique et de poésie entre Nice et Finlande, concert-lecture autour d’Armas Launis et d’Uuno Kailas, Nice, bibliothèque Louis-Nucéra.
11/2017 : "L’imaginaire national finlandais à l’épreuve du centenaire - Un regard du XXIe siècle sur la poésie patriotique d’Uuno Kailas", dans le cadre du colloque Révolutions russes ; images et imaginaire en Russie et en France, Nice.
11/2017 : lecture d'extraits de la pièce Purge de Sofi Oksanen au Théâtre de l'Atalante (Paris) dans le cadre des rencontres Traduire - Transmettre.
10/2017-01/2018 : reprise des Cornes d'Alexeï Popov au Théâtre de l'Impasse (+ en tournée le 07/10 à Saint-André, le 27/10 à Falicon, les 13-14/01 à Vence).
09/2017 : parution de Norma de Sofi Oksanen en grands caractères (éd. Voir de Près).
08/2017 : parution de l'article "Une comédie komie – Adaptations et mises en scène niçoises d'un théâtre minoritaire de Russie", dans la revue bretonne Klask, n° 11.
08/2017 : "Are Finns ashamed of their independence? - A 21st century look at Uuno Kailas’ patriotic poetry", dans le cadre du 14e Congrès des littératures finno-ougriennes, Tartu, Musée national d'Estonie.
08/2017 : "Garibaldi und Nizza – ein Epos zwischen Frankreich und Italien", dans le cadre du 4e colloque de la Garibaldi Gesellschaft, Kirchberg, Sachsen.

Tribune



Session
Nom d'utilisateur
Mot de passe

Mot de passe oublié ?


Lever de rideau sur le pays komi
— Un théâtre finno-ougrien de Russie boréale en dialogue avec le monde —


La république de Komi, dans le nord-est de la Russie européenne, est bordée par l’Oural et par la toundra arctique. Au cœur de cette région finno-ougrienne où l’identité repose essentiellement sur la langue et sur le territoire, la société et son histoire entrent en résonance avec un siècle de représentations théâtrales dans l’idiome national.

Au fil des profonds changements de ces cent dernières années, le théâtre komi a pu s’avérer un vecteur de la mythologie et des traditions populaires, de propagande politique en ville et dans les campagnes, ou encore de communication mondialisée.

De l’auteur classique Mihail Lebedev, dont les personnages américains parlaient komi en Corée, au dramaturge contemporain Aleksej Popov, dont les pièces font aujourd’hui le tour de l’Eurasie, cet ouvrage « lève le rideau » sur une culture finno-ougrienne qui, bien au-delà des arts dramatiques, s’offre au dialogue avec le monde, entre les océans Atlantique et Pacifique, de l’Oural aux Alpes, de l’Arctique à la Méditerranée.
 
 
 
Sébastien Cagnoli. Lever de rideau sur le pays komi (Un théâtre finno-ougrien de Russie boréale en dialogue avec le monde). Préface d'Eva Toulouze. – Paris : L'Harmattan & Adéfo, coll. "Bibliothèque finno-ougrienne", vol. 27, 2018. – 520 p. ill. – ISBN 978-2-343-15572-2. – 39 €.
 
 

Présentations publiques en novembre-décembre 2018 :

  • à Nice : vendredi 09/11 à 18h, Librairie Jean Jaurès (2 rue Centrale) ;
  • à Moscou : jeudi 15/11 à 17h30, Représentation permanente de la République de Komi auprès du Président de la Fédération de Russie (Волоколамское шоссе 62), entrée libre sur réservation (au plus tard la veille : n.g.fedorina@pp.rkomi.ru, sujet "ПРЕЗЕНТАЦИЯ КНИГ") ;
  • à Syktyvkar (Komi, Russie) : mardi 20/11 à 13h30, Bibliothèque nationale komie (ул. Советская 13) ;
  • à Körtkerös (Komi, Russie) : jeudi 22/11 après-midi, Bibliothèque régionale de Körtkerös (ул. Советская 187) ;
  • à Paris : lundi 03/12 à 18h et mardi 04/12 à 15h, Inalco (Pôle des langues et civilisations, 65 rue des Grands-Moulins, 13e).


Préface d'Eva Toulouze :

LEVER DE RIDEAU SUR UN PONT ENTRE KOMI ET LE MONDE

Le livre que vous tenez entre les mains est une œuvre originale et précieuse dont la conception et la réalisation ont pris une décennie.

Une œuvre originale et précieuse : ce n’est pas tous les jours que paraît une monographie présentant une vision d’ensemble d’une culture finno-ougrienne, certes à partir d’un aspect précis, mais dans une perspective globale. Le titre dit bien ce qu’il veut dire : Lever de rideau sur le pays komi. « Lever de rideau », parce que ce livre nous présente le pays komi. Ce n’est pas la première œuvre en français portant sur cette riche culture finno-ougrienne, puisque le premier volume de l’Encyclopédie des peuples finno-ougriens leur est consacré. Mais ce recueil d’articles saupoudrait de connaissances un sujet trop vaste pour être exhaustivement traité sous cette forme. Faute d’autres sources en français, ces quelques textes permettaient d’assurer une toute première information. Ils ont la qualité et le défaut d’un recueil rassemblant des études de différents auteurs. Maintenant, nous avons à disposition une somme qui nous permet de découvrir le pays komi de manière relativement systématique. C’est le premier sens du titre.

Mais « lever de rideau » nous conduit tout de suite vers un contexte précis : explicitement, nous sommes au théâtre. De même qu’une représentation scénique n’est pas la vie, le texte sur lequel s’ouvre ce rideau n’en est qu’une des innombrables éventuelles représentations. Mais surtout, l’auteur a fait le choix de nous montrer le pays komi par un angle d’attaque. C’est par le truchement de leur théâtre que les Komis viennent à nous. Tout angle d’attaque est bon et permet de pénétrer dans l’espace exploré. Mais celui-ci est particulièrement riche, car nous allons découvrir la vie komie à partir de la manière dont des auteurs komis représentent leur vie. Nous avons là une perspective infinie en miroir. Le texte de Sébastien Cagnoli dialogue en permanence entre vie et scène : ainsi, quand il nous parle de bilinguisme, c’est le bilinguisme de la société, diversement mis en scène, et intégrant le bilinguisme de la scène, qui s’inscrira dans la mémoire du lecteur. Reflet sui generis de la vie, l’œuvre théâtrale la montre de la manière dont l’auteur de la pièce veut la montrer, et en même temps en devient une partie intégrante.

Est-ce cette particularité qui a amené Sébastien Cagnoli à faire le choix de ce thème ? Il s’en explique dans l’ouvrage. Comme toujours, les voies sont diverses, et sans doute leur cohérence ne finit-elle par s’imposer qu’une fois le résultat achevé. En tout cas, la richesse de cette approche, qui fait dialoguer en permanence texte et contexte, s’impose à la lecture ne serait-ce que de la table des matières. Parler d’économie dans un livre en principe consacré au théâtre ? Mais comment percevoir, comment comprendre le pays komi sans l’éclairage des conditions de vie et de développement de sa population, dans son ensemble et de chacun des membres la composant ?

J’ai parlé de monographie. C’est en effet le résultat des recherches de Sébastien Cagnoli que nous découvrons, et ces recherches sont caractérisées par l’homogénéité que leur confère la personnalité de l’auteur. Pendant des années, au fil de ses découvertes, au gré des thèmes de colloques et des commandes d’articles, l’auteur a jeté des coups de sonde et levé des pans du rideau couvrant les réalités komies. Au bout de dix ans, le moment est venu de faire une synthèse, d’où ce livre. Ce chemin d’exploration, on peut le découvrir en parcourant la liste des œuvres complètes de Sébastien Cagnoli. Ce livre, pour sa part, en est la substantifique moelle.

Ce n’est pas tous les jours qu’une culture minoritaire de Russie trouve ses chantres. L’une des caractéristiques des cultures finno-ougriennes de Russie centrale est le déséquilibre de la recherche les concernant. La situation idéale est quand le regard de l’intérieur et le regard de l’extérieur existent, se complètent et dialoguent. Cette situation est regrettablement rare. Pour les cultures du centre de la Russie, la situation est tristement déséquilibrée en faveur d’une proportion outrageusement dominante du regard intérieur. Les Komis étudient les Komis. Loin de moi de vouloir prétendre qu’ils ont tort. Mais l’étude autochtone a ses limites, d’une part dans les évidences qu’elle est mal placée pour identifier, et d’autre part dans les tabous que la société elle-même produit. La confrontation ne peut être que constructive dans la quête d’une compréhension de plus en plus proche et complexe d’une vérité inaccessible… Quand je dis autochtone, je ne limite pas mon propos au sens étroit de ce mot : songeons à l’impulsion formidable qu’a donnée au débat sur la France dans la IIe guerre mondiale l’ouvrage, publié en 1972, de l’Américain Paxton sur Vichy… Or pour les sociétés non Russes de la Russie centrale, le regard extérieur, sinon inexistant, est minime. Pour le monde komi, on ne peut pas ne pas évoquer, comme le fait Cagnoli, l’Anglais Coates, grand précurseur qui a travaillé dans les années 1970. Quelques Hongrois – Domokos, Vászoly, Rédei… Mais la plupart des étrangers qui se sont penchés sur le monde komi, en raison des spécificités de la recherche finno-ougrienne, sont, comme Rédei, linguistes, et cantonnent leur recherche dans l’exploration synchronique et diachronique des mécanismes internes à la langue…

Sébastien Cagnoli est venu, on peut le dire, tout seul, à la découverte du pays komi. C’est par un intérêt esthétique qu’il y est entré, et non pas porté par une quelconque tradition universitaire. Il n’a certes pas manqué de rejoindre les milieux scientifiques en cours de route, de par le souci de rigueur que le caractérise, mais justement, avec l’indépendance de son itinéraire à lui, maintenant en permanence un dialogue d’égaux. Il a fait aux Komis l’honneur, trop rare, de les étudier à partir de leur langue et non à partir de la langue seconde, celle du colonisateur, aujourd’hui dominante. Il leur a ainsi présenté un miroir original, dont ils lui sont reconnaissants.

Ce livre est précieux, d’une part pour nous, je l’ai suggéré au départ, car il comble une lacune comme il y en a trop concernant les peuples finno-ougriens en français, et dans l’ensemble dans des langues de grande diffusion à l’exception du russe. Mais aussi il est précieux pour les Komis eux-mêmes : d’abord pour leur prouver le sérieux de l’entreprise de découverte et de partage de leur ami et partenaire français, auquel ils ont ouvert toutes les portes, et qui par cet opus magnum leur exprime sa reconnaissance. Mais aussi, tout simplement, dans l’absolu, par le regard extérieur qu’il met à leur disposition sur eux-mêmes et qui leur fait tant défaut.

Ce miroir, il est obligatoirement sui generis. Ce livre en français, ce n’est pas n’importe quel auteur français qui le leur livre : dans la dernière partie de ce livre, Cagnoli met en parallèle les faits komis avec l’expérience intérieure qu’il a des faits niçois. Il ne se contente pas de regarder l’autre. Il en tire des conséquences. Le fait que Cagnoli soit Niçois, engagé dans le monde niçois, le met particulièrement à même de regarder le monde komi avec une compréhension bien plus profonde que simplement un regard depuis Paris. À moins que ce ne soit le contraire ? Que la rencontre du pays komi lui ait permis pleinement de percevoir, de sentir, au-delà de la dimension intellectuelle, la richesse ignorée de la culture et de l’identité niçoise ? Sans doute l’œuf et la poule…

En tout cas, par cet ouvrage, non seulement il nous fait entrer dans le monde komi, mais il nous fait sentir toutes les ramifications de ce monde, jusqu’à très près de nous. Il me reste à souhaiter que Sébastien Cagnoli continuera à investir (au moins une part de) sa sensibilité et son talent à la découverte du monde finno-ougrien, qui n’a pas, au final autant de passeurs qu’il le mériterait…

Mõisamäe, le 24 juillet 2018


Table des matières

Préface (Eva Toulouze)................................................................................................................7

Introduction.................................................................................................................................11
Remerciements..............................................................................................................................27

Première partie – Généralités et société...................................................................................31
Trois caractéristiques identitaires des Komis...............................................................................33
Le sentiment national komi : vers une identité républicaine extralinguistique ?.........................55
Le komi, un cas stratégique pour la connaissance des langues ouraliennes.................................63
Fret ferroviaire entre le Transsibérien et la mer Blanche : le projet Belkomur............................81

Deuxième partie – De la mythologie à la littérature................................................................93
Aux confins de l’Europe boréale :
une introduction aux mythes nationaux dans la littérature komie................................................95
La parenté finno-ougrienne dans la littérature komie :
héritage commun ou influences récentes ?.................................................................................101
Mihail Lebedev et la poésie épique komie.................................................................................109
Ilľa Vaś et les légendes komies...................................................................................................121

Troisième partie – Théâtre en langue nationale.....................................................................125
Le théâtre en langue nationale dans l’histoire du pays komi......................................................127
Le Studio komi de Leningrad (1932-1936) : une nouvelle génération pour le théâtre komi.....145
Svetlana Gorčakova et l’élaboration d’un nouveau répertoire...................................................161
Les Komis entre animisme et christianisme : résonances entre les périodes post-impériale et
post-soviétique dans la création dramatique komie....................................................................169
“Le poème des temples” (1992) : le mythe de saint Étienne revisité.........................................181
“Un blindé perdu dans la taïga” (2009) : les Komis dans le vaste monde.................................219

Quatrième partie – Théâtre et société.....................................................................................243
Mihail Lebedev et la satire politique du monde contemporain..................................................245
Le bilinguisme de la société komie reflété dans le théâtre en langue nationale.........................257
Mises en scène d’une identité non slave de Russie : langue, territoire et décors.......................265
Les nouveaux héros nationaux dans le théâtre komi post-soviétique.........................................279
Un opéra national komi au XXIe siècle.....................................................................................295

Cinquième partie – Perspective finno-ougrienne..................................................................301
Interactions et identités dans les théâtres finno-ougriens de l’Oural et de la Volga...................303
La langue marie au théâtre et à l’opéra – Survol d’un genre littéraire prolifique......................309
Les trois âges du cinéma oudmourte..........................................................................................321
Les langues finno-ougriennes dans la révolution médiatique du « Web 2.0 »...........................357

Sixième partie – Perspective européenne : coopération internationale...............................373
Coopération académique, scientifique et culturelle entre France et Komi.................................375
Traduire Savin............................................................................................................................381
Une comédie komie
– Adaptations et mises en scène niçoises d’un théâtre minoritaire de Russie............................389
Le théâtre en langue nationale comme outil pédagogique dans une société bilingue................401
Observations sur le bilinguisme dans les théâtres komi et niçois
– L’exemple de Ńobdinsa Vittor et Francis Gag........................................................................407
Le modèle finno-ougrien appliqué aux langues régionales de France.......................................421

Annexes.....................................................................................................................................429
Annexe 1. Principes d’écriture...................................................................................................430
Annexe 2. Komi : projections d’un mot multidimensionnel......................................................438
Annexe 3. Toponymes................................................................................................................445
Annexe 4. Statistiques................................................................................................................447
Annexe 5. Constitution de la République komie (1994) : extraits.............................................450
Annexe 6. Cartes........................................................................................................................451

Bibliographie.............................................................................................................................463
Index...........................................................................................................................................485
Table des illustrations...............................................................................................................512

Écrit par SebK, le Jeudi 23 Août 2018, 15:04 dans la rubrique "Komi".